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SONATA ARCTICA - The Days Of Grays (2009)
Par FIGHTFIREWITHFIRE le 24 Août 2009          Consultée 13537 fois

Tony Kakko ne l’a jamais caché : il n’est pas un passionné de métal, genre qu’il a découvert par le biais de STRATOVARIUS quelques années à peine avant de fonder son groupe. L’excentrique chanteur claviériste s’avoue nettement plus attiré par QUEEN, mais surtout par la musique de film. Et irrémédiablement tout cela s’entend dans l’œuvre de SONATA ARCTICA, et de manière encore plus flagrante depuis le fameux "Unia", album riche, varié et structurellement bien plus complexe que ses prédécesseurs, pierres angulaires de speed métal adulées par une génération entière de nouveaux métalleux émergeant dans les années 1990-2000.

Alors plutôt que de reprendre toutes les attentes et les craintes, les espoirs et les peurs des fans les plus acharnés du speed de SONATA ARCTICA, (pour cela je vous renvoie à la chronique du single) je préfère entrer directement dans le vif du sujet.

Contrairement à ce que laissait présager le single, Tony Kakko n’a pas renié son évolution personnelle et sincère au profit d’un retour aux sources satisfaisant le plus grand nombre mais nul sur le plan créatif.
Cette poudre aux yeux n’est que le résultat d’une possible volonté de compromis, d’une envie de se faire plaisir en revenant rapidement à ses sources, ou bien encore pourquoi pas d’une petite recommandation d’un label qui n’acceptera peut être pas de voir les ventes d’albums diminuer trop fortement au fil du temps…

Toujours est-il que les sentiments de nostalgie réveillés chez certains par ces premiers extraits ne vont pas nourrir bien longtemps l’illusion. Dès l’introduction et le premier morceau chanté de l’album, SONATA ARCTICA affiche clairement son ambition et son sentiment : ils sont fiers de ce qu’ils ont réalisé avec "Unia" et ont décidé de pousser le concept encore plus loin !
Avec un premier morceau dantesque et épique (le plus long de cette œuvre et qui était dans un premier temps prévu comme titre de l’album), l’auditeur se prend en quelques secondes d’innombrables changements d’ambiances et de tempi en pleines oreilles: une structure alambiquée digne d’un "My Dream’s But A Drop Of Fuel For A Nightmare" et surtout une influence "bande originale de film" qui n’a jamais été aussi flagrante. On passe de John Williams (écoutez bien le premier thème de "Deathaura" on dirait celui de "La Chambre Des Secrets") à l’inévitable et si cher à ce courant métallique: Dany Elfman.
De par ses atmosphères proches du gothique, celui-ci a une influence de plus en plus marquée sur SONATA ARCTICA et parfaitement assumée maintenant: on est souvent proche de l’esprit de "L’étrange Noël de Mr Jack", l’œuvre favorite du sieur Kakko.

L’album se révèle pourtant beaucoup plus assimilable et digérable aux premières écoutes que son prédécesseur même si l’on retient globalement peu de chose à ce stade. Cela étant sûrement dû à l’absence de surprise après un "Unia" encore plus rebutant à sa découverte, mais également à un travail nettement moins tarabiscoté et à l’ingénieux retour de l’instrumentale d’ouverture, cette fois chantée, en conclusion de l’album, qui facilite le phénomène d’assimilation et encourage l’envie d’y retourner.
Ce morceau magnifique, composé quasiment à la même période que le fameux "Unia", est teinté d’une mélancolie exceptionnelle et d’une mélodie inoubliable.

Cette impression de plus grande facilité d’assimilation pourrait donner le sentiment que l’album s’avère moins riche et travaillé que son prédécesseur mais ce n’est pas le cas. "The Days Of Grays" contient un nombre d’arrangements orchestraux, de structures complexes et un travail symphonique d’une subtilité et d’une finesse impressionnants. Cette fausse impression de relative facilité est simplement due à un travail de composition nettement plus maîtrisé et une certaine retenue. Là où "Unia" laisse exploser et filer dans tous les sens les émotions de Tony, celui-ci a semble-t-il su conserver dans ses titres un aspect accrocheur sans déparer sa musique de son incroyable richesse instrumentale et orchestrale, et dompter ses sentiments pour les mettre en valeur plus efficacement.
Pour se faire il a soigneusement dégrossi les chœurs et les dédoublements de chant que l’on pouvait noter sur "Unia" et qui, de l’aveu même de son géniteur, entraînaient une sensation de perte notable de puissance lors de leur passage au live.

Finies les cavalcades impressionnantes de technique des guitares, celles-ci se résument ici à une simple rythmique et ce sont les claviers et le chant qui font tout le travail, à de rare exceptions, comme sur "Flag In The Ground", ce qui n’est pas étonnant puisque Tony affirme avoir composé ce titre il y a des années (avant même "Victoria’s secret" qui contient de nombreuses similitudes avec ce fameux single).


Si les deux titres retenus pour le single sont les morceaux les plus old school, ils sont du coup les moins intéressants et les plus réchauffés, malgré des passages enthousiasmants, notamment le pont orchestral superbe de "The Last Amazing Grays" fortement influencé par son compère Tuomas Holopainen.
On note sur l’ensemble de l’album une certaine volonté de compromis entre les sonorités anciennes et récentes, ainsi malgré quelques évolutions, très étranges parfois, celles-ci sont la plupart du temps tirées des œuvres antérieures, à commencer par "Reckoning Night" et "Winterheart’s Guild".

