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METALLICA - Hardwired... To Self-destruct (2016)
Par CANARD WC le 16 Décembre 2016          Consultée 12777 fois

J’attendais un coup de fil vraiment important, genre vie ou de mort ou qui veut gagner des millions, alors j’avançais d’un pas alerte, IPhone à la main prêt à dégainer à la moindre vibration. Puis quand l’appel arriva, fébrilement en voulant décrocher trop vite, j’en fis tomber mon portable qui échoua en plein dans une grosse merde de chien bien fraîche.
http://www.viedemerde.fr/
Parfois le Destin aime bien se foutre de votre gueule. Contemplant mon téléphone vibrant dans la déjection canine, j’ai secrètement maudit Anne Hidalgo (un peu) tout en me préparant mentalement à un exercice pénible. Je referme ici ces quelques lignes d’introduction, mais sachez juste qu’il fut question par la suite de lingettes désinfectantes, d’un litre de gel hydro alcoolique et que ce "Hardwired" m’a récemment remis dans les mêmes conditions de l’espèce. Soit un album qu’on attend fiévreusement, plein d’espoir, puis qui fait plouf, qu’on se retrouve surtout à écouter de force, qui vous fait invoquer d’obscures forces (le Destin, Dieu, Donald Trump ou peu importe) durant la digestion de ladite œuvre. Quelques minutes plus tard après avoir contemplé l’étendue du désastre, je reçois un mail de mon ami – Bro’ Zärdu – qui résume à sa façon la chose : « On en vient presque à regretter qu'il n'y ait pas eu trois autres bus... Consternant. Bisous Bro’ ». Voilà, la messe est dite. Plouf, caca, tristesse, déception et tutti quanti. Mais haut les cœurs ! Mettons donc un peu les mains dans ce merdier, nettoyons au mieux pour définir ensemble le degré de nullité de "Hardwired" (to disappoitment).

Ça commençait pourtant pas mal. Pas super-bien, mais de l’ordre du 3/5 au regard du premier cédé. Trois « vrais » bons titres sur six, dont un "Moth Into Flame" presque très bon. Sauf qu’on avait déjà eu ce morceau en avant-première avec "Atlas" et "Hardwired" … qui sont comme de par enchantement les trois « bons » morceaux évoqués plus haut. Alors forcément, il flotte une odeur de foutage de gueule, d’aucuns parleront même de publicité mensongère. Premier problème : cette sensation diffuse de s’être fait avoir, de programmer pour ainsi dire la grande déception qui suivra. Car la suite (le deuxième cédé en particulier) est une succession de titres pas bons, médiocres, sans intérêt, poussifs et émaillés d’anciennes références qu’on connaît tous trop bien. "Here Comes Revenge" commence comme un "The Thing That Should Not Be" puis s’englue dans une mélasse Heavy US chiante. "Confusion" commence façon "Am I Evil" puis rejoue un peu la carte d'un "Last Caress" etc. On peut s’amuser à reprendre chaque morceau pour refaire le jeu de piste. Deuxième problème : pilotage automatique presque tout du long.

Mais le vrai gros raté de "Hardwired" tient dans ce manque d’inspiration patenté. Une maladie bien connue de tous les grands groupes qui jouent les prolongations pour de mauvaises raisons. Une maladie dégénérescente contre laquelle il n’y a malheureusement rien à faire. Car METALLICA n’a juste rien à dire. Même quand il ouvre le débat avec une idée « intéressante » (comme sur "ManUNkind" : ouverture très Maidenienne), le groupe se saborde lui-même, radote, allonge inutilement la sauce etc. Alors une pénible vacuité finit par se dégager au fil de la découverte de l’album : sorti des deux ou trois riffs cités plus haut et de ce réjouissant "Moth Into Flame", ce double album fait artistiquement appel d’air quand on l’ouvre. Puis on s’ennuie aussi pas mal, faut le dire aussi. En termes de posture, "Hardwired" a la viscéralité de "St Anger", accuse du même manque d’inspiration que "Death Magnetic" et explore le même sillon d'un "Load". Relisez calmement cette dernière phrase, ne vous énervez pas, réfléchissez. Vous voyez ? J’ai raison. Paragraphe suivant.

"Load". Oui, parfaitement. Son odeur flotte un peu partout sur "Hardwired" ("Am I Savage ?"). Même démarche : redescendre d’un cran, viser une forme de Heavy pour s’écarter du Thrash, garder l’idée de singles et jeter un pont vers une sorte de Stoner (en réalité il s’agit plutôt d’une influence sabbathienne mais on ne va pas chipoter). En 1996, le grand METALLICA avait tenté, avait raté mais la situation d’alors n’était pas aussi dramatique. "Load" n’était pas encore aussi éloigné de son glorieux passé. Vingt ans plus tard, on se retrouve au même point de départ, mais avec dans l’intervalle des méfaits d’une telle nullité qu’il est difficile de digérer la pilule.

