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HARD ROCK  |  DVD

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KISS - Rock The Nation Live (2005)
Par ALANKAZAME le 13 Décembre 2010          Consultée 5047 fois

KISS, c’est un groupe qui a une histoire compliquée. Il y a eu des hauts, des bas, des départs, des morts, des larmes, du bonheur… Difficile de trouver une formation plus représentative des aléas d’un groupe de Rock'N'Roll que d’aucuns considèrent comme culte. Et lorsqu’en 2004 Gene Simmons et Paul Stanley, flanqués d'Eric Singer et de Tommy Thayer embarquent pour le "Rock The Nation Tour", c’est un nouveau chapitre de la fameuse Kisstory qui s’écrit. Le départ d’Ace Frehley en 2002 et le licenciement vraiment pas déontologique de Peter Criss quelques mois plus tard ont entraîné un énième changement de line-up qui, c’est rien de le dire, a bien fait les affaires du Demon et du Starchild : plus besoin d’enregistrer de nouveaux albums pour satisfaire la fièvre créatrice de Frehley, et surtout plus besoin de répartir le blé de manière équitable au sein du quartette.

D'ailleurs depuis la fin du "Farewell Tour" en avril 2001, KISS n’a pas foutu grand-chose. On aura eu l’enregistrement de la "Kiss Symphony" (pas franchement fameux) en 2003, une tournée commune avec AEROSMITH l’année suivante qui n'est pas sortie des frontières des USA (à croire que Simmons et Stanley n'en ont strictement rien à foutre de savoir que sur la centaine de millions d’albums que leur groupe a écoulés dans le monde, seul un cinquième l’a été aux States), et surtout absolument rien de nouveau en provenance des studios depuis "Psycho Circus" en 1998. Avec le "Rock The Nation Tour", on passe à la vitesse supérieure : cette fois-ci les Japonais et les Australiens auront leur dates. Les fans européens pourront en revanche aller une nouvelle fois se faire foutre et devront attendre 2008 pour voir leurs idoles daigner bouger leurs grosses fesses de milliardaires patentés sur le vieux continent.

Or donc. Sans aucun doute dans l’espoir de faire la promotion de son nouveau line-up (les fans ayant très mal digéré les départs de Frehley et de Criss), KISS a décidé d’enregistrer le concert donné à Washington D.C. et d’en faire un DVD commercialisable. Je ne suis en effet absolument pas convaincu que cet enregistrement ait été vraiment décidé de manière totalement désintéressée. Ce que je sais en revanche, c’est que "Rock The Nation", le DVD, est totalement nul à chier.

Ce qui a fait la popularité de KISS, c’est la fraîcheur de ses compositions, son style inimitable, son côté outrancier et son envie de repousser les limites dans tous les domaines de la création artistique (maquillage, costumes, décors, pyrotechnie, etc). Dans les années 70 ce groupe avait grandement contribué à engendrer une nouvelle génération d’artistes que je ne me risquerai pas à lister ici tellement ils sont nombreux à le revendiquer. En 1996, après des années de période Glam' sans maquillage et sans franc succès, le groupe avait su promouvoir une sorte de nostalgie de la grande époque, avec la formation originelle et surtout des spectacles totalement démesurés qui ont su enthousiasmer la planète entière.

Et alors quoi ? Pourquoi cette note ? Il ne resterait plus de rien de tout ça ? Eh bien à vrai dire il n'en reste plus grand-chose. Je ne vais pas m’acharner sur Thayer et Singer. Le problème ne vient pas d'eux. D'ailleurs l’arrivée de Singer est même plutôt une excellente chose, ça fait du bien de voir à nouveau le Catman gigoter derrière ses caisses après des années avec un Peter Criss lamentable qui restait prostré sur son siège comme un petit vieux. Thayer, égal à lui-même, se content de plagier (et avec talent certain) les faits et gestes de Frehley, la classe en moins. Tout le monde a de toutes façons très bien pigé que c'est parce que ce manager de profession parle aussi bien le langage de l'argent que Gene Simmons qu'il a atterri au poste de lead-guitariste de KISS...

Le problème ne vient pas non plus du son, qui est excellent, et encore moins de la setlist, qui est très certainement l’une des plus originales que KISS ait jamais proposées à son public. C'est même assez surprenant de retrouver au milieu des sempiternels classiques des titres des années 80 ostracisés pendant les trois tournées ayant suivi la reformation du groupe originel, comme "War Machine", "Unholy" (qui forment avec "I Love It Loud" le trio gagnant de Simmons) et même le très sirupeux "Tears Are Falling". D’autres vieilleries ont été ressorties des cartons poussiéreux des années 70 comme "Love Her All I Can", "I Want You" et "Got To Choose"… Bref un gros effort a été fait à ce niveau-là et c’est d’ailleurs bien la seule chose positive, avec la qualité technique intrinsèque du son, qu’on peut mettre au crédit de cet enregistrement. Petite curiosité, le concert est régulièrement interrompu par des interviews et des images du groupe en backstage. On est en terrain connu : rien de bien intéressant en dehors du studio de maquillage, dans lequel Simmons parvient encore à nous arracher quelques rires avec ses mimiques irrésistibles.

