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LINKIN PARK et le décès de Chester Bennington : ma pensée intérieure
Par DARK SCHNEIDER le 3 Octobre 2017 Consulté 997 fois

Je n'ai pas grandi avec LINKIN PARK. Ma personnalité musicale était déjà bien forgée quand ce groupe a explosé, et je n'étais alors pas vraiment un exemple d'ouverture et de tolérance pour des genres que n'importe quel "True métalleux" considérait comme borderline pour rester poli. Mais évidemment, je n'ai pas pu échapper au phénomène : relisez mon commentaire de 2004 sur l'album "Meteora", moquez-vous de ma piètre écriture, riez. Depuis ce commentaire, je me suis jamais intéressé à ce groupe, tout au plus j'ai entendu quelques singles lorsque je captais Ouï FM en région parisienne. Je ne m'y intéressais pas par dédain ou rejet, non, au pire c'était de l'indifférence, en réalité je n'y pensais tout simplement pas. Même quand j'ai essayé de combler quelques lacunes en Neo Metal il n'y a pas si longtemps que ça, j'ai oublié d'ouvrir le dossier LINKIN PARK. Et puis il y a eu cet évènement tragique du décès de Chester Bennington au mois de juillet dernier.. Dans un premier temps je n'y voyais qu'un triste écho au suicide de Chris Cornell. Mais il y a eu cette vague d'émotion, amplifiée par les réseaux sociaux. Et cela, je ne l'ai pas ressenti suite au décès du chanteur de SOUNDGARDEN. Manifestement, le public de LINKIN PARK était plus jeune, et surtout ce groupe n'avait jamais quitté la scène, son activité était plus régulière, le choc émotionnel est donc beaucoup plus grand. Surtout que pour beaucoup, LINKIN PARK a été le début de quelque chose. Une porte d'entrée. Et cela ne m'a pas laissé indifférent. Je me devais d'écouter ce groupe, de me fader sa discographie (merci deezer). Et toute sa discographie, pas seulement les deux premiers albums, qui n'ont donc rien de madeleine de Proust en ce qui me concerne.

Au-delà de ma redécouverte des qualités musicales de ce groupe, ce qui est dingue, c'est à quel point le suicide de Chester Bennington en change ma perception. J'ignorais tout de ce chanteur ! Je ne savais rien de son état mental et de ses problèmes d'addiction. Je ne savais même pas à quoi il ressemblait (je ne l'avais pas calculé dans Saw 7 par exemple). Un vrai écorché vif, c'est le mot. Son mode d'expression artistique, son superbe feeling vocal, trouvent une explication toute faite. Et maintenant, après ce drame, sa musique a une toute autre résonance.
Il faut de l'empathie pour vraiment apprécier LINKIN PARK. Et cette empathie, c'est mon expérience d'adulte, et ma vie professionnelle notamment, qui m'a permis de l'acquérir. Des gens qui souffrent comme Chester Bennington, j'en ai croisé beaucoup... C'est toute cette expérience de vie qui entre en résonance avec la musique de LINKIN PARK, et notamment son principal vecteur émotionnel : la voix de Chester. Certes, le cas Bennington n'a rien d'isolé. Impossible de ne pas se souvenir d'un certain Kurt Cobain. Mais j'étais encore un peu trop jeune dans ma tête pour avoir été atteint par le décès du chanteur de NIRVANA, groupe que j'écoutais à cette époque. Je ne vivais pourtant pas une adolescence des plus faciles, mais je n'avais pas encore cette capacité d'empathie, j'étais très vite passé à autre chose. À la différence de Kurt Cobain, Chester Bennington nous lègue une discographie beaucoup plus imposante, plus riche et variée également, qui sera sans doute passionnante à analyser encore et encore dans les années à venir. Rendez-vous compte, il y a à peine quelques mois LINKIN PARK sortait un titre s'appelant "Nobody Can Save Me" qui évoquait clairement le suicide. Des paroles qui semblent-ils ne furent pas écrites par Chester Bennington, qui n'était pas le principal parolier du groupe. À croire donc que son esprit torturé influençait tout le processus de composition de l'ensemble du groupe.

