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Rick Altzi (MASTERPLAN, HERMAN FRANK)
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Publiée le 24 Mars 2022 Consultée 581 fois

"All Eyes On Me" est surprenant car tu collabores habituellement avec des groupes Heavy / Power, et tu nous proposes ici des morceaux orientés Hard mélodique. Ce style s’est-il imposé à toi ?

Il ne s’agit pas d’un choix délibéré mais plutôt d’une orientation artistique qui s’est imposée à mesure de la composition de l’album. Comme tu le dis, je ne vais habituellement pas forcément sur ce terrain, mais je me suis dit qu’il serait intéressant de tenter le coup. Après tout, j’ai tout le temps pour proposer un nouvel album Heavy. J’aime le Hard mélodique, je ne me suis donc laissé porter par l’inspiration.

C’est ta première réalisation en solo. Toi qui a pour habitude de travailler en collaboration, l’approche a-t-elle été différente au niveau de l’écriture et de la composition ?

Au départ, j’ai abordé ce projet de la même manière que lorsque je bosse pour un groupe ou un autre artiste. Mais là différence c’est qu’ici je me suis rapidement mis à triturer mes morceaux, à changer certaines sections, intervertir des parties, ce que je ne fais pas avec Herman FRANK ou MASTERPLAN, car je ne suis pas autant impliqué dans le processus créatif. Ici, j’étais libre de décomposer et recomposer les morceaux comme je l’entendais, de les faire sonner à ma manière, et je n’ai parfois pas hésité à trancher dans le vif pour que les morceaux gagnent en efficacité. C’est ce qui a été le principal challenge pour moi : faire en sorte que les morceaux soient tous dignes d’intérêt. Lorsque je bosse avec un autre groupe, cela ne fait pas partie de mon champ d’action. Je me contente habituellement de chanter, d’écrire des textes et de bosser éventuellement sur les mélodies vocales. Sur cet album, j’ai pu tout gérer de A à Z, ce qui a été à la fois bien plus fun mais aussi bien plus stressant.

L’équilibre entre claviers et guitares est vraiment bien trouvé, de même que celui entre les riffs et les mélodies. Etais-tu inquiet de pencher parfois un peu trop du côté heavy ou au contraire un peu trop du côté mélodique ?

J’avais une idée très claire du résultat que je voulais obtenir. Je ne voulais pas faire un album AOR avec beaucoup de claviers et quelques guitares en fond, je voulais que cela reste un album orienté guitares. Lors du mix original, que j’ai réalisé avec Victor Olsson (GATHERING OF KINGS), il y avait un peu trop de claviers à mon goût, je lui ai donc demandé de mettre plus les guitares en avant. Néanmoins, j’aime beaucoup les sonorités des claviers sur cet album, et donc c’était un choix délibéré de laisser l’instrument prendre le lead sur certains passages. Je voulais que le résultat soit catchy, tout en conservant cette essence Rock.

Puisque tu étais seul maître à bord sur cet album, est-ce que tu as approché différemment ta manière d’écrire et de composer tes lignes vocales ?

Habituellement, lorsque je rédige les paroles et compose la mélodie vocale, j’ai déjà un morceau plus ou moins terminé qui me sert de base, au moins un riff et un refrain. Je n’écris jamais de mélodies vocales sans avoir ces éléments. Je consigne mes textes dans un carnet, mais mes lignes vocales reposent sur cette base pré-établie, je les crée comme s’il s’agissait d’un instrument qui viendrait se poser par-dessus les autres.

Tu as rassemblé un nombre incroyable d’invités pour jouer les solos, notamment Joel Hoekstra (WHITESNAKE), Matthias IA Eklundh (FREAK KITCHEN), Oliver Hartmann… Mais tous ont su se mettre au service des morceaux, sans tirer la couverture. Comment as-tu agencé ces nombreuses participations ?

