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STRYPER - SWEET & LYNCH avec Michael Sweet
Par JEFF KANJI et MULKONTHEBEACH le 5 Avril 2018
Publiée le 5 Avril 2018 Consultée 139 fois

En pleins préparatifs de la sortie de "God Damn Evil", Michael Sweet, leader et principal compositeur de STRYPER, s'est prêté au jeu de l'interview téléphonique pour parler de ce nouveau disque qu'il considère comme son préféré et également un peu de SWEET & LYNCH.

STRYPER est le groupe de Christian Metal le plus emblématique. "God Damn Evil" est un album fait d'opposés. Le très Metal "Tale It To The Cross" côtoie le Hard Rock plus old school de la pièce-titre et des ballades aux relents Pop comme "Can't Live Without Your Love". D'un certain côté je le trouve plus proche d'un "Against The Law" que d'un "No More Hell To Pay" par exemple. As-tu abordé tes paroles sous un angle différent, voire critique concernant la religion ? Et qu'est ce qui t'a influencé lors de leur écriture ?

Je te dirai que ce disque a été écrit un peu de la même façon que les six ou sept derniers albums que j'ai écrits ; j'inclue mon dernier album solo et le SWEET & LYNCH que j'ai terminé quelques semaines avant de commencer à écrire le dernier STRYPER. Je fonctionne comme ça. J'aime travailler sous pression, m'enfermer dans mon studio, je me mets à écrire et quand j'ai onze ou douze chansons, ça y est, j'ai plus qu'à appliquer la marche à suivre pour la suite. Ça marche très bien pour moi depuis quelques années, et c'est ce qui me permet d'obtenir le meilleur résultat en termes de qualité d'écriture et de production, et les gars du groupe ressentent la même chose, donc on change pas une formule gagnante. Concernant les paroles, c'est vraiment une réaction à l'époque que nous vivons. Des titres comme "God Damn Evil", "Lost", "Sorry" ou "You Don't Even Know Me" parlent de cette manie qu'on a de juger les gens sans les connaître, des choses qu'on peut dire ou lire sur Internet, a-t-on toujours de la considération pour Dieu, ou doit-on se considérer comme perdus et livrés à nous-mêmes. Certains textes parlent des relations virtuelles, de la perte de confiance des gens, qui se font parfois manipuler. Voilà en gros l'approche c'était ça !

Ressens-tu une grosse différence à la façon dont les gens se parlent ou se jugent ne serait-ce que par rapport à il y a cinq ou dix ans ?

Carrément oui. Une très grosse différence, principalement sur le Net où on peut poster quelque chose de positif et se faire blâmer pour ça. Et généralement ça fait effet domino et les commentaires de haters s'empilent. Je sais pas ce que c'est que ce phénomène, je ne le comprends pas. Ça me fait réfléchir, me gratter la tête et je me dis qu'on est pas obligé d'être comme ça. Il y a une autre voie, et ce nouvel album est un peu là pour ça, pour espérer aider les gens qui eux non plus ne comprennent pas ce phénomène qui s'amplifie de plus en plus pour faire passer un peu de lumière dans toute cette obscurité.

L'album a été enregistré avec un bassiste de sessions. Quel impact Perry Richardson a t'il eu sur la création/réalisation "God Damn Evil" ?

Malheureusement non, y a des raisons à ça. C'est pas comme si on s'y était opposé. Quand on a auditionné Perry, on était déjà en plein milieu des pré-prods de l'album. Quand on l'a engagé, il a tout juste eu le temps d'embarquer ses flight cases car il partait en tournée avec Craig MORGAN et de notre côté on rentrait en studio quelques jours plus tard. Nos agendas n'ont donc pas rendu possible sa participation à l'album. Y avait pas le temps, sinon on aurait du tout changer en cours de route, ça aurait été vraiment compliqué. On n'avait pas le courage de s'imposer ça donc on a embauché un ami à moi, John O'Boyle qui a joué sur certains de mes album solo et il a fait un super job. Et je sais déjà que Perry fera un boulot fantastique sur le prochain album.

Il aura déjà des parties de basse sympa à jouer sur scène.

Absolument, et c'est aussi un chanteur fantastique, et on compte sur lui pour renforcer cet aspect-là du groupe, et c'est clair qu'on mettra ça en œuvre avec lui dès le prochain disque.

"Fallen" avait été extrêmement bien reçu à sa sortie, avec une recrudescence de passages épiques et de chœurs. Le talent de chanteur de Perry Richardson a –t-il été un facteur déterminant au moment de remplacer Timothy Gaines ?

