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THE GREAT OLD ONES @Bordeaux
Par WËN le 15 Mai 2014
Publié le 22 Mai 2014 Consulté 3023 fois



Ce soir à l'Antirouille, la salle de concert du complexe de studios Rock & Chanson, ça ne rigole pas. Car ce soir, Yog Sothoth et ses Grands Anciens de potes, viennent nous la coller sous l'égide de leurs suppliciés disciples de THE GREAT OLD ONES qui s'accaparent les lieux pour célébrer, en une orgie sonore, la sortie de "Tekeli-li", leur second LP (qui aux dires du groupe, sera joué en intégralité, ce qui ne risque pas de se reproduire de sitôt). Subissant les affres des changements d'invités de dernières minutes, se seront finalement QLAY SOLO et OGBORONE qui ouvriront les hostilités.

L'Antirouille, est une toute petite salle, très conviviale, laissant une fosse large de 4-5m au public pour s'exprimer, voire pour accéder au balcon (là ou se trouve le bar, c'est important) histoire de prendre un peu de hauteur sur les opérations. Petit détail que l'on appréciera tous, le show débute aux alentours de 20h30 soit avec une demi-heure de retard seulement. OUI ! Vous avez bien lu, un show bordelais peut débuter avant l'heure de retard syndicale, c'est possible ! Possible et bienvenu même, après la soirée Funeral-doom de Lundi dernier, qui a vu s'achever le set de LOSS vers 1h30 du mat' !

C'est donc QLAY SOLO, one-man band de son état, qui s'empare de la scène, pour un show, nous allons le voir, très surprenant. A la lumière d'un seul projo, le bonhomme, courbé sur son micro lâche borborygmes et gargouillis vocaux qui, enregistrés et passés en boucle vont s'enrichir, couche par couche, d'autres éléments (guitare sèche, violoncelle, percussions, chant). L'exercice est maitrisé et au fil des quatre compositions construites ainsi, la scène transformée en labo expérimental, se pare d'ambiances tour à tour progressives, ethniques et techniques. Ainsi, à travers ce Drone-acoustique, j'ai pu successivement penser à un troublant DEAD CAN DANCE ("Intro"), puis aux rythmiques et aux mélodies d'un mixe entre PAIN OF SALVATION et RIVERSIDE ("Voice Of The Adversaries", "My Grief"), mais toujours dans un genre très particulier. Outre la maitrise impeccable de ses instruments et l'utilisation intelligente de tout le panel sonore que ceux-ci lui offre, le monsieur à aussi un très bon brin de voix. C'est sur "All The Masks", ballade blues-folk que n'aurait pas renié OPETH, que le musicien touche à tout, accompagné de sa simple guitare folk, nous le révèlera pleinement. Bref, une bien agréable découverte, reste à découvrir si la magie opère également sur album.

Setlist QLAY SOLO :
01. Intro
02. Voice Of The Adversaries
03. All The Masks
04. My Grief



Le second groupe … wait … nan … Le second one-man band, OGBORONE, personnifié par Jérôme Alban (YEAR OF NO LIGHT, BARON OUFO (initialement prévu) et de nombreuses participations, bande-son, etc.) évolue, lui, dans un style bien différent de son prédécesseur. De Drone, certes, il est toujours question, mais là tout est basé sur le trip ambiant du mouvement. En effet, comme à la maison, le guitariste s'installe à même les planches, à portée de main de ses effets et lance son lancinant groove, triturant et bidouillant ses sons tandis que les notes s'égrènent et se perdent. Révérencieux et respectueux, le public s'assoit également progressivement, de telle manière que bientôt plus personne ne pourra se déplacer dans l'Antirouille. Difficile de poser des mots sur un tel set où typiquement la musique, seule, fera son œuvre. Inutile, même. Vous devrez donc vous contentez de mn simple ressentis pour tout aperçu. La saturation, diffuse; Les notes, qui fusent; Les limites de l'espace et du temps, confuses : tout, pendant ce court set (je ne pense pas qu'on ait dépassé la demi-heure, le cas échéant, le bonhomme gère super-bien son temps) fait que l'on se retrouve à planer à quelques centimètres du sol. On se contente de regarder et d'écouter. Et on est bien.

