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ATARAXIE + WITCHGROVE @ Rock'n'Eat (Lyon)
Par WËN le 25 Mai 2019
Publié le 11 Juin 2019 Consulté 727 fois

Suite à un planning plutôt dense ces jours-ci (travail, famille... Trip' bordelais), je n'avais guère prévu de pondre un report en bonne et due forme pour Nightfall In Metal Earth, mais je tenais néanmoins à vraiment revenir sur cette parfaite soirée, placée sous le signe du Doom (extrême), Samedi dernier au Rock'n'Eat (Lyon), en compagnie d'ATARAXIE et WITCHGROVE. Un genre encore malheureusement trop rare à Lyon, même si avec SWALLOW THE SUN et surtout MOURNFUL CONGREGATION récemment, on sent que la situation se décante quand même doucement... Pas trop tôt pour une ville de cette taille ! Tout de même, pour l'ensemble de leur œuvre, nous ne manquerons pas de saluer les efforts de tous ces acteurs (assos, salles et groupes) qui se démènent pour nous apporter un peu de morosité au quotidien.

Bon comme d'hab' au R'N'E, on a le temps de boire, manger, puis re-boire avant que les choses sérieuses ne commencent, entre l'ouverture des portes et le début effectif des concerts (c'est un coup à prendre). Avec deux groupes ce soir, on aura au moins le temps d'apprécier la tête d'affiche sans regarder sa montre toutes les cinq minutes, par peur de louper les dernières correspondances.

On commence par le power-trio (guitare, basse, batterie) des locaux de WITCHGROVE que je n'avais jamais eu l'occasion ni d'écouter ni de voir. Pas de préjugé, donc, à la découverte de ce Doom bien sludgy-des-familles, mono-accord mais pas monocorde pour autant. Les deux front·wo·men débitent de grosses tranches de barbak qui, ainsi balancées par riffs entiers dans un public encore très clairsemé, vont clairement vous coller à la peau tout le reste du gig (et de la soirée) avec autant d'efficacité qu'une motte de saindoux abandonnée sur un barbecue. D'emblée, et même en étant habitué à l'exercice, on restera étonné quelques poignées de secondes par la puissance du growl de la bassiste, souvent rejoint par son compère 'ce-serait-pas-le-mec-de-GOATFATHER ?' à la guitare. Survitaminement parlant (et dans ces conditions de découverte), le style du combo oscille entre la veluseté toute incantatoire et boisée d'un JEX THOTH avec ce qu'il faut du feeling d'un ELECTRIC WIZARD bodybuildé pour réduire le tout à l'état d'une purée Stoner/Doom indécemment grasse et pulpeuse.

Configuration spéciale ce soir, puisque son batteur blessé à la main se trouve remplacé au pied levé par son confrère de chez GENERAL CLUSTER, sans que cela ne semble gêner le bon déroulement de la prestation (aux dires post-concert du guitariste, tout cela sonnera quand même un poil plus 'Rock' qu'à l'accoutumée). On se surprend à dodeliner du chef au gré des quelques brises psychédéliques qui s'échappent des enceintes tandis que les titres, tous issus de son EP à l'exception de "Bloodbass", s’enchaînent tranquillou - on est en famille de toute façon. Même si sur la durée, compos et structures tendent encore à se ressembler un tantinet - la surprise n'étant pas vraiment à l'ordre du jour dans cette formule compacte délivrée par le trio - nous ne saurons néanmoins, du haut de son EP, lui en tenir rigueur pour le moment. À suivre.

Setlist WITCHGROVE : Witchgrove - Sabbath Night - Mood For Love - Bloodbass - A Reason To Cry, To Despair And To Pray







ATARAXIE, c'est une autre histoire : attendu dans la capitale des Gaules depuis leur dernier passage en 2012 (pile pendant mon hiatus bordelais), je dois avouer que c'est un petit bonus de pouvoir saluer l'une de leurs prestations sans avoir à monter à la capitale (avec les frais que cela implique) comme j'avais pu le faire pour les shows en compagnie de PROCESSION, puis BELL WITCH, ces dernières années (un régal à chaque fois, de toute façon quand on aime, hein). Au programme, "Résignés", leur quatrième LP fraîchement sorti, sera le leitmotiv de la soirée, puisque comme lors de sa release party le samedi précédent au Klub (Paris) celui-ci va être ici déroulé dans son intégralité (en suivant la tracklist de la version vinyle). Et pas seulement. Le groupe met les petits plats dans les grands en accompagnant chacun des morceaux d'un clip diffusé en toile de fond.

