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PLANE'R'FEST 2019 (Colombier-Saugnieu, 69)
Par VOLTHORD le 5 Juillet 2019
Publié le 9 Juillet 2019 Consulté 713 fois


Le Festival



Le Plane’R’Fest prend chaque année un peu plus d’ampleur et vient pour cette 8e édition se poser en incontournable de l’été Lyonnais (et peut-être hexagonal si les chose continuent dans ce sens). Nettement plus international sur le papier que l’année dernière (et moins Punk), il était difficile dans les têtes d’affiches de ne pas trouver au moins deux trucs pour se motiver à faire le déplacement.

Avec l’aéroport St Exupéry à dix minutes, on pourrait progressivement s’attendre à voir un public international se ramener, même si pour le moment on reste dans un festoche qui brille par son aspect familial et une densité de chevelu au mètre carré juste dans les normes à la fois pour ne pas se marcher dessus et avoir quelques épaules à cogner dans la fosse. Une foule tout de même conséquente, mais gérable pour une orga et une équipe de bénévoles qui gèrent dans tous les domaines : accès rapide au festival, chiottes toujours cleans, douches empruntées au gymnase du coin… allez si on veut pinailler on peut dire qu’il manquait d’options végétariennes/taliennes consistantes aux food trucks.
Outre l’habituelle tripotée d’ivrognes monoblagues sans gênes que seule une barre de fer pourrait correctement sensibiliser au respect d’autrui lors de nuits au camping au sommeil relatif, le Plane’R amenait cette année une rencontre de coreux et de metalleux à l’état sauvage (facilement rassemblés lorsqu’une référence à ULTRA VOMIT est faite et étrangement fédérés par leur dédain commun pour MANOWAR), dans une ambiance sereine et agréable comme on l’aime.


Vendredi



Les festivités commencent sans moi, je loupe RAB et BENIGHTED pour des histoires de covoiturage. On arrive au moment où FOSS joue dans la… fosse. Le groupe fera plusieurs interplateaux entre chaque tête d’affiche, avec un Hardcore ma foi bien huilé et un set up assez amusant (le Circle Pit autour d’eux entre JINJER et SKINDRED prouvait qu’ils n’étaient pas abandonné par les festivaliers).

JINJER

Bonne suprise que ce groupe que je connaissais "de nom" (et de réputation), et dont une grande partie du public revêtait les couleurs. Le Hardcore des Ukrainiens fonctionne à merveille, avec une alternance mélodique / chants clairs et de la grosse riffaille de charcuterie. On reste dans du Hardcore assez sage et sautillant mais avec une couche “progressive” (du moins une forme de sophistication) qui fait tendre l’oreille. Mon inculture du genre ne me fera pas en dire plus.



SKINDRED

Principale tête d’affiche de la soirée, SKINDRED déboule sur la marche de l’Empereur et foutra une ambiance de dingue. Entrecoupés de samples de Hip Hop, Ragga et Electro comme autant d’hommages à leurs influences, les Britanniques se targuent d’une formule Neo Metal / Ragga / Electro qui prend tout son sens sur scène. Même des tubes mainstream comme "That’s My Jam" qui sonnent sur album comme du rock alternatif plutôt chiant gagnent en fureur en live. Entre des phases Hip Hop et ragga sautillantes, riffs de fêtes et rage adolescente, il y a chez les Anglais un savoir-faire indéniable pour tenir une foule perchée en l’air, clairement aidé par le charisme du survolté Benji Webbe.

L’iconique "Nobody" viendra clore le set avec ferveur. Je réalise aujourd’hui que ce truc a 17 ans et qu’il était sur la compil soirée d’un pote de... collège. Bordel.



KORPIKLAANI

Ce n’est pas la première fois que je vois le clan de la forêt sur scène et mon constat reste le même : des musiciens qui viennent jouer ce qu’ils ont à jouer sans talent de communication particulier, et une dynamique globalement similaire à celle des albums (en clair : l’impression d’écouter en boucle le même morceau). La setlist, incluant des titres d’un "Kulkija" plus calme permettra une meilleure aération du set et casseront l’habituel rituel pouet pouet des "Beer Beer" et autres “Vodka”, comme la (très belle) ballade "Harmaja" où Jonne quitte son rôle de bourru festif pour une interprétation solennelle et approximative mais qui, allongé dans l’herbe, m’apparaît comme le meilleur instant du concert. Autres exemples, l’instrumental folklorique “Pellervoinen” rafraîchissant ou le long “Kallon Malja” de 10 minutes qui fait briller le violoniste Tuomas Rounakari dans un solo excellent. Un gars qui globalement sait donner une âme à une musique qui peine à en avoir, l’étoile qui fait briller KORPIKLAANI.

Bref, je n’ai jamais compris le rôle de tête d’affiche de ce groupe, leur présence scénique m’apparaît toujours comme le strict minimum et leur musique comme le niveau tutoriel abâtardi du folk metal.




Samedi




Le ciel a été clément avec nous, on se réveille dans un four, un café un croissant et on se détend jusqu’à 15h, début des hostilités.

YODA RISING

Le groupe Hardcore (côté Punk et strident de l’affaire) YODA RISING vient brandir les couleurs locales. Les gagnants du tremplin Plane’R’Fest ont le sale rôle de chauffer les premiers festivaliers (seule un petit tiers est resté camper) et s’en sortent avec les honneurs. Impossible pour moi de juger ce genre, mais avec un sandwich et des frites en main, ça nous faisait en tout cas oublier la chaleur guerrière de ce début de journée.

Heureusement quand même, un chouette type avec son tuyau d’arrosage hydratait le public comme un champ de maïs pour tout cet après-midi.

