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HARD ROCK SYMPHO  |  LIVE

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KISS - Kiss Symphony : Alive Iv (2003)
Par ALANKAZAME le 16 Novembre 2010          Consultée 3977 fois

Aïe, KISS sort un live. Pourquoi « aïe » ? Eh bien pour la simple raison que n’importe quel amateur du groupe au maquillage noir et blanc pourra vous affirmer que, des trois premiers albums live pondus par les new-yorkais au cours de leur carrière, aucun n’a jamais été réalisé honnêtement et sincèrement. Retravaillés, embellis, parfois totalement réenregistrés, voir enregistrés tout court en studios, les trois premiers épisodes de la célèbre et particulièrement lucrative série des "KISS Alive" se sont illustrés par leur absence totale de sincérité, avec un point d’orgue au niveau du troisième épisode, qui est probablement faux à 100 %.

Pourtant, en 2003, quelque chose semble avoir changé. Apparemment lassé d’être déconsidéré par ses fans et par la presse spécialisée, le blockbuster cornaqué par Gene Simmons et Paul Stanley a enfin décidé de porter ses couilles et propose donc un enregistrement 100 % authentique. Pas besoin de preuves écrites, ça s’entend. Le son est bien root comme il faut, les quelques petites approximations sont bien là et surtout le chant ne laisse subsister aucun doute sur sa véritable origine. Gloria, après plusieurs décennies de carrière, KISS s’est enfin décidé à sortir un vrai live !

Ainsi est né "Alive", quatrième du nom. Le malheureux skeud revient de loin… Procédant au départ d’une compilation des meilleurs moments des concerts donnés par le groupe lors des "Millenium concert", au Canada, pour fêter l’avènement de l’année 2000, le projet initial a finalement capoté à la suite d’interminables querelles juridiques avec Universal. Mort né, ce premier "Alive IV" (*), seul témoignage audio officiel des nombreux concerts donnés par le groupe réuni dans sa formation classique (avec Ace Frehley à la guitare et Peter Criss à la batterie), a finalement été supplanté par un projet on ne peut plus ambitieux.

Sans doute influencé par le succès rencontré par DEEP PURPLE lors de sa récente tournée en compagnie d’un orchestre symphonique, KISS a décidé de tenter de marquer lui aussi l’Histoire à grands renforts de violons, trompettes et autres contrebasses. Rien de tel pour titiller la folie des grandeurs qui anime plus que jamais le quatuor maquillé. Mais, comme je vais vous le démontrer, n’est pas DEEP PURPLE qui veut.

En 2003 KISS commence à écrire une nouvelle page de son histoire. Le line-up classique a vécu, et lorsque le groupe foule les terres australiennes avec l’orchestre symphonique de Melbourne sous le bras, il est déjà en pleine partie de chaises musicales. Ace Frehley, las des délires de Stanley et de Simmons, a une nouvelle fois claqué la porte. A la surprise générale, alors que les rumeurs les plus folles circulent déjà (Bruce Kulick serait-il sur le retour ?), il est remplacé par un total inconnu, Tommy Thayer, qui n’est autre que le manager du groupe et qui ose, sacrilège, se parer du costume et du maquillage du « Spaceman » pour monter sur scène. Le malheureux garçon, qui semble pourtant être un brave type, s’attirera à jamais la haine des fans qui ne lui pardonneront pas cette usurpation d’identité. A la batterie, Peter Criss vit ses derniers mois au sein du groupe du bisou : ses comparses le mettront à la porte aussitôt son contrat terminé et Eric Singer, le remplaçant originel d’Eric Carr, sera appelé en renfort sous les traits du « Catman ».

En pleine période de crise (Stanley et Simmons ne peuvent définitivement plus supporter Criss et le climat en coulisses est plus que jamais délétère), KISS lance donc une nouvelle opération marketing, le concert rock symphonique. Tout à l’heure j’ai évoqué l’exemple de DEEP PURPLE, précurseur en la matière. Paul et Gene avaient ils pour ambition de reprendre à leur compte l’idée du combo britannique ? Je n’en sais rien. Ce que je sais en revanche, c’est qu’on n’a pas forcément la chance de compter dans ses rangs John Lord (**) et qu’un projet qui a l’air intéressant sur le papier ne donne pas forcément les résultats escomptés lors de sa mise en pratique.