Au départ, j’avais prévu d’inviter uniquement des musiciens avec qui j’avais collaboré par le passé, mais assez vite cette idée m’a un peu dépassé. Bien sûr, ce sont tous des gens que je connais, à qui j’ai déjà parlé. Mais si tu prends Joel Hoekstra par exemple, nous nous connaissons finalement très peu, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais j’ai pensé à lui pour le morceau "Tossin’ And Turnin’" car le titre de travail de cette chanson était "Blacksnake", donc il y avait une sorte de lien. Pour d’autres guitaristes, cela a été un pari car je n’étais pas sûr qu’ils puissent proposer des solos orientés Hard mélodique, alors j’ai essayé de leur proposer des morceaux qui colleraient au mieux avec leur orientation musicale. Si tu prends Per Nilsson de MESHUGGAH par exemple, je ne savais pas trop quel morceau lui proposer au départ, et finalement il a pondu un superbe solo sur "Desire". Tous ont fait en sorte que leur solo se mette véritablement au service du morceau. C’est assez fou d’avoir fait appel à autant de guitaristes, mais bon d’un autre côté on voit tellement de groupes qui font appel à plusieurs chanteurs invités sur leurs albums que je me suis dit que ce serait sympa de changer un peu la donne. Si tu prends Oliver Hartmann par exemple, le premier chanteur d’AT VANCE. Je ne voulais pas qu’il intervienne en tant que chanteur sur cet album, mais en tant que guitariste car il est très compétent, je voulais changer d’approche.

L’album contient 14 morceaux. Alors que l’époque est plutôt à la diffusion de morceaux via des singles ou des EP, t’es-tu posé la question de la manière de proposer ces morceaux au public, ou es-tu attaché au concept d’album ?

Au départ mon idée était de publier cinq ou six morceaux simultanément sous forme d’EP, pour proposer mes morceaux plus régulièrement, je trouve que pour connecter avec les auditeurs c’est une bonne manière de procéder. Mais l’environnement médiatique dédié au Hard Rock / Heavy Metal tourne encore beaucoup autour des albums, les magazines ou les sites ne proposent pas vraiment de chroniques de singles. C’est assez différent de ce qui se fait par exemple dans la sphère Pop où le concept d’album a presque disparu, les artistes sortent des morceaux à intervalles réguliers. Du coup je me suis volontiers plié à l’idée de faire un album, l’inconvénient étant qu’il m’a fallu choisir les meilleurs morceaux parmi la vingtaine que j’avais à ma disposition. J’en ai laissé six de côté. J’avais envie de proposer un album long, il fait environ 55 minutes, pour que les auditeurs en aient pour leur argent. Toujours est-il qu’il était temps que cet album sorte, car les paroles reflètent mon état d’esprit actuel, et n’auraient plus forcément le même sens pour moi dans quelques mois. C’est important de sortir ces morceaux tant qu’ils sont frais et pertinents. Donc, la question s’est posée, mais bon j’ai choisi le format album car au final ce projet est une sorte de parenthèse dans ma carrière, il n’est pas prévu que je sorte d’autres albums solo. C’était une manière de m’occuper pendant les confinements et l’arrêt des concerts.

Justement, j’allais te poser une question à ce sujet. Est-ce que la pandémie a eu un impact sur ta vie d’artiste, en dehors de l’arrêt des concerts ? Est-ce que financièrement cette période a été compliquée pour toi ?

Je pense que je fais partie de ces chanceux qui n’ont pas trop souffert. Je suis chef d’entreprise et donc je ne dépends pas de la musique pour vivre. Je fais de la musique lorsque j’en ai envie. Naturellement, durant cette période j’ai consacré plus de temps à bosser dans mes entreprises.

Le visuel de l’album et des singles qui le précèdent est assez original. Lorsque tu étais enfant ou adolescent, accordais-tu de l’importance aux visuels des albums, et si oui quels sont ceux qui t’ont le plus marqué ?

