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FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES
Par KOL le 24 Février 2024
Publié le 4 Mars 2024 Consulté 733 fois

Je suis content d’avoir connu Frank CARTER à son prime en live. D’abord avec GALLOWS, puis avec des RATTLESNAKES déchainés. Le rouquin tatoué enchaînait alors des prestations scéniques complètement déjantées, d’une intensité hors du commun, n’hésitant pas à faire corps, au sens premier du terme, avec son public, le laissant le plus souvent exsangue à la fin du set. De la bagarre de qualité, bien aidé en cela par ses comparses scéniques, le bonhomme faisait partie de ceux qu’il ne faillait pas rater lorsqu’il venait à traîner ses guêtres à côté de chez vous. Si "Sticky" m’avait fortement déçu, les shows de la tournée qui avait suivi n’en restaient pas moins brulants, et ce malgré la taille croissante des salles qu’il remplissait à vue d’œil.

Je suis d’autant plus content que force est de constater que cette période est révolue. L’assagissement des livraisons régulières, album après album, a donc bien fini par se traduire en concert. Si la qualité intrinsèque de cette date au Bataclan n’est pas à remettre en cause, les musiciens s’y montrant toujours aussi précis et volontaires, l’ambiance, elle, en a pris un coup. La férocité dont CARTER savait faire preuve, malgré des compositions de plus en plus adoucies, s’est estompée au profit d’une prestation vocale de plus en plus assumée. Frank chante juste, sur des lignes parfois difficiles qu’il ne passait pas auparavant. La rage s’est muée en maîtrise, en contrôle, en qualité. Balayant un spectre de plus en plus large, l’intensité s’en retrouve mise de côté à tel point que je me demande si je n’irais pas le voir depuis les balcons lors de sa prochaine visite.

Retour au Bataclan pour la première fois depuis 2015 pour moi. J’avais esquivé quelques évènements, comme TRIVIUM par exemple, par appréhension, par respect, par crainte de me laisser envahir par les fantômes du passé et de la tragédie qui s’est déroulée en novembre de cette année décidément maudite. Près de dix ans ont passé, mais en pénétrant dans les lieux, impossible de ne pas repenser à ce cauchemar, malgré toute la meilleure volonté du monde.



Bonne surprise en ouverture avec la prestation réussie des Anglais de The MYSTERINES dès 19h30, qui délivre un Rock Indé de qualité, porté par le charisme de Lia Metcalfe, au four et au moulin pour chauffer la salle. Les lights sont de qualité, le son également, et les compositions intéressantes même si elles manquent un brin de personnalité pour totalement emporter le morceau. Une mise en bouche satisfaisante, à défaut de se montrer mémorable.



Le temps de recharger le gobelet vide, et c’est déjà l’heure du Maestro. Comme vous l’avez deviné, je n’ai pas été conquis, malgré un show et un son de grand standing. Je n’ai pas retrouvé ce qui faisait le sel des spectacles de Frank CARTER & THE RATTLESNAKES, cette communion permanente avec les fans, ce contact, verbal et physique, cette sueur prégnante qui vous prend aux tripes (et au naseau) de la première à la dernière seconde. Outre les éléments relevés ci-dessus, le choix en incombe fortement à la setlist, particulièrement molle du genou.



Si je peux comprendre, lorsqu’on a un nouvel album à défendre, en l’occurrence le correct mais sans plus "Dark Rainbow", que l’on puise allègrement dedans pour constituer ses choix, mais après tout, même METALLICA joue encore "Masters Of Puppets" en concert de nos jours. Pas moins de huit titres en seront en effet issus, soit près de la moitié du spectacle. Et comme ce ne sont pas les chansons les plus remuantes de sa discographie, ça plombe un peu l’ambiance. Si on ajoute les trois morceaux du médiocre "Sticky", ça laisse bien peu de place pour les chansons des trois premiers LP, bien plus inspirées. Sont donc passées à la trappe "Neon Rust", "Angel Wings", "Juggernaut", "Vampires", "Anxiety", et j’en passe et des meilleures.



Si l’ami Frank exhumera bien "Paradise" - non jouée en live depuis 2018 - qu’il dédiera aux attentats de 2015, il met malgré tout de côté, en rentrant de facto brutalement dans le rang, ce qui a fait de lui ce qu’il est devenu, une rock star qui attire un public de plus en plus large, qui produit des représentations abouties pour les cadres urbains et autres milfs en mal de sensations fortes et de sentiment d’interdit. Pour nous autres, cette version 2.0 de Frank Carter n’aura pas plus de saveur qu’un vague édulcorant.

Comme dirait l’ami John Duff : Dommage !

Setlist : "Can I Take You Home", "American Spirit", "Self Love", "Devil Inside Me", "Kitty Sucker", "Wild Flowers", "Tyrant Lizard King", "Honey", "Paradise", "My Town", "Cupid's Arrow", "Brambles", "Superstar", "Happier Days", "End of Suffering".
Encore : "Crowbar", "Lullaby", "I Hate You", "Man of the Hour".

PS : Merci encore à Delphe pour les superbes photos !



             



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