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ALTESIA
Par HAPLO le 1 Octobre 2020
Publiée le 4 Octobre 2020 Consultée 323 fois

Après la sortie de leur premier né "Paragon Circus" fin 2019 ALTESIA, jeune combo bordelais de Métal prog est rapidement pris dans la tourmente sanitaro-paranoïdo-virussante qui submerge le monde artistique. Clément Darrieu, âme incarnée du combo , joint par message distanciel, nous explique dans le langage des gestes barrières qui est ALTESIA et jusqu'où ils comptent nous emmener.... lumière!!!

Hello ALTESIA ! Merci de m’avoir accordé la possibilité d’échanger avec vous… d’ailleurs, qui êtes vous réellement ? Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vos différentes origines, la jeunesse du groupe et vos sources d’inspiration ?

Clément : Salut Nightfall ! C'est nous qui vous remercions de votre intérêt envers nous ! Alors nous sommes ALTESIA, groupe de Rock/Metal Progressif basé à Bordeaux. Comme tu le dis, c'est un groupe jeune. J'ai créé ce projet en solo en 2017, mais ALTESIA n'existe en tant que groupe que depuis début 2019. On a un album au compteur, "Paragon Circus”, paru fin 2019, brillamment chroniqué par vos soins, d'ailleurs ![s] [s] Je suis le compositeur du groupe, donc je dirais que mes influences viennent sans surprise de groupes de la scène Metal Prog : OPETH, HAKEN, DREAM THEATER pour ne citer que les grands noms, mais il y a aussi beaucoup d'autres groupes (BETWEEN THE BURIED AND ME, CALIGULA'S HORSE, WILDERUN, LEPROUS, PORCUPINE TREE…).

C’est en décembre 2019 qu’ALTESIA livre son tout premier album, "Paragon Circus". Pourriez-vous évoquer l’origine de ce projet, la ou les thématiques qui vous ont inspiré pour ce premier essai ? Bien sûr, tous les détails les plus truculents sur la prod ou les séances d’enregistrement seront les bienvenus…

Clément : Je suis très intéressé par l'Homme, donc j'avais à cœur d'écrire un album à ce sujet. J'essaye d'écrire des textes critiques sur nous-mêmes, mais toujours dans le but de donner à réfléchir, jamais pour juger, mais plutôt pour s'inscrire dans une perspective d'évolution personnelle. Le premier album parle de la déliquescence progressive de notre société moderne. Ce n'est un secret pour personne, tout le monde l'aura remarqué. Les morceaux traitent de sujet comme l'omniprésence de l'argent qui régit tous les rapports, la superficialité, le jugement de l'homme, le mensonge, le conformisme social, ce genre de thèmes pas très gais, mais en même temps ça ferait bizarre de chanter des sujets joyeux comme la cueillette des cèpes en forêt le dimanche matin sur cette musique ! (Rires)[s] [s] Malheureusement je crois que je n'ai pas trop de détails croustillants sur l'enregistrement de l'album, car nous avons enregistré la majorité de nos parties seuls chez nous. Si ça vous intéresse, on a d'ailleurs des vidéos qui retracent l'enregistrement de l'album sur notre chaîne YouTube. Ça n'en restait pas moins une belle expérience, une première pour moi qui n'avais jamais sorti d'album ou d'EP alors que mes compères étaient déjà passés par là et avaient déjà acquis une certaine expérience.

Comment décririez-vous le style musical dans lequel vous évoluez ? Vous a-t-on collé des étiquettes et celles-ci vous conviennent-elles ?

Clément : Je dirais que l'on fait du Metal Progressif. C'est le terme le plus englobant et le plus simple, car le style Progressif induit la présence de beaucoup d'ingrédients et un certain brassage des genres. On peut retrouver des moments Jazzy, Rock, Funk, Soul, Death… Je ne suis pas trop fan des étiquettes à rallonge genre brutal-tech-mélodeath brasilian samba-core (rires). Donc Metal Progressif ça me convient bien. On ne nous a pas collé d'étiquettes, c'est nous-mêmes qui nous décrivons comme ça et je pense que c'est la description de notre jeu qui reste la plus fidèle sans tomber dans une énumération interminable de sous-genres.