Alors on dit souvent que si untel n'avait pas mis fin à ses jours, ou connu un autre type de fin tragique, il n'aurait pas été considéré comme un "génie" ou une "légende". C'est prendre les choses sous un mauvais angle. Un suicide, notamment, n'a rien d'anodin, tout comme le fait de se tuer à petit feu avec drogue et alcool (coucou Gary, Rory, Lemmy, Phil et tant d'autres). Un tel acte, un tel mode de vie, éclaire sur la personnalité d'un artiste, sur son message et sur ce qu'il veut transmettre. Car non, on ne peut pas totalement dissocier la personnalité d'un artiste de son œuvre ! Cette dissociation trop souvent invoquée quand l'on veut éviter de discuter les propos "sensibles" de certains musiciens/artistes (suivez mon regard). Aujourd'hui je ne peux pas écouter LINKIN PARK comme je le faisais en 2004, cela m'est juste impossible. C'est cet acte terrible de Chester Bennington qui m'a donné envie de réécouter ce groupe, et de prendre vraiment la peine de le comprendre. Sans cela j'aurais continué à cultiver mon indifférence, à tort. Je regrette, évidemment, de ne pas avoir suivi la carrière de cet artiste de son vivant. Mais on ne peut pas être à l'affût de tout. Et oui, une mort tragique contribue à construire une légende. Un tel événement impacte sur mon ressenti personnel, sur mon degré d'appréciation de cette musique, et surtout sur les sentiments qu'elle génère en moi. Un drame qui rappelle une fois de plus que l'argent et la gloire ne font pas forcément le bonheur, et je peux vous dire que quand la fameuse "mid-life crisis" a frappé à la porte de votre foyer plusieurs fois, ce rappel ne vous fait pas de mal. Comprendre le malheur des uns pour essayer de construire son propre bonheur.

Voilà, ce papier avait juste pour but de partager un ressenti, une réflexion suite à cette tragédie. Cela n'est absolument pas dans mes habitudes, mais je ressentais le besoin d'écrire quelques chose de différent que les habituelles chroniques musicales parfois un peu trop froides et distanciées.

Mais allez, en parlant de chroniques musicales, comme on est sur Nightfall, il m'apparaît important aussi d'y aller de ma petite analyse sur LINKIN PARK, car vraiment, il y a des choses à dire !

LINKIN PARK c'était un putain de groupe. Et ouais. Et pas que pour les deux premiers albums ! Un putain de bon groupe, mais sacrément incompris ! C'est l'avantage de découvrir ainsi une discographie a posteriori, sans être concerné par une dimension nostalgique qui déforme la réalité : on arrive mieux à appréhender une oeuvre dans son ensemble. Et l'évolution artistique de LINKIN PARK est assez logique, même si le groupe a clairement pris des risques. Il lui est souvent reproché son éloignement progressif du Metal... Mais euh... Ce groupe n'a jamais été totalement Metal non ? Ce n'est qu'un ingrédient dans leur musique. Ce qui fait la base de LINKIN PARK, c'est avant tout son sens de la mélodie (essentiellement portée par la voix de Chester), et la façon dont tout cela s'imbrique et se mélange avec des éléments Electro, Hip Hop, et les hurlements Metal. Mais tout n'est qu'une question de dosage et de qualité des arrangements. Le Metal se caractérise par ses guitares saturées, c'est un élément-clé, essentiel. Dans LINKIN PARK les guitares ont avant tout un rôle d'accompagnement, dès le début du groupe on évoquait un "mur de saturation" : rien de compliqué à ça, on accorde les guitares en drop C# et on plaque des accords barrés. On ne peut vraiment pas dire que l'instrument à six cordes était à l'honneur. Tout est simple en fait : les deux premiers albums sont les plus rageurs car le groupe était jeune, les guitares saturées et les hurlements de Chester sont un simple exutoire, mais pas une fin en soi. Ce n'était pas l'essence même du groupe. La signature mélodique du groupe, le caractère souvent mélancolique, eux, n'ont jamais disparu. Et pour tout dire, je trouve les albums succédant à "Meteora" tout aussi bons, voire même meilleurs (*), même s'il y a clairement moins de tubes in your face. Ces albums sont tous inégaux, mais c'était déjà le cas des deux premiers. Ironie du sort : le travail sur les guitares devient beaucoup plus intéressant à partir de "Minutes To Midnight". LINKIN PARK n'a jamais fait de la musique pour faire du Metal, et il n'est donc pas difficile de comprendre les propos de Chester face aux critiques négatives de "One More Light" (**). Tout comme il n'y a rien de surprenant que le groupe se fasse siffler au Hellfest surtout quand une partie du public attend SLAYER... Car j'en viendrais presque à me dire, en poussant un peu le bouchon bien sûr, que l'anomalie dans ce groupe c'est le Metal, mais pas le reste. "Reanimation" nous le disait déjà, en 2002... Et non, la carrière de LINKIN PARK ne s'arrête pas à 2003 ou 2007, loin de là. Et ceux qui le pensent ne les comprennent tout simplement pas (***).