Ça a été clairement un facteur. Mais pour commencer, le plus important était que c'était un super être humain, on est tombé amoureux de sa personnalité. Ensuite on l'a entendu jouer, puis chanter. Et ça définitivement influencé notre décision. Tous les trois (avec Robert et Oz) on a décidé à l'unanimité ; "c'est lui, c'est la bonne personne et il s'intègrera parfaitement". On l'a prévenu à peine plus tard et c'était fait. Ça me fait penser, je voudrais le souligner, parce que je veux que les gens le sachent : sur tous les albums de STRYPER, à part sur "The Yellow And Black Attack" et certaines parties de "Soldiers Under Command", ce sont Oz et moi qui faisons tous les chœurs. On les enregistre plusieurs fois et on empile les couches de son pour que ça donne des chœurs amples. Je tiens vraiment à ce que ce soit dit. Tim ne faisait que très peu de chœurs, ce qui ne sera pas le cas de Perry, car on trouve ça intéressant d'apporter une couleur différente. Il a une voix vraiment puissante, avec une belle marge dans les aigus, il pourrait très clairement être chanteur lead.

Ce sont à peu près les caractéristiques de ta voix ça (rires !)

Oui mais tu sais c'est intéressant d'apporter des textures différentes grâce au mariage des voix. Sur "Against The Law" par exemple, Oz et moi avions fait les voix, mais l'apport de Jeff Scott Soto avait apporté un caractère à nos compos que j'avais trouvé vraiment super. Et sur le dernier album on a engagé un autre gars, Charles Foley, qui a justement apporté quelques couleurs supplémentaires. Après nos voix se marient bien avec Oz, on se synchronise bien tous les deux, on sait que ça marche.

Les soli de guitare sur l'album sont particulièrement intenses et remarquables. Comment vous répartissez-vous les rôles avec Oz Fox ?

En fait ce sont les chansons qui décident en général, soit ça se dirige vers mon style de jeu, soit celui d'Oz. Généralement ça fonctionne comme ça. Mais sur le nouvel album, en réalité ça fait le yoyo en permanence, c'est souvent nous deux, on a aussi des parties harmonisées, pas autant que par le passé mais il y en a toujours à l'occasion, et ça passe de l'un à l'autre pendant les passages solo. "Take It To The Cross" est articulée comme ça, "Sorry aussi, "Beautiful" aussi. On joue bien ensemble.

"Lost" me rappelle un titre – "God" – avec ce refrain haut-perché et intense. Sur chacune de vos compilations vous avez proposé de nouvelles compositions, et ces dernières années, certaines comme "Blackened" ou "God" auraient eu une place de choix sur vos albums. Songez-vous à les compiler sur un support un jour, comme vous aviez compilé les démos de ROXX REGIME ?

Tu sais, on est très sérieux par rapport à ce qu'on fait. Et ce sérieux nous amène à toujours essayer de perfectionner notre travail, année après année, chanson après chanson, de nous améliorer. Personnellement j'essaie toujours de faire mieux que la dernière fois. J'ai envie que le gens se disent, "wow, c'est aussi bien que le dernier album, ou c'est mieux que le dernier". Par exemple pour "Second Coming" qui a très bien marché, on voulait proposer une composition qui serait au niveau des titres qu'on avait repris.

Tu parles d'un challenge !!! (rires)

Oui ! (rires). On voulait que les gens se disent en écoutant "God" - "Wow cette nouvelle chanson est vraiment très bonne elle aussi", plutôt que "ouais c'est pas mal, mais hey! Vraiment bien les reprises !" Et c'est aussi ce qu'on a voulu faire avec "Lost", qui est personnellement un de mes titres préférés de l'album. D'ailleurs la semaine prochaine, on va le sortir en single, sous forme de vidéo audio-statique. Y a quelque chose dans ce morceau que je ressens fort, qui me fait beaucoup penser à du STRYPER classique, en particulier sur les couplets.

Mais ça doit venir de l'intensité ou de l'intention que tu y mets, mais ce refrain prend aux tripes.

Tu touches un point crucial là ! Tu dois toucher l'auditeur, tu dois sentir ce que tu joues. C'est bien que les gens soient impressionnés par le son ou par une pluie de notes, mais ça ne suffit pas, il faut vraiment le sentir pour toucher les gens, qu'ils le sentent aussi, émotionnellement, que ça leur dresse les poils. C'est important pour nous, mais c'est très difficile à réussir. On y travaille beaucoup.

