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PPM FEST 2014
Par CHAPOUK et JEFF KANJI le 20 Avril 2014
Publié le 26 Juin 2014 Consulté 3271 fois

C’est vers 17h que nous foulons les terres belges et le goudron de la zone industrielle qui accueille cette nouvelle édition du Power Prog Metal Fest au Lotto Mons Expo. C’est la première fois que j’assiste à ce festival, il faut dire que l’affiche assez éclectique m’a vite convaincue (SAXONNNNNNNNN ! :cœur :), et la première chose qui me frappe dès notre arrivée, c’est la gentillesse et la zenitude de la sécurité et des organisateurs. En pénétrant dans l’enceinte, je m’aperçois assez vite que le PPM FEST est avant tout un «petit » festival. Et c’est loin d’être péjoratif, au contraire, c’est qui me permettra pendant tout le week-end d’assister aux concerts dans les premiers rangs et de me déplacer facilement d’une scène à l’autre.

JOUR 1 :

Chapouk Il est 17h40 quand MONUMENT un groupe de Heavy à l’ancienne ouvre les hostilités. Je dois reconnaitre qu’à ce moment-là je n’étais pas du tout présente, j’ai préféré aller farfouiller dans le Metal Market à l’extérieur. Je n’ai suivi le set que d’une oreille. Et ce n’est pas KELLS qui me fera rentrer, en me renseignant un chouïa sur ce groupe, histoire de me décider à quitter le Metal Market, j’apprends que c’est un groupe à chanteuse (aïe), et qu’ils jouent une sorte de Néo Metal Sympho (re-aïe). Non, pas mon trip, je préfère rester dehors et découvrir avec amusement la fanfare française ATTILA & LES HUNS, DEUX, TROIS, QUATRE qui reprend des standards du Metal sauce « pouet-pouet » (mais de façon relativement bien foutue !). Prise dans mon élan je zappe également FURYONet ne reviens devant l’Alpha Stage que pour EPYSODE, un groupe de Prog que je ne connais que de nom.

Jeff Kanji Pour ma part, j’avais déjà vu KELLS en première partie de REVAMP et EPICA il y a quelques années et si la prestation était rythmée, elle ne m’avait pas transportée sur toute la longueur du set, surtout que Virg, leur chanteuse comme de coutume, s’essouffle assez vite, emportée par sa fougue que peu de festivaliers sont à même d’apprécier à ce moment de la journée. Quant à EPYSODE, j’ai découvert le groupe très peu de temps avant de partir pour le PPM Fest, donc mon opinion est neutre mais il y a quand même des attentes car pour avoir croisé Simone Mularoni dans l’enceinte du festival, il y avait fort à parier pour qu’il partage la scène avec Samuel Arkan, le régional de l’étape, qui de toute façon aurait difficilement pu assurer toutes les grattes à lui seul… Et comme il me le confirmera plus tard en interview, nous avons affaire à l’intégralité du line-up de "Fantasmagoria" sur scène, l’occasion notamment de découvrir pour moi l’excellent Léo Margarit derrière les fûts et le débonnaire Mike LePond d’une modestie et d’une efficacité. Côté vocalistes en revanche…

Chapouk Et là, j’assiste au Benny Hill Show ! Les soucis de micros qui ne fonctionnent pas pourrissent malheureusement tout le concert, de plus les chanteurs ne s’en rendent pas forcément compte et on assiste à des scènes assez comiques où certain(e)s (dont ce pauvre Matt Marinelli) s’égosillent littéralement sans produire un son. Mis à part ce petit détail, musicalement j’ai plutôt bien accroché. Les lignes de synthés s’accordaient parfaitement avec les quelques riffs agressifs et si on fait abstraction des soucis techniques ils sont arrivés à créer une certaine ambiance. De plus le groupe a réuni sous sa bannière de talentueux musiciens comme Tom Englund (EVERGREY), Ida Haukland (TRIOSPHERE), Mike LePond (SYMPHONY X), Simone Mularoni (DGM), entre autres, rendant son show captivant.

Hop, il est 20h55 on change de scène, direction PAGAN’S MIND ! Un groupe que sur lequel je n’ai jamais pris le temps de me pencher, je découvre donc totalement leur univers avec ce set. Le Metal Prog puissant et direct qui nous est servi est efficace et les soli endiablés de Jørn Viggo Lofstad font mouche et agitent suffisamment le public. Mais ce n’est qu’un échauffement pour IN EXTREMO !