Inutile de vous dire qu'ainsi rehaussés d'un visuel adéquat, les quatre titres de ce double CD (pour plus de 80 minutes) qu'est "Résignés" vont vite accentuer le côté fataliste du bousin. Le disque prend ici une toute autre dimension et son ampleur, dans de telles conditions, dépasse tout ce que l'on pouvait imaginer ; Les murs du Rock'n'Eat commencent à suinter tandis qu'ATARAXIE enfonce le public de la fosse dans sa propre merde. Une fosse qui s'anime justement peu à peu, ployant littéralement sous la force brute des compositions. On l'a déjà dit précédemment, mais la nouvelle formule à trois guitares proposée par les Français ne manque pas de charme. Tout encroûté d'une certaine purulence, "People Swarming, Evil Ruling", logiquement servi en intro et ainsi bardé de subtiles leads qui se croisent et s'entrecroisent, plonge vertigineusement tout son monde dans un abysse de malaise. Le son, plutôt bon, ce qui est loin d'être toujours le cas au R'n'E (config de la salle oblige... On échappera cette fois au bordel du flipper/babyfoot pendant le set ! Une veine !), permet de se manger en pleine face le mur de grattes, mais tout en sachant pertinemment laquelle fait quoi et pourquoi on se réveillera le lendemain la tronche pleine de bleus. Notre destin est scellé, on accepte alors l'inexorable fatalité. Côté chant, Jo (basse) est très en voix et - comme à son habitude - d'un tel laconisme entre les morceaux qu'on se demande toujours où en est son taux d'alcoolémie. Mais le mec maîtrise son sujet, respect.

Ha, bah, tenez, comme on aborde la maîtrise : les clips, parlons-en. Si trois d'entre eux ont été présentés en avance sur les réseaux sociaux, c'est bien l'inédit (celui du titre éponyme, donc) qui va abattre tout le monde... La violence des images... CE PUTAIN DE MALAISE, LES GARS, je ne vous raconte pas ! (#VousNêtesPasPrêts , #MaisDansQuelleSociétéVitOn, #JeSuisRésigné). Déjà que les autres n'étaient pas joyeux-joyeux, mais là. Interdits, les rangs de devant, concentrés depuis le début, ne headbanguent même plus, tout accaparés qu'ils sont par la vidéo proposée. Là-dessus, la musique se pose à merveille, même si on sent le groupe un peu à l'étroit sur scène. Les morceaux s’enchaînent, donc, happant, hachant le public au gré de ses atmosphères joyeusement viciées. L'exxxtreme Doom/Death Metal proposé par le combo depuis "L'Être Et La Nausée" est dorénavant reconnu et salué internationalement, et impeccablement maîtrisé sur scène, alternant passages à la lourdeur sans équivoque, parties plus intimistes et chant déchiré, pour repartir - sans prévenir - sur ces lourdes et sourdes accélérations dont ATARAXIE à le secret et qui ne manquent jamais de laisser tout le monde haletant.

Suite à un "Les Affres Du Trépas" sans coupure le temps de changer le vinyle de face (je conçois parfaitement que cette vanne puisse commencer à être relou... Mais que voulez-vous...) qui semblait annoncer la fin de la prestation, c'est finalement - privilégiés que nous sommes - un ultime "L'Ataraxie" ("Slow Transcending Agony", 2005) aux magnifiques leads traînantes qui viendra clore ce set d'une bonne grosse une heure trente, lors d'un rappel improvisé. Clippée elle aussi depuis quelques temps maintenant (avec des images fort-à-propos tirées de "The Passion Of Joan Of Arc" de Dreyer, 1928), cette petite gourmandise supplémentaire à laquelle n'auront pas eu droit les Parisiens la semaine dernière, m'a définitivement fait chavirer. Excellente soirée, pour ma part ! Perso, je 'résignes' sur le champ !

Setlist ATARAXIE : People Swarming, Evil Ruling - Coronation Of The Leeches - Résignés - Les Affres Du Trépas - L'Ataraxie (rappel)









Dernière petite cerise sur le caveau, en amateurs de bières aguerris, les Ataraxeux ne débarquent pas à Lyon les mains vides ; Leur 'Let There Beer Doom', une Imperial Stout toute fraîchement brassée, venant garnir le stand de merch' de façon plutôt sexy. A 11° la bête, je m'en suis casé un trio dans le ceinturon pour savourer plus tard. Hâte de tenter l'expérience, avec la musique qu'il faut dans les esgourdes, bien heavy-demment.

PS : Ha ... Ben en fait, si, je l'ai fait ce putain de live-report !

PS2 : Photos d'ATARAXIE gracieusement transmises par Alëx Senecål (Niphrëdyl). Merci à elle.



             



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