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SCHIZOPHRENIE RAMPANTE… (LE CAS DE CONSCIENCE DU CHRONIQUEUR)
Par DARK BOUFFON le 5 Novembre 2010 Consulté 4351 fois

C’est sûr, j’aime bien cet album… Oui, mais bon, il a pas mal de défauts… Non, en fait, je ne l’aime pas tant que ça… Après avoir discuté avec mes potes, je me suis rendu compte que c’était une merde sans nom… Après plusieurs jours d’écoute intensive, je suis fier d’annoncer que je réhabilite cet opus sans problème : c’est une œuvre tout à fait acceptable… J’ai lu dans un magazine que c’était leur chef d’œuvre, je suis assez mitigé… Maintenant, avec du recul, j’adore cette livraison : je la classe parmi mes albums de chevet… Ça fait maintenant plusieurs mois que je ne l’écoute plus, il ne tient pas vraiment la route ce skeud…

Oui, bien sûr, j’exagère, il est impossible – quoique… – de passer par autant de stades de « ressenti » pour un seul et même album mais ce cheminement abusif illustre le malaise qui m’étreint parfois lorsque je dois donner un avis sur un album. La peur de dire des conneries tout simplement… Oui, mais ça va plus loin que ça ! Certes, certains se targuent d’avoir un avis ferme et définitif dans les premiers jours d’écoute d’un album et de s’y tenir, bien droit dans leurs bottes, quoiqu’il arrive. Tant mieux pour eux… Ma « maturation (je n’ai pas dit masturbation…) personnelle » – une certaine quête de l’objectivité, diront certains – est plus longue. Et puis, l’avis qu’on peut porter sur une œuvre dépend en partie de l’état d’esprit dans lequel on se trouve au moment précis de sa découverte : on est parfois dans le brouillard le plus opaque, en bref, on peut passer d’un état où l’on est hermétique et aveugle (enfin, sourd en l’occurrence…) à une espèce de sentiment « bon public » devant tout ce qu’on va nous proposer. Alors, comment faire ?

Quoi, Dark Bouffon est-il influençable à ce point ? Une discussion avec des potes peut-il le faire changer d’avis sur tout et n’importe quoi ? Non, non, trois fois non et puis là n’est pas la question. La vraie question est : que retenir au fond de soi comme étant bon ou mauvais pour un album ? Mais ce genre de question comporte plusieurs niveaux d’appréciation… La connaissance du style, du groupe, les albums précédents, les sorties similaires actuelles… tout ce genre de détails sont indispensables bien sûr, tout chroniqueur un poil sérieux vous le dira. Mais le ressenti général d’un album va bien au-delà de ces simples éléments très concrets. Certains y verront le moment de glisser des principes philosophiques sur la manière de voir les choses dans l’art… Hum, pour tout vous dire, dès le lycée, les principes philosophiques m’ont troué le cul d’une manière assez incroyable alors je laisserais à d’autres bien mieux qualifiés que moi le loisir et le soin de vous les exposer. Quoiqu’il en soit, il paraît évident de prendre un minimum de recul pour ne pas déblatérer des propos que l’on pourrait regretter par la suite et il faut se méfier des impressions à chaud comme de la peste. Pour autant, les émotions suscitées, le petit sourire en coin, le pied qui commence à démanger… Les signes d’un bon album ne trompent pas et ne mettent pas cinquante écoutes avant de pointer le bout de leur nez. Mais il est beaucoup plus difficile de mettre tout ça en mot… Il est encore plus difficile de mettre une note ferme et définitive, figeant ainsi de manière ultra précise et « pour l’éternité » l’avis du chroniqueur sur une œuvre artistique susceptible de susciter des émotions, évoluant avec le temps… Ne vous est-il jamais arrivé de penser que vous n’étiez pas assez mûr pour apprécier telle ou telle œuvre ? Ou bien au contraire, constater après quelques années qu’un album bandant ne vous faisait plus le même effet ?

