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ORPHANED LAND
Par JEFF KANJI le 13 Avril 2013
Publiée le 27 Avril 2013 Consultée 1944 fois

Entretien avec Kobi Fahri, chanteur du groupe israélien Orphaned Land, à l'occasion du PPM Fest 2013.

Depuis la dernière fois que nous nous sommes croisés (19/11/2011, lors de la tournée en compagnie de MYRATH et ARKAN), les choses ont évolué dans vos rangs, avec le départ de Matti Svatizky et l’arrivée de Chen Balbus.

Matti a changé de projet de vie, et contrairement à nous n’avait plus cette excitation de partir sur la route ou encore cette volonté d’écrire. Chen ou Yossi sont du genre à prendre leur guitare et tripper sur un riff et créer de nouvelles choses. Matti n’avait plus cette rage-là. Les conditions de vie en tournée ne sont pas toujours idéales, loin s’en faut, on a des horaires étranges, on dort mal. Par exemple je n’ai pas dormi depuis deux jours et j’arrive tout juste de Suède où j’étais en train d’apporter les touches finales à notre prochain album en compagnie de Jens Bogren et je dois repartir dès demain matin pour rentrer chez moi. Matti s’est marié, sa femme est enceinte et on est tous vraiment heureux pour lui. Nous sommes toujours assez proches et il n’y a pas d’amertume. Chen, c’est le conte de fées qui raconte l’histoire « classique » d’un fan qui parvient à intégrer le groupe de ses rêves ! Il nous suit depuis extrêmement longtemps et je le connais bien car son grand frère est l’un de mes meilleurs potes. Donc c’est quasi un membre de la famille avant même d’être un membre d’ORPHANED LAND. Il postait régulièrement des vidéos sur YouTube où il reprenait nos morceaux, nous posait tout un tas de questions sur la manière de jouer tel ou tel riff etc. On avait déjà pensé dans un premier temps l’avoir comme guitariste de sessions, pour pallier à un problème éventuel qui nous aurait mis en difficulté pour assurer une date.

Quand on voit Chen sur scène, on a réellement la sensation de voir un membre du groupe à part entière, tout comme Matan, qui s’est très vite intégré, et absolument pas un nouveau venu.

Chen nous apporte une nouvelle motivation. Quand il a intégré le groupe, je l’ai pris à part et je lui ai fait comprendre qu’il fallait qu’il comprenne l’essence même d’ORPHANED LAND dans tout ce que cela peut impliquer au niveau musical bien sûr mais également dans tous les autres domaines. Je voulais qu’il apporte ses talents à l’écriture du prochain album. S’il nous avait apporté des riffs et que je m’étais dit « tiens on dirait un truc à la OPETH ou encore ça sonne comme du PARADISE LOST », cela n’aurait pas fonctionné. Motivé par le challenge, Chen a très rapidement composé des choses qui nous on fait dire « OK, ça c’est du ORPHANED LAND ».

Un nouvel opus "All Is One" est attendu pour juin. Que peux-tu nous dire sur la genèse de cet album.

L’existence de cet opus, on la doit réellement à Chen. Il vit ORPHANED LAND, mange ORPHANED LAND, dort ORPHANED LAND. Il respire le groupe et sa fraîcheur et son enthousiasme sont extrêmement communicatifs. Il m’envoie un bout de riff et je lui réponds : « peux-tu essayer de me mettre un peu de piano là, des percussions, une partie de bouzouki pour souligner tel ou tel passage ? » Une demi-heure plus tard, je reçois un message « consulte tes mails ». c’est proprement incroyable. On a passé un mois à la maison avec Uri (Zelha, bassiste) pour composer l’essentiel de cet album et j’ai demandé à Chen de nous rejoindre. Je souhaitais réellement sa présence et cela a fonctionné du tonnerre. J’étais il y a deux semaines chez Jens Bogren en Suède pour le mixage de l’album… et le membre du groupe qui était avec moi était Chen.

Vous avez délivré avec "Mabool" un concept-album très poussé sur les religions et le déluge et un autre concept philosophique encore plus introspectif avec "ORwarriOR". À quoi devons-nous nous préparer ?

