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BLIND GUARDIAN - Somewhere Far Beyond (1992)
Par JEFF KANJI le 26 Mai 2018          Consultée 1005 fois

"Tales From The Twilight World" n’était qu’un honnête brouillon. Ce nouvel opus, une nouvelle fois produit par Kalle Trapp (qui contribuera à la renaissance artistique d’URIAH HEEP quelques années plus tard), va propulser BLIND GUARDIAN dans la cour des grands ! Fini les errements vaguement Thrash Metal des deux premiers (surtout de "Follow The Blind" en fait) et l’inspiration un peu en dents de scie du précédent - travers des premiers balbutiements du combo.

Rappelons que le brouillon en question regorgeait déjà de pépites ! Et "Somewhere Far Beyond" montre BLIND GUARDIAN sûr de lui et affranchi des codes stylistiques du Power Metal naissant, n’hésitant pas à accommoder sa mixture speed et agressive avec un "Black Chamber" épuré accompagné d’un simple piano (interprété par un musicien de session), ou encore la ritournelle acoustique d’influence médiévale "The Bard’s Song (In The Forest)" qui deviendra l’un des climax des shows du groupe. Il faut dire que les influences des Allemands ont toujours compris une poignée de formations américaines comme SAVATAGE, FATES WARNING ou encore QUEENSRΫCHE qui contribuent à les démarquer des autres combos de Heavy allemand de l'époque.

Le groupe est en pleine mutation et les arrangements font une percée remarquée (davantage depuis que les albums ont été remixés mais on en reparlera dans une autre chronique) que son ingé-son de l'époque ne parvient pas encore à manier au mieux. Ce sera ainsi le dernier album du groupe enregistré au Karo studios (à part pour quelques parties de "Nightfall In Middle Earth" qui mobilisera pas moins de trois producteurs). Si le groupe est encore raisonnable, se contentant de quelques octaves et tierces, il se lâche toutefois à certains moments ("Time What Is Time", "The Quest For Tanelorn", "Somewhere Far Beyond"), même si on n'atteint pas encore la démesure dont fera preuve le Gardien Aveugle à l'avenir.

"Somewhere Far Beyond" est aussi une forme de consécration pour BLIND GUARDIAN qui vient de signer chez Virgin Records, à qui il restera fidèle jusqu'à "A Night At The Opera", et qui lui ouvre les portes du marché étranger, en particulier du Japon, où l'album se fait rapidement sa place, permettant ainsi aux quatre jeunes Allemands de partir tourner au Pays Du Soleil Levant fin 92 pour cinq dates où il sera accueilli triomphalement, le groupe étant déjà connu du public japonais depuis "Follow The Blind". Un album donc où BLIND GUARDIAN doit consolider ses acquis, la progression entre ses deuxième et troisième albums ayant été pour le moins fulgurante, ce qui explique en partie cette sensation de maîtrise qui se dégage du quatrième album des natifs de Krefeld.

Le Heavy Speed de BLIND GUARDIAN ne fait pas de quartier et "Time What Is Time" (aux paroles inspirées de Blade Runner), "Journey Through The Dark" ou "Somewhere Far Beyond" sont des chefs d’œuvre auxquels on adjoindra "The Quest For Tanelorn" (qui jouit d’une intervention de Kai Hansen, juste à la guitare cette fois-ci), diablement efficace avec son mid-tempo et son refrain mélancolique - tendance que le groupe continuera de développer dans les années à venir. On oubliera pas non plus "The Hobbit", récemment réenregistrée pour "Memories Of A Time To Come", et "Ashes To Ashes" qui sont plus proches des débuts du groupe mais qui malgré d’évidentes qualités (je pense à la structure et aux grooves surprenants de la première) ne peuvent prétendre rivaliser avec la trinité citée en début de paragraphe.

Et ce qui coûte à BLIND GUARDIAN cette cinquième étoile qui lui confèrerait avec le recul des années le statut de chef d'œuvre, ce sont justement les titres de cette face B, du moins ce ventre mou après "The Bard's Song (In The Forest)" et jusqu'au titre qui donne son nom à l'album. Mais ne nous méprenons pas, "Somewhere Far Beyond" en plus de montrer un groupe qui élargit ses horizons (le mid-tempo de "Theatre Of Pain" avec ses prémices d'éléments orchestraux m'a toujours beaucoup plu par exemple ; son texte personnel évoque la perte du père d'Hansi), regorge de titres puissants aux mélodies prenantes et triomphantes, permettant de passer outre le chant encore mal dégrossi d'un vocaliste qui vocifère tant qu'il peut, révélant des aigus assez impressionnants et couillus. Toutefois, sur un "Black Chamber" ou un "The Bard's Song" ça montre clairement ses limites. Pour cette dernière, repassez-vous la version réenregistrée par le groupe en 2003 pour apprécier la marge de progression dont dispose Hansi en '92.

Pour finir, le groupe, après avoir rendu hommage aux BEACH BOYS sur "Follow The Blind", montre son ouverture musicale en s’attaquant à l’un des trésors bien gardés de QUEEN : "Spread Your Wings". Certes Hansi n’est pas Freddie, mais cette version a du style (et des poils aussi, Thomen Stauch ne se gênant pas pour customiser la batterie Pop de Roger Taylor). Montrant son enracinement dans la NWOBHM, "Trial By Fire" revisite SATAN ; le groupe en accompagnera d'ailleurs une partie des membres en 1995, lorsqu'il tournera avec SKYCLAD, formation qui a en bonne partie inspiré les passages folkisants de ce "Somewhere Far Beyond".

Au moment où son grand frère HELLOWEEN vacille, où GRAVE DIGGER s’est perdu dans les méandres FM avant de disparaître, BLIND GUARDIAN apparaît comme le nouveau taulier de la scène allemande, et "Somewhere Far Beyond" demeurera pour tous les fans de Speed Metal teuton comme un favori quasi indétrônable et le fait qu'il présente le groupe en plein aboutissement d'un style d'écriture relativement simple (si l'on compare à ce qu'il produira ensuite) et à la lisière d'une ouverture stylistique assez vaste, en fait l'album idéal pour découvrir BLIND GUARDIAN – il est plus aéré que son successeur et bien plus accessible que "Nightfall In Middle Earth".

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- Thomen "the Omen" Stauch (batterie, percussion)
- Hansi Kürsch (chant, basse)
- Marcus "magnus" Siepen (guitare rythmique, chœurs)
- Andre Olbrich (guitare, chœurs)
- Rolf Köhler (chœurs)
- -
- Matthias Wiesner (fx, claviers, basse sur 11)
- Piet Sielck (fx, guitares additionnelles)
- Billy King (chœurs)
- Kalle Trapp (chœurs)
- Stefan Will (piano)
- Peter Rübsam (cornemuse sur 9-10)
- Kai Hansen (guitare solo sur 5)


1. Time What Is Time
2. Journey Through The Dark
3. Black Chamber
4. Theatre Of Pain
5. The Quest For Tanelorn
6. Ashes To Ashes
7. The Bard's Song (In The Forest)
8. The Bard's Song (The Hobbit)
9. The Piper's Calling
10. Somewhere Far Beyond
11. Spread Your Wings [QUEEN Cover]
12. Trial By Fire [SATAN Cover]
13. Theatre Of Pain (orchestral Version)



             



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