Car il y a l’Histoire. Qui ne ment pas, qui même si elle ne sert à rien, sait se venger. Je vous l’avais à juste titre prédit : cette histoire de « double » puait la merde (*). Le mauvais présage s’est donc transformé en cauchemar bien réel. Quatre titres corrects sur douze (même ratio que "Load" au passage), après le manque d’inspiration notoire, pointons du doigt le dernier gros problème de "Hardwired" : l’absence de tri. James et sa bande ont encore trop tendance à penser que tout ce qui sort de leurs sessions studio vaut de l’or massif. Vu ce qu’on a entraperçu en terme de management sur le DVD "Some Kind Of Monster", on ne s’en étonnera pas outre mesure. Autour d’eux, tout le monde passe son temps à leur sucer la bite au moindre bout de riff, avouez qu’il y a de quoi en perdre son latin. Certainement. Le fait est qu’en prenant le meilleur du premier cédé, en ajoutant "Spit Out the Bone" (pas génial mais qui bénéficie du contraste avec le mid-tempo de rigueur avant lui) et "Lords Of Summer" par exemple, on avait en théorie un album correct, encourageant, défendable tout du moins. Le même genre d’analyse avait été faite du temps de la fumeuse doublette "Load"/"Reload" : à trop vouloir en mettre, à vouloir mettre tout surtout, il en ressort un album déséquilibré et globalement médiocre.

Ceci étant, leur absence de lucidité ne doit pas cacher la nôtre : que fallait-il attendre – après un truc comme "Lulu" - de ces quinquagénaires fatigués ? Forcément, on en revient à cette histoire de distance nécessaire. Même si on parle de METALLICA, soit l’un des plus grands groupe de Metal encore en activité (malheureusement), il nous faut replacer, contextualiser, apprendre à mettre de côté le culte qui leur est dû (à raison), leur Histoire et leur poignée d’albums majeurs.

Il existe trois catégories de « vrais » fans du groupe. Les premiers, les purs de la bande, considèrent que METALLICA a cessé d’exister en 1987 suite à une histoire de virage mal négocié par un bus, emportant Cliff et ne laissant que les trois premiers albums au crédit du groupe. La seconde catégorie de fans n’a pas digéré "One" (l’idée de clip en fait) et encore moins le "Black Album" : ce fut trop et "Nothing Else Matters" les emporta tous dans un dernier soupir. Il y a enfin la troisième catégorie de fans – dont je fais partie – qui n’ont pas supporté, eux, que METALLICA se foute de leur gueule avec "Load" et "Reload". Pour « nous », s’il était possible de faire le deuil de la période "Kill-Justice" voire d’admettre une évolution artistique de leur part, la médiocrité associée à une certaine vénalité nous a dégoutté à tout jamais. Toute rémission semble impossible. Certes METALLICA a tenu la promesse qu’ils s’étaient faite sur "Hit the Lights", mais le Destin – le temps ô mortel ennemi – les rattrape inévitablement, les condamne comme tout à chacun à une mort lente et douloureuse ("Creeping Death"). Le mieux qu’il leur reste à faire désormais est de viser la dignité grisonnante, celle des efforts concentrés, du travail sérieux (aucun bon solo au passage : Kirk va te faire foutre) et du recul nécessaire.

Recul, ouais. De notre côté aussi, va falloir en faire de même. "Hardwired" n’est pas si grave, pas si nul. METALLICA est de toute façon mort depuis longtemps (87 / 91 / 96). On le savait déjà, alors on doit s’en foutre.

Note : 1,5/5 (arrondi au supérieur parce que cf. remarque plus bas).

Morceau préféré : "Moth Into Flame".

(*) Pouvez pas dire que je ne vous avais pas prévenu : http://metal.nightfall.fr/index_12071_metallica-hardwired.html.

Remarque plus bas : Dans la logique de sa vision extra-large des choses, METALLICA a ajouté un troisième cédé ras-la-gueule (dit "bonus") contenant un inédit "Lords of Summer" (moins indigent que certains titres officiels du deuxième cédé au passage) et quelques reprises intéressantes. Citons un medley hommage à DIO, une reprise de "Remember Tomorrow" (sans grand intérêt mais fallait aller le chercher ce titre chez le MAIDEN de Di Anno) et surtout une petite gâterie : "When A Blind Man Cries" - reprise de DEEP PURPLE – bien interprétée avec un James en capacité de transmettre de l’émotion. S’ensuit un mini concert d’une dizaine de titres orienté période "Kill/Ride" qui fait plutôt plaisir à entendre, témoigne aussi du plaisir que le groupe a à renfiler son bon vieux blouson en cuir patché. Plus généralement, ce troisième cédé fait implicitement la démonstration que, quand METALLICA a de la compo à se mettre sous la dent, ça continue de fonctionner, qu’un cœur bat encore. Dommage, dommage. Damage, damage. Aussi.

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- James Hetfield (chant, guitare)
- Kirk Hammett (guitare)
- Robert Trujillo (basse)
- Lars Ulrich (batterie)


- Cd 1
1. Hardwired
2. Atlas Rise!
3. Now That We're Dead
4. Moth Into Flame
5. Dream No More
6. Halo On Fire

- Cd 2
1. Confusion
2. Manunkind
3. Here Comes Revenge
4. Am I Savage?
5. Murder One
6. Spit Out The Bone



             



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