Jeff Kanji Dire que j’ai été séduit par PAGAN’S MIND n’est pas peu dire. Entre le jeu de claviers de l’imposant Ronny Tegner (et son magnifique Karma rouge), et le charisme de Nils K. Rue, impérial vocalement et dans sa position de frontman, le tout enrobé d’un lightshow léché où le bleu apporte ce qu’il faut de luminosité et de mystère autour de Jørn Viggo Lofstad.

Set-List PAGAN’S MIND
New World Order - Intermission - Eyes Of Fire - Coming Home - Walk Away in Silence - God's Equation - United Alliance - Osiris' Triumphant Return



Chapouk Je me souviendrais toujours du show d'IN EXTREMO comme d'une tuerie et accessoirement un spot pour slammeurs ! Leur Folk Metal aux touches médiévales a littéralement enflammé le peu de public qu’il y avait ce vendredi soir ! De voir sur scène ces sept bonhommes accompagnés de harpes, mandolines, vielles et autres instruments anciens nous plonge carrément dans une autre dimension. Ces éléments couplés à leur bonne humeur, leur joie communicative et les refrains très accrocheurs chantés en allemand m’ont littéralement fait passer une très bonne soirée devant l’Alpha Stage.

Set-List IN EXTREMO
Küss mich - Frei zu sein - Herr Mannelig - Feuertaufe - Vollmond - Gaukler - Unsichtbar - Sängerkrieg - Merseburger - Zaubersprüche II - Himmel und Hölle - Liam - Zigeunerskat - Omnia Sol Temperat


Et ce n’est pas PAIN qui ternira cette fin de soirée ! Ce groupe suédois de Metal Indus qui ajoute à ses compos quelques petites touches Electro, nous livre un set massif bien qu’un peu long sur la fin (la fatigue joue également un rôle dans cette affirmation). Leur musique énergique et bien ficelée permet aux plus motivés de mosher furieusement sur leurs tubes « Supersonic Bitch » et « Shut Your Mouth ». Un régal, malgré un Peter Tägtgren légèrement usé vocalement, le set de PAIN est un vrai défouloir qui offre la possibilité de se vider complètement de toute énergie avant d’aller se coucher. On ressort complètement cassé d’un de leur concert, mais avec un grand sourire sur le visage !

Jeff Kanji Quel plaisir de retrouver PAIN qui a bien failli me faire perdre l’usage de mes cervicales à tout jamais à Wacken il y a quelques années. Avec un set best of ne nous épargnant que peu de tubes (j’aurais pas craché sur un petit « Dancing With The Dead » perso mais bon) dans un lightshow vert parfaitement en accord avec la passion de Peter Tägtgren pour les petits bonshommes verts, on passe une excellente fin de soirée même si de toute évidence le père Tägtgren semble rincé physiquement comme l’a relevé Chapouk. On se couche avec encore en tête les tut tututut tututut de « Shut Your Mouth » ou le refrain débile de « The Great Pretender » tout droit sorti de « L’Étrange Noël De Mr Jack ».

Set-List PAIN
Same Old Song - I'm Going In - Walking on Glass - Dirty Woman - Zombie Slam - End of the Line - Suicide Machine - The Great Pretender - Dark Fields of Pain - Monkey Business - Nailed to the Ground - On and On

Rappel :
Supersonic Bitch - Let Me Out - Shut Your Mouth


JOUR 2 :

Chapouk Après une nuit des plus glaciales, il est obligatoire de se réchauffer avec un bon chocolat chaud dans la galerie marchande du supermarché le plus proche. Je loupe pendant ce temps-là MURDERSET PIECES, BURNING CIRCLE et GRENOUER… Avec du recul je regrette de ne pas avoir vu la prestation des russes, leur style à tendance Neo m’aurait sûrement intéressée.
Tant pis je me place devant TRIOSPHERE qui délivre un Power Metal, à connotation Thrash, énergique. Grâce à de nombreux titres taillés pour du live et porté par sa bassiste chanteuse sosie de DORO (aussi bien au niveau du timbre de voix que du physique) le groupe va nous offrir un joli set avec en prime un inédit de son futur album. En cette fin de matinée c’est un gros succès pour les Norvégiens.

