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DOGSTATE
Par MAXXX le 10 Février 2012
Publiée le 2 Mars 2012 Consultée 2230 fois

Le groupe Dogstate vient de sortir son premier EP et prépare actuellement son premier album. Si c'est d'abord l'artwork magnifique de leur première offrande qui m'a tapé dans l'oeil, la musique est venue m'apporter le coup de grâce. Alors, nous voici donc à Londres, le 10 février, dans le quartier de King's Cross. J'ai rendez vous avec le groupe pour réaliser une interview et un shooting au studio "The Joint". Rencontre avec quatre musiciens de talent.

Bonjour à tous, est-ce que vous pourriez me présenter un peu le groupe : qui est qui, et qui fait quoi ?

Wayne : Je suis Wayne, le batteur, Richard est le chanteur, Paul le bassiste, et Rich, le guitariste.

On dirait qu’il y’a une vague de Hard Rock sur Londres ces derniers temps, ce qui est assez surprenant vu que ce n’est pas vraiment le genre de musique auquel on pourrait s’attendre venant de l’Angleterre. Est-ce une sorte de réaction contre toute cette vague Indie-rock ?

Richard : Je pense que l’histoire du Rock vient du Royaume Uni. En revanche, en ce qui concerne le fait d’avoir une vraie scène ou courant, tu ne peux pas détacher cela du live. Or, en live, tu vas trouver des groupes de Hard Rock ou d’Indie Rock qui vont parfois se partager l’affiche. Parfois, le partage s’est vraiment bien passé, et d’autres fois, on est tombé sur des groupes vraiment bizarres. Tu sais, avec ces chaussures pointues, jeans moulant, et chapeaux bizarres ! Paul : Je ne pense pas qu’il y’ait non plus vraiment une scène Indie, juste un certain type de personnes qui trainent tous au même endroit. Mais, on ne croise pas tant de groupes d’Indie que cela. Tout cela vient surtout des médias en fait, qui essayent de leur donner une certaine importance.

Votre premier EP vient juste de sortir. C’est normal pour un groupe de sortir un EP avant le premier album ?

Rich : Oui, ça se passe souvent comme ça… Et ça présente des avantages, surtout financiers. Paul : C’est assez à la mode en fait ! Ça permet aux groupes de donner un avant-gout de leur musique avant de passer réellement aux choses sérieuses. Richard : C’est une façon de montrer qui on est, on enregistre des titres, on les présente au public, histoire de leur dire, « voilà, c’est nous, c’est ce qu’on fait ». Rich : C’est une façon d’attirer l’attention aussi. C’est ce qu’on a voulu faire avec notre premier EP. Histoire de montrer aux gens qu’on est là, et quelle musique on fait. Richard : Et c’est également une façon de montrer qu’on est prêt. Qu’on n’est pas seulement un petit groupe de potes, mais qu’on veut passer au niveau supérieur.

Dans les années 80, lorsqu’on demandait à Metallica quels conseils ils pourraient donner aux groupes qui viennent de commencer, ceux-ci répondaient « laissez tomber ! ». Et vous, quel serait votre conseil ?

Richard : (rires) Laissez tomber ! Wayne : Ouais, remballez vos affaires, et dégagez ! Paul : Non, ce n’est pas vrai… il faut juste se lancer. Richard : Exact, fais ressortir le punk en toi, et lance toi. Ne te préoccupe pas de savoir si tu es le meilleur musicien, fais-le, et peu importe ce que les autres pourront dire.

Richard et Paul, ce n’est pas étrange d’être dans le même groupe que son frère ? Qu’est-ce que cela change concrètement ?

Paul : Pour moi, c’est assez naturel, ça a toujours été comme cela, et ça me semble plus normal qu’autre chose, et ça ne change pas vraiment, en pratique… Richard : Ca a toujours été comme ça depuis qu’on est petit. La musique nous permettait de nous éloigner de plein de trucs pourris qui nous entouraient, et ça n’a pas changé depuis !

Paul peux-tu m’en dire un peu plus sur les basses que tu utilises ? Elles sont assez inhabituelles !

Paul : C’est une marque anglaise qui est sorti dans les années 60 qui s’appelle Burns. Elles étaient à l’époque surtout utilisées par les musiciens de studio. Ils ont arrêtés de les faire pendant un certain temps, et quelqu’un a racheté l’entreprise il y’a une douzaine d’années. Cela doit donc faire une douzaine d’années que je les utilise, et tout le monde me fait des compliments !

Rich, jouer sur une Les Paul et un Marshall, c’était la solution évidente ?

Oui, c’est quasi traditionnel comme set up ! Tu prends une Les Paul, ça sonne parfaitement, tu prends un Marshall, ça sonne parfaitement. Combine les deux, tu ne pourras pas être déçu…

Grâce à la technologie, tout le monde peut enregistrer un album chez soi. Vous pensez que ça doit être si facile, ou que la « quête » du son nécessite plus de boulot que cela ?

Wayne : Le problème, c’est qu’en faisant comme cela, tu ne peux pas capturer l’énergie d’un groupe. Ca pourra « faire l’affaire », mais, ça ne pourra pas aller plus loin. Et tu n’auras pas la même vivacité qu’en studio, ou en live. Richard : Pour moi, il n’y a pas vraiment de débat là-dessus, ça dépend de ce que tu comptes faire de ton enregistrement. Si tu as besoin d’un enregistrement rapidement, fais-le, peu importe la manière. Mais, si tu dois faire passer ton titre à la radio, tu dois atteindre un niveau de qualité supérieur. Tout dépend de ce que tu veux en faire en fait.

