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THRASH METAL  |  E.P

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METALLICA - Six Feet Down Under (2010)
Par CANARD WC le 23 Novembre 2010          Consultée 7730 fois

Les pirates, voila un autre truc qu’Internet a complètement démystifié.

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, où les pirates étaient introuvables, de l’ordre de la relique quasi sacrée. La simple copie sur un bout de K7 audio avait autant de valeur que des albums originaux. J’ai un souvenir particulier de la joie, de la fierté de mon Saint Oncle quand il fit l’acquisition du "Damaged Justice", quelques années avant que sorte pour de vrai le fameux "Live Shit". Ce pauvre double live vendu à un prix prohibitif et au son approximatif était une petite rareté à lui tout seul. A l’époque, ça lui avait coûté un mois de salaire d’apprentissage, juste pour le plaisir d’entendre HETFIELD roter dans le micro avant "Seek And Destroy", juste pour entendre cette ferveur du public qui nous rend moins seul, ce « morceau de vie » imprécis, cette énergie brute capté à la sauvette un soir de concert de l’autre côté de l’Atlantique.

Derrière le souffle, on devinait la chaleur et ça valait bien un mois de salaire.

A cette époque, début des années 90, les rumeurs les plus incroyables couraient sur METALLICA. Ça avait l’air énorme. Ceux qui avaient vu le groupe en vrai donnaient l’impression d’avoir rencontré le messie en personne. Hard Force Magazine balançait régulièrement des photos surréalistes du groupe en plein effort, on voyait NEWSTED les yeux révulsés qui défiait des stades entiers du bout de la basse, HETFIELD donnait simplement des envies d’homosexualité sauvage tant il semblait puissant, d’essence divine même. Même HAMMET semblait déchirer, transpirant, l’air inspiré, à faire passer Slash pour une grosse tafiole. La rumeur courait que c’était « énorme » et seuls quelques pirates vous laissaient entrevoir le mythe.

Puis il y a eu le "Black Album", la médiatisation, le "Live Shit" (qui coûtait un bras), NAPSTER, les albums de merde et Internet. De nos jours, tous les pirates son trouvables sur le Net en quelques clicks de souris, soigneusement classés sur des blogs de fans par ordre chronologique avec tous les détails chirurgicaux que vous voulez. D’ailleurs, allez hop, petit exercice pratique, j’ai ouvert Google, j’ai tapé « Megaupload Metallica Damaged Justice » et en moins de 5 minutes je retrouve la chose qui a couté un mois de salaire à mon Oncle il y a presque 20 ans.

Posons donc la question : à quoi ça sert de nos jours les pirates ? Quel intérêt ? Pourquoi ? Comment ? Mais où et donc or ni car ?

La réponse : à rien walou macache. Ou presque, en l’occurrence à faire un petit buzz en forme de faux hommage aux australiens avant la tournée 2010. A titre personnel, ce "Six Feet Down Under" n’est pour moi qu’un prétexte à raconter des conneries sur METALLICA parce que j’en ai envie, envie de me souvenir avec humidité de ces années où la Légende était réelle, le groupe invincible, du genre à mettre tout le monde d’accord. Pour METALLICA, cette petite gâterie - pour fans qui n’auraient pas été rassasiés par les derniers DVDs - est censée témoigner de la bonne santé du groupe et de son envie de continuer à « hit the lights ». Entre l’obsession d’un gamin trop gâté qui ne veut pas aller se coucher et l’envie de retrouver un « sens » derrière le succès, la conquête et les brouettes de dollars ; METALLICA veut rester dans la place et personnellement je n’y vois pas d’inconvénients. Je reste cependant profondément convaincu que la meilleure de façon de répondre à cette attente était encore de nous sortir un bon album et rien qu’à l’évocation de leur « chiasse magnétique » j’ai envie de me rouler en boule et de sangloter.