Jeff Kanji Bien pris par les interviews, je rate une partie de la matinée, occupé à deviser avec des visages connus de l’an dernier et échanger avec Roger Wessier de Replica qui gère absolument tout sur place. Mais j’ai hâte de découvrir TRIOSPHERE dont j’entends beaucoup parler depuis deux-trois ans. Et à juste titre ! Le set des Norvégiens est vivifiant, puissant, bombastique. Ida Haukland en valkyrie, mène son groupe de main de maître, la basse entre les mains. La grande dame attise toute l’attention mais pas pour son physique (loin d’être disgracieux en plus) mais pour sa voix puissante à la fois féminine et conquérante. Son mannequin de guitariste parvient à attirer les regards lui aussi par sa bonne humeur communicative, évoquant assez Chen Balbus d’ORPHANED LAND. Une excellente surprise. SERENITY en sera une aussi juste après, avec son Metal mélodique classieux dans lequel Georg Neuhauser semble comme un poisson dans l’eau, dégageant beaucoup de sympathie dans un style pourtant un peu précieux a priori. Si notre compatriote Clémentine, lors de ses quelques apparitions, prend bien sa place, elle n’est pas avantagée par le mix, et le groupe se met le public dans la poche au moment d’entonner « Legacy of Tudors » au titre bien choisi, étant donné que son introduction reprend la fameuse chanson d’Henry VIII datant de la Renaissance, connue aussi sous le titre « Pastime With Good Company ». Très bon moment, l’interview sera l’occasion d’en apprendre plus sur le groupe que je ne connaissais jusque-là que par l’intermédiaire de "Fallen Sanctuary".

Chapouk Place maintenant à SERENITY, on m’en parlé comme un groupe prenant parfois des accents de KAMELOT ou de SONATA ARCTICA, je me suis alors dit oui pourquoi pas c’est l’occasion de découvrir. Navrée, mais je ne suis pas restée très longtemps leur Metal Prog à tendances Sympho ne m’a absolument pas touchée et le chant féminin m’a fait fuir. Non pas que Clémentine Delauney soit mauvaise, au contraire sa prestation scénique fut honorable, elle mit de nombreuses fois le public à contribution, mais n’étant pas du tout fan de leur son j’ai préféré m’éclipser.

Suite à l’annulation de dernière minute d’EQUILIBRIUM le PPM FEST a dû trouver une solution d’urgence, et c’est donc le BLACK TARTAN CLAN qui remplace les allemands. Ces joyeux lurons belges (les apparences sont trompeuses), transforment le site en fest-noz avec des brulots Punk Celtique teinté de gros Metal qui sont de pures invitations au pogo. On sent clairement les influences de groupes tels que les DROPKICK MURPHYS ou les FLOGGING MOLLY. Un très bon moment festif partagé dans la bonne humeur.

Set-List BLACK TARTAN CLAN
Toora Loora - Here We Go - Beer And Woman - Piper Bill - We Are The Clan - Don't Walk Alone - Maggots In My Haggis - Proud To Be Kelt - All For One - Friends Until The End - Standing Strong - Ye-De-La-Hey - Black Tartan Clan


Je me dirige ensuite vers le show de BOREALIS, un groupe de Power Prog canadien, qui, on le sent, tire ses influences de chez MASTERPLAN voire EVERGREY mais avec un côté moins dark. Ce fut un moment sympa, malgré quelques petites longueurs sur certains morceaux, et parfois un petit manque d’originalité au niveau vocal ; Matt Marinelli qui en plus de chanter avec ses cheveux se pare parfois d’intonations rappelant Tom Englund.

Je délaisse le Metalcore de EMERGENCY GATE pour refaire le plein d’énergie à l’espace presse, et reviens en pleine forme pour me poster devant MASTERPLAN. Le groupe de Roland Grapow nous dévoile son nouveau line-up (Rick Altzi remplace Jørn Lande) et nous propose set en béton même s’il ne représente pas énormément le dernier album.

Set-List MASTERPLAN
Enlighten Me - Spirit Never Die - Crimson Rider - Back for My Life - Keep Your Dream Alive - Crystal Night
Soulburn
Kind Hearted Light
Crawling From Hell


Jeff Kanji Aaaaahhhh ! Interviewer Peavy Wagner et les membres de SERENITY c’est cool, mais je rate MASTERPLAN !!! Les boules ! Surtout que je débarque juste après "Crimson Rider" en plein "Back For My Life" sur laquelle Rick Altzi se montre fort à son avantage. Quant à EVERGREY, quelle claque mes aïeux ! Tom Englund est impérial et on se surprend à croiser des visages connus, notamment celui de l’ancien guitariste du groupe Henrik Danhage venu donner un coup de pouce aux côtés de Rikard Zander et de Johan Niemann pour une setlist best of imparable où Tom Englund est impérial, de "The Masterplan" à "A Touch Of Blessings" on est plus que gâté. La deuxième claque de la journée après TRIOSPHERE !

