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OBSCURA
Par JEFF KANJI le 24 Septembre 2021
Publiée le 19 Novembre 2021 Consultée 500 fois

Pour le retour des leaders incontestés de la scène Death Technique, j'ai pu compter sur l'expertise d'un grand connaisseur du genre, qui m'a fait l'insigne honneur d'interviewer pour moi le leader d'OBSCURA, Steffen Kummerer, pour nous parler de son dernier rejeton "A Valediction". Propos recueillis par Lucas Martinez. Merci frère !

Salut Steffen, tout d’abord, merci de bien vouloir répondre à mes questions, on va parler du nouvel album et de tout ce qui tourne autour. La première question que j’aimerais te poser est la suivante : comment tu décrirais "A Valediction" à quelqu’un qui n’aurait jamais écouté OBSCURA ?

Haha, c’est assez facile, Fredrik Nordström (le producteur de l’album) nous appelle « BOM » : Best-of Metal parce que sur cet album tu trouves de tout. Si tu es un fan de Death Metal Old-School à la BLOODBATH ou à la OBITUARY tu trouveras ce que tu cherches, on a également des riffs à la WHITESNAKE des passages avec de la voix claire, du growl, des chœurs etc... Il y a des chansons rapides, épiques, instrumentales, des interludes, des passages techniques et progressifs extrêmement difficiles à jouer, et dans le même temps des choses très faciles à digérer. Donc allez l’écouter !

Avant de te parler plus en détail de l’album, pourrais-tu me parler du retour de Christian et de Jochen (guitariste et bassiste du groupe sur "Cosmogenesis" et "Omnivium") ?

C’est pas une histoire bien compliquée, je cherchais des nouveaux membres et ils ont été les premiers que j’ai contacté. Avec Christian, Jochen et David, on a été en contact pendant des années. On a joué ensemble pendant des années en ce qui concerne Christian et Jochen, ça a donc été facile de travailler à nouveau de concert. La seule différence avec l’époque où ils jouaient dans OBSCURA c’est que le groupe est à un tout autre niveau, j’ai construit le groupe pendant dix ans. À l’époque, on tournait beaucoup, mais on rentrait soit avec rien, soit trop peu pour pouvoir vivre, ce qui a été à l’origine des problèmes que l’on a pu avoir à l’époque. Aujourd’hui c’est beaucoup plus facile, on a beaucoup moins de pression. On travaille avec une toute nouvelle équipe, Nuclear Blast qui édite notre nouvel album et ça rend tout plus facile. Pour la partie purement créative, c’est super facile de travailler avec des gens que tu connais, tu en connais les forces et les faiblesses et c’est assez facile de sortir un album comme celui-ci. Si tu écoutes les onze chansons, tu entends, en tout cas de mon point de vue, la joie et l’excitation de faire de la musique ensemble. Et ça n’a pas été fait sous la pression, on a juste fait une musique que l’on aime vraiment et on l’a sortie. Il y a donc par conséquent un côté très spontané et c’est quelque chose que j’aime beaucoup, et c’est aussi quelque chose qui nous permet de préparer ces morceaux pour des lives. Je suis très content du résultat.

C’est intéressant que tu mentionne le « facteur live » parce que la première fois que j’ai écouté l’album, spécialement le morceau d’ouverture "Forsaken", je me suis dit « Ah ouais, ça ferait un super premier morceau de concert », de la même manière que vous l’aviez fait sur "Omnivium" avec "Septuagint", d’ailleurs elles sont construites un peu de la même façon d’un point de vue formel.

D’une certaine manière, oui. Les deux morceaux ont un build-up très long avec une intro acoustique, c’est vrai. Mais ce que tu disais avec le « facteur live » c’est exactement ce que je voulais faire depuis le début. On est avant tout un groupe de Metal, on fait des concerts pour nos fans, pas pour nous-mêmes. On ne fait pas des concerts pour montrer une performance clinique devant des gens qui attendraient la première erreur qu’on ferait, c’est pas un exercice. On veut faire un show agréable pour ceux qui veinent nous voir. C’était un des objectifs lors de l’écriture de l’album et pas seulement sur la première chanson, mais aussi les instrumentales, elles ont été pensées pour le live.

