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IRON MAIDEN - Fear Of The Dark (1992)
Par POWERSYLV le 11 Juin 2005          Consultée 16438 fois
Au début des années 90, le succès foudroyant des groupes pop/punk/rock étiquetés "grunge" auprès des fans de décibels marque le début des temps difficiles pour les groupes hard et heavy metal de la décennie précédente. En 1991, la bombe Nevermind de NIRVANA a été le détonateur de cette nouvelle folie bruitiste, reflet d'une philosophie contestataire comparable au mouvement punk de 1977.
Dans le monde du metal, tous les courants sont touchés, à part peut-être le death metal alors en plein essor, le metal fusion désormais institué (FAITH NO MORE, RED HOT CHILI PEPPERS et RAGE AGAINST THE MACHINE en tête, inspirateurs par leur éclectisme de la future vague néo) et le phénomène PANTERA.
Signe des temps, pas mal de groupes splittent ou se séparent de personnalités emblématiques (JUDAS PRIEST, MOTLEY CRUE, ANTHRAX). D'autres s'adaptent à l'air du temps et réussissent à tirer leur épingle du jeu (SKID ROW, MEGADETH), certains deviennent même des géants (GUNS'N ROSES et METALLICA). Cependant, la concurrence du mouvement "grunge" n'est pas la seule cause de la perte de vitesse de nombreux groupes ayant régné sur les années 80, il faut avouer que cette période représente leur creux de la vague. C'est ce qu'a connu IRON MAIDEN depuis 1990. Il faut avouer que No Prayer For The Dying est loin d'être un grand crû de la bande à Steve Harris et que le groupe est sorti de sa période historique. En cette année 1992, beaucoup ne donnent pas cher de la peau de la Vierge de Fer. Le nouvel album doit donc prouver que malgré le contexte délicat, le combo anglais a retrouvé l'inspiration qui lui faisait défaut sur l'album précédent.

Fear Of The Dark sort donc en cette année 1992. Pour beaucoup, cet opus est un très bon album d'IRON MAIDEN, pas mal de fans ont découvert le groupe avec ce disque. Cependant, même si je le trouve meilleur que No Prayer, je reste quand même assez réservé quant à son contenu, les 2 albums possèdent d'ailleurs des caractéristiques similaires dans leur construction générale. En revanche, alors qu'aucun titre n'était réellement excellent sur No Prayer, Fear Of The Dark possède des morceaux beaucoup plus attrayants et percutants que No Prayer.
Beaucoup plus de classiques, à commencer par le très heavy "Be Quick Or Be Dead" qui scotche d'entrée et qui est un bien meilleur single qu'un "Holy Smoke". Puis "From Here To Eternity" et sa trame plus "rock'n roll" avec son refrain accrocheur, où le groupe renoue avec le personnage de Charlotte (The Harlot). "Afraid To Shoot Strangers" vaut le coup aussi, avec sa progression en cloche (calme au début, progression vers du mid-tempo, break et décharge d'adrénaline avec guitares folles ... re-mid tempo, et fin plus calme comme au début). Un morceau typique de ce que proposera IRON MAIDEN surtout à partir de 1995. La ballade "Wasting Love" est un exercice assez surprenant par le sujet qu'elle traite (qui aurait dit qu'un jour IRON MAIDEN parlerait d'amour ?), j'avoue que je ne la trouvais pas terrible au début mais avec le temps ça va mieux. Et puis le morceau titre "Fear Of The Dark" qui est LE classique de cet album joué en concert depuis lors. Beaucoup de fans seraient scandalisés si le groupe avait le malheur de l'oublier.

A leurs côtés, on retrouve des titres bouche-trou dont certains sont indignes d'IRON MAIDEN. le pire est "The Apparition" qui est sans doute le morceau le plus nul du groupe à mon sens, tous albums confondus : même pas d'intro, un rythme syncopé qui ne colle pas au groupe. Même Steve Harris quelques années après déclarera à son sujet que "ce n'est pas vraiment le meilleur morceau du groupe". On ne peut lui donner tort. D'autres titres sans être mauvais sont cependant très moyens, très "bateau", comme "Judas Be My Guide" et "Week-end Warrior" qui traite pourtant d'un sujet grave et intéressant (le hooliganisme). Certains morceaux sont cependant corrects (même si pas transcendants) et possèdent même certains attraits aventureux et bien négociés : je pense en particulier à "Fear Is The Key" et son intro arabisante, ou à "Childhood's End", son introduction et sa jolie trame à la guitare. Dommage que ce titre se termine en queue de poisson.

Bilan : bien que meilleur que No Prayer pour les bons moments qu'il propose, Fear Of The Dark se rapproche néanmoins de ce dernier par le fait qu'il tranche avec les albums de 1980 à 1988 qui eux étaient excellents de bout-en-bout et ne possédaient à la rigueur qu'un ou 2 morceaux un peu plus faibles. On sent à son écoute que le groupe commence à retrouver foi en sa musique. Les fans repointent timidement le bout de leur nez dans les bacs à disques, alors qu'en concert, malgré des shows un peu plus épurés qu'à la grande époque le public répond toujours présent en masse. Les 3 albums en public qui suivront en 1993 (A Real Live One, A Real Dead One et Live At Donington - le groupe jouera une fois de plus en tête d'affiche, preuve que sa notoriété scénique est toujours très forte) ainsi que la VHS du concert de Donington en seront les témoignages (même si la qualité de ces derniers - supports audio et vidéos - sera somme toute assez moyenne par rapport à ce qu'on a connu auparavant).

Tout cela ne sera pas malheureusement pas suffisant pour retenir le téméraire Bruce Dickinson. En effet, se sentant limité dans son périmètre d'action et trop à l'étroit dans le carcan Maiden, le vocaliste quittera le groupe après les tournées 1992/1993 pour se consacrer exclusivement à sa carrière solo. Son départ d'IRON MAIDEN sera célébré par un mémorable show devant les membres du fan-club, jumelé avec un spectacle de Simon Drake, magicien de l'horreur dont les sbires enfermeront Bruce dans une Vierge de Fer après le concert et lui feront subir les pires outrages. Nous sommes en 1993 : privé du frontman emblématique avec qui il avait connu la consécration internationale, IRON MAIDEN saura-t-il surmonter cette nouvelle épreuve, retrouver un vocaliste de la trempe de Bruce et revenir à son meilleur niveau ?




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- Bruce Dickinson (chant)
- Dave Murray (guitare)
- Jannick Gers (guitare)
- Steve Harris (basse)
- Nicko Mcbrain (batterie)


1. Be Quick Or Be Dead
2. From Here To Eternity
3. Afraid To Shoot Strangers
4. Fear Is The Key
5. Childhood's End
6. Wasting Love
7. The Fugitive
8. Chains Of Misery
9. The Apparition
10. Judas Be My Guide
11. Weekend Warrior
12. Fear Of The Dark



             



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