(*) : En fait, s'il fallait désigner leur meilleur album, ça se jouerait pour moi entre "A Thousand Suns" et "Living Things". Si si.
(**) : Album que je trouve également assez faible, mais pas à cause du style abordé, qui reste dans la logique du groupe quoi qu'on en dise et qui fait preuve de plus de courage que "The Hunting Party".
(***) : Avis péremptoire que j'assume cependant totalement.



Le 26/10/2017 par BAPTISTE89

Très bon papier de ta part, DS, que j'ai lu plusieurs fois car il est vraiment intéressant et tu apportes un éclairage particulier grâce à ton expérience professionnelle. Je vais redonner sa chance à "A Thousand Suns" dans les prochaines semaines, parce que lors de sa sortie, j'étais dans une grosse période METALLICA, et je découvrais également HELLOWEEN & Co, j'étais à la recherche d'une musique plus rapide et rentre-dedans ; "A Thousand Suns" ne correspondait alors pas à mes attentes. Aujourd'hui, je suis bien plus ouvert, et peut-être bien qu'il va me plaire.

Vraiment un très bon édito, ça fait plaisir de lire des papiers de cette qualité sur NIME.


Le 08/10/2017 par SAGA 03

Etrange le hasard.

J'ai lu cet édito il y a plusieurs jours, et je procrastine en me disant que je devrais poster un commentaire ne serait-ce que pour soutenir DS quand il écrit qu'"on ne peut pas dissocier la personnalité d'un artiste de son oeuvre".

Et puis le hasard. LINKIN PARK apparait dans mes suggestions d'écoutes. Et les titres s'enchaînent. Je découvre des petites pépites : "Burn It Down" et sa construction classique mais dont le côté catchy ne sert qu'à masquer, la lente montée en puissance de "Powerless", "Final Masquerade" classique également mais diablement efficace avec ces guitares enfin lyriques, "Lost In The Echo" et son dialogue entre les claviers et le chant de Chester, "I'll be gone" l'exact opposé tant dans la forme (un combat de puissance entre Chester et la guitare sur le refrain) que dans le fond...

Sans oublier les titres que j'amais déjà lors de ma première rencontre avec le groupe : "In the End" (clairement celui que je préfère encore aujourd'hui), "Numb" (forcément), "Crawling". J'avais laissé le groupe assez tôt finalement, au moment où il exprimé si bien l'impuissance et le désespoir viscéral. J'avais donc l'image de ce groupe qui se laisse déborder, qui a du mal à tenir la distance et qui par sa manque de maîtrise était enfermé dans un rock peu construit et peu intéressant.

J'avais tord. Bien qu'inégal, le groupe avait encore des choses intéressantes à dire et à jouer, voire même bien plus que dans ces jeunes années. Et Chester n'était pas que ce chanteur qui s'abîmait la voix en hurlant. Il était un grand vocaliste capable de choix bien plus subtiles qu'on pourrait le croire. Et que ce soit du metal ou pas, on s'en fout, l'important ce sont les choix fait dans la forme et comment ils intéragissent avec le propos.


Le 05/10/2017 par BAAZBAAZ

Merci pour ce très bel édito. J'ai ressenti un peu la même chose que toi : total désintérêt pour le groupe à l'époque de sa gloire (c'était à mes yeux le groupe pour les jeunots, pour les novices, et je faisais preuve à son égard d'une certaine condescendance) puis le choc de découvrir l'artiste torturé qu'était Bennington. Depuis je rattrape le temps perdu, j'écoute les disques, sans crier au génie mais en découvrant quelques chansons passionnantes, qu'elles soient Metal ou non.



             



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