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KREATOR + VADER + DAGOBA @ LE 106 (Rouen)
Par FENRYL le 13 Janvier 2018
Publié le 23 Janvier 2018 Consulté 2074 fois

La salle rouennaise accueille une nouvelle fois une affiche aussi alléchante qu'éclectique pour ce samedi soir de mois de janvier.

Histoire de réchauffer le cœur des pauvres petits Normands, sous la pluie et le froid, les responsables de la programmation ont fait appel à un trio de groupes qui annonce du très, très lourd.
Initialement prévu, DECAPITATED a dû, suite à des accusations puis une arrestation aux États-Unis, laisser sa place. Ce sont leurs compatriotes polonais de VADER qui les suppléent ce soir en compagnie de DAGOBA pour ouvrir pour les Allemands de KREATOR (24€ intelligemment dépensés).



DAGOBA : Ouverture du bal 20h04 (!)

On ne néglige pas l'horaire ici au 106 et les hostilités sont ouvertes par les Français de DAGOBA et leur Groove Metal.
La salle est encore assez clairsemée au début du set mais se remplit rapidement. Il est évident qu'une partie assez conséquente de la salle est là pour les voir.
"On débute une tournée européenne : c'est bon d'être Français en France…" (sic) lance Shawter assez rapidement… Pas de mots assez durs pour ce type de propos d'un mec qui a des idées aux antipodes de celle de Mille. À ce sujet, je pense donc que ces derniers n'auraient JAMAIS pris un groupe mené par un tel leader en connaissant les idées du frontman...
Cinq-six titres plus tard (je ne suis pas sur de moi sur ce coup là !) dans le cadre de leur tournée en lien avec "Black Nova" leur dernier bébé, je découvre un combo que je ne connaissais pas du tout mais qui aura délivré un set propre, porté par un jeu de lumières proprement sublime (merci le matos de KREATOR, savamment exploité). Je tiens à le signaler car j'ai rarement vu une telle qualité et intelligence de gestion : je pense notamment à ce moment où Shawter est à genou face à son pied de micro sous un éclairage très intelligent, mettant en valeur leur prestation et attirant le regard.
C'est sans doute idiot de vous en parler autant, mais je dois avouer que je n'ai pas quitté mon regard pendant une grande partie du set pour cette raison !
Toutefois, le nouveau guitariste, totalement typé Metalcore, notamment dans sa gestion de la scène, semble un peu sous-exploité et présent côté son. C'est dommageable pour la puissance sonore du groupe,car a contrario, la section rythmique est méchamment mise en avant !
En changeant tout récemment son gratteux, DAGOBA jouait sans doute gros, mais le lascar est à la hauteur, à mon sens.
La voix Death growlée de Shawter est intéressante et contrôlée, par contre l'arrivée d'un chant clair dérange car trop poussé… Gestion encore bien délicate, selon moi.
À noter la présence sur les allées techniques, en hauteur, de Mille pendant un gros dernier tiers du set, accroupi et applaudissant le final ! Sympa de le voir là, j'avoue ne pas l'avoir quitté des yeux pendant de longues minutes pour profiter de ses réactions !

Un wall of death réussi (une première pour moi dans cette salle de mémoire), plusieurs circle pits et une salle globalement acquise, DAGOBA a rempli le contrat.
Pas envie d'aller plus loin toutefois...

Setlist probable : I, Reptile - The Man You're Not - Inner Sun - The Sunset Curse - The White Guy (Suicide) - When Winter...

Rideau à 20h37, soit une grosse demi-heure.

VADER: reprise des hostilités 20h55

Belle découverte avec ce Thrash Death polonais appliqué !
Pour marquer son retour sur scène, le combo a décidé de récompenser ses fans de la première heure en jouant ce soir rien de moi que l'intégralité de son premier opus "The Ultimate Incantation" (1992) !
Arrivé laconique de Piotr (seul rescapé du line-up original de 1983, date de la formation du groupe qui aura attendu neuf ans avant de pondre donc leur premier L.P !!). Appliqué et fixe face à son pied de micro, il s'applique avec sa RR rouge à balancer un son féroce et efficace.
Aidé par son acolyte Marek, le duo de gratteux nous gratifie de soli aussi nerveux que techniquement réussis. Le son est une fois encore puissant, carré et sans faille.
L'essentiel n 'est pas visuel pour le coup mais bien musical. VADER est efficace et assure un retour aux affaires très prochainement, lui qui n'a rien offert à ses fans depuis 2016 et "The Empire".

