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POWER METAL  |  STUDIO

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2015 Beyond The Red Mirror
 

- Style : Power Symphony, Galloglass, Manticora, Gamma Ray, Iron Savior
- Membre : Demons & Wizards, Sinbreed, Serious Black, Coldseed, Mentalist
- Style + Membre : Savage Circus
 

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BLIND GUARDIAN - The God Machine (2022)
Par JEFF KANJI le 10 Septembre 2022          Consultée 2487 fois

Si l'ensemble des fans de Power Metal semblent sans trop sourciller s'accorder sur un intérêt commun pour HELLOWEEN, BLIND GUARDIAN jouit d'un statut particulier ; son ancrage dans les deux versions du Power Metal (US et européen) le rend plus agressif, même si cela était encore plus vrai il y a vingt ans où sa proximité parfois ténue avec le Thrash Metal pouvait cliver. Néanmoins même sans être un adepte pur et dur du style, le Gardien Aveugle s'est construit depuis le début des nineties une réputation de constance dans sa musique qui justifie amplement le temps entre chaque livraison.

"Beyond The Red Mirror" a eu largement le temps d'être disséqué depuis sa sortie en 2015, et personne ne semble d'accord sept ans plus tard pour établir un consensus. "Nightfall In Middle Earth" s'est affirmé comme un mètre-étalon qui dispensait le meilleur des deux facettes des Allemands : ce Speed Metal de plus en plus discipliné pour épouser le Power, et les aspirations et une recherche de renouveau constant qui les aura poussé du côté des claviers, des arrangements orchestraux, jusqu'à opter pour le 100% orchestré en 2015, préambule à l'aboutissement d'un projet aussi vieux que NIME (au propre comme au figuré) devenu le BLIND GUARDIAN TWILIGHT ORCHESTRA.

Les déclarations d'André Olbrich suite à la sortie de "Legacy Of The Dark Lands" indiquaient de toute évidence la venue d'un album plus offensif et dépouillé que "Beyond The Red Mirror", la période orchestrale du groupe ayant trouvé son absolu. Si les plans du groupe se sont heurtés comme beaucoup à l'interruption des concerts qui coïncident avec le trentième anniversaire de la sortie de "Somewhere Far Beyond", l'évènement en ligne du Wacken Open Air aura néanmoins permis de découvrir "Violent Shadows" le titre le plus bourrin du futur "The God Machine".

L'effectif se retrouve enfin, et dans le même temps, les dernières années ont changé quelques détails dans l'entourage du groupe. L'expérience DEMONS & WIZARDS ressort à bien des moments, sans doute dans cette recherche de mélodies efficaces qui ne se servent des chœurs que pour renforcer l'impact par touches, d'une production claire et nette, usant de peu d'artifices, laissant la place aux rythmes, plutôt échevelés il faut le dire, de "The God Machine". Les thèmes abordés par Hansi Kürsch, s'ils piochent toujours autant dans la fantasy et l'imaginaire d'une manière générale (coucou The Witcher sur "Blood Of The Elves", hello Battlestar Galactica sur "Life Beyond The Spheres"), semblent plus chargés en sous-textes cette fois-ci, ce qui les connecte au réel, comme si le passage derrière le miroir rouge du précédent avait mêlé les deux univers.

Alors il y a un homme à saluer pour sa performance, c'est Fredrick Ehmke. "The God Machine" est le disque le plus rapide et brutal du groupe depuis "Imaginations From The Other Side", et lui qui n'a jamais caché son goût prononcé pour les débuts Speed Metal du groupe et "Somewhere Far Beyond" s'en donne à cœur joie. Certains morceaux (quasi la moitié si on y regarde de plus près) sont joués pied au plancher, sans quasi jamais relâcher la bride ("Damnation", "Architects Of Doom" ou le très direct "Violent Shadows"), même si le plus nightfallien de ces titres, "Blood Of The Elves" (tant qu'à la première écoute je me disais que Tolkien allait décidément tellement bien aux Allemands), pousse les potards à onze.