Toujours aussi grandiloquent, KISS propose un concert en trois actes. Le premier d'entre eux est un enchainement de six titres interprétés par le groupe seul. Ça fait plaisir d’entendre le son live dans sa forme originelle, c’est certain, mais franchement ils ne pouvaient pas se creuser un peu plus la tête pour la set-list ? Je ne sais pas pour vous, mais moi à la longue j’en ai marre de toujours entendre les mêmes titres. Ce premier acte n’a finalement aucun intérêt puisqu’il se contente de nous proposer tout ce que l’on connait déjà par cœur, qui plus est avec un Paul Stanley dont la voix commence à montrer ses premiers signes de faiblesses, en particulier sur les couplets de "Strutter" (et c’est bien pire à l’heure où j’écris ces lignes). Bref, passons.
Le deuxième acte prend la forme d’une séquence émotion. Le groupe y interprète quelques titres à la guitare acoustique, principalement des ballades, appuyé par quelques musiciens de l’orchestre symphonique. Sincèrement, cette partie du concert m’emmerde. Pas seulement parce que j’en ai marre d’entendre mille fois "Beth" et "Forever". Mais aussi parce que de manière générale je n’aime pas les ballades et qu’on a beau essayer d’y croire, KISS n’a absolument aucune crédibilité dans ce registre. Pas de pot. Petite consolation, la présence de Peter Criss au chant, qui nous fait bénéficier d’une fort belle performance sur "Shandi".

Pour son premier concert, Thayer s’en sort bien, il balance sa partition sans fioriture et son set est parfaitement interprété. Seulement voila, il n’a pas ce qui a fait la popularité d’Ace Frehley, à savoir du style et du caractère. Avec le départ de Frehley, KISS a perdu un guitariste unique en son genre et un compositeur de talent. Il faudra faire avec, mais ça n'a pas été de gaité de cœur pour beaucoup de monde.

Le troisième et dernier acte incarne le gros morceau du concert, celui qui voit le groupe interpréter ses titres phares avec l’orchestre au grand complet. Ça paraît cool comme ça, mais là encore, n’est pas DEEP PURPLE qui veut. En effet les chansons de KISS, aussi géniales soient-elles, sont loin d’avoir des structures assez complexes pour avoir la prétention d’être enrichies par quelque incursion symphonique. Avec un titre moins évident comme "Detroit Rock City" ça le fait, même si ça n’apporte pas grand-chose de plus aux qualités intrinsèques de ce titre. Mais autrement je suis bien obligé d'admettre que ça tombe complètement à plat. Soit c’est inutile et ça ne change rien aux versions d’origine ("Rock ‘N Roll All Nite", "Shout It Out Loud", "Do You Love Me" surtout), soit ça plombe carrément l’ambiance en dénaturant totalement la nature d’une chanson ("God Of Thunder", dont le principal intérêt est justement d’être interprété de manière crade et malsaine, ce qui est bien entendu peu compatible avec des envolées lyriques au violon).

Bref à force de vouloir trop en faire, KISS rate le coche. Pourtant, avec une vue d’ensemble, cet "Alive IV" reste un live sympa, avec les habituels moments forts… Mais l’usage purement superficiel de l’orchestre symphonique en fait finalement un produit surfait, qui ne restera pas, de façon compréhensive, dans les mémoires. On prend plaisir à l’écouter, on se dit que c’est un live de plus, qui ne se distingue finalement pas tellement des autres (en particulier au niveau de la setliste, affligeante de banalité), et puis on le laisse de côté en gavant à nouveau le mange-disque avec un bon "Alive!" de la vieille école. A réserver aux fans, les novices peuvent découvrir le groupe avec des disques bien plus intéressants que celui-ci.


(*) "Alive, The Millenium concert" sera finalement mis en vente en compagnie des trois premiers épisodes dans un coffret disponible depuis 2006.
(**) John Lord, alors organiste de DEEP PURPLE, est un virtuose de la musique classique et a beaucoup travaillé sur les concerts symphoniques du groupe britannique.

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   ALANKAZAME

 
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- Paul Stanley (chant et guitare)
- Gene Simmons (chant et basse)
- Peter Criss (batterie et chant)
- Tommy Thayer (guitare)


- disc 1
1. Deuce
2. Strutter
3. Let Me Go, Rock 'n' Roll
4. Lick It Up
5. Calling Dr. Love
6. Psycho Circus
7. Beth
8. Forever
9. Goin' Blind
10. Sure Know Something
11. Shandi

- disc 2
1. Detroit Rock City
2. King Of The Night Time World
3. Do You Love Me
4. Shout It Out Loud
5. God Of Thunder
6. Love Gun
7. Black Diamond
8. Great Expectations
9. I Was Made For Lovin' You
10. Rock And Roll All Nite



             



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