Chapouk C’est au tour de EVERGREY de prendre la suite, et ce concert fut juste mémorable. Le groupe nous sert un Metal sombre et mélodique dont l’univers est parfaitement mis en avant par le light-show sombre et énigmatique, ainsi que par le chant d’Englund qui témoigne d’une certaine mélancolie et fait preuve de beaucoup d’émotion.

Peavy Wagner et sa bande viennent ensuite nous sortir de notre torpeur avec des morceaux tirés d’un peu toute leur discographie, interprétés dans la bonne humeur et avec pour appui un Victor Smolski qui témoignent de sa virtuosité à la guitare sans pour autant en faire des tonnes. Le Heavy Metal de RAGE est efficace et transcende le public qui répond de manière enthousiaste reprenant "Higher Than The Sky" pendant un long moment. J’aurai moi-même le refrain en tête jusqu’au show d’AMORPHIS !

Set-List RAGE
War Of Worlds. - Carved In Stone - The Great Old Ones - Down - Sent By The Devil - Set This World On Fire - Enough Is Enough - Invisible Horizons - Soundchaser - Higher Than The Sky


En ce début de soirée c’est AMORPHIS qui est attendu avec impatience. Déjà vus au Wacken l’an dernier, je les attendais avec impatience, leur Death mélodique teinté d’éléments modernes m’avais fait voyager dans un univers bien particulier : ce fut comme un retour aux sources et aux choses primaires de l’existence dans une navette typée Steampunk. De ce fait j’attendais bien un second « trip » de leur part ! Et je n’ai pas été déçue, lors de ce show Tomi Joutsen, toujours très bon frontman, excelle dans l’alternance entre chant clair et growl caverneux et nous ont fait revisiter la carrière d’AMORPHIS en jouant 14 titres piochés dans leur discographie. On a même droit à « Black Winter Day » extrait du fameux « Tales From The Thousand Lakes », qui témoigne de l’époque où le groupe penchait plus sur le Death, et qui mettra une sérieuse claque finale à tout le public déjà conquis.

Set-List AMORPHIS
Shades Of Day - Narrow Path - Skyforger - Silver Bride -Wanderer - My Kantele - Into Hiding - Nightbird's Song - Vulgar Necrolatry - You I Need - Hopeless Days - Sky Is Mine - Black Winter Day - House Of Sleep


Jeff Kanji AMORPHIS va constituer l’un de mes shows de référence du festival. Le groupe finlandais présente un parfait best of revisitant toute sa carrière ! Oui toute, "The Karelian Isthmus" y compris. Ce "Vulgar Necrolatry" va bien déboucher les oreilles des festivaliers sans doute plus familiers avec les brûlots plus mélodiques de la bande comme "Sky Is Mine" ou "House Of Sleep" qui parachève le set de façon orgasmique, bien mis en exergue par un lightshow et un son parfaits ! MY DYING BRIDE ne parviendra pas à renouveler l’exploit avec son Doom Death désespéré. Aaron a beau se tortiller comme un beau diable, il me gonfle tant tout cela semble surjoué. J’essaie de me laisser emporter par le trip… Hélas au bout d’un quart d’heure de voyage, il faut me rendre à l’évidence : je me fais chier. C’est sur ce constat commun que je décide de rejoindre Chapouk dans ses projets de dodo.

Chapouk Enfin on peut se demander s’il est bien judicieux de faire jouer MY DYING BRIDE pour clôturer cette journée. Leur chanteur, Aaron Stainthorpe, a beau avoir un côté énigmatique intrigant et charismatique à la fois, l’univers dans lequel il plonge le public est loin d’être facile d’accès. Le Doom funèbre qui nous est proposé à des allures de messe noire, et le chant est semblable à des lamentations déchirées. Ce qui a pour résultat de « zombifier » une certaine partie du public, qui profite de cet instant hypnotique sans en perdre une miette, et de faire fuir l’autre moitié. Je ne resterai pas jusqu’à la fin du set, la fatigue ayant raison de moi je préfère aller m’économiser pour le dernier jour.