Dix titres plus tard, la galette présentée dans sa tracklist originale, le combo tire sa référence accompagnée de "La Marche Impériale" de Darth Vader dont il tire évidemment son nom ! (Dark Vador pour nous, les Français). Succès assuré et grosse réponse du public, qui reprend le thème à pleins poumons ! Excellent !

On range les sabres lasers à 21h37.

Setlist : Creation (intro) - Dark Age - Vicious Circle - The Crucified Ones - The Final Massacre - Testimony - Reign Carrion - Chaos - One Step To -
Salvation - Demons Wind - Decapitated Saints - Breath Of Centuries


KREATOR : 22h, le plat de résistance est enfin là…

Je vais vous la faire courte : KREATOR est sans aucun doute le groupe qui m'enthousiasme le plus sur cette dernière décennie. Il a réussi le tour de force de me faire oublier toutes les références du genre et je leur voue un amour sans borne, album après album.
Vu sur scène un paquet de fois, propriétaire de tout ce qui se fait côté sorties sur tous types de supports, je suis biberonné KREATOR !
Après mon drame récent toujours non cicatrisé (à savoir mon choix cornélien entre SUICIDAL TENDENCIES et les Allemands lors du dernier Hellfest…), c'est avec un bonheur sans nom que j'ai acheté mon billet illico en septembre pour cette date de janvier 2018 dès l'ouverture de la billetterie à 10h le jour J, pensant à juste titre ne pas avoir de précieux sésame.
Au moment où les lumières s'éteignent, la salle de 1100 places du 106 affiche officiellement 1050 entrées payantes ! Gros succès donc pour cette légende bien vivante du Thrash Mélodique.
La scène est magnifique : six supports représentants des vitraux dominent l'arrière plan et on comprend très rapidement qu'ils contiennent en leur sein des écrans vidéo pour les effets scéniques visuels ! Excellente idée, d'un effet marquant.
"Mars Mantra" déboule dans les enceintes… Le désormais classique titre introduisant les prestations studio du groupe remporte tous les suffrages : telle une rampe de lancement de missiles, il permet de nous balancer un "Phantom Antichrist" dont la puissance nucléaire n'est plus à démontrer ! La salle explose, réagit immédiatement et répond à la commande du soir : ravager le pit !
Très rapidement le service de sécurité semble totalement débordé : de nombreux retours me confirmeront pour une fois une gestion assez calamiteuse des énervés du premier rang (et les autres !) qui se verront traités comme bien peu de choses a priori. À signaler car c'est une première dans cette salle. Il faudra veiller à changer cela pour les prochaines fois…
Pas le temps de souffler que "Hail To The Hordes" déboule : les écrans affichent des clichés récents des fans qui suivent le groupe (il est à noter qu'ils sont mis à jour très régulièrement, du genre dans la journée à la faveur des rencontres avec les fans, plutôt classe non ?). Ce nouveau titre permet de prendre la mesure des effets de lumière, de la position de Mille si caractéristique et de la maîtrise du groupe qui n'aura de cesse de m'impressionner tout au long du set.
Le son est monumental : puissant, dense et d'une maîtrise rare. La section rythmique mythique Ventor/Speesy affiche la volonté du soir et porte haut les couleurs de KREATOR. Nouveau succès pour ce morceau typiquement taillé pour le live.
Mille prend alors la parole ("The Kreator has returned"), harangue la salle, la sépare en deux, teste la droite, la gauche, le fond, tout le monde, exige un premier wall of death qu'il obtient sans grande difficulté, énonce un décompte en allemand pour le libérer avant de s'engager dans les premières notes de "Army Of Storms" dont l'intro achevée… balance un "Enemy Of God" éructé comme jamais par notre frontman en très grande forme !
Les cloches de "Satan Is Real" résonnent et le single mid-tempo déboule, pour une nouvelle boucherie enchaînée avec "Civilization Collapse", titre dont l'efficacité n'est plus à prouver. Il s'agit de l'un de mes morceaux fétiches de KREATOR et je commence à mesurer la folie qui est en train de se dérouler sous mes yeux ! De toute façon, tout est dans les textes :

