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BLIND GUARDIAN - Battalions Of Fear (1988)
Par JEFF KANJI le 16 Juin 2018          Consultée 742 fois

LUCIFER’S HERITAGE appartient à une génération de formations allemandes qui, aidées par le succès de leurs compatriotes de SCORPIONS et d’ACCEPT vont éclore dans la première moitié des eighties. Des plus illustres, on retiendra GRAVE DIGGER qui a dégainé une belle cartouche avec "Heavy Metal Breakdown", HELLOWEEN bien sûr, qui avec un EP éponyme fondateur et un premier chef d’œuvre ("Walls Of Jericho"), deviendra le fer de lance de ce mouvement que RAGE, SCANNER, RUNNING WILD et LUCIFER’S HERITAGE contribueront à diversifier.

Ce quartette fondé à Krefeld en 1984 par deux potes d'école de commerce, André Olbrich et Hansi Kürsch (qui était alors guitariste rythmique dans un groupe répondant au doux nom d'EXECUTOR), qui vivent toujours de nos jours à dix minutes l'un de l'autre, complète sa formation avec les arrivées de Markus Dörk à la seconde guitare et de Thomen Stauch, élève guitariste pas doué d'André, qui s'avère par contre particulièrement doué pour la batterie. Très étrangement, le groupe tentera pendant quelques mois d'avoir recours à un second vocaliste, association qui ne fonctionnera pas. Pendant ce temps-là, LUCIFER'S HERITAGE va composer pour pouvoir proposer dès décembre 85 une première démo, "Symphonies Of Doom", comprenant une chanson inspirée de "La Vie De Brian" et développant déjà une attirance pour des univers sombres et fantastiques ("Halloween", "Dead Of The Night"). Réalisée in extremis par Thomen, qui avait dépensé tout l'argent économisé par le groupe pour pouvoir enregistrer sa démo, et donc avait été gentiment remercié par ses camarades.

Il quittera d'ailleurs de nouveau le groupe peu après, remplacé dans l'intervalle par Hans-Peter Frey, qui avait assuré l'intérim fin 85. Alors le groupe se sépare de Markus Dörk, mais ne trouve pas son bonheur avec son remplaçant Christoph Theissen, au jeu beaucoup trop sauvage (on le retrouvera fin 90 avec PILLOW KILLZ avec qui il sortira deux albums), et croise la route de Marcus Siepen qui, avec son groupe REDEEMER disposait d'un local de répétitions. Le courant passe immédiatement entre les protagonistes. Le groupe est alors en plein doute à l'époque, réalisant que la voix d'Hansi ne serait jamais assez bonne pour faire carrière, mais faute d'alternative (les auditions furent toutes plus foireuses les unes que les autres), conservera dès lors son poste sans qu'il soit jamais remis en question par la suite. Marcus fait alors splitter REDEEMER et rejoint les LUCIFER'S HERITAGE après leur avoir demandé une audition... et ramène son batteur, Thomen (encore lui), au sein du groupe, stabilisant la formation pendant près de vingt ans (jusqu'au départ définitif du batteur en 2005). Entre temps, LUCIFER'S HERITAGE aura publié une deuxième démo nettement plus convaincante qui va servir d'ossature pour le premier album des Allemands.

Un jeune label, No Remorse Records, débutant lui aussi dans le métier, se propose de signer le groupe qui alors se dit qu'il serait sans doute plus sage d'éliminer tout potentiel amalgame avec le Black Metal en changeant de nom. Plusieurs légendes circulent par rapport au choix de BLIND GUARDIAN, le patronyme épique que tout metalleux connaît (comment ça adule ?) aujourd'hui, notamment le fait que le nom aurait été inspiré par Stephen King ou par le "Awaken The Guardian" de FATES WARNING (cette dernière étant notamment colportée par Hansi Kürsch en interview vu que c'était sa suggestion), mais selon les dires de Marcus, ils ont juste choisi l'une des propositions ressorties d'un brainstorming au studio ; le groupe aurait à ce moment-là envisagé d'utiliser BATTERY en hommage au titre de METALLICA ou encore RAGING WATERS par rapport à TESTAMENT.