JOUR 3 :

Pour la dernière journée j’arrive devant la scène Alpha, je viens de rater EXISTANCE mais je me précipite devant une autre formation française : ÂMON SETHIS. Et quel bonheur de prendre une claque pareille dès le matin ! Leur Metal Prog teintés d’éléments orientaux nous expulse directement dans l’Egypte antique. Les morceaux sont très envoutants tout en étant puissants et épiques. De plus Julien Tournoud au chant effectue une magnifique prestation scénique grâce à son côté théâtral qui n’éclipse pas pour autant les autres musiciens. Bref j’ai bien adhéré au concept et j’en suis ressortie conquise !
Je me dirige ensuite devant FIREFORCE un groupe belge qui pour l’occasion avait misé énormément sur la déco. Toute la présentation est soignée, de la tenue des musiciens habillés avec du surplus de l’armée, aux accessoires militaires disséminés sur la scène, en passant par les deux créatures aux yeux rouges placées des deux côtés de la scène et crachant de la fumée lors des passages épiques des morceaux. Les belges annoncent la couleur, et nous livrent sans surprise mais avec un certain talent un Heavy énergique proche de celui de JUDAS PRIEST. Le groupe est rentre-dedans et communique énormément avec son public qui a l’air enchanté en ce début de matinée.

Vient ensuite le tour de SUNBURST, mais une fringale soudaine me pousse à aller me réfugier à l’espace presse pour reprendre des forces. J’ignore au passage copieusement RAVENSCRY, il faut dire que certains aspects de leur prestation me rappellent un peu trop EPICA ou NIGHTWISH et ne portant pas ces groupes dans mon cœur j’ai préféré fuir lâchement vers le Metal Market.

Jeff Kanji Après un bon moment de boulot à l’espace presse, je me dirige vers l’Omega pour découvrir RAVENSCRY que je dois interviewer peu de temps après, à la demande de son attachée de presse. Et si le groupe a de l’énergie à revendre, on peine à s’éloigner du grand frère LACUNA COIL malgré un côté moderne plus prononcé.

Chapouk Je ne rejoins les scènes que pour voir PERSEFONE et son Death teinté de Prog qui décape les oreilles du public. Les petits gars d’Andorre assurent néanmoins une belle prestation, leur musique déclenchant de nombreux circle-pit, le public en ressort conquis. Vient ensuite le tour de DRAGONLAND, des Suédois qu’on croirait sortis tout droit d’une pub pour shampoing. Néanmoins leur bonne humeur contamine le public qui est ultra réceptif au Power épique à la RHAPSODY OF FIRE qui nous est proposé. Sans révolutionner le genre, les musiciens offrent un côté frais et enjoué au set.

Jeff Kanji DRAGONLAND est énigmatique. Je crois que ce que je préfère chez eux est leur reprise de X JAPAN "Rusty Nail". Toutefois, j’ai toujours reconnu que leur Power Prog était excellemment construit mais pour tout dire un peu chiant malgré des qualités évidentes. Et on retiendra surtout celles de l’immense vocaliste, dont la crinière n’a de limites que celles des aigus envoyés avec une facilité déconcertante tout au long du set. Il va même jusqu’à descendre dans le public pour en faire profiter l’assistante amusée. Ça ne va pas être la même avec VANDEN PLAS qui va littéralement enchanter son monde avec un set trop court où Andy Kuntz nous fait manger dans sa main, ajoutant à sa sympathie de l’émotion par paquets de douze, aussi intense sur le classique "Holes In The Sky" que sur ce sublime "The Black Knight" tiré du dernier opus en date, l’occasion pour les Allemands de tester ces deux nouveaux titres. Carton rouge en revanche à ma connasse de voisine qui passait son temps à critiquer tout le monde ainsi que les photographes dans le pit, et le tout en allemand ! Être fan c’est une chose, ça n’empêche pas le respect des autres, comme un certain braillard gueulant des « Fabioooooooo » intempestifs lors d’un concert dont je vous parlerai incessamment sous peu. Le show du festival pour moi et de loin, SAXON étant hors-catégorie pour un festival de cette ampleur.