"Let there be darkness
Let there be blood tonight
Let there be riots
Come start the fires tonight"

En pensant que le groupe allait uniquement puiser dans son répertoire récent, "People Of The Lie" tiré de "Coma Of Souls" est annoncé. En modernisant son "son", ce morceau gagne encore en puissance et nervosité. Une nouvelle fois tiré d'un opus à remettre au goût du jour, KREATOR sait magnifier ses titres "anciens".
Un passage dans les coulisses et Petrozza revient en brandissant son "Flag Of Hate". Comme de coutume, il nous fait hurler "It's time to rise the Flag Of Hate" un paquet de fois tant qu'il n'est pas "satisfait" (comprenez le temps que le reste du groupe souffle !). Un classique des classiques enchaîné avec l'immortel "Phobia" dont je raffole pour son côté dialogue "groupe/fans" sur le couplet et le refrain !
Le title track du dernier opus est dans la place et continue le carnage. Il permet ici de mesurer un aspect essentiel de ce qui rend KREATOR aussi essentiel dans le paysage du Metal : Sami et Mille sont d'une complémentarité ébouriffante. Le genre de yin et yang, de noir et blanc, de combinaison magique et vitale qui donne ce côté essentiel à quelque chose. Je ne sais pas si j'arrive à expliquer véritablement cela.
Là où la férocité, l'urgence, l'énergie et la rage de Petrozza donnent un côté extrême à KREATOR (notamment via un jeu sec et rêche), Yli Sirniö est son alter ego parfait, à l'opposé : il est calme, appliqué et propose un jeu léché et soigné où la mélodicité est reine. Lors du solo magistral en mode "twin guitars", impossible de ne pas mesurer cet aspect flagrant.
Sidérant de voir un groupe vivre aussi bien, notamment en se connaissant à merveille… Vive la stabilité des line-ups !
"From Flood Into Fire" rameute les troupes, avec son côté fédérateur avant de lâcher les fauves sur l'éblouissant "Hordes Of Chaos" qui me dresse encore et encore les poils…
"The Patriarch"/"Violent Revolution" nous ramène au début du siècle, là où KREATOR est revenu dans le droit chemin de son Thrash Mélodique : entêtant, comme tous les titres du groupe depuis ! (ok, j'en fait sans doute un peu trop !).
Histoire de tout ravager au napalm, "Totalitarian Terror" est dégainé et clôt cette partie officielle du set, laissant un public à peine rassasié ne pas prendre la peine de s'époumoner à demander un rappel, car on sait que le KREATOR sera de retour !

Retour certes, mais en 1986 avec un "Pleasure To Kill" pas piqué des hannetons ! Les parents qui accompagnent leur "jeune" progéniture autour de moi ont plus de mal mais je vois tout de même un certain sourire de contentement !
Mille reprend la parole (il aura été plutôt bavard ce soir, dans le bon sens du terme, en précisant cette relation "particulière" qui unit KREATOR et la France, en nous remerciant un paquet de fois de notre présence) et fait allusion à ces personnes disparues qui comptent : il cite donc ce soir Eddie Clarke tout récemment disparu, Lemmy et Eric Martin Ain de CELTIC FROST annonçant évidemment "Fallen Brother". De nombreux visages défileront sur les écrans durant ce titre hommage rageur.
Comme un symbole, c'est "Betrayer" tiré du bien nommé "Extreme Aggression" qui vient clore le débat (si jamais il y en avait eu un !) : bestial et prenant aux tripes, ce titre vient déverser les dernières cartouches d'un groupe qui n'aura rien négligé.
C'est sous la bande son d'un "Death Becomes My Light" (que j'adorerais entendre live bordel) que le groupe s’éclipse (beaucoup) trop rapidement, laissant une assistance éberluée et conquise.
Dans le cadre d'une tournée "Gods Of Violence", nous aurons eu le droit à 5 morceaux excellents tirés de ce disque (avec le manque tout de même d'un "World War Now" à mon sens), trois de "Phantom Antichrist" et un titre tiré de bon nombre de galettes de la très grande discographie du combo.
Mille Petrozza l'a promis, comme à chaque fois : "The Kreator will return"… J'aime autant vous dire que l'on sera tous là pour assister au retour du roi, en terres conquises.