"Halloween" est le seul titre de la première démo (qui évoque Aleister Crowley) à s'être fait une place sur ce premier disque et il est rebaptisé "The Wizard’s Crown". Les titres de la deuxième démo sont conservés, et le tout est réenregistré en compagnie de Kalle Trap, ingé-son chevronné qui possède déjà son propre studio, qui croise heureusement la route des quatre jeunes bourrins inexpérimentés : ils composent deux nouveaux titres pour le premier opus "Battalions Of Fear". Il faut dire qu'à 150 bornes du studio et un travail la journée, il est compliqué pour le groupe de trouver le temps d'écrire, voire même de dormir. Kalle Trap guide les jeunes musiciens du mieux qu'il peut et leur apprend le métier. Si Thomen est le premier à tirer les marrons du feu, l'album met de longs mois à être finalisé et la promotion n'est pas à la hauteur des attentes du groupe.

On peut leur concéder une maîtrise technique perceptible, Hansi Kürsch, malgré un gosier encore un peu jeune (il était surtout concentré sur ses parties de basse), possède un timbre de voix particulier qui permettra au groupe de se démarquer par la suite. Notons aussi le travail abattu par Marcus Siepen qui se charge d'une bonne partie des soli des deux premiers opus. BLIND GUARDIAN a déjà le goût de la vitesse et parvient, malgré sa fougue incontrôlable (le très inégal et incongru "The Wizard’s Crown", qui montre toutefois des prémices d'évolutions futures), à toucher au but avec en ouverture un morceau de bravoure toujours joué aujourd’hui – "Majesty" - qui surnage en compagnie du fédérateur "Run For The Night".

Ces deux titres seront des incontournables des setlists du groupe jusqu'à la tournée "Tokyo Tales" et le premier est toujours un favori des fans qui reprennent en chœur le "Beau Danube Bleu" de Johan STRAUSS II joué à l'orgue de barbarie en intro. Nous avons là un titre qui révèle les meilleurs côtés de la formation, avec des soli inspirés, un refrain hymnique et des rythmiques effrénées de temps à autres rompues par des passages plus mesurés qui trahissent déjà la future tendance du groupe à ne pas suivre les structures conventionnelles (comme l'un de ses modèles QUEEN même si on est encore très loin de la formation anglaise). "Battalions Of Fear" trahit surtout, tant sur l'ensemble du disque que sur le morceau-titre, l'influence d'HELLOWEEN, qui lui, a accédé à la reconnaissance avec "Walls Of Jericho" et qui quitte le Speed Metal cette année-là pour inventer un nouveau style.

De l'aveu même de ses membres, BLIND GUARDIAN reste underground à ce moment-là car il est moins bon que ses compatriotes comme RAGE ou SCANNER qui rencontrent le succès. Le Gardien Aveugle doit encore affiner sa formule, car "Majesty" ou "Run For The Night" sèment quelques graines que l'on aimerait voir germer à l'avenir. Sorti de là, à l’exception de ces deux titres, "Battalions Of Fear" brille surtout par sa linéarité et le manque de relief de son Metal dont l’efficacité mélodique mérite d’être largement optimisée et ce malgré ce clin d’œil à DVOŘÁK (et Walt Disney) sur "Beyond The Gates Of Moria" et des références de J.R.R. Tolkien (sur quatre titres) qui va sacrément influencer l'écriture d'Hansi Kürsch à l'avenir.

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   (4 chroniques)



- Hansi Kursch (chant,basse)
- André Olbrich (guitare)
- Marcus Siepen (guitare)
- Thomas Stauch (batterie)


1. Majesty
2. Guardian Of The Blind
3. Trial By The Archon
4. Wizard's Crown
5. Run For The Night
6. The Martyr
7. Battalions Of Fear
8. By The Gates Of Moria
9. Gandalf's Rebirth



             



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