Chapouk C’est ensuite VANDEN PLAS qui coupe court aux hostilités et nous entraîne dans un voyage progressif de 40 minutes. Le light-show aux couleurs chaudes et positives contribue à donner cette sensation d’hypnose que le public semble partager en écoutant la voix impériale d’Andy Kuntz. Le Metal Prog du groupe bien qu’assez technique reste mélodique et emporte chacun dans ses propres pensées, preuve qu’il est tout de même accessible à tous. Le groupe nous gratifiera de deux nouveaux titres, qui s’intègrent parfaitement bien dans le set, et offrira une des plus belles prestations de ce dimanche en ayant emporté, pendant quelques minutes, tout un public dans une autre dimension.

Set-List VANDEN PLAS
Postcard to God - Frequency - Vision 2wo - The Black Knight - Vision 3hree – Godmaker - Far Off Grace - Holes in the Sky


Le groupe suivant est un projet construit autour de Mark Jansen (EPICA) et de Jack Driessen (AFTER FOREVER) et se nomme MAYAN. Il nous livre un Death Metal Symphonique misant énormément sur les variations de chant. On notera la présence d’excellents musiciens qui proposent des compositions accrocheuse et de guests, comme par exemple la chanteuse de STREAM OF PASSION, qui viennent épauler Mark.


[Jeff Kanji MAYAN. C’est une surprise et aussi un moment rare pour le festival qui visiblement n’est pas échaudé par le semi-échec de la programmation de BEHEMOTH l’an dernier. Le supergroupe peut compter d’une jeunette blonde impressionnante de dextérité sur sa sept-cordes aux côtés d’un Frank Schiphorst qui en aura les cervicales rincées après le show. Henning Basse, déjà à l’honneur deux jours plus tôt avec EPYSODE démontre son talent et surtout sa versatilité, le Pavarotti Heavy Metal (tant par son gabarit que par sa remarquable puissance vocale) s’avérant aussi impérial en chant clair que dans un registre plus agressif, complétant à merveille le plateau où l’on découvre les balls de Marcela Bovio qui remplace avec brio Floor Jansen, s’assurant en compagnie de Laura Macrì une gestion optimale du chant féminin, complété par les vocaux caractéristiques de Mark Jansen ? Tout ce beau monde semble prendre un certain pied à jouer et la musique de MAYAN prend toute son ampleur sur scène, que ce soit "Bite The Bullet", rescapé du premier opus, ou encore ce monumental "Human Sacrifice" qui parachève le tout en apothéose.

Chapouk C’est au tour de FATES WARNING de se produire. Une légende vivante du Metal Prog qui se fait très rare ces dernières années joue sur la scène Alpha du PPM FEST. Et c’est en quelques morceaux que le groupe revisite sa discographie en offrant une prestation scénique des plus impressionnantes en termes techniques. Le public est conquis et en redemande. Quant à moi je m’éclipse pour assister à une interview de Doug Scarratt de SAXON, laissant derrière moi le début du show de FINNTROLL. C’est seulement sur les derniers morceaux du set que je réapparais et découvre une fosse déchaînée, le Black Folk des trolls finlandais fait son effet. Et lorsqu’ils entament les premières notes de "Trollhammaren", véritable hymne du groupe, c’est l’apothéose. Du peu que j’ai vu de ce concert, la machine semble bien rodée, et les musiciens ont l’air de savoir ce qu’ils font, j’espère tout de même les revoir un jour pour un show entier.

Changement d’ambiance avec THERION qui entre en scène et nous offre une représentation théâtrale mêlant élément symphonique à des passages beaucoup plus Metalisant. Le charisme de Christofer Johnsson et son style Steampunk font toujours mouche, les différents chanteurs offrent réellement un aperçu de leur personnalité sur scène et nous aident à plonger dans un univers à la fois farfelu, féérique et classieux. Le groupe surprendra d’ailleurs le public avec sa reprise de "Poupée de Cire Poupée de Son".

Set-List THERION
The Rise Of Sodom And Gomorrah - Invocation Of Naamah - Rock Opera: Overture - End Of The Dynasty - Who's Your God? - Onda - Toner - Sad End - Ginnungagap - Son Of The Sun - Gothic Kabbalah - Wine Of Aluqah - Flesh Of The Gods - Muspelheim - Son Of The Staves Of Time - Poupée de Cire, Poupée de Son (FRANCE GALL) - To Mega Therion - The Khlysti Evangelist