Ça explique en partie pourquoi cet album est particulièrement facile à digérer, non pas que les autres ne le sont pas, mais celui-ci coule particulièrement facilement, je ne sais pas si tu vois où je veux en venir. (NdlR, j’ai beau beaucoup aimer "Diluvium", il n’en reste pas moins extrêmement dense).

Oui, je crois que je comprends, les arrangements sont assez faciles à comprendre. De plus, la palette stylistique est extrêmement large, quand je disais plus tôt que Frederik nous appelait « best-of Metal » c’est une demi-blague à vrai dire, puis qu’il y a énormément de choses à explorer. Tu écoutes un morceau comme "Devoured Usurper", tu pourrais trouver ça sur un album de BLOODBATH ou d’OBITUARY et d’un autre côté tu as des morceaux comme "Solaris" ou "A Valediction" qui ont une tout autre couleur mais tu entends toujours quel groupe est en train de jouer, c’est quelque chose d’important.

La première chose qui m’a frappé quand j’ai écouté l’album (premier single à être sorti), le son des guitares est bien moins « clean » que sur "Diluvium" ou que sur "Akroasis", au final assez proche de celui de "Omnivium", était-ce voulu ?

C’est difficile à dire, on a utilisé le même matériel que pour les albums précédents, à l’exception d’amplis qu’ENGL a fabriqué spécialement pour nous pour le studio. Parce que je voulais mélanger le travail de Frederik avec notre son. L’idée avec cet album et avec la trilogie qu’il commence, c’est de s’éloigner d’une production trop propre. Je ne suis pas intéressé par le fait d’avoir un album sans âme. Tu n’entendras pas de fausses notes, mais je voulais que l’on entende un vrai groupe jouer, avec un son organique et une touche humaine. Et ce n’est pas valable que pour les guitares, la basse, la batterie et les voix ont un son beaucoup plus pur. Le groupe a beaucoup changé depuis la série de quatre albums concept que nous venons de terminer ("Cosmogenesis", "Omnivium", "Akroasis" et "Diluvium"), ils étaient connectés musicalement, par les textes mais aussi par les artworks avec toute l’imagerie cosmique. Tout était sonnait extrêmement propre. Les textes quant à eux étaient très abstraits, donc le tout était très difficile à digérer. J’ai donc décidé de complètement déplacer l’idée générale, c’est pour cette raison que par exemple, pour l’artwork, j’ai opté pour une peinture à l’huile. Les paroles sont plus ouvertes, et je voulais leur donner une touche plus personnelle. La même chose est arrivée avec la production. Pourquoi j’ai voulu travailler avec Frederik ? Parce que les guitares sonnent brillantes, profondes, presque « tri-dimensionnelles » et elles ont cette touche humaine que je cherche. Par exemple, quand on a enregistré les guitares acoustiques, avant, je les enregistrais accord par accord pour éviter les petits bruits parasites que provoquent les changements de position. Frederik m’a dit « non, c’est pas le son de l’instrument, tu joues le tout en entier et on gardera ces sons parce que ça fait partie du son de la guitare acoustique, c’est une caractéristique de l’instrument ». On a procédé de cette manière notamment pour l’editing de la batterie. Si tu polis tout, si tout est parfait, ça serait chiant.