Donc METALLICA veut bien faire, veut occuper le terrain, rester dans les parages. Le groupe veut retrouver le soutien de ses fans, il nous aime, nous sommes le sens de leur vie, le pourquoi il se lève le matin. Et je les comprends vu que METALLICA a été ce « pourquoi », ce grain de sel qui relève mon quotidien, le baromètre de mon Thrash et le transfuge de ce que le Metal représentait pour moi.

Alors je vais mettre une sale note, car vous savez que cet EP est nul, que ses 57 minutes n’ont aucun sens mais on va faire comme si de rien n’était en prenant un air entendu par respect pour le Passé, par égards pour ces vénérables thrasheurs d’un temps perdu.

Alors au menu nous avons :

"Eye of the Beholder" (recorded live on May 4, 1989 at Festival Hall in Melbourne)
"...And Justice For All" (recorded live on May 4, 1989 at Festival Hall in Melbourne)
"Through the Never" (recorded live on April 8, 1993 at the Entertainment Centre in Perth)
"The Unforgiven" (recorded live on April 4, 1993 at the National Tennis Centre in Melbourne)
"Low Man's Lyric" (Acoustic) (recorded live on April 11, 1998 at the Entertainment Centre in Perth)
"Devil's Dance" (recorded live on April 12, 1998 at the Entertainment Centre in Perth)
"Frantic" (recorded live on January 21, 2004 at the Entertainment Centre in Sydney)
"Fight Fire With Fire" (recorded live on January 19, 2004 at the Entertainment Centre in Brisbane)

Huit morceaux, quatre époques, une pochette pourrie et une captation « roots » faite par des fans ou un ingénieur du son (je préfère ne pas savoir). J’ai d’abord cru que derrière ces huit témoignages se cachaient un message et autre mystique. En vain. Il s’agit d’une bête compilation dont le dénominateur commun est cette chaleur qu’on entraperçoit fugacement, celle des fans, du groupe, on devine la sueur, les rictus haineux, les cheveux qui flottent dans les airs mouchetés de poings vengeurs lancés vers le ciel. Oui c’est beau ce que j’écris. Et c’est des conneries : le dénominateur commun c’est l’Australie. Cherchez pas plus loin.

Ceci étant, rien que pour la version de "… And Justice For All", le vieil acharné qui sommeille en moi avoue avoir pris un pied incommensurable à écouter cette merde, ce qui vous donne une idée de l’esprit partisan qui ma bite. Il est relativement logique de constater que plus on « avance » dans le temps et meilleur le son devient. On passe donc d’une horrible bouillie en 89 et 93 à un son presque « propre » (pour du bootleg) à compter de 1996. Soit une moitié d’EP inécoutable mais qui tue et une autre moitié de « live quasi officiel » mais dont le choix des morceaux est juste insignifiant.

Pour ne rien vous cacher, l’enchainement "Low"/"Devil" m’a personnellement mis de mauvaise humeur pendant trois jours. Et rien que pour ce choix de merde, je décrète que cet EP est nul et inexistant. Dommage parce que dans l’absolu, rien que pour "...AJFA" en live il y avait de quoi se réjouir. Et la version de "Frantic" fait plaisir aussi. De toute façon, j’aime bien ce morceau, il draine un fluide tapageur, sentencieux, presque existentiel à l’instar de ce couplet balancé dans le vide : « My lifestyle determines my deathstyle ! ». METALLICA redevient « dangereux » le temps d’un morceau et j’aime cette idée. Puis, il y a aussi ce dernier morceau, cette version de "Fight Fire" qui est juste réjouissante et nous rappelle combien tout cela est triste et pathétique. A l’image de l’intérêt de cet EP qui dure beaucoup trop longtemps, et comme cette chronique que je n'aurais pas du écrire.


Note : 0,5/5 (pour « … And Justice... »).

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- Jason Newsted (beau bassiste titres 1-6)
- Robert Trujillo (simiesque bassiste titres 7&8)


1. Eye Of The Beholder
2. ...and Justice For All
3. Through The Never
4. The Unforgiven
5. Low Man's Lyric
6. Devil's Dance
7. Frantic
8. Fight Fire With Fire



             



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