Jeff Kanji THERION, je les attends. On me l’a dit, il vaut mieux les voir en salle où leur lightshow donne toute sa dimension au show. Et je dois dire que si mon lointain souvenir de Wacken 2007 restait vivace (le premier concert de Thomas Vikström à l’époque), leur prestation est dans d’autres sphères aujourd’hui et je prends au passage une belle leçon de chant de la part des protagonistes, en particulier de ce cher Thomas aussi à l’aise dans les graves que les aigus et de cette Lori Lewis toujours souriante, joueuse et magistrale dans le chant lyrique. Christopher Johansson qui a de plus en plus des airs de savant fou, ses maigres abattis engoncés dans un costume d’une classe toute victorienne, se comporte en véritable chef d’orchestre nous présentant même des extraits du futur Opéra Metal qu’il souhaite sortir d’ici l’an prochain. Et au vu de ce qui nous est proposé, nul doute que les immenses références classiques du monsieur lui auront permis de faire les choses avec goût : rien qu’avec l’ouverture ça promet. Ce troisième jour est parti pour être aussi prenant que le deuxième et il nous reste SAXON, qui une nouvelle fois viendra, verra et vaincra, finissant le festival dans le grandiose et le Rock N Roll le plus fédérateur qui soit (il faut voir le nombre de pass vendus pour l’unique troisième jour, accompagné de tee-shirts à l’effigie des Anglais). Encore une édition réussie pour l’organisation qui après un changement de personnel a repris les rênes avec toute la ferveur dont Tony Max Pie, le co-créateur du PPM Fest est capable. On regrettera que cette affiche, plus ouverte que les années précédentes, n’ait pas rassemblé davantage sous sa bannière. Si les fans de Heavy se mettent eux aussi à faire la fine bouche on a pas fini…



Chapouk C’est enfin au tour de SAXON de clôturer le festival. La bande de Byff Byford n’est plus à présenter et on ne doute pas de la qualité du concert qui va nous être servi par les anglais. Le groupe va donc piocher dans toute sa discographie pour composer son set, et à peu près tous les albums seront représentés, de "Sacrifice", "Night Of The Wolf" (morceaux du dernier album) à "Hammer Of The Gods" (présent sur "Call To Arms") en passant par les éternels classiques tels que "Wheels Of Steel" ou encore "Princess Of The Night", SAXON mené par un Byff un peu bourré, mais toujours maître de lui-même, va nous offrir un show à l’ancienne. On regrettera juste de la part du public un manque cruel d’énergie, même les quelques timides pogos et slams furent vite réfrénés. A l’image du groupe le public aussi a vieilli…

Set-List SAXON
Sacrifice - Power And The Glory - Heavy Metal Thunder - Battalions Of Steel - Broken Heroes - Solid Ball Of Rock - To Hell and Back Again - Crusader - Hammer Of The Gods - 20,000 Ft - Night Of The Wolf - Strong Arm Of The Law - Wheels Of Steel

Rappel :
Denim And Leather - Princess Of The Night


Chapouk C’est sur cette note de NWOBHM que le festival ferme ses portes. Pour ma part je suis comblée, ce fut trois jours de concerts où j’ai pu découvrir quelques petites perles (je pense notamment à ÂMON SETHIS) et où j’ai enfin pu voir des mythes tels que THERION, EVERGREY ou VANDEN PLAS. Pas déçue de cette édition je quitte la Belgique avec le sourire en espérant trouver mon bonheur dans la programmation du PPM FEST de l’année 2015 !

Jeff Kanji Encore une édition bien plaisante, bien que moins axée Power-Prog que les années passées, ce qui aura peut-être un peu freinés les festivaliers, il faut l'avouer, moins nombreux qu'en 2013. Toutefois je continuerai sans doute à soutenir ce festival à la programmation de qualité et aux infrastructures solides (quelle organisation pour les stands de nourriture, la qualité du lightshow et du son global pour tous les groupes).

Une nouvelle fois, tous nos remerciements à Bianca (www.biancaberger.nl) pour les photos d'AMORPHIS, EVERGREY et THERION !


Le 28/06/2014 par ERBIHC

En lisant les premières lignes, j'ai été surpris : MONUMENTS, un groupe de heavy classique ? Je tiens donc à préciser que si le MONUMENT est effectivement du Heavy, les MONUMENTS eux jouent du Djent, attention aux s ^^


Le 26/06/2014 par FRANTIK

J'y étais pour la troisième fois.
Un festival des plus sympathiques malgré une affiche moins alléchante cette année.
D'après les bruits qui courraient là bas, l'édition 2015 serait légèrement compromise. Wait and see.



             



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