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NIME vs. le reste du Monde
Par ISAACRUDER le 16 Octobre 2019 Consulté 1299 fois

Les nombreuses lectures que je m'enfile pour espérer mettre un point final à cette thèse ont pour bénéfice de m'amener à reconsidérer de nombreuses problématiques, et de nombreux acquis que je pensais avoir enterrés auparavant. En ce moment, la pile d'essais que je me tape sur la question du progrès m'a donné envie d'écrire ce billet absolument scandaleux au titre révélateur.

Sachez donc que lorsque je commençais mes premiers pas dans NiME, et que l'équipe se demandait déjà si elle n'avait pas fait une connerie en acceptant de me laisser écrire mes délires, je faisais partie de ces petits nouveaux venus qui, pris dans leur zèle, cherchent à proposer un maximum d'idées pour changer la communauté dans laquelle ils ont été accepté. Tel un jeune Mormon fraîchement converti je me voyais déjà révolutionner l'approche de la plèbe dans le métro new-yorkais, intimant à mes supérieurs l'utilisation de rollers, de tablettes numériques pour faire découvrir John Smith et j'en passe. Je voyais chez certains webzines concurrents des atouts forts goûteux et je me sentais d'humeur volage. Mon amour pour NIME m'a alors poussé à parler de changement, de transformation, de modernité, bref, de progrès.

En définitive, j'étais devenu une belle grosse merde progressiste, une espèce de Jacques Attali du webzine Metal.

Il me fallut une conversation de bonne tenue avec l'inénarrable VOLTHORD pour réaliser une chose essentielle: il y a NIME et le reste du monde.

Comment expliquer que j'ai pu autrefois revenir tant de fois sur NIME me faire un avis en lisant les papiers de ONCLEGUUD et POSSOPO alors qu'il existait moult webzines aux designs plus modernes, aux fonctionnalités plus attirantes, aux airs de petite salope bien plus lascive? Depuis que je le connais, soit plus d'une dizaine d'années, NIME n'a pratiquement jamais bougé. Il est resté dans la sobriété de son noir impénétrable, avec ses critiques mises en avant sans autre forme de procès, les étoiles qui attirent d'emblée les yeux, les polices d'écriture moitié dégueulasses, les rubriques qui sont là engoncées dans leurs fauteuils comme des trous du cul de l'Académie Française. NIME est cette vieille aristocrate qui regarde la jolie et jeune bourgeoise tenter d'apprendre les manières des nobles en se ridiculisant comme dans un bon Molière.

Comment expliquer donc que cette vieille aristocrate m'obsède alors qu'il y a tant de jolies petites bourgeoises qui m'attendent là, dans le vaste monde, avec leurs robes toutes neuves et leurs maquillages hors de prix?

La réponse était là depuis le début, et il a fallu réaliser tout le mirage du progressisme pour la voir.

NIME est un site élitiste, un webzine aristocratique, un des derniers dandys dans ce monde de reproduction mécanique généralisée. Comme Des Esseintes dans "À Rebours" de Huysmans, NIME s'isole en sa demeure et ne s'intéresse nullement du reste du monde. Il collectionne son art, cherche la rareté, méprise les choses communes, et invite parfois des gens de qualité. Il y a NiME, immortel et classe, et le reste du monde, méprisable petite catin dévouée au Capital, qui cherche à gagner sa croûte en refaisant sans cesse la carrosserie et en tentant de faire croire qu'elle disserte avec talent.

Voyons les choses en face: il n'y a aucune de ces guenons qui arrive à la cheville de NIME, toutes manquent de classe, et feraient bien de soigner cette vilaine peau aka l'écriture, qui est clairement mauvaise à tout égard.

C'est tout de même incroyable le nombre de pourceaux qui écrivent comme des résidus de Parnassiens, en se croyant poètes, philosophes ou théoriciens profonds. Je ne pousserai pas la vulgarité au point de citer: quelques coups d’œil sur ces morues suffiront à constater le désastre. Aucune n'a de style.

L'aristocrate NIME charme parce qu'elle est intransigeante, qu'elle pue la classe et qu'elle n'a nul besoin de se conformer à la modernité lorsqu'elle possède la plus belle chose qui soit: des serviteurs avec une plume fantastique.

Le passif de NIME suffirait déjà à créer un panthéon de la puissance stylistique avec les POSSOPO et JULIEN, mais le NIME actuel n'a pas à rougir tant il regorge de talents dont même le moins doué écrase toute plume extérieure.

Place au lol.

Le décor est celui d'un défilé de mode avec Isaacruder en Madame de Fontenay version masculiniste dégueulasse, le cigare à la bouche comme le crypto-révolutionnaire qu'il est et une fleur de lys en pin's pourrave sur le torse, en bon facho qui se respecte.

Le public crie, hurle, que dis-je, éructe, tandis qu'Isaacruder - animateur numéro 1 des ondes doit-on le rappeler - introduit un florilège de critiques, qui ne sortent évidemment que de la maison NiME

- Merci d'applaudir tout d'abord VOLTHORD aka le Viking Savoyard, garant d'une écriture quasi panthéiste, superbe poète descriptif et pédagogue incroyable quant aux mythologies scandinaves.