Comparé aux deux précédents opus, on remarque qu’il y a plus de moments Tech Death traditionnels, riff à la croche alternant entre palm-muting et des notes plus aiguës, 230bpm et blast beat, que dans les albums précédents, qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Ce n’est pas si différent, bien-sûr, différents membres apportent différents éléments, mais dans la globalité on a gardé notre signature. Tu parlais de "Forsaken" c’était la première chanson que j’avais écrite pour "Diluvium", sauf qu’à l’époque elle faisait presque dix minutes. On l’a réduit, on a gardé les parties les plus importantes, les couplets, les refrains, pré-refrains etc.. C’est d’une certaine manière une connexion directe avec "Diluvium". C’est un chemin continu que l’on suit, on ne cherche pas à revenir en arrière, on cherche juste à faire quelque chose de nouveau. Et pour nous, faire quelque chose de nouveau, c’est avant tout faire une musique plaisante à jouer en live. On s’est beaucoup ouverts au niveau créatif. On a des riffs à la WHITESNAKE par exemple sur "When Stars Collide", "A Valediction" est plus mélancolique, douce-amère, mais c’est quelque chose que l’on faisait déjà il y a quinze ans, ce même sentiment peut donner un morceau comme "Incarnated" (extrait de l’album Cosmogenesis), il y a des chansons qui sonnent comme les albums précédents parce qu’on est le même groupe. C’était avant tout une démarche spontanée.

Une autre chose que j’ai remarqué à l’écoute de l’album, c’est que l’influence Jazz Fusion qui était omniprésente sur "Diluvium" est beaucoup moins présente sur "A Valediction", au profit d’une esthétique plus tonale, vois même néo-classique. Est-ce lié au fait que Rafael avait un jeu de guitare très Jazz Fusion et que Christian est plus un héritier de Malmsteen ? Ou c’est quelque chose qui s’est décidé en amont du processus de composition ?

C’est assez difficile à dire, pour ce qui est des solos, oui, c’est simplement les influences que chaque musicien apporte. Pour ce qui est des morceaux entiers, difficile à dire. Prends par exemple le dernier morceau de l’album "Heritage" il sonne très Fusion Death Metal. Toute la section rythmique a changé donc ça a forcément un impact.

Au début, tu parlais d’une trilogie d’albums, peux-tu m’en parler un peu plus ?

Avec "Diluvium", on a terminé une quadrilogie, en 2020 on a terminé un gros cycle de tournée, donc un gros chapitre de la vie du groupe s’est terminé. Et pas seulement c’est quatre albums ont été finis, mais on a changé de label, de producteur, donc c’est une nouvelle page blanche pour nous. La différence, c’est qu’aujourd’hui, on a l’expérience d’avoir joué pendant vingt ans. Un nouveau chapitre commence. Cette trilogie est elle aussi connectée au niveau des artworks, j’ai engagé Eliran Kantor pour trois pochettes. Je lui ai donné les idées principales, il avait les titres de l’album, des chansons, une idée générale des textes et de la direction musicale qu’on allait prendre. Après, tout ça n’étaient que des lignes directrices, rien de gravé dans le marbre. Donc il était relativement libre. Même le titre "A Valediction" c’est quelque chose que tu peux interpréter de plein de manières, négatives comme positives. Et par conséquent, pour chaque album il y a un même thème, mais chaque histoire le traite de manière différente. Du coup, quand je commence à écrire de la musique, des histoires ou des textes, je suis beaucoup plus libre.

Avez-vous prévu une tournée pour cet album ?

Oui, il y a une tournée européenne sur novembre/décembre avec quatre dates en France : Paris, Limoges, Toulouse et Lyon. Et début 2022 on tournera en Amérique du nord puis au Japon et en Australie. Après, avec la pandémie, on ne peut rien vraiment prévoir à l’avance, dans tous les cas nous sommes prêts à jouer. On a refait l’entièreté de notre set-up de scène pour le nouvel album, en fait, pendant les dix-huit derniers mois, on a pas seulement écrit, enregistré et produit un album, on a aussi beaucoup travaillé sur la production vidéo, c’est pour cette raison qu’il y a déjà quatre clips et un cinquième à venir en plus d’une mini-série documentaire sur la production de l’album. On a beaucoup travaillé sur l’aspect scénique afin de pouvoir proposer quelque chose de nouveau, donc venez nous voir, vous serez surpris !



             



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