Et donc quid de compiler ces inédits sur un seul disque ?

C'est vraiment une super idée, et c'est vraiment quelque chose qu'on pourrait faire. On en a sur "The Covering", "Second Coming", on avait aussi un autre disque avec "For You". On envisage aussi de faire une seconde vague de réenregistrements - un "Second Coming II" - très prochainement, revisitant "In God We Trust" et "Against The Law". On incorporera aussi quelques nouvelles compos, et on va faire ça très bientôt.

C'est incroyable de voir l'activité dingue que vous vous imposez, trente-cinq ans après vos débuts.

Je vais te dire, c'est incroyable. Je vais bientôt avoir 55 ans (en juillet). Je sens que, en fait non je sais, on travaille plus aujourd'hui que pendant notre heure de gloire. Je sens que le groupe est au top actuellement et que le meilleur reste à venir.

Tu es le compositeur principal au sein de STRYPER, mais tu as aussi une carrière solo depuis 1992, ainsi qu'un projet avec George Lynch. Comment sais-tu quelle chanson deviendra du Michael SWEET ou STRYPER ou SWEET & LYNCH ?

Pas spécialement, en fait je m'attaque à un projet, je compose et je sors le résultat à peu de choses près, même si généralement le matériel le plus Heavy va chez STRYPER, même si mon dernier album solo est plus Heavy que les précédents. Pour SWEET/LYNCH, le fonctionnement est un peu différent car George me propose des plans à lui et des compos, dont j'adapte un peu le processus, le choix est plus évident.

Es-tu heureux de cette collaboration qui a démarré en 2015 avec George Lynch ?

Bien sûr. C'était une très belle opportunité. On vient tous les deux d'un style similaire, lui avec DOKKEN et moi avec STRYPER. On faisait tous les deux du Heavy Metal, mais dans sa branche la plus mélodique. Donc on se comprend très bien quand il s'agit de parler compositions, et même parfois, c'était le cas sur "Only To Rise", certaines idées de George étaient un peu plus faibles ou ne s'inséraient pas, et donc des compositions à moi se sont retrouvées en bonne place sur l'album.

"Only To Rise" était plutôt heavy et par certains côtés ressemblait presque à un album de STRYPER avec George Lynch à la guitare, ce qui n'est pas le cas de "Unified" qui montre une combinaison plus équilibré de vos personnalités, le ressens-tu comme ça ?

Oui, même si ça peut s'avérer amusant parfois, car sur "Unified", beaucoup de monde me disait qu'on reconnaissait bien mon style sur "Promised Land"… Sauf que c'est une compo de George (rires). Encore une fois on a plus pris le temps pour celui-ci, et George a eu beaucoup plus de place pour exprimer son jeu incroyablement dingue et technique. On partage beaucoup les guitares mais j'ai un style beaucoup plus influencé par des mélodistes comme Michael Schenker ou Randy Rhoads et mes soli sont souvent pensées comme des mélodies vocales en fait.

Vous tournez quasi exclusivement aux USA avec STRYPER. Est-il envisageable, dans un music-business en pleine mutation, de vous voir en Europe sur cette nouvelle tournée, voire participer aux festivals d'été ?

On adore l'Europe et on va revenir c'est certain. C'est juste financièrement compliqué d'organiser une tournée en Europe mais on y travaille dur actuellement, et si ça ne se fait pas en 2018, ce sera pour 2019 je te l'assure !

Pour finir en douceur, et satisfaire notre curiosité, quel est à titre personnel ton album préféré de STRYPER ?

Tu sais, c'est toujours compliqué à cause de la façon dont on me pose la question. Je n'ai pas de meilleur et de pire album. J'ai mes préférés et mes moins préférés. Actuellement mon favori est "God Damn Evil", que je trouve vraiment au-dessus de ce qu'on a fait jusqu'à présent, à égalité avec "Soldiers Under Command". Et mon moins préféré te surprendra peut-être mais c'est "Against The Law". Objectivement, c'est un bon album, j'aime beaucoup certaines chansons, mais à l'époque on a complètement renié qui on était, on est passé du sourire à la grimace, des costumes jaune et noir au cuir, des thématiques chrétiennes à quelque chose de plus futile, on a aussi changé de producteur. On a complètement dénaturé qui on était, et on ne sonne pas comme STRYPER, c'est ce qui me donne du mal à l'apprécier à sa juste valeur.



             



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