- Puis DARK "Gatling" BEAGLE, dont les critiques pleuvent comme autant de cartouches au sol, Hérodote du Metal capable de conter avec le plus grand talent toute l'histoire cachée de groupes qu'il dissèque au scalpel.

- Passons à JEFF "Glam" KANJI, fin théoricien de la musique capable d'analyser 2 secondes de morceau pendant 3 paragraphes, comme une espèce de Lucchini du Metal, qui tricote façon Guitar Hero de la langue, analysant un changement de tempo comme on analyse une nouvelle souche microbienne.

- Et bien sûr (SU)POSITRON, alias l'angoissé de la critique, qui ne peut accepter de prendre la plume s'il n'a pas passé en revue l'histoire et la discographie complète d'un groupe. Et lorsqu'il le fait, rédige et critique comme l'un des tout meilleurs snipers de la team.

Le public attend de voir si ISAACRUDER - élu homme de l'année 2019 faut-il le rappeler - va introduire des critiques issus d'autres écuries. Mais non.

Cette séquence incroyable qui me vaudra je l'espère une promotion dans la hiérarchie NIME ne doit pas occulter le principal objectif de ce billet d'humeur: l'auto-pompage de nœud sans aucune gêne.

Je vous quitte avec cette image délicieuse: imaginez vous dans 30 ans, avec votre voiture volante, discuter avec votre IA des plans sexuels de la soirée, communiquant à votre robot-cuisinier de préparer un plat fusion du futur type tacos-pot-au-feu. Vous revenez chez vous, vous transpirez de modernité, ça suinte le turfu jusque sur la gueule de vos gamins qui se baladent avec des Apple Glasses et foncent dans les murs comme des cons. Vous vous asseyez avec un mocktail de connard sur le canapé, enfilez vos propres Apple Glasses et parcourez les dernières tendances Metal. Un critique quelconque apparaît devant vos yeux fatigués, sa grosse gueule de blaireau postillonne en réalité augmentée, il utilise des mots comme "hype" et "tremendous", issus du Larousse 2050. Exténué par ce personnage pathétique vous savez quel bonheur simple reste à votre futur vous blasé. Apple Glasses cherche pour vous NiME, et les lunettes manquent de se détruire en affichant ce site obscur qui n'a subi aucun changement depuis 30 ans. Vous cliquez sur une critique quelconque.

Dans cet emballage rudimentaire, peu délicat, vous goûtez à l'authenticité d'un style perdu, une puissance unique.

Il vous semble apercevoir devant vos yeux une aristocrate du temps jadis, qui boit un Old Fashioned en faisant des doigts d'honneur à la fenêtre.



Le 01/11/2019 par JOE EST Là

Cela doit bien faire une douzaine d'années que je me connecte sur NIME quotidiennement.
Lire et relire les chroniques de mes groupes préférés de ma musique préférée m'aide à vivre
cette vie de fou que l'on mène.
Ne changez rien c'est parfait comme ça !


Le 26/10/2019 par ELFHIR

C'est NIME qui a contribué à faire mes choix sur mes écoutes musicales.
Un grand merci éternel !


Le 22/10/2019 par METALPOUET

Vous faites des choix, vous les assumez.
Vous avez raison (selon moi).
Simple, clair et efficace pour l'UI/UX.
Pas besoin de liens partout, de pubs, d'images énormes...
Le centre du site est (et restera je l'espère) la musique (et ses chroniques donc).
Bravo et merci à tous les chroniqueurs. Encore et toujours.


Le 22/10/2019 par SOMEWHERE

J'approuve en tous points ce bel édito.
NIME est LE site de référence du Metal, pour toutes les bonnes raisons exposées par Isaacruder.
Pas de compromission commerciale : c'est rare et précieux.
Oui, ce pourrait être plus ceci ou mieux cela : mais qui paye ?
Je préfère NIME comme il est, avec sa haute qualité de contenu, que comme il pourrait être, au détriment de celle-ci.
Et je suis parfaitement satisfait du site tel qu'il est.
Je ne peux m'empêcher d'y ajouter la plume exigeante et acérée du regretté Canard.
Continuez tel que vous êtes et toutes mes plus vives félicitations.
UP THE IRONS


Le 22/10/2019 par JEYRAG

lecteur quotidien de NIME depuis la quasi origine (2001/2002, par là...), j'approuve cet édito.
NIME est et demeura grand.


Le 20/10/2019 par RAUM

Mettre du texte en forme ordonnée et structurée c’est tout ce qu’on demande au html, de reste c’est de la bouillie pour hipster, bon y a une DB et du script derrière, mais on a pas fait mieux depuis les 90s alors… (En note ; un autre format minimaliste de la critique qui vaut le coup de clic : https://www.gutsofdarkness.com/).

Je viens pas sur NIME pour les guirlandes, juste pour lire de bons textes et faire des découvertes.

Quant au "progrès" je suis carrément plus Jacques Ellul qu’Elon Musk.

Continuez comme ça, on vous aime !


Le 20/10/2019 par LEU

Haters incoming être ceux se sentant visés par certains paragraphes de cet édito.
Longue vie à Nime.



             



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