Mais plus pour longtemps …

"Je ne suis pas fou. Je souhaite juste aujourd'hui prévenir le monde des horreurs indicibles qu'une nouvelle expédition dans ce désert blanc pourrait libérer. Non je ne suis pas fou. Je les ai vues ces entités rampantes, plus anciennes que les hommes, ces immondices cachées dans leur cité de pierre noire. Je les ai vues, plus grandes que tous les édifices, plus effrayantes que la mort elle-même. Je les ai vues, ces montagnes hallucinées".

Ainsi débute, narrée, la prestation de THE GREAT OLD ONES et déjà, alors qu'hypnotisés par les ombres se découpant des impénétrables brumes boréales nous ne prenons garde, se morcèle la banquise sous nos pieds et, cédant avec fracas sous l'écrasant et pachydermique riff d'introduction de "Antarctica", nous fait basculer dans d'insondables crevasses, là ou terreur et folie gisent en une bien singulière union. Glaciales, les mélodies de "Tekeli-li" cet ignoble et moribond rejeton, le sont indéniablement. Une ambiance malsaine, aqueuse et poisseuse, s'installe progressivement sur scène tandis que les trois guitares mêlent et entremêlent leurs pernicieuses trames en d'insidieuses mélodies ("The Elder Things"). Nulle question de parler ici des musiciens, noyés dans les volutes bleues alentours; ceux-ci ne se font que les instruments des Grands Anciens, dévoués à retranscrire sur scène leur colère, mais aussi leur absence de toute sensibilité. Par delà leurs cultistes appliqués à leur sonore besogne et via d'ingénieux jeux de lumières, on jurerait même apercevoir fugitivement leurs regards de braise emplis d'un courroux antédiluvien, crevés fugitivement l'opacité environnante, pour venir fixement nous toiser.

Au centre de la scène, deux des silhouettes se détachent de leurs homologues pour venir hurler, de concert, leurs sombres incantations. Leurs compagnons d'infortunes ne sont d'ailleurs pas en reste, sans quoi l'ineffable toile sonore, tissée à même leur abnégation, ne serait qu'incomplète. La batterie tentaculaire (l'immuable intro post-metal, puis les descentes de "Awakening") et la basse cyclopéenne sous-jacente jouent ici un rôle primordial et savent à leur tour prendre l'avantage et ressortir victorieuses de ce maelstrom de riffs vindicatifs et dissonants. Telle l'outro acoustique de l'instrumental "The Ascend" (où le violoncelle de première partie reviendra hanter notre esprit), la tempête qui fait rage se calme parfois le temps d'un break plus ambiant, laissant entre apercevoir les blanches cimes polaires qui, parcourues de frêles silhouettes jappantes et galopantes bien trop rapidement pour être de notre monde, ne laissent présager rien de bon. Tout est ici retranscrit à la perfection, fidèle au rite originel, hypnotique pour mieux nous abuser alors que les éléments déchainés retrouvent subitement de leur vigueur, annonçant par un riff Black d'outre-monde l'ultime mais phénoménal "Behind The Mountains", pour moi la pièce phare de ce nouvel opus des bordelais. Perdus, hagards, dans ce blizzard de haine et de peine, il ne nous reste qu'à fatalement courber l'échine sous ces incessants assauts et, résignés, à attendre la fin de la démonstration, nos corps saufs, mais nos âmes meurtries.

Démonstration, oui, voilà le maître mot ce show de THE GREAT OLD ONES, que cela soit par la retranscription live parfaite de la trame sonore de "Tekeli-li", mais aussi par la qualité du son, des lights et donc, des ambiances. Aux derniers septiques, jetez-vous dessus avant que ce ne soient eux qui ne vous lâche leurs shoggoths à la face.

Setlist THE GREAT OLD ONES :
01. Je Ne suis Pas Fou
02. Antarctica
03. The Elder Things
04. Awakening
05.The Ascend
06. Behind The Mountains


Le 22/05/2014 par BALKISS666

Voilà qui est parfaitement retranscrit ! Merci Wën de nous faire partager les ressentis lors de ce concert, qui pour ma part, m'ont laissé sans voix et bien incapables de trouver les mots pour décrire cette avalanche d'émotions qui m'a submergé !! Et surtout, lecteurs de NIME, si THE GREAT OLD ONES passe près de chez vous, n'hésitez pas une seule seconde !



             



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