Et puis, elle est bien bonne ! Mettre une note ? Mais qui suis-je pour mettre une note ? Un prof ? Oui, c’est le cas… Ah, merde… Mais pas prof de musique… Non, franchement, quelle légitimité ai-je pour me permettre de « noter un album » ? Sincèrement : aucune. Et ce n’est pas ma piètre expérience en tant que musicien amateur (encore, devrais-je daigner me sortir les doigts du cul et me décider à toucher de temps en temps ma guitare premier prix…) qui m’autorise à donner un avis tranché sur tel ou tel point particulier d’un album de musiciens / compositeurs pour la plupart talentueux et expérimentés… C’est cependant ce que je fais. La base de tout ça est la volonté de faire partager un goût immodéré pour le metal. La seule chose dont je peux m’enorgueillir est ma longue expérience de fan : j’écoute du metal depuis presque vingt ans. Voilà ma seule qualification pour prétendre vous parler de mes coups de cœur et de mes coups de gueule. L’autre nerf de la guerre est l’écriture. Certes, c’est le côté obscur de la force car cet aspect est totalement égoïste : j’ai tout simplement un besoin viscéral d’écrire et pondre des chroniques est un bon moyen (pas le seul…) pour moi de créer quelque chose (qui ne me satisfait pas toujours mais c’est autre chose) et d’y mêler mon intérêt pour ce style musical.

Mais cela n’enlève certainement pas mes scrupules à parler d’un album. En mal surtout, je le reconnais. Et je rejoins ce que je disais plus haut : je passe par une palette d’avis contradictoires car chaque nouvelle écoute d’un album met en exergue son lot de bonnes – et de mauvaises – surprises. C’est donc avec un certain sentiment schizophrène, passant par des pensées très paradoxales, que j’aborde chaque nouvelle sorties. Excusez donc ma folie latente mais je ne sais pas faire autrement. Je me soigne, c’est certain, et je sais que certains de mes collègues Nightfalliens ont bien moins de scrupules, cela dit sans voiler aucunement leur crédibilité et leur aptitude à viser juste en termes d’argumentaire. Nous sommes juste différents mais cela ne m’empêchera pas de continuer à vous faire découvrir mes découvertes et mes écoutes avec un – mon ? – maximum d’objectivité (mes autres comparses sauront d’ailleurs vous définir ce concept mieux que moi).

Docteur ? Docteur ? Je veux sortir ! LAISSEZ-MOI SORTIR !!!!!!!!!!!!!!!!



Le 06/11/2010 par SACRIPAN

Très bon édito !

C'est vrai qu'on se place différemment par rapport à un album selon l'humeur qu'on a, (et sans vouloir aller trop avant dans la philo) selon aussi le "moi" dans lequel on est :

si on est dans une période où on fait plus attention musicalement au côté filmique de l'album (alors on accepte plus facilement les titres qui ne sont pas d'anthologie mais qui participent quand même à la bonne tenue de l'album, à rendre le tout agréable),

soit on fait plus attention aux nouveautés (et là c'est le pire, car un album peut ne rien contenir de vraiment révolutionnaire pour un artiste, il peut être quand même génial. Par exemple les albums d'AC/DC, de MOTORHEAD, dont on ne demande rien de plus qu'ils soient frais et nous fassent taper du pied. ("Motorizer", pour ma part, de MOTORHEAD, m'a déçu parce qu'il n'était pas frais, c'est pas qu'il n'y ait rien de nouveau, c'est plutôt qu'on sent que l'envie n'y est pas).

Mais dans tous les cas c'est l'objectivité du chroniqueur qui arrive à nous replacer bien en face de l'album devant lequel on se trouve, quelque soit notre humeur. Finalement l'objectivité est un outil qu'il faut savoir maîtriser pour pouvoir chroniquer un album sans le flinguer parce qu'il ne contient pas que des classiques, ou parce qu'il contient peu de nouveautés. Un album doit être bon à écouter comme un concert auquel on assiste, encore faut-il que le chroniqueur écoute l'album en entier et ne le zappe pas quand il est pressé, parce qu'un concert ne se zappe pas. Normalement, si on écoute un album en entier et en toute objectivité, notre avis dessus ne devrait varier que très peu. La nature est dans le changement, il peut arriver que notre avis varie, mais qu'il passe du tout au tout ça veut dire, selon moi, qu'on ne l'a pas écouté objectivement.



             



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