Mais sur le plan instrumental, pas question de retour aux sources: c’est toujours la ligne de chant et les parties de claviers qui soutiennent le tout et les guitares se résument, comme sur "Unia", à une simple rythmique mis à part quelques envolées très rares. On est très loin des riffs complexes et ultra mélodiques qui ont fait le succès de SONATA ARCTICA à ses débuts, et on a du mal à déceler l’apport d’Elias pour sa première participation à un album du groupe.
Il semble que celui-ci se soit plutôt cantonné à un rôle d’exécutant et n’ai finalement que très peu pris part au processus de composition, de par son éloignement géographique et peut être aussi son projet solo.
Dommage pour ceux qui espéraient découvrir l’étendue de son talent chez SONATA ARCTICA, ce sera peut être pour la prochaine fois.

Du côté des expérimentations, on notera plutôt un chant crié assez déroutant sur "Zeroes", qui malgré sa grande qualité souffre malgré tout d’un refrain assez bateau mais qui prendra sûrement toute sa puissance en live. Une introduction influencée semble-t-il par les musiques traditionnelles irlandaises sur "No Dream Can Heal A Broken Heart" et le retour de la voix féminine, au timbre proche de Céline Dion qui se mêle très bien à l’univers du groupe, apportant même une certaine fraîcheur à l’ensemble.

SONATA ARCTICA ne délaisse pas pour autant ses concepts: si "The Last Amazing Grays" semble être la "Wolf Song" (une chanson par album dédiée aux loups, mascotte du groupe), ils poursuivent leur impressionnant concept, dévoilant une longue histoire d’amour et de famille tragique (débutée avec "The End Of This Chapter" sur "Silence", et prolongée par la suite jusqu’à "Caleb" sur "Unia"). Le nouveau chapitre de ce roman, intitulé "Juliet", est une magnifique semi ballade à travers laquelle la voix véhicule une émotion remarquable. Des violons et de nombreux arrangements et chœurs viennent renforcer le morceau avec l’inévitable partie Elfman au clavicorde pour conclure.


Mis à part "Deathaura" qui ouvre l’album d’une manière grandiose, les morceaux les plus expérimentaux sont réservés pour la suite de l’album, à la manière d’"Unia", peut être pour permettre à l’auditeur de se familiariser au mieux à l’œuvre par l’intermédiaire de morceaux classiques avant de basculer en territoire inconnu.

Le disque se conclut de manière absolument dantesque avec l’un des meilleurs morceaux de l’album, "The Truth Is Out There" d’une qualité d’écriture remarquable, le passage atmosphérique avec violoncelle synthétisé au clavier, ultra travaillé s’avère même être l’un des plus grands moments de l’album.
Tout comme une bonne partie des morceaux de "The days of grays", celui-ci contient des passages fédérateurs qui témoignent de la volonté du groupe de proposer des pièces qui pourront passer l’épreuve du live plus aisément que celles de l’album précédent.
Avant le grandiose final qui reprend l’ouverture "Everything Fade To Grays" avec une ligne de chant éblouissante de mélancolie et une partie composée pour l’occasion très grandiloquente, qui laisse sans voix et crée l’envie irrémédiable de se replonger dans cette œuvre d’une qualité éblouissante.


"The Days Of Grays" se veut donc être un "Unia" plus sombre et plus maîtrisé, qui mêle subtilement les sons de claviers et certaines ambiances de la première époque à la folie structurelle et la démesure orchestrale de la seconde, pour une œuvre qui devrait être nettement mieux accueillie que la précédente, elle même déjà grandement impressionnante.
Une sorte de compromis qui permet malgré tout à Tony Kakko de poursuivre son ambition symphonique et grandiloquente pour le plus grand bonheur des passionnés de sa nouvelle orientation.

Après "Unia", il était assez aisé de s’imaginer l’avenir de SONATA ARCTICA : un concept très influencé par les musiques de films fantastiques poussé encore plus avant et un recours aux éléments symphoniques, à la manière d’un NIGHTWISH. Bref, on l’a dit, un "Unia" plus mûr et maîtrisé, cette attente est donc largement comblée.

Cependant il est nettement plus difficile d’entrevoir l’évolution possible du propos musical du groupe à l’avenir: de quelle manière SONATA ARCTICA va-t-il repousser encore un peu plus les limites de son expression musicale ? Une chose est en tout cas certaine : ce groupe possède une personnalité sans égale et est déjà rentré dans l’histoire de bien des manières, avec déjà six albums en à peine neuf ans. Si l’on peut donc craindre qu’il ne s’essouffle déjà, il est rassurant de constater une fois encore que l’exceptionnel talent de composition et l’inspiration de son génial leader ne semblent pas souffrir du temps, au contraire. Rien que pour cela on ne peut qu’être curieux et impatient.

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   (4 chroniques)



- Tony Kakko (chant)
- Henrik Klingenberg (claviers)
- Elias Viljanen (guitare)
- Marko Paasikoski (basse)
- Tommy Portimo (batterie)


1. Everything Fades To Gray (instrumentale)
2. Deathaura
3. The Last Amazing Grays
4. Flag In The Ground
5. Breathing
6. Zeroes
7. The Dead Skin
8. Juliet Analyse
9. No Dream Can Heal A Broken Heart
10. As If The World Wasn't Ending
11. The Truth Is Out There
12. Everything Fades To Gray



             



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