Mais pour le reste, c’est un zéro pointé. Premièrement Paul Stanley a pris un sacré coup de vieux. Sa voix part littéralement en couille sur "Makin’ Love" et le fait qu’il abandonne le micro à Thayer sur les refrains de "I Love It Loud" en dit long sur l’état de ses cordes vocales. Plus grave encore, le pauvre bougre, la cinquantaine bien tassée, fait vraiment pitié à haranguer la foule à la moindre occasion avec des discours infantilisants tout à fait insupportables. La seule chose qui nous vient à l’esprit en le voyant faire le clown, c’est "ta gueule et joue". Pas cool. Simmons s’en sort mieux, même s’il chante "Christine Sixteen" comme un pied et que sa voix montre clairement ses limites sur "Unholy". Je ne m'étendrai pas non plus sur les chœurs de "Parasite" en playback... Un avantage, tout de même, pour le doyen du groupe : son costume est assez sobre et lui permet de se mouvoir sans encombre. De quoi trancher avec cette apparence de gros lourdaud pataud qui le caractérise lorsqu’il porte son armure ridicule.

Maintenant, passons aux choses sérieuses : mais qu’est ce que c’est que cette salle de merde ??? Y a des chaises dans la fosse, vous vous rendez compte ?! En fait ce n'est pas vraiment surprenant quand on voit le public, qui ne doit pas varier d'un iota lors d’un concert de Britney Spears : des couples avec leurs mômes, de vieilles pouffiasses vraiment pas fraîches à la poitrine gonflée au silicone, quelques couples de trentenaires énamourés... Bref une population typique de l'Amérique blanche issue des couches supérieures de la société… Rien de Rock'N'Roll là dedans, on compte les fans déguisés sur les doigts de la main, et les metalheads sont introuvables. KISS semble définitivement être devenu un vulgaire groupe commercial totalement inoffensif qui ne laisse place à aucune introspection. Tout n’est que chiqué d'opérette, plus personne n’y croit. Ça se ressent jusque dans l’éclairage de la salle, particulièrement bariolé, qui tranche avec la direction artistique du grandiose "Psycho Circus Tour". Bref je ne vais pas faire un dessin : on se fait vite chier. Tout est convenu, en pilotage automatique, sans spontanéité, sans authenticité. C’est naze, complètement fade et superficiel. Petite consolation, le "Power Vision", qui permet de suivre un seul des quatre membres, au choix, au cours de certaines chansons. Mais c’est plus un gadget en option qu’autre chose…

Signe que KISS a décisivement rompu avec l’esprit Rock'N'Roll, le discours nationaliste et belliqueux que Stanley prononce vers la fin du concert, invitant le public à soutenir l’armée américaine du « meilleur pays au monde » contre « les terroristes qui veulent nous détruire » et à crever sur l'autel de la Nation, est à vomir, l'audience enfonçant le clou en entonnant à plein poumons de fervents « USA, USA! » qui ont davantage à voir avec la haine qu’avec une quelconque forme de patriotisme. Gerbant. Et le plus triste dans tout ça c’est que Stanley dédie à toute cette merde cette inoffensive reprise d’ARGENT qu’est "God Gave Rock'N'Roll To You II", sur fond de bigoterie assumée. Je vous raconte pas à quel point j’ai été sur le cul en voyant et en écoutant ça, on est à cent lieues de « il n’y a qu’une Nation, la Nation du Rock'N'Roll » que le même Paul braillait en introduction de "Rock And Roll All Nite" quelques années auparavant. C'est clairement la goutte d'eau qui fait déborder le vase, tout bonnement lamentable.

En somme, avec "Rock The Nation Live", KISS nous fournit sa nouvelle carte d’identité : un groupe grand public piloté par une bande de réacs corrompus et arrogants, qui dissimulent leurs faiblesses derrière des artifices de forme dignes d’un cartoon, et qui ne sont même pas à la hauteur de ce qui a été fait auparavant malgré la quantité impressionnante de fric accumulée. Ça ira un peu mieux avec la tournée promotionnelle de "Sonic Boom", quoiqu'à l’heure où j’écris ces lignes il est acté que la voix de Stanley est définitivement morte… "Rock The Nation Live" est une daube infâme, une insulte en bonne et due forme au Rock'N'Roll, à son esprit, à tout ce que KISS est, ou plutôt était sensé représenter. Ne gaspillez pas votre fric là-dedans, inutile d'encourager le naufrage d'un des plus grands groupes de toute l'histoire du Rock.

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   ALANKAZAME

 
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- Paul Stanley (guitare et chant)
- Gene Simmons (basse et chant)
- Eric Singer (batterie et chœurs)
- Tommy Thayer (guitare et chœurs)


- disc 1
1. Love Gun
2. Deuce
3. Makin' Love
4. Lick It Up
5. Christine Sixteen
6. She
7. Tears Are Falling
8. Got To Choose
9. I Love It Loud
10. Love Her All I Can
11. I Want You
12. Parasite

- disc 2
1. War Machine
2. 100,000 Years
3. Unholy
4. Shout It Out Loud
5. I Was Made For Lovin' You
6. Detroit Rock City
7. God Gave Rock & Roll To You
8. Rock And Roll All Nite



             



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