J'ai une chance inouïe qui est d'aimer la démarche des musiciens de BLIND GUARDIAN au moins autant que leur musique, ce qui les rapproche un peu de QUEEN. Ainsi, si théoriquement le résultat pourrait prendre des formes bien différentes, les traits de personnalité du groupe ressortent toujours suffisamment pour rendre le tout plaisant. Même le plutôt novateur "Life Beyond The Spheres" amené avec pas mal d'éléments nouveaux dans le son du groupe.

Il faut dire que l'aventure du "III" de DEMONS & WIZARDS et les concerts qui ont suivi, peut-être conjugués aux limites sonores stigmatisées par certains sur "Beyond The Red Mirror", ont quelque peu rajeuni et renforcé l'effectif, qui pour la première fois dispose d'un bassiste de session attitré qui n'est pas le même en studio et pour les concerts. Une bonne nouvelle pour Johan Van Stratum qui dispose d'un poste en or qu'il a su mettre en valeur lors du dernier Hellfest (entre autres). Si les fidèles Olaf Senkbeil et Hacky Hackmann restent l'armature des chœurs caractéristiques du groupe, les arrivées de Marcela Bovio, JC Cuijpers et Marjan Welman apportent une matière sonore bien délectable, qui leur donne encore un peu plus d'ampleur, sans bouleversement majeur pour l'auditeur.

En conservant Charlie Bauerfeind comme cinquième homme en studio, et en requérant les services de Joost Van Den Broeck, largement à son avantage sur les dernières productions d'EPICA notamment, on bénéficie du son particulier des Allemands, exploité au mieux des esthétiques modernes de mixage, avec des trouvailles ingénieuses, comme ce crescendo de 45 secondes au début de "Secrets Of The American Gods" où l'intensité monte continuellement tant dans le volume que dans l'instrumentation. La coopération d'un nouveau préposé aux claviers (premier album réalisé sans Mi Schüren et Matthias Wiesner) amène de nouvelles sonorités, même si comme dit plus haut, ce sont les instruments Metal qui ont la parole 80% du temps.

Dans son désir de se renouveler, BLIND GUARDIAN adopte une démarche similaire à celle de "A Twist In The Myth" auquel "The God Machine" ressemble beaucoup je trouve (il y a du "The New Order" sur "Let It Be No More" et du "Fly" dans la recherche esthétique de "Life Beyond The Spheres" qui a l'ADN de "Beyond The Red Mirror), comme une version plus bourrine et actuelle d'un millésime que je trouve toujours aussi bon quinze ans plus tard. Les "bangers" de ce disque sont nombreux et ils sont globalement les titres qu'on retiendra rapidement pour essentiels ; "Deliver Us From Evil", qui dans son rôle de single rassemble les mêmes caractéristiques que "Twilight Of The Gods", "Damnation" le meilleur titre de l'album avec "Secrets Of The American Gods", "Violent Shadows", le bourrin et jouissif "Architects Of Doom" avec son introduction en trompe-l'œil et "Blood Of The Elves" qui devrait faire des ravages en live.

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   JEFF KANJI

 
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- Hansi Kürsch (chant)
- Andre Olbrich (guitare)
- Marcus « Magnus » Siepen (guitare rythmique & acoustique)
- Fredrick Ehmke (batterie)
- -
- Barend Courbois (basse)
- Tommy Geiger (fx, claviers)
- Joost Van Den Broeck (claviers sur 5)
- Stephan Seelenwald (claviers additionnels & fx sur 10)
- Marcela Bovio (chœurs)
- Marjan Welman (chœurs)
- Olaf Senkbeil (chœurs)
- Thomas Hackmann (chœurs)
- John 'jaycee' Cuijpers (chœurs)


1. Deliver Us From Evil
2. Damnation
3. Secrets Of The American Gods
4. Violent Shadows
5. Life Beyond The Spheres
6. Architects Of Doom
7. Let It Be No More
8. Blood Of The Elves
9. Destiny
- Bonus Tracks
10. Life Beyond The Spheres (cyber Mix)
11. Destiny (lead Guitar Version)
12. Let It Be No Mire (heavy Vocals)



             



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