Vous pensez que les réseaux sociaux, comme MySpace ou Facebook peuvent vraiment aider les groupes ?

Rich : Oui et non, ça dépend. En fait, les gens ont tendance à juger un groupe au nombre de « like » qu’ils ont sur facebook. Et c’est vraiment dommage. Il y’a des tas de groupes pourris, qui ont plein de fans sur facebook, et d’autres, qui ont un énorme potentiel, mais qui ne reçoivent pas autant d’attention. Et le problème, c’est que certains promoteurs se servent de ces chiffres pour booker des groupes. C’est la même chose avec MySpace… Au final, le plus important, c’est le nombre de personnes qui vont venir acheter ton disque après t’avoir vu en concert. Richard : Ca a tout de même certains avantages. Regarde, en ce moment même, on est en train de faire une interview pour un webzine français. Ca n’aurait jamais pu arriver sans cela.

Vous êtes au courant que le site Megaupload vient d’être fermé, et que plusieurs Etats veulent se doter de nouvelles législations concernant le partage illégal de fichiers sur internet. En tant que groupe et musicien, vous en pensez quoi ?

Richard : On est absolument contre cette censure. Ça change quoi que des jeunes aillent regarder des films sur internet… ? Surtout que pour certains, ils vont voir des films qui ne sont même pas sortis au cinéma. Et c’est pareil pour ceux qui vivent dans des pays où il y’a de la censure. C’est un grand n’importe quoi qui doit juste profiter au monde des affaires. Rich : Et puis le piratage a toujours existé… Avant cela, il y’avait les bootlegs, avec des mecs qui passaient des concerts entiers, avec un micro tendu vers la scène pour pouvoir tout enregistrer. Richard : Et sans cela, beaucoup de jeunes n’auraient pas découvert la moitié des groupes qu’ils aiment. C’est comme cela que ça se passe maintenant. Le fait de télécharger va leur donner envie d’aller aux concerts, d’acheter les disques, ou les dvd. Et si quelqu’un veut écouter ce que l’on fait, qu’il ne se gène pas.

De toute manière, vous ne pensez pas que c’est un faux problème, sachant que ceux qui téléchargent le plus sont aussi ceux qui achètent le plus d’albums ?

Richard : Exact… C’est juste de l’avarice de la part des grandes compagnies. Ils se disent qu’ils ont fait tellement de profit l’année qui vient de s’écouler, qu’ils peuvent en fait encore plus l’année d’après.

Avec qui aimeriez-vous tourner ?

Wayne : Avec Mötley Crüe, sans aucune hésitation ! Richard : Il y’a tellement de groupes avec lesquelles j’aimerai tourner…en fin de compte, peu importe ! Du moment qu’il y’a un groupe qui est prêt à partir en tournée, on les suit !

Vous êtes actuellement en train de préparer votre premier album. A quoi peut-on s’attendre, et comment se passe le processus ?

Wayne : Une extension de l’EP je crois. Il était vraiment puissant, et je pense qu’on va continuer d’aller dans cette direction. J’ai rejoint le groupe après l’enregistrement, alors, mon job, c’est de faire en sorte qu’on garde cette puissance ! Richard : Ce qu’on essaie de faire en studio, c’est juste d’essayer de recréer ce qu’on est en live, à savoir, d’être le plus direct possible. Paul : On essaie de retranscrire cette énergie qu’on a en live en studio.

Vous n’êtes pour le moment pas signé sur un label, ça change quoi en pratique pour un groupe ?

Richard : Pour le moment, on ne s’en préoccupe pas vraiment. On cherche surtout à faire le plus de concerts possible. Et le fait qu’on ne soit pas signé ne signifie pas qu’on est pas des professionnels, et qu’on ne mérite pas d’attention de la part du public. Rich : Il y’a un truc qui m’énerve, quand tu parles avec un promoteur, ils te posent toujours la question, et te traitent différemment selon que tu es un groupe signé ou pas. Je fuis souvent ces mecs-là, car ils ne peuvent rien nous apporter de bon. Richard : Etant donné qu’on n’est pas flemmard, on s’en fout un peu, parce qu’on fait nous-même ce que d’autres pourraient faire pour nous.

Quelles sont vos influences, groupes ou musiciens?

Wayne: En vérité, tout. Que ça soit Elvis, ou Slayer. Et puis, ça dépend des semaines aussi. Parfois, on va écrire un morceau qui sera plus influencé par tel ou tel artiste. Ca dépend du moment. On peut aussi redécouvrir un album qu’on n’a pas écouté depuis longtemps… Mais, je ne suis en tout cas fermé à aucun style de musique. Richard : Les Doors passaient en boucle chez moi quand j’étais petit. Il y’a aussi d’autres groupes, comme Iggy Pop & The Stooges, MC5. Tout ce qui mélangeais un peu l’énergie du punk, avec le blues aussi. Paul : Pour ma part, j’écoute un peu de tout également…et concernant les bassistes, je ne me suis jamais vraiment intéressé à ceux pour qui la technique passait avant tout, ceux qui te disaient comment jouer telle gamme, ce genre de choses. Rich : De mon côté, ça part des années 60, Cream, Jimmy Page, Eric Clapton, Hendrix, en allant vers des choses plus modernes, mais en faisant l’impasse sur tous les groupes des années 80 qui portaient des trucs en Lycra. J’aime aussi tous les trucs des années 90, Soundgarden, Pearl Jam…en allant jusqu’à Pantera, Black Label Society…

Quelque chose que vous voudriez ajouter ?

Richard : Ecoutez ce qu’on fait, et surtout, venez nous voir en concert, parce qu’on envoie… !



             



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