J’écoutais beaucoup Ozzy OSBOURNE et j’avais flashé sur la pochette de "Bark At The Moon", quel visuel ! J’étais également très fan des pochettes du groupe SAGA. Et dans un autre style, j’aimais beaucoup les pochettes de TOTO, plus sobres et informatives. Le nom du groupe, le nom de l’album et basta. Aujourd’hui je suis un peu blasé de ces pochettes qui se ressemblent toutes, avec ces ambiances SF ou futuristes qui sortent toutes du même studio de graphisme. Pour mes visuels, j’ai fait appel à une artiste locale qui a une galerie près de chez moi. Derrière la pochette de l’album il y a un livret de 12 pages qui présente ses travaux, et l’ensemble est au format poster et peut donc se déplier. Cela fait longtemps que j’avais envie d’utiliser ces visuels, et il y a plusieurs années je lui avais demandé si elle serait d’accord. Le premier visuel que j’ai vu est celui qui orne la pochette de l’album, et le nom de cette réalisation est "All Eyes on Me", un titre que j’ai trouvé parfait pour l’album, c’est pour cela que je l’ai nommé ainsi. J’aimais beaucoup l’idée également d’afficher mon nom en vertical sur le côté de la pochette, c’est un clin-d’œil aux pochettes du groupe TALISMAN que j’aime beaucoup. Il y a donc pas mal d’influences et d’idées entrecroisées. Mais j’avais vraiment envie de proposer un visuel qui me touche, et pas un graphisme que j’aurais acheté quelques centaines d’euros sur le net. Je n’en peux plus de voir ces dragons et ces ambiances futuristes sur 90% des albums Hard / Heavy publiés ces dernières années. Cela m’a valu quelques critiques, car le visuel n’est pas typé Hard Rock, mais j’assume complètement ce choix.

En termes de musique néanmoins, y-a-il des artistes contemporains qui trouvent grâce à tes oreilles ?

Lorsque j’étais jeune j’ai vécu une époque dorée. Il y avait WHITESNAKE, Ozzy OSBOURNE, Yngwie MALMSTEEN… J’aime toujours écouter la musique de ces vieux groupes, même leurs nouveaux albums. J’aime beaucoup les dernières réalisations de KANSAS par exemple, qui sont formidables. Donc je reste ancré dans tous ces vieux pots. Et puis j’écoute quelques nouveaux trucs, en ce moment je suis à fond sur le groupe STARDUST, des Hongrois me semble-t-il. Ils sont très talentueux. Mais j’ai pris l’habitude de piocher sur Spotify, ce qui fait que je ne connais pas toujours le nom des groupes et des morceaux que j’écoute. Tout à l’heure nous parlions de l’importance du format album, j’en ai usé jusqu’à la corde, notamment de DEEP PURPLE ou BLACK SABBATH. J’avoue qu’aujourd’hui lorsque j’écoute de la musique c’est rarement un album dans son intégralité. Je suis devenu un zappeur.

Et t’arrive-t-il parfois de réécouter des albums ou des morceaux sur lesquels tu as posé ta voix ?

Non, c’est vraiment très rare. Généralement, lorsque j’ai terminé d’enregistrer un album je ne l’écoute pas pendant des années. Car le processus d’enregistrement est souvent assez frustrant, j’ai toujours l’impression que j’aurais pu mieux faire, ou que le résultat aurait pu être meilleur. Tu entends tous les petits défauts, ces détails que tu aurais aimé pouvoir retravailler à l’infini. Et parfois, lorsque je tombe de nouveau sur l’album deux ou trois ans après sa sortie, il m’arrive d’être agréablement surpris. Pour mon album solo, il y a tout un tas de choses que j’aurais pu faire différemment, notamment en termes d’arrangements, et qui me polluent encore l’esprit, donc je sais qu’il va me falloir un an ou deux, le temps d’oublier ces choses, pour apprécier pleinement l’album pour ce qu’il est.

En mai tu vas sortir un nouvel album avec le projet GATHERING OF KINGS. Et qu’en est-il du côté de chez Roland Grapow, un nouvel album de MASTERPLAN est-il prévu ?

Oui le chantier à débuté, mais Roland communique encore très peu pour l’instant. À vrai dire cela fait bien cinq ou six ans que nous parlons de faire un nouvel album, mais Roland est très pris par son studio d’enregistrement, et naturellement il fait passer cela en premier car c’est ce qui lui permet de gagner de l’argent, c’est sa priorité. Mais j’espère que plus tard dans l’année je pourrai enregistrer mes lignes de chant. En tout cas l’enregistrement a commencé, mais je ne peux pas encore te dire si l’album sortira en fin d’année ou plutôt l’année prochaine.



             



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