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Trepalium (2001 - 2024)
Par ISAACRUDER le 15 Janvier 2024 Consulté 1748 fois

Dans la campagne profonde du Poitou vit un de mes meilleurs amis, Maxime, solide gaillard un peu ermite sur les bords et reconverti récemment dans l'apiculture. Ce bougre certainement chauve mais pas lâche possède une grande maison avec un terrain ridiculement grand sur lequel ses chiens pondent des étrons et ses abeilles du miel. Quand ce sieur fort médiéval n'est pas occupé à gazer ces insectes monarchistes, il a pour habitude d'organiser ce que l'on appelle communément des ripailles, où, il faut le dire, on prend bien cher.

Il faut dire que dans le Poitou, une fois visité la superbe église Notre-Dame, le Futuroscope et Ségolène Royal pour les motivés, il reste à boire, et là-dessus, nous sommes parmi les champions de France! C'est durant ces ripailles savamment orchestrées que j'ai rencontré pour la première fois les gars de TREPALIUM. À l'époque, j'avais un petit groupe de Death technique sans prétention et les gaillards nous impressionnaient, comme nombre de musiciens français qui baignaient dans le Metal. Il y avait comme dans chaque domaine des grands frères, et TREPALIUM en faisait partie. Les gars étaient intouchables, des monstres. En plus ils connaissaient les GOJIRA, au secours le style. Si on m'avait dit qu'un jour je partagerai la scène avec eux, j'aurais vomi d'enthousiasme. Ce fut le cas, avec ZAPRUDER, mais c'est une autre histoire.


Festoyant à n'en plus finir autour de litrons tièdes de pinard rugueux et autres fûts de bière dégoulinant, nous jouiions au palet, ce jeu qui ressemble à la pétanque, en plus clodo et en plus dur, et ce d'autant plus lorsque vous commencez à ne plus marcher droit. Les gars de TREPALIUM étaient des habitués. Je n'ai jamais rencontré de types qui tenaient aussi bien l'alcool et qui éclataient le monde au jeu. Des vrais poivrots, mais du type bon enfant, du type français, bien ancrés dans le terroir, des bon-vivants tout droit sortis d'un récit paillard de Rabelais, avec des gueules de légendes. Pour les avoir vus une quantité innombrable de fois en live, je peux vous confirmer que les gars tapaient la bavette avec les fans après le show, sans problème. Des crèmes absolues, sans prise de tête, des petits gars populaires, sans prétention, avec pourtant dans la besace de quoi faire rougir des palettes de groupes de merde surévalués par la presse mainstream.

La première fois que je les ai vus j'étais avec mon poto Thibault, qui ne quittait jamais son poing américain et savait miraculeusement faire rentrer une quantité astronomique de bières dans sa battlevest couverte de patchs de groupes Black Metal obscurs et certainement peu recommandables. Je me souviens avoir pris une mandale monumentale. J'étais tout jeune étudiant universitaire perdu dans le bâtiment dégueulasse de la fac de Lettres dont l'architecture est caractéristique du soviétisme français. J'avais un professeur de stylistique littéraire clodo avec des trous dans son jean qui nous parlait de sa saloperie de communisme. Dès lors, squatter les concerts était une évidence: il fallait se vider la tête de toutes ces conneries. Pour ce faire, TREPALIUM était le roi. Le temps d'un show, on oubliait toute cette merde. Le jeu scénique était impeccable, le son propre, et Dieu que ces gars savaient jouer. Ils jouaient un Metal au groove inespéré, croisement improbable entre du Swing et du Death. Le compositeur principal, Harun, m'a toujours rappelé qu'il était fan de PANTERA et des big band de la Nouvelle-Orléans. C'était ça TREPALIUM, mais avec la joie de vivre du Français ripailleur, et la simplicité de gars de la campagne qui s'éclatent sur scène sans chercher à prouver quoique ce soit.


C'est difficile aujourd'hui de se souvenir de cette époque où le moindre groupe français espérait devenir le nouveau GOJIRA. Les Landais étaient les patrons, ils avaient percé, ils jouaient aux US. Pendant ce temps, il y avait la Ligue 2 composée notamment de toute la Klonosphère. KLONE, HACRIDE, TREPALIUM. Chez nous, dans le Poitou, c'était un triumvirat qui avait de la gueule. HACRIDE par exemple, c'était quelque chose. Depuis le départ de leur chanteur, ils se sont perdus. TREPALIUM a suivi la même voie. Sans KK, leur chanteur mythique versé dans l'occulte, les histoires sordides de tueur en série et autres délires voodoos qui font la joie de l'univers du groupe, TREPALIUM n'a pas survécu. Il y a aussi là le destin d'un groupe français classique qui ne jure que par la scène, l'effort et ne cherche pas le piston facile ni le matraquage promo où tout s'achète sans conviction. Ces gars-là ont eu leur réputation par des albums solides, une présence scénique incroyable, et s'ils n'ont pas percé outre mesure, c'est qu'ils n'étaient pas des requins. Dieu les bénisse pour avoir garder cette part de candeur.

Quand je me suis décidé à écrire sur TREPALIUM je me suis laissé emporter par des souvenirs particuliers, emplis d'émotions. C'est un groupe que j'ai adoré, symptomatique d'une scène qui peine encore à élire à leur juste valeur les groupes qui sortent du lot. Une scène qui ne vit peut-être que pour sa capitale, comme pour tout le reste d'ailleurs. Que TREPALIUM n'ait pas explosé davantage est criminel; mais il reste leur discographie exceptionnelle, des bières partagées, et mes sourires jusqu'aux oreilles à chacun de leurs concerts. Merci à eux et RIP, je vais me remettre "Sick Boogie Murder", rêver de mes années estudiantines et suivre avec intérêt le projet d'HARUN DEMIRASLAN, la tête pensante géniallissime de cet excellent groupe.




Le 16/01/2024 par HOLLYVANDER

Merci à TREPALIUM pour les super moments passés à vous écouter ! Ça me fait quelque chose d'apprendre que c'est la fin de l'aventure. Regret de ne pas vous avoir vu en live ! bises d'un voisin du Limousin.



             



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