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ADIMIRON
Par MAXXX le 23 Janvier 2012
Publiée le 23 Janvier 2012 Consultée 2178 fois

Adimiron vient de sortir un grand album, "K2", que la critique, et nous y compris, salue. Quoi de mieux donc pour vous faire découvrir le groupe qu'une interview en sus de l'album en sélection de la semaine?

Bonjour Maurizio. Tu veux bien me présenter un peu le groupe? Qui êtes vous, d’ou venez vous, et depuis quand faites vous de la musique?

Bonjour Max, ainsi qu’à tous les lecteurs, et à la rédaction. Adimiron nait en 2000 à Brindisi, dans le sud de l’Italie. Mais le groupe a posé ses valises à Rome en 2006. La première sortie du groupe date de 2004, et s’appelle “Burning Souls”. Ont suivi “When Reality Wakes Up” en 2009 et “K2” en 2011.

Le Metal est un genre de musique qui est surtout reconnu en Angleterre, ou dans le nord de l’Europe, terre du Black Metal. Qu’en est il de l’Italie? Il semble que le sud de l’Europe n’est pas vraiment orienté Metal en général.

La scène italienne est pleine de groupes, dont certains sont vraiment géniaux. Le problème de l’Italie, c’est juste qu’il n’y a pas autant d’intérêt pour le Metal, comparé à d’autres groupes. C’est pour celà que c’est dur d’en voir qui ont une certaine notoriété. Mais, si tu travailles avec rigueur, tout est possible, et tu peux le voir avec certains groupes qui ont vraiment réussis, et ce même en dehors de nos frontières.

Les personnes qui ne connaissent pas vraiment le Metal pensent qu’il s’agit juste de bruit avec un mec qui gueule à la place de chanter. Ils n’arrivent pas souvent à voir le lien qu’il peut y avoir avec la musique classique. Tu étudies la contrebasse au conservatoire de Rome, que penses tu de tout celà?

Etudier la contrebasse est quelque chose qui m’aide énormément, que ce soit en tant que musicien, ou comme bassiste d’un groupe de Metal. Et en fréquentant ce milieu, j’ai pu rencontrer beaucoup de musiciens qui comme moi, se sont penchés vers d’autres musiques, comme le jazz, ou la fusion. Le problème avec le Metal extrème comme le notre, c’est que c’est un genre difficile à aborder contrairement à d’autres, et ça peut même devenir difficile de trouver la bonne clef de lecture pour bien comprendre un morceau. Le lien avec la musique classique n’est peut être pas si évident, mais tu ne peux pas t’en détacher, car c’est la base de toutes les musiques.

Si je ne me trompe pas, tu viens d’avoir 23 ans. Ca fait quoi de se retrouver sur scène, aux 4 coins de l’Europe, et de partager l’affiche, avec des groupes comme Death Angel, Annihilator, Meshuggah, ou encore Sepultura?

C’est une sensation extraordinaire de monter sur scène et d’ouvrir pour ces groupes. Surtout si tu penses à mon jeune âge, et au fait qu’il y’a encore peu, c’était de chez moi que je les écoutais. Maintenant, j’ai la possibilité de les rencontrer, et cela m’apprend beaucoup. En plus, ce sont tous des personnes très disponibles, et j’ai construit des liens solides avec les bassistes d’Annihilator et de Death Angel.

Pendant la tournée avec Death Angel, vous avez joué dans les Balkans. Ce n’est pas vraiment l’endroit auquel on pense en premier en parlant de Metal. Quelles étaient les réactions la bas?

La scène Metal dans cette partie de l’Europe est fantastique. En Italie par exemple, ces derniers temps, l’enthousiasme pour certains groupes a un peu disparu. Alors que là bas, ils ne pensent qu’à s’amuser. Il n’y a rien de mieux pour un groupe qui veut tout donner sur scène. Sur la tournée avec Death Angel, on s’est retrouvé tous les soirs devant un public fantastique. Il y’a quelques semaines, on est retourné dans les Balkans, avec Vader et Gorgoroth et mes impressions sur cet endroit restent les mêmes.

Votre nouvel album, “K2”, a beaucoup plus d’éléments de Death technique. Il y’a eu des évolutions comparé à “When Reality Wakes Up”. Qu’est ce qui vous a un peu fait changer d’orientation?

C’est vrai, le nouvel album a beaucoup plus d’éléments Death, mais pas seulement. On a mélangé toutes nos influences personnelles, pour créer des atmosphères variées et nouvelles pour Adimiron. Pour “K2”, on avait besoin de nouveaux objectifs pour aller encore plus loin qu’avec le précédent. C’est sur, écouter du Death extrème nous a aidé! On se tient en permanence informé des nouvelles sorties. C’est ce qui nous fait aller de l’avant, avec notre boulot permanent, et les expériences qu’on tente dans les phases de création.

C’est presque devenu un style de Metal à la mode ces derniers temps. Avec des groupes comme Opeth, Gojira, Mastodon... Tu crois que c’est passager?