La sortie de ce premier-né correspondant peu ou prou avec les premiers signes de la crise sanitaire, cela a t’il eu des impacts sur la promo de l’album, les premières scènes ?

Clément : L'album est sorti le 11 décembre 2019, et l'on vivait encore nos dernières semaines en toute innocence à l'époque et sans savoir ce qui allait nous tomber sur le coin du museau imminemment. Malheureusement, oui, cette crise nous a touchés comme tout le monde. On était bien parti avec la promo de l'album et on a été stoppé net. Les ventes se sont arrêtées subitement au moment du confinement. On n'aurait jamais cru que cela durerait aussi longtemps. Nous en sommes à neuf dates annulées pour l'instant cette année, et ce n'est probablement pas fini. C'est assez désespérant car on se bouge beaucoup, mais sans concert, c'est difficile d'avancer, et artistiquement c'est aussi une grosse frustration pour nous qui sommes des amoureux de la scène.

Comment l’avez-vous ressenti au niveau du groupe ?

Clément : Pour autant, je dirais qu'on l'a plutôt bien vécu collectivement. Sachant qu'on s'embarquait pour de longues semaines de confinement, on a voulu rester proactifs pour garder des projets en tête et montrer qu'on était présents. On a sorti un playthrough de notre morceau "The Prison Child", Alexis et Hugo (guitariste lead et bassiste) ont fait des lives depuis chez eux où ils ont joué la totalité de l'album "Paragon Circus". C'est modeste, mais c'était déjà ça !

Quel accueil a rencontré ce premier opus sur la scène régionale et nationale ? (et pour le reste du monde bien sûr !) Aviez-vous pour certains d’entre vous eu une première expérience de ce type ? Quid de vos relations avec les médias locaux et plus si affinités ?

Clément : L'accueil a été très bon. L'album a été chroniqué à une trentaine de reprises sur des sites français, mais aussi étrangers. Je dirais que c'était un lancement très encourageant, on a reçu de beaux compliments, même si cette musique reste très, très underground. On ne va pas passer sur RTL2 ou W9. Tous les groupes bien établis de cette scène-là le disent : il faut s'armer de patience pour espérer percer et on sait que c'est un passage obligé. On a fait un gros travail de com avec Henri (le pianiste). On a démarché plus de trois cent webzines et magazines aux quatre coins de la planète, car je suis convaincu que notre public n'est pas en France, ou du moins pas qu’en France. Il n'y a qu'à regarder celui des autres groupes de Metal en général, même si nous avons un petit vivier ici, bien sûr ![s] [s] Localement, on a aussi bénéficié d'un certain soutien. Je pense au groupe Seeds of Mary qui sont des amis et qui à deux reprises, nous ont aidé à organiser des dates. Je pense aussi à O2 Radio, radio locale bordelaise, qui nous a donné la parole à plusieurs reprises. Et bien sûr je remercie aussi tous les gens qui sont venus nous voir. Beaucoup font partie de groupes locaux comme nous. C'est un petit milieu où tout le monde se connaît.

La planète artistique dans son intégralité étant chamboulée par la crise sanitaire COVID-19, comment l’avez-vous vécu au niveau du groupe et surtout quelle implication pour vos différents projets ? (répétitions / tournées / nouvel album…). D’ailleurs… à quand un prochain album ?

Clément : Comme je te le disais, on l'a plutôt bien vécu, mais comme je le dis toujours, nous avons la chance de ne pas dépendre financièrement de notre musique pour vivre. J'ai une pensée pour tous les groupes qui vivotent déjà en temps normal et qui ont dû annuler des mois de tournées et qui se retrouvent aujourd'hui la corde au cou. En début d'année 2020, j'ai bossé sur une tournée pour le mois d'octobre, que l'on a annoncée depuis, mais plusieurs dates sont déjà annulées. On a essayé de rester visibles en ligne avec quelques vidéos comme je te le disais précédemment mais rien ne remplace la scène. Et puisque tu parles d'un deuxième album, j'ai profité du confinement pour bien avancer dessus. Il sortira en 2021, mais à ce stade, je n'ai pas plus d'informations.

