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SONATA ARCTICA - Stones Grow Her Name (2012)
Par JEFF KANJI le 11 Juin 2012          Consultée 10161 fois

Nous sommes en 2012, voilà déjà douze ans que SONATA ARCTICA s’est imposé, album après album comme l’un des groupes les plus importants des années 2000. Arrivés en bout de course après un "Reckoning Night" qui marquait déjà un penchant pour l’expérimentation, les Finlandais ont fait leur mue sur "Unia", beaucoup plus difficile d’accès et riche que ce qu’ils avaient pu proposer jusqu’alors. Si j’ai réussi à rentrer dans ce dernier (avec difficulté, fan de "Winterheart’s Guild" que j’étais), j’en ai été récompensé mille fois tant "In Black And White" ou encore "It Won’t Fade" font partie désormais de mes titres préférés des Finlandais tout album confondu. "The Days Of Grays" ressemblait déjà à une sorte de compromis ; continuer dans une veine encore plus progressive, quitte à se rapprocher de plus en plus du copain NIGHTWISH (on retrouve des couleurs de "The Last Amazing Grays" ou encore "Deathaura" sur "Imaginaerum") et essayer de ne pas faire fuir les derniers fans de Speed (qui en étaient déjà pour leurs frais), quitte à ressortir des fonds de tiroirs ("Flag In The Ground" qui est tout de même l’un des titres forts de cet opus). Je peux paraître dur vis-à-vis de "The Days Of Grays" mais il est de fait l'album de SONATA que j’écoute le moins avec "Silence".

D’où une impression mitigée et pour la première fois je me demande bien ce que SONATA ARCTICA va nous proposer. Je n’attendais donc rien musicalement parlant de "Stones Grow Her Name", c’est plutôt la pertinence et la logique d’évolution qui me taraudaient. Et puis est arrivé "I Have A Right" avec son refrain entêtant, son propos épuré ramenant la guitare au premier plan, et son efficacité, signe d’un songwriting au top niveau. Puis cet artwork, très clair, à la fois beau et moins mystérieux que celui de "The Days Of Grays" m’a invité à l’achat. De toute façon, ça aurait été une question de jours. Comme tout bon amateur qui se respecte, le cérémonial qui accompagne la première écoute me rendit fébrile mais enthousiaste. Je partais sans a priori.

Et commencent alors les premières notes de claviers, portant une mélodie facilement mémorisable, appuyées par une guitare charnue. Et une fois le thème du refrain de "Only The Broken Hearts (Make You Beautiful)" lancé par la guitare, la clarté de l’ensemble est frappante. Bien mid-tempo, comme de coutume depuis "Unia", le chant de Tony Kakko nous rassure et nous indique que les expérimentations vocales sont toujours de mise, les chœurs se mélangeant et se répondant sans cesse. Le refrain est d’une efficacité sans faille. Voilà du grand SONATA, plié en 3:23. On en aurait bien repris un peu, mais déjà "Shitload Of Money" démarre en trombe porté par un leitmotiv qui scande ce titre qui peut rappeler un peu "The Last Amazing Grays" dans ses développements alambiqués dans le fond (mais pas dans la forme, l’ensemble sonnant très Rock’n’Roll). Tony Kakko nous gratifie de l’un de ses cris rageurs dont il saupoudre ses interventions depuis quelques temps et Elias nous délivre un solo virtuose auquel Henkka prend un malin plaisir à répondre. Original, "Shitload Of Money" n’a pas vraiment de refrain, signe que SONATA ARCTICA n’a pas cherché à abrutir ses auditeurs avec une formule répétitive. L’efficacité n’en est pour autant pas altérée. Et quand le piano de "Losing My Insanity" nous accueille, c’est pour préparer un riff groovy que n’aurait pas renié Paul Gilbert, qui nous emmène sur cette cavalcade à la "Black Sheep". Voilà que je cite du "Silence" en référence.

Et bien oui, voilà que SONATA ARCTICA a trouvé l’axe qui lui sied le mieux. C’est-à-dire ne pas chercher à s’affranchir d’un style ou d’en approfondir un autre, mais laisser parler la spontanéité. C’est ainsi que se côtoient sans aucune difficulté titres plus Rock que d’ordinaire ("Shitload Of Money"), envolées speed colorées et d’une efficacité jamais contestées ("Losing My Insanity", "Cinderblox", cette dernière jouissant d’une ambiance western désopilante ; SONATA ARCTICA ou comment introduire le banjo dans le Speed). "Somewhere Close To You", une nouvelle fois porté par un riff destructeur, écrase "Paid In Full" ("Unia") dans un registre similaire. SONATA ARCTICA ne renie ainsi pas son dernier opus, car les prémices de ce type d’évolution sonore pouvaient se percevoir sur "Zeroes". S’ensuit donc "I Have A Right" qui fera un malheur en concert puis "Alone In Heaven" au refrain obsédant où la guitare acoustique remplace le piano sur cette fausse ballade. L’un de mes titres préférés de l’album où les Finlandais nous transportent dans trois ambiances différentes en l’espace de quarante secondes "The Day" suit une dynamique similaire mais sans être une Power-ballade. Ce titre passera peut-être plus inaperçu à la première écoute mais sa thématique grave, traitant du tsunami japonais amène une dimension plus dramatique à l’ensemble rendant les lignes de chant de Tony Kakko plus poignantes que jamais. "Cinderblox" où le hi-ah est de rigueur se rapproche des titres furieux de "Reckoning Night" par son ambiance festive et colorée tout en proposant un refrain à la "Victoria’s Secret" sur fond de double grosse caisse. Autre ballade, plus intimiste (utilisation très pertinente du piano Rhodes), "Don’t Be Mean", a des faux airs de "Shy" en bien plus réussie ; l’interprétation de Tony Kakko étant magistrale sur ce titre très épuré où le violon colore subtilement l’ensemble. Les deux derniers titres sont une suite à "Wildfire", titre paru initialement sur "Reckoning Night". Le groupe s’y laisse aller à des délires plus Prog' où la guitare a de nouveau un rôle prépondérant (l’intro de "Wildfire III") et des ambiances plus cinématographiques lorgnant une nouvelle fois du côté de NIGHTWISH. L’écoute des trois pièces est un joli voyage bien que les trois parties ne soient véritablement reliées entre elles qu’au niveau des textes. Un ensemble qui prend réellement sens à la lecture des paroles. Les parties vocales sont ici beaucoup plus épiques et quasi-systématiquement bardées de chœurs, notamment ce passage Speed sur "Wildfire II" évoquant "White Pearl Black Oceans" ("Reckoning Night"). Attention, ces titres pourraient devenir vos préférés avec le temps ("Wildfire III" surtout).

Beaucoup voient en ce disque l’album qu’aurait dû sortir SONATA ARCTICA entre "Reckoning Night" et "Unia". C’est beaucoup plus que ça. En voulant se détacher de la scène Speed au moment où celle-ci prenait l’eau et où la moitié des clones de SONATA ARCTICA déviaient sur le Hard-FM, SONATA ARCTICA avait fait le choix de privilégier les ambiances et les