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Selim Hadriche, fondateur du Kave Fest
Par STEPHEN PAGE le 22 Juillet 2023
Publiée le 8 Août 2023 Consultée 935 fois

Bonjour Selim, si tu veux bien on va commencer tranquillement. Peux-tu te présenter de manière de manière succincte, ton parcours, ton attrait pour la musique ?

Je m'appelle Selim Hadriche, j'ai 26 ans et je suis l'organisateur du Kavefest. En fait à la base, je ne faisais pas du tout ce métier-là. J'ai commencé à écouter du Metal, du Rock assez jeune mais plus sur jeux vidéo que par héritage familial. C'est donc venu majoritairement par le Gaming. Et je me suis fait une bande de potes au lycée qui comme moi écoutaient un peu de Metal et qui geekaient beaucoup aussi. Avec cette bande de potes, on s'est appelé la Kave parce qu’on se réunissait dans la cave de mes parents qui était une cave en pierre dans la banlieue parisienne pour jouer, faire les cons, boire nos premières bières.
Du coup, on a décidé d'organiser un petit festival dans mon jardin et ça m'a donné l'ambition de faire de ça mon métier. J'ai donc complètement arrêté ma licence de Physique-chimie. Je suis passé en Master de Management gestion de projet. Ensuite, j'ai décidé de monter l'association, puis je suis arrivé aux portes du Château. La gestion de projets est donc mon métier. Parallèlement au Kavefest, je fais ça également dans le cadre de festivals Électro ainsi que dans l'audiovisuel.

Je vois que tu es assez éclectique au niveau musical. Parlons donc du festival qui nous intéresse, à savoir le KaveFest. De quand date sa création ?

Alors on va dire qu'il y a deux naissances. La première, c'est en 2016. On a décidé avec nos potes de faire un genre de barbecue concert avec une petite scène, enfin des estrades qu'on avait piquées au collège. C'était une toute petite scène avec quelques groupes locaux qui ont joué le jeu avec un prix d'entrée à 7€. On s'est retrouvé avec cent cinquante personnes dans mon jardin. L'aventure a commencé comme ça. Pendant quatre ans jusqu'en 2019. On a fait ça tous les ans dans le jardin de mes parents. Jusqu'à ce qu'on arrive à quatre cent personnes, donc sold-out. On s'est dit, il est temps de voir les choses en plus gros. Malheureusement, le COVID est passé par là, on a eu deux ans d'inactivité. En 2022, on est revenu avec le KaveFest version Château. Je considère cette année-là comme la nouvelle version du KaveFest: le renouveau. C'était la première édition au château. Et c'est là qu'on a commencé à voir les choses de manière beaucoup plus professionnelle. Je sortais de mes études de master. J'avais commencé à bosser avec d’autres gens mais toujours avec mon cercle d'amis, d'amis, les potes de lycée, le même ingé-son mais de manière beaucoup plus sérieuse.

La première question que je me suis posé en arrivant dans le festival est comment avez-vous réussi ce magnifique tour de passe-passe de jouer dans un endroit aussi magnifique que Château de Gisors ?

Tu sais, avant tout, il faut savoir que les gens ont un respect pour le lieu car ils savent que c'est chez l'organisateur. Ils sont très cleans. Je voulais absolument garder cet esprit. C'est ce qui m'avait plu et ce qui avait également plu à mon équipe. Il faut savoir qu'une bonne moitié n'écoute pas de Metal. Ils font vraiment ça pour le kiff du moment. J'ai donc monté un dossier à la sous-préfecture en expliquant un petit peu notre histoire. À la base, nous n'avions pas choisi le château de Gisors. Mais le maire de Gisors à l'époque nous a contactés. Il nous a dit que la commune était propriétaire du château. Ce n'était pas un établissement privé. Il nous a dit de venir lui en parler en direct. C'était donc en 2020. La commune nous a donc donné son accord. Malheureusement en 2020, il y a eu la période COVID. On a donc pu y jouer pour la première fois qu’en 2022.

C'est vrai que pour un festival de Metal, le lieu est quand même original et idyllique avec, en plus, le centre-ville juste à côté. On va parler un petit peu de l’affiche. Comment est-ce que vous décidez du choix des groupes ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'affiche est très éclectique.

En fait, je suis moi-même à la base très éclectique dans la musique que j'écoute. Bon, dès le départ, il était évident que je n'allais pas faire jouer des groupes de Death, ni de Black, ce n'est pas mon délire. Même si je suis quelque part le responsable de l'association, j'aime beaucoup solliciter l’avis des gens de mon équipe et récolter leurs propositions. Il y a donc forcément des goûts et des opinions qui diffèrent. Du coup, pour essayer de faire plaisir à un maximum de personnes, on a opté pour une affiche très éclectique. Ce n'est que mon point de vue, mais il est important pour moi que les groupes parlent à un maximum de personnes et même à des gens qui ont une oreille peu entraînée au Metal. Le Metal est un genre de musique à la base très technique et certains groupes sont pour les oreilles de certaines personnes inaccessibles (lol). Même si à titre personnel, il y a des groupes ultra techniques que j'aime beaucoup, globalement, pour le KaveFest, j'ai envie que ce soit quelque chose de très convivial et accessible à tous, y compris aux curieux qui ne connaissent pas le Metal. J'avais envie d'un festival différent des codes classiques.

J'ai cru comprendre que l'édition 2023 a été un succès ? Sold-out le samedi. Une grande fierté pour ton équipe et toi j'imagine ?