Vous avez dignement et courageusement joué pour la fête de la musique 2020 dans une salle… presque vide ! Mais devant des caméras. Racontez-nous ce projet et l’ambiance très spéciale qui devait l’imprégner. Comment l’avez-vous vécu en tant que musiciens ?

Clément : C'était vraiment génial ! Il faut se replacer dans le contexte. On a tourné ça en juin, quelques semaines après le déconfinement. On ne s'était plus vus depuis trois mois, on a répété, et on a joué sur cette magnifique scène du Pôle Culturel Évasion à Ambarès. On remercie encore les organisateurs de nous avoir donné cette opportunité. C'est sûr, il n'y avait personne devant nous, à part trois techniciens. Mais on a pris un pied total à rejouer en conditions de live. Je n'imagine même pas comment ça va se passer pour notre prochain et premier vrai concert depuis février !

Quand vous verra-t-on à Paris ou ailleurs sur le territoire ?

Clément : Comme je l'évoquais plus haut, on avait une tournée prévue fin octobre. La majorité des dates ont été malheureusement annulées, mais on espère encore pouvoir jouer à Bordeaux, Montpellier et Toulouse. Toutes les infos sont sur notre page Facebook. Quant à Paris et le reste de la France, on y travaille. Je pense qu'on va essayer de jouer en priorité dans les villes pour lesquelles les dates ont été annulées, mais bien sûr, on a envie de venir à la rencontre de notre public où qu'il soit ! Et d’ailleurs, s’il y a des bookeurs qui nous lisent et qui sont intéressés pour nous faire jouer, n’hésitez pas à prendre contact avec nous !

Entretenez-vous des liens avec la scène Metal française / francophone ? Connaissez-vous des groupes y évoluant que vous appréciez ? Lesquels ?

Clément : On n'a pas vraiment de liens avec des groupes français, mais nous suivons de près certains d’entre eux. GOJIRA, HYPNO5E, KADINJA, POIL, NI, PINIOL, ORENDA, sont des groupes qu’on apprécie beaucoup. En revanche, nous avons des liens avec certains groupes locaux, bien sûr. Je mentionnais SEEDS OF MARY tout à l'heure, sans oublier UNICORN BLASTER, le groupe de notre batteur Yann, dont plusieurs membres ont joué un rôle important dans l'enregistrement de notre album en tant qu'invités, The OMEGA STREAM, MATRASS, PARADOXYCALL, WATTSPIRIT, et tous ceux que j'oublie.

Pourquoi ne pas écrire dans la langue de Molière ? Choix philosophique, habitude, stratégie commerciale ?

Clément : C'est un choix, mais en même temps, je ne me suis jamais posé la question. J'ai grandi avec de la chanson française et du Rock, avant d'écouter du Metal à l'adolescence. Pour moi, le français est la langue de la variété et de la chanson à texte, tandis que l'anglais est celle du Rock. C'est une sorte de convention. Ça sonne bien, c'est ancré dans nos habitudes. Chanter en français pourrait être un moyen de se démarquer comme le font ANGE ou LAZULI en France pour ne citer qu'eux, mais à notre stade, je pense que cela représenterait plus un handicap. J'ai conscience que notre public n'est pas en France comme je le disais, mais dans le monde entier. Chanter en français, je pense que ce serait se rajouter des barrières inutilement. Je suis le premier à ne pas écouter un groupe parce qu'ils ont un nom italien à rallonge que je n'arrive même pas à prononcer (rires). C'est dommage, mais je pense que si je fonctionne comme ça, ce doit être le cas de beaucoup d'autres personnes. Et au-delà de ça, chanter en français n'a jamais été ni une volonté ni un automatisme pour moi. Peut-être un jour ?

En vous remerciant une nouvelle fois pour ce partage, je vous laisse la parole pour un petit mot rien qu’aux lecteurs de NIME ! À très bientôt ALTESIA !

Clément : Un grand merci à toi, à l'équipe de Nightfall et à vos lecteurs pour cette petite tribune ! Si cette interview vous a donné envie de nous découvrir, n'hésitez pas à nous suivre sur Facebook pour ne rien manquer, et à nous écouter en ligne sur votre plateforme préférée ! Smile À bientôt pour de nouvelles aventures et bonne continuation à vous !



             



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