ACOD

Les Marseillais d’ACOD, valeur montante d’un Black Death mélodique, parfois épique, et fortement porté sur le blast n’ont certes pas encore une personnalité en béton, mais déjà une louchée de tubes dans leurs cordes dont l’excellent "Broken Eyes" que je m’étais foutu en tête avant de partir. Desservi par un son assez brouillon, on aura plus l’impression que le festival recrache le groupe plus qu’il ne le diffuse. Dommage car la musique des Français est plus subtil que ce qu’on a entendu.



HORSKH

Je me dis souvent qu’outre TAMTRUM la France n’a produit que très peu de bonnes formations EBM/Industrielle. Un des domaines où on se fait naturellement bouffer par l’Allemagne. Le trio de HORSKH vient me prouver le contraire (et j’avais sans doute déjà tort bien avant), en faisant, sous un ciel toujours aussi plombé, une démonstration de violence que je n’avais jusque là pas ressentie dans le fest. Un truc absolument viscéral où chaque pulsation crée des secousses de la tête aux pieds (si je mentionne ATARI TEENAGE RIOT pour la justesse d’impact ça vous va ?). Une grosse piqûre de rage qui anime la fosse grandissante, parenthèse non seulement bienvenue, mais qui s’impose comme la grosse surprise de cette édition.



AQME

J’ai beau admettre qu’AQME a été le point clé du festival, où enfin on voit un vrai "gros" public se former autour de la scène, j’ai beau admettre qu’ils ont un charisme et une présence au moins digne si ce n’est supérieure à leurs collègues de MASS HYSTERIA ou SIDILARSEN, et même si c’est bien plus bourrin que ce que je me rappelais des années 2000… eh bien je n’accroche toujours pas. Et aussi, il faut parfois pouvoir se reposer à l’ombre.




DARK TRANQUILLITY

Comme le dit si bien le collègue Fenryl dans sa chronique d’ "Atoma" : "Il y a DARK TRANQUILLITY, et il y a les autres". Cette phrase sera plus que jamais vraie pour ce live où le groupe, souriant au point que ça en devient absurde d’imaginer qu’ils font du Death Metal délivrent un set absolument parfait où chaque mélodie prend son envol et où on ne regrettera finalement qu’un étouffement des claviers par moment.
Un orage au loin nous tournera autour, donnant un certains cachet à la prestation, et après un admirable jeu de lumières naturelles sur le groupe, un arc-en-ciel s’invite face à nous sur l’attendu mais efficace "Lost To Apathy" puis sur le plus mélancolique "Misery’s Crown" : c’est un sentiment intense de magie et de libération comme on en a rarement qui s’opère. Un truc qui efface absolument tout contexte et toute autre pensée : je suis Joie. Le groupe n’aura jamais aussi bien porté son nom.
Bordel, quel bonheur !



RISE OF THE NORTHSTAR

En contraste total avec la vague d’Amour et de Paix dégagé par DARK TRANQUILLITY (oui, je parle pour moi hein), les Coreux du festival se réveillent pour prendre une très très large superficie dédiée essentiellement aux Slams, Wall Of Death et Circle Pits (qui auront pas tardé à être “exigés” par le frontman, sorte de version Ninja du JayJay de Kévin Smith). Je reste en retrait, comme j’ai toujours eu du mal à prendre totalement au sérieux le Rapcore / Beatdown des Français. Il faut leur reconnaître une spontanéité et une maîtrise qui vaudra un show survolté où l’ambiance est simplement à son comble pour le fest. Jamais autant de terre n’aura été soulevé que pour le tubesque "Here Comes The Boom".

Ça force le respect.




FINNTROLL

Ce sera la troisième fois que je vois FINNTROLL post- "Blodsvept", et c’est décidément toujours une joie de voir les Finlandais poindre leurs oreilles en plastoque. Avec les Coreux dans la fosse, les embrassades et les danses débiles se transforment vite en pogo, bien que le set savamment dosé laissera pleinement s’exprimer les différentes facettes du groupe : la triplette "Skogsdotter" / "Häxbrygd" / "Mordminnen" s’est imposée comme un incontournable du visage dansant du groupe, et c’est la fureur de "Solsagan" qui viendra mettre fin aux danses du soleil avec sa furie de blasts. On aura déjà eu un meilleur son dans le festival, là, on a l’impression qu’on pourrait descendre globalement les décibels pour rendre la chose plus audible. Si on ajoute à ça un set écourté à cause de euh… on sait pas trop… on se retrouve forcément frustré. Et puis franchement, est-ce qu’on en a vraiment quelque chose à foutre de SOULFLY ?

SOULFLY

Le Max “chauffeur de salle” Cavalera, il a peut-être de la bouteille mais quand même moins de prestance que la série de groupes qui lui ont précédés. Bref, j’écoute d’une oreille distraite, je trouve les efforts de communication un peu poussifs, et puis merde il est pas un peu tard pour du Thrash ? La fan base dans la fosse a pas l’air trop d’accord avec ça et je m'excuse définitivement pour les quelques personnes venues lire ce qui s'était passé avec SOULFLY à Lyon... voilà voilà, vous pouvez me sacrifier sur un drapeau brésilien.


**CONCLUSION**

Le PLANE’R’FEST est désormais un truc à inscrire sur son agenda. Des genres bien dosés qui amènent une foule hétérogène, des groupes savamment choisis et un bon mélange de groupes hexagonaux et internationaux, une orga aux petits oignons et un emplacement pratique pour les Lyonnais et les environs. Plein de bonnes surprises et de promesses tenues. Vivement l’an prochain !


Crédits photo : Volthord / Nightfall In Metal Earth



             



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