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Pablo Allen - TRIDDANA
Par GEGERS le 23 Décembre 2015
Publiée le 17 Janvier 2016 Consultée 3722 fois
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TRIDDANA a eu fort à faire depuis son excellent premier album publié en 2012. Le groupe de Heavy Metal Celtique, malgré un succès surprenant, n'est pas parvenu à conserver en ses rangs l'incroyable chanteur Diego Valdes, et c'est sous forme de quartet que le groupe se présente à nous pour promouvoir son deuxième album, "The Power And The Will". Pablo Allen (cornemuses, flûtes et parolier du combo) a pris le temps de nous appeler pour nous en dire plus sur l'histoire de TRIDDANA, la nouvelle vie à 4 et la conception de ce nouvel opus.

TRIDDANA est né en 2011 à la suite de la scission avec SKILTRON. Peux-tu nous en dire un peu plus sur l'origine du groupe ?

Pablo Allen : C'est une longue histoire comme tu peux l'imaginer. Nous avons quitté SKILTRON car des problèmes personnels s'étaient développés au fil des années. SKILTRON était un groupe à succès, nous avions commencé à jouer ensemble en 2006, et nous sommes restés quatre ans ensemble. Divers problèmes entre les membres du groupe nous ont incité à claquer la porte et former un autre groupe. Nous avons fondé TRIDDANA très peu de temps après notre départ, deux mois plus tard. Nous avons rapidement sorti un premier morceau, "The Beginning". C'était risqué de quitter ainsi SKILTRON, qui rencontrait un beau succès, car il nous fallait de nouveau séduire le public avec un nouveau nom, une nouvelle musique. Mais TRIDDANA s'est rapidement développé, notre album "Ripe For Rebellion" publié fin 2012 nous a conforté dans notre choix. Nous avons joué de nombreux concerts en Argentine, et nous sommes donc en train de promouvoir notre nouvel album, "The Power And The Will", qui est distribué en Europe via Powerprog.

D'Europe, nous avons l'impression que beaucoup de groupes en Amérique du Sud pratiquent le Folk Metal ou une musique inspirée par la mythologie celtique. Pour quelle raison, à ton avis ?

Tu sais qu'en Argentine il y a beaucoup de gens issus de l'immigration européenne, essentiellement d'Espagne et d'Italie. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il y a eu beaucoup d'immigrants qui sont venus des Îles Britanniques, Angleterre, Écosse, Irlande. Leurs cultures ont été préservées en Argentine. Du coup, dans les grandes villes, notamment à Buenos Aires, ces communautés font vivre leur patrimoine issu des cultures celtiques. De plus, la scène Metal est très développée ici. C'est donc tout naturellement que le Folk Metal et le Metal Celtique se sont développés.

Les amateurs de ce genre de musique donnent également l'impression de dégager une forte solidarité, et de faire partie d'un tout dont la symbiose se manifeste lors de concerts. Penses-tu que le public Folk Metal soit particulier ?

C'est vrai que, de manière générale, les fans de Heavy Metal donnent l'impression d'être plus solidaires et investis que les fans des autres genres musicaux. Tout cela reste je pense superficiel, mais il y a une grande fraternité qui règne lors des concerts. À nos shows, le public donne l'impression de se sentir dans un environnement rassurant, dans lequel il peut pleinement s'exprimer. C'est cette symbiose entre les fans et le groupe qui me semble particulièrement marquante.

Dirais-tu que l'utilisation d'instruments que l'on rapproche des cultures celtiques, tels que la cornemuse et la flûte, participent à rendre la musique du groupe unique et à vous différencier plus facilement des autres groupes ?

Oui bien sûr. Le son de la cornemuse ou de la flûte sont uniques, on les reconnaît immédiatement. Plus que les mélodies en elles-mêmes, c'est bien le son de ces instruments qui les rend si particuliers. D'ailleurs, ce qui est curieux, c'est que bien que nous soyons un groupe à 100% Heavy Metal, je reçois des échos positifs de certaines personnes qui sont totalement étrangères à cette scène, et apprécient notre côté folk.

En ce qui te concerne, quel genre de parcours as-tu suivi pour pratiquer ainsi ces instruments celtisants au sein d'un groupe de Heavy Metal ?

J'ai commencé à jouer de la cornemuse à l'âge de 16 ans. J'écoutais déjà beaucoup de Heavy Metal à l'époque, en particulier IRON MAIDEN, qui reste aujourd'hui mon groupe fétiche même si j'écoute beaucoup de choses variées. J'ai également joué de la guitare et du piano avant de me concentrer essentiellement sur la cornemuse. J'ai fait mes armes dans divers groupes folk avant de rejoindre la scène Metal au sein de SKILTRON.

