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POWER METAL  |  SINGLE

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BLIND GUARDIAN - Fly (2006)
Par MR. AMEFORGEE le 27 Mars 2006          Consultée 6601 fois

Avec un groupe qui a une production musicale aussi rare que précieuse, tout petit soubresaut d’activité vaut pour un mini-séisme chez les amateurs qui s’empressent alors de dresser avidement l’oreille, dans l’espoir que la nouvelle manne providentielle contente leur soif trop longtemps inapaisée. Autant le dire tout de suite, un single, c’est peu, un brin marketing et surtout très frustrant. Au moins sert-il de teaser pour un album studio (trop) longtemps attendu et encore à venir. La galette est ici un peu pauvre, garnie du titre « Fly » et de la ballade « Skalds & Shadows » (dans une mouture épurée), qui doivent se trouver dans le prochain opus longue durée, ainsi que de la reprise d’Iron Butterfly, « In a Gadda Da Vida ».

Ami lecteur, si vous le voulez bien, procédons à rebours, en commençant tout d’abord par le troisième morceau : « In a Gadda Da Vida » est assurément le moins intéressant du disque. Version métallisée et tronquée du classique hard et psyché de la « Mouche à Beurre de Fer », à l’origine durant plus d’un quart d’heure et ici réduit à près de trois minutes, on retrouve quelques arrangements à tendance psychédélique et le Riff caractéristique. Le chant de Hansi est sympathique, très bas et sombre, rappelant les accents pris sur un titre comme « the Flesh of God » de Therion, avant de monter dans les aiguës, sans doute pour échapper aux vapeurs opiacées qui règnent alentours. Le truc dommage, c’est évidemment que l’on n’ait pas une version complète du titre, d’autant que celui-ci était surtout allongé par un conséquent solo de batterie, ce qui aurait donné une occasion en or au nouveau batteur, Frederik Ehmke, de montrer ce qu’il avait dans le ventre. Et ce qui aurait conféré un intérêt autrement plus grand à l’achat du single. Bref, ce titre est sympa mais constitue à mon sens l’une des moins intéressantes reprises de toute la carrière du groupe (écoutez par exemple celle du « Don’t Talk to Strangers » de Dio pour comprendre).

Rétrogradons d’une piste et arrêtons nous sur le cas de « Skald & Shadows ». Une ballade. Tissée de l’étoffe moyenâgeuse de guitares acoustiques, agrémentée des aromates d’un clavier, portée par les choeurs aux moments clés et ornée pour la finition d’une intervention voletante à la flûte. On est donc dans la lignée d’un « Bard Song », d’un « A Past & Future Secret », ou d’un « Minstrel », le tout produit avec l’expertise actuelle du groupe. Le résultat, sans être toutefois surprenant, demeure pour l’amateur drogué en manque de blindguardianeries folkisantes un vrai moment de bonheur, avec un chant mitonné aux petits oignons, modulé dans du velours et tenant parfaitement la cadence entraînante mise en place par les percussions : bienvenue au banquet donné à la cours de quelque noble, oyez sans coup férir la geste de messire le Gardyen Aveugle – qui n’a cependant guère la langue dans sa poche – , palsambleu et tartanpion, quel délice !

Et terminons notre périple sur le morceau titre, qui est celui qui attire le plus l’attention luminescente des projecteurs et qui suscite véritablement la fébrilité impatiente et névrosée de l’amateur. Elaguons peu à peu le suspense : une première écoute est surprenante, et il en faut plusieurs pour vraiment goûter la prestation (mais on est habitué à cela depuis NIME) ; le titre ne fera pas non plus l’unanimité. Venons-en au fait : Fly est assez aventureux (sans être révolutionnaire, laissons ça aux Sex Pistols), en mêlant notamment un aspect metal assez caractéristique du style Blind Guardian à des accents plus... surprenants.
Pour l’aspect purement metal, le son des riffs se rapproche des accents heavy-rock de « Sadly Sing Destiny » (sur ANATO), la guitare rythmique formant une grosse masse contondante devant laquelle passe par moment un essaim d’arpèges tranchants. On retrouve aussi les arrangements overdubbés qui sont la marque du groupe, de manière plus sobre que sur ANATO cependant, dont les fameux « multiples Hansi », en voix graves, voix aiguës, en choeur ou non, en slip kangourou ou en tongs. Autrement, l’on note de nombreux changements de rythme, dont quelques montées en puissance sur le fil du rasoir, qui mènent jusqu’à un refrain particulièrement déconcertant : une grosse coupure qui s’ouvre sur une mélodie pop aux inflexions légèrement orientales avec son chant tout doux ; voilà l’originalité, limite le blasphème adressé à la nation metal toute entière ! Normalement, il faut que ça bourrine et que ça fédère! Et là, non.
Mais l’impression d’exotisme qui se dégage du morceau ne vient pas de ce seul passage : il faut songer aussi au rythme d’introduction qui peut évoquer quelque ouverture de danse brésilienne, certains arrangements disséminés de-ci de-là ou encore le solo de guitare après le second couplet qui se déroule en torsade celtique. Peut-être me trompé-je, mais on peut voir ici une démarche multiculturelle assez proche d’un Mike Oldfield et qui sert à illustrer le propos du morceau, qui s’appuie justement sur l’histoire du film Finding Neverland, éloge de l’imagination débordante. On peut dire que les Teutons font très fort : après avoir inventé le fameux « barbarous metal » avec ATTWS, les voilà inventant le bientôt célèbre « rhum-raisin-tropical metal » ! Mais jusqu’où vont-ils aller ?!
Bon, pour laisser filtrer un peu de subjectivité après cette longue suite de faits descriptifs, je dois dire que je goûte très fortement ce morceau, notamment par sa richesse et sa façon de proposer quelque chose d’assez incongrue, entre traditionalisme et audace bien pensée. Cela me semble être de bon augure pour l’album à venir. A la condition que le reste soit de haute tenue, bien sûr.

En attendant, le single n’est pas indispensable, et ne le sera sans doute plus du tout une fois que l’album sera paru. Mais au moins, sur trois titres, deux en valent la chandelle et c’est déjà ça (et c’est sur cette base qu’il faut lire ma note). On attend la suite maintenant.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Hansi Kürsch (chants)
- André Olbrich (guitares)
- Marcus Siepen (guitares)
- Frédérike Ehmke (batterie, flûte)
- Oliver Holzwarth (basse)
- Mathias Wiesner (claviers)


1. Fly
2. Skalds And Shadows
3. In A Gadda Da Vida



             



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