C’est un album aux contrastes très marqués. Il contient certains des morceaux les plus tristes que l’on n’ai jamais fait, encore plus que certains titres de "OrwarriOr", mais aussi parmi les plus joyeux. J’ai enregistré mes plus belles parties de chant à ce jour pour cet album. J’y ai mis toute mon âme et si certains morceaux ne vous font pas pleurer, nous aurons un peu manqué notre objectif ou alors on ne peut plus rien pour vous en tant qu’êtres humains (rires). Le concept, assez simple, est le suivant : L’humanité ne parvient pas à voir que tout est un ("All Is One"). On s’entre-déchire en permanence au lieu de se prendre main dans la main pour aller dans le sens du juste. Je suis peiné par le monde dans lequel nous vivons. Nous élevons nos enfants pour les tuer, que ce soit par l’éducation, la télé ou les politiques. Dans la conjonction actuelle, autant te dire que ce n’est pas souhaitable. .. Et je n’ai moi-même pas encore d’enfants, ceci explique cela… Je voudrais que mes enfants, si j’en ai un jour, grandissent dans un monde meilleur. Quand je vois que l’unique entité qui arrive à mettre d’accord israéliens, égyptiens, palestiniens, syriens, turcs ou encore iraniens est un petit groupe de Metal appelé ORPHANED LAND, je me dis que cette voie est possible. Et les metalleux devraient être fiers d’eux-mêmes d’avoir mis en lumière ORPHANED LAND pour cela. Les metalleux sont généralement mal vus. Des gens un peu étranges qui portent les cheveux longs. Si on revient aux débuts d’ORPHANED LAND, les mêmes thématiques et sujets sont abordés dans nos textes ; "All is One" doit interpeller les gens : « Parlez-vous tous !!! et apprenez des fous ! » puisque eux parviennent à être un.

Vous avez parlé à l’époque de la promotion de "OrwarriOr" de la volonté de tenir un rythme plus soutenu et de parvenir à proposer du matériel neuf tous les deux ans environ. Vous avez par le passé, toujours pris beaucoup de temps pour faire mûrir vos albums, ce nouveau rythme ne va-t’il pas perturber votre mode de fonctionnement ?

Oui tout à fait. 2010 a vu la sortie de "OrwarriOR", 2011, la publication de notre DVD live et "All Is One" cette année, donc on est pas mal. ORPHANED LAND doit maintenant sortir un album, jouer une centaine de dates et retourner en studio pour proposer du nouveau matériel et ainsi de suite.

Alors que la plupart des formations lèvent le pied après vingt années de carrière, vous adoptez le rythme album/tournée pour les années à venir.

Les préventes du nouvel album devraient débuter fin avril accompagnés de teasers sans doute comme on l’avait fait pour le précédent. On aura peut-être un poil de retard, mais on a hâte de défendre ce nouvel opus sur scène. C’est le plus émotionnel qu’on ai fait. Le plus ambitieux aussi. Pour moi il est plus ambitieux que "Mabool" et "ORwarriOR" réunis ! On l’a enregistré dans trois pays différents. On a fait des prises de violon magiques en Turquie par exemple, la plupart des enregistrements d’instruments folk ont été réalisés là et en Israël et la plupart des éléments Metal chez Jens Bogren. "All Is One" contient nos meilleurs arrangements et bénéficie de la meilleure production que nous ayons eue jusqu’à présent. Jens Bogren a des oreilles et un sens de la musique incroyables. Quand on a reçu le premier mix de l’album, on lui en a laissé pour huit pages d’annotations ! Mais elles n’avaient aucun lien avec le son et la production en elle-même, plus la correction de certaines balances entre des instruments. Il est clairement le meilleur à l’heure actuelle. Il nous a soufflés. L’album sera quelque part plus direct que nos travaux passés (en tout cas bien plus que "ORwarriOR" qui avec ses 75 minutes était plutôt lourd à digérer). "All Is One" fait 54 minutes, il va plus droit au but même si l’on retrouve bien évidemment des réminiscences de nos anciens travaux, la dimension progressive et folklorique entre autres, qui est intimement liée à la personnalité d’ORPHANED LAND. Les paroles vont dans ce sens et sont plus directes, moins métaphoriques. On a compris que pour que le message soit le plus efficace possible, il fallait concentrer les ingrédients.

Vous aviez visiblement été très touchés par votre collaboration avec Steven Wilson, sur l’album précédent, pourquoi n’avez-vous pas fait appel à lui ?

Le problème c’est que Steven a du succès et il est extrêmement pris. Je crois qu’il n’a rien du produire depuis le dernier OPETH. On est très heureux d’avoir pu le faire venir participer au DVD. C’est quelqu’un qui humainement et musicalement a un lien très fort avec ORPHANED LAND. Je sais qu’il aurait adoré produire l’album mais cela n’a pas pu se faire… et Steven est très admiratif du travail de Jens Bogren qui lui-même admire Steven donc nous sommes bien lotis.

Un grand merci pour ta disponibilité et ta gentillesse.

Un vrai plaisir Jeff, au plaisir de te recroiser.



             



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