Venant ainsi d'une scène traditionnelle, comment parviens-tu à intégrer ton instrument dans un environnement Metal ? Est-ce que tu composes des morceaux autour de mélodies de cornemuses, ou alors greffes-tu tes mélodies sur des morceaux déjà existants ?

Il n'y a pas vraiment de règle d'écriture. Les morceaux peuvent naître d'une mélodie de cornemuse, d'un riff de guitare, ou même d'une mélodie vocale.

Les critiques de l'album précédent étaient excellentes, peut-être même meilleures que celles écrites sur le dernier album de SKILTRON. En retires-tu une fierté particulière ?

Même s'il y a eu une scission avec SKILTRON, nos deux groupes ont continué à progresser en parallèle, et nous respectons toujours le talent de SKILTRON, et continuons à partager des valeurs communes. Bien sûr nous sommes très fiers de notre succès, mais nous ne nous mettons pas du tout en concurrence avec SKILTRON. Il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir, côte à côte !

Votre chanteur Diego Valdez a quitté le groupe en 2013. Le choix de Juan Jose Fornes, votre guitariste, comme nouveau chanteur, était-il un choix évident ?

Ce ne fut pas si évident que cela. Lorsque Diego a quitté le groupe, nous nous sommes posés la question de savoir si continuer ou non, car remplacer Diego n'était pas une mince affaire. C'est un chanteur incroyable, un des meilleurs au monde actuellement, ce fut donc difficile de le laisser partir. Dans tous les cas, trouver un chanteur de sa trempe était impossible. Mais d'un autre côté, nous savions que Juan était également un très bon chanteur, il chante sur les démos des morceaux qu'il compose. Bien sûr, cette année fut pour lui un gros challenge, car il lui a fallu beaucoup bosser pour s'imposer et travailler son chant, notamment grâce à des leçons et du coaching, mais les morceaux ont fini par sonner de la manière dont nous le souhaitions. Et puis, nous avons maintenant l'impression que le groupe est plus solide. Juan fait partie du groupe depuis le début, nous restions donc en terres familières. Recruter un autre chanteur aurait été une nouvelle source d'incertitudes. De cette manière, les choses restent en famille, et le public nous soutient dans ce choix.

Ce fut en effet une bonne décision. Comme tu le dis, Diego a une voix très puissante, à la Ronnie James Dio, tandis que la voix de Juan apporte une dimension plus mélodique aux morceaux.

C'est vrai. Cet album a été écrit alors que Diego faisait encore partie du groupe. Lorsqu'il est parti, nous avons conservé l'essentiel des morceaux, mais nous avons retravaillé quelques structures pour permettre à Juan de se sentir plus à l'aise. Cette évolution vers des sonorités plus mélodiques est tout à fait naturelle, et n'est pas une conséquence du départ de Diego. Nous voulions sonner à la fois plus Heavy et plus mélodiques, ce n'était pas évident. Les morceaux reflètent le processus d'écriture qui fut plus long et plus complexe. Les cornemuses sont plus présentes que sur l'album précédent, et les mélodies sont plus travaillées, nous avons également renforcé l'aspect Folk de notre musique. Toutes ces évolutions n'ont pas été réfléchies mais sons arrivées naturellement.

Au contraire de nombreux groupes de Folk Metal, TRIDDANA a recours à un chant clair. Le changement de chanteur vous a-t-il incité à vous poser la question d'avoir recours à un chant death, ou était-il clair que vous souhaitiez poursuivre dans cette même voie ?

Je pense que nous préférons tous le chant clair par rapport au chant death. Cela ne fut donc même pas source de débat. C'est cette manière d'utiliser le chant clair qui me laisse penser que TRIDDANA est un peu plus qu'un simple groupe de Folk Metal « de plus ». Lorsque les gens me demandent quel genre nous jouons, j'hésite avant de répondre que nous jouons de Folk Metal, car ce style est associé à des sonorités plus extrêmes que celles que nous pratiquons, et souffre également d'un côté superficiel. Je préfère dire que nous jouons du Heavy Metal Celtique, car sans les instruments traditionnels, il serait impossible de trouver cette facette « Folk » dans la musique du groupe.

TRIDDANA semble également plus "sérieux" et sombre que nombre groupes de Folk Metal. Quels sont les sujets que vous traitez ?

En effet, pas de chansons à boire dans notre musique. Nous restons proches d'un univers Metal folklorique, dans le sens où nous traitons de thèmes historiques, et nous essayons de les appliquer à notre société contemporaine. Le but est d'écrire des paroles qui ne s'inscrivent pas dans un espace temporel précis. Nous parlons de batailles, de conflits, des enjeux politiques... Sur cet album, nous traitons en particulier du ressenti des individus face à la radicalisation des pouvoirs en place, c'est ce qui se joue actuellement dans notre monde. En bref, nous portons des kilts mais ne sommes pas de joyeux folkeux dans l'esprit !



             



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