Une soirée excellente, marquée par une prestation éblouissante d'un KREATOR en forme olympique, fort et riche d'une discographie récente de toute beauté.
N'en doutez pas, mais nos Allemands sont sans doute au sommet de leur art, et ce depuis un sacré bout de temps.

Merci, 1000 fois merci.

Setlist : Mars Mantra (intro) - Phantom Antichrist - Hail To The Hordes - Enemy Of God (lancé par l'intro de ''Army of Storms'') - Satan Is Real -
Civilization Collapse - People Of The Lie - Flag Of Hate - Phobia - Gods Of Violence - Total Death - From Flood Into Fire - Hordes Of Chaos - The Patriarch Violent Revolution -Totalitarian Terror

Rappel : Pleasure To Kill - Fallen Brother (dédié à Eddie Clarke, Lemmy et Eric Martin Ain) - Betrayer - Death Becomes My Light (outro)


Le 25/01/2018 par FOXTHEBOSS

Bonjour à tous !
Merci pour ce retour qui fait écho à ce que j'ai vu à Bordeaux. À savoir, un groupe époustouflant de maîtrise, de puissance et d'énergie. Un son parfait, un Mille en grande forme éructant comme jamais, une complicité folle entre les deux gratteux, des classiques immortels, de nouveaux titres qui bastonnent.
En résumé, une boucherie dans le meilleur sens du terme, du Thrash Mélo qui a fait bouger une salle conquise avec du circle pit à foison, deux wall of death bien à point, du mosh, du chant... Et du bonheur d'être là ensemble. Bref, j'ai rajeuni de 30 ans !
Sinon, contrairement à Rouen, service de sécu à la cool.

DAGOBA : je ne connais pas les idées politiques du chanteur, mais le batteur dépote et le groupe sait gérer un public et faire monter la sauce.
VADER : je n'ai pas accroché à ce groupe sur disque et là... Pareil. Ce n'est pas grave et ça ne m'a pas gâché la soirée, mais je trouve que ça riffe carré, mais sans inspiration. Bons élèves, mais on s'emmerde. Le groupe idéal pour boire des bières tranquille au bar.

Merci encore au site d'exister et meilleurs voeux à toute l'équipe.


Le 24/01/2018 par BIFIDUSMETALLUS

Bonjour à tous !

Merci pour ce live report, ça m'a permis de revivre un peu cet excellent moment le temps d'une lecture.

Personnellement j'ai vraiment pas accroché à DAGOBA. Ok les mecs ont de l'énergie à revendre, mais musicalement j'ai pas trouvé ça terrible, et le chanteur m'a donné un peu l'impression d'être neuneu dans sa façon de s'adresser au public... (j'ai aussi un peu tiqué sur le "c'est bon d'être français en France").

VADER, sans avoir été bluffé (et n'étant pas un connaisseur du groupe), a livré une prestation très honnête. Le seul souci que j'ai avec ce genre de groupe, c'est que j'ai énormément de mal à différencier les chansons en live (encore une fois je ne connais quasiment pas le groupe sur CD).

Mais bon, après, on comprend tout de suite pourquoi KREATOR était la tête d'affiche de cette soirée. Une setlist quasi-parfaite (meilleure que celle de Paris à mon sens), une excellente ambiance, des musiciens en forme... j'ai juste tilté à un moment, car le soliste a dû faire son solo 1/2 ton en décalé, mais bon on pardonne vu le reste de la prestation !



             



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