C’est vrai que c’est une nouvelle mode. Tous ces groupes élargissent le panorama musical, et tous les albums des groupes que tu as cité finissent par devenir de vrais classiques! La musique, aujourd’hui, est en perpétuelle évolution. Beaucoup de choses ont été faites, mais il reste tant à faire, et tant de terrains inexplorés à découvrir. Je ne crois pas ceux qui aujourd’hui disent que la musique subit une crise identitaire, surtout dans notre style. Chaque mois, je découvre des groupes nouveaux, qui me permettent de découvrir des choses dont je n’avais pas idée qu’elles pouvaient exister! On essaie de faire la même chose à notre échelle.

Les bassistes doivent se battre pour se faire entendre dans le Metal. Ils sont généralement oubliés. Selon toi, qu’est ce qui pourrait faire en sorte qu’on leur donne plus de place?

Selon moi, la basse a déja un rôle important dans le Metal. Mais, de mon point de vue, elle ne doit pas avoir un rôle de soliste, ou alors, il faut que ce soit exceptionnel. Il faut surtout que la basse soit précise, sur le rythme, et qu’elle accompagne la batterie, et les guitares. N’oublions pas que la basse dérive de la contrebasse, et la basse se doit de faire ce que la contrebasse fait dans l’orchestre, c’est à dire, accompagner, et s’occuper des fréquences basses pour donner sa justesse au morceau. Je préfère les bassistes qui ne cherchent pas à se mettre en avant inutilement mais qui savent rester à leur place. Cela peut sembler paradoxale, mais faire de la musique classique m’a appris à trouver ma place au sein du groupe, aussi bien d’un point de vue technique, qu’au niveau de l’approche de mon instrument. Bien sûr, je n’oublie pas et j’apprécie le côté soliste qu’un contrebassiste peut avoir au sein de la musique classique, et c’est la même chose pour la basse. Comme disait Bottesini, le plus grand contrebassiste de l’histoire, tu reconnais un bon musicien, même a une gamme de Do bien jouée.

Cinq albums que tu écoutais pendant l’enregistrement de “K2”?

C’est dur d’en garder seulement cinq! Un peu de tout. De Tool à Gojira, en passant par Opeth, et Meshuggah. Mais, entre les sessions d’enregistrement, je me relaxais aussi en écoutant du classique.

Cinq groupes avec qui tu aimerais partir en tournée?

Iron Maiden, Metallica, et Megadeth. J’ai grandi en écoutant leur musique, et ce serait super de jouer avec eux. Mais, la vie en tournée t’apprend toujours des choses nouvelles. On a tourné avec des groupes similaires à notre style, ou à d’autres plus éloignés, comme Gorgoroth. C’est toujours une expérience différente.

Cinq bassistes...?

Même là, cinq, c’est trop peu! Disons, Steve Harris et Cliff Burton, pour la technique de jeu aux doigts, et Dick Lovgren pour le médiator. Et ça, c’est seulement pour le Rock et le Metal, mais, je suis toujours à la recherche de secrets à piquer à des guitaristes et bassistes, de tous les genres, pour avoir le plus de techniques à ma disposition. J’ai beaucoup d’estime pour Tony Levin, je crois que c’est un des meilleurs bassiste et musicien de notre époque, parce qu’il a montré qu’il pouvait jouer dans des registres différents, avec un niveau exceptionnel. Et pour mon côté patriote, on a un bassiste génial en italie, Faso de Elio e le Storie Tese, que j’observe beaucoup. Ses lignes sont toujours complexes, mais pleines de groove!

Quels sont les projets d’Adimiron pour les 6 prochains mois?

La, on vient de terminer notre tournée avec Vader et Gorgoroth. Pour les prochains mois, encore plus de live, mais, je ne peux rien dire, parce qu’il n’y a rien d’officiel. Mais on annoncera prochainement plein de choses. (A l’heure ou je traduis cette interview, le groupe vient d’annoncer qu’il ouvrira pour Loudblast sur ses dates italiennes).

Quelles sont les émotions que vous essayez de transmettre avec votre musique? “K2” est un album très sombre, et profond...

“K2” est un album qui renferme beaucoup de sentiments, certains naissant parfois de l’écoute même des titres, comme s’ils étaient porteurs de ces sensations. Sans doute y’a t’il de la rage, de l’énergie, et de la tristesse sur ce disque, mais pas seulement. Il y’a aussi la solitude du protagoniste de l’histoire qui voyage (le concept de l'album). Chacun peut trouver en “K2” ce qu’il veut, quelque chose de nouveau, car on peut tous se rapprocher de cette histoire, à son niveau, pour en tirer des conclusions.

Peux tu m'en dire un peu plus sur la collaboration avec Dave Padden (Annihilator) ?

On s'est rencontré durant le "Total Annihilation Tour en 2010", et on s'est tout de suite bien entendu. Du coup, quand l'idée est venu d'avoir un invité sur l'album, on a directement pensé à lui. On lui a envoyé le morceau, qu'il a enregistré en studio au Canada.

Tu souhaites ajouter quelque chose?

Je te remercie, toi, la rédaction, et les lecteurs. J’espère vous voir sur la route, pour boire et écouter de la bonne musique avec nous!



             



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