C'est clair. Nous, on est sur un petit nuage. À la fois parce que ça s'est super bien passé sur tous les aspects. Les retours des artistes. Les retours de nos prestataires, de nos équipes, du village et surtout le retour du public. Tout le monde est content. Alors en effet, on a fait un sold-out le samedi, pas le dimanche à une centaine de places près. Mais rien que d'avoir fait un sold-out le samedi est quelque chose de fou. En seulement deux ans, le Château, ça paraît irréel. On est passé d'un petit jardin où on faisait quatre cent personnes à un château où on fait mille deux cent personnes par jour. C'est une croissance qui nous surmotive et nous donne envie de nous surpasser pour la prochaine édition. C'est un moteur de ouf !!!!!

DIABLO SWING ORCHESTRA, MYRATH ce sont quand même de belles têtes d'affiche ?

Les Diablos, c'est un groupe que je suis depuis très très longtemps. Je les connais depuis le lycée. Pour l'anecdote, on les a déjà fait jouer au Backstage à Paris. Nous sommes les seuls organisateurs à les avoir à jouer en France 2 fois en quinze ans. Eux-mêmes ont été surpris de voir qu'ils avaient autant de followers en France. Leur date à Paris était sold-out en moins d'un mois. On a donc un rapport ultra intense avec ce groupe. Nous sommes en quelque sorte leur antenne en France. C'est un vrai gros groupe, je suis même étonné qu'il n'ait jamais été convié au Hellfest. C'est un groupe avec lequel on va collaborer dans le futur. Ils sont aussi adorables que barrés (lol).

Malheureusement, le concert de MYRATH a été un petit peu gâché par les sautes de son...

... Oui, je sais, mais c'est quelque chose qu'on essaie d'expliquer aux gens. Ce n'était pas de notre ressort. Ils ont eux-mêmes communiqué sur Instagram. Il faut savoir que sur le plan humain et professionnel, tout s'est très bien passé. Ils sont en tournée en ce moment. Et un des câbles qu'ils utilisent pour relier leurs consoles à leur équipement ne fonctionnait plus. Ils utilisent un équipement très spécifique. Ils n'ont pas pu le réparer, ni acheter un nouveau câble. Ils jouaient la veille à Lyon. On a essayé de trouver des solutions mais cela n'a pas fonctionné comme nous le souhaitions.
Malgré ce petit couac, il faut reconnaître que l'attitude du groupe a été extrêmement professionnelle.

Ah mais c'est clair, ils ont été professionnels jusqu'au bout. Il n'y a aucun souci avec ça, c'est juste une partie du public qui n'était pas au courant. La première réaction du public a été de blâmer l'organisation, ce qui est logique. MYRATH a néanmoins donné un excellent show.
Tu te doutes bien qu'on allait forcément anticiper sur l'édition 2024. Comment vois-tu le futur de ton festival ?

On a une réunion de prévue avec toute l'équipe, responsables et bénévoles. Je ne sais pas encore où on va aller parce que c'est beaucoup de négociations, d'investissements. N'oublions pas que nous sommes tous bénévoles. Cela demande énormément de temps. Cette année, les comptes sont au vert, nous n'avons pas perdu d'argent. Ça va nous permettre d'investir et de montrer que notre modèle économique fonctionne. Nous sommes 100% autofinancés. Nous n'avons pas de subventions. Nous avons pu rembourser toutes nos dettes. L'objectif est de faire pour l’édition 2024 un week-end de trois jours.
À titre personnel, j'aimerais bien faire jouer plus de groupe. On a donc deux possibilités. Soit jouer sur deux scènes. Soit étaler sur trois jours. Jouer sur deux scènes est pour nous impossible. Cela aurait surchargé les lieux. On a donc décidé de jouer sur trois jours et d'augmenter légèrement la jauge. On va passer à deux mille personnes. Ce qui n'est pas démesuré.

Effectivement. Les lieux sont quand même assez vastes ?

Oui, l'avantage du Château, c'est que ça ressemble quand même à des Playmobil, on peut tout moduler. Il faut savoir qu'il y a des zones du château qu'on n'a pas débloquées au public. On peut donc pour la prochaine édition les ouvrir pour faire une scène acoustique par exemple ou même des spectacles de cracheurs de feu. Grâce au soutien de la ville, nous avons beaucoup de possibilités qui s'offrent à nous tout en gardant cet esprit convivial. Tu sais, avec des murs de quarante mètres de haut qui t’entoure, c'est facile de garder ce côté convivial, cocon (lol).

C'est évident que le choix du Château représente une originalité que les autres festivals n'offrent pas. Je te laisse le mot de la fin en te remerciant chaleureusement d'avoir pris le temps de faire cette interview. Un petit mot à nos lecteurs ?

Merci à vous. Et venez nombreux au kavefest !!! D'abord parce que c'est bien (lol), parce que c'est convivial et complètement atypique. Et il n'y a pas besoin de forcément être un fan de Metal pour passer un bon moment. Vous découvrirez un lieu chaleureux et très atypique.


Le 09/08/2023 par BEBERT TIGNAC

Excellent. C'est cool de faire la promotion de ce genre de petits festivals. J'y étais et franchement c'était vraiment sympa de voir les groupes de près. Bon comme le dit l'interview il y a eu quelques ratés mais c'est vraiment un très bon festival. Merci encore à votre équipe de mettre en lumière ces petits évenements qui permettent à des groupes moins connus et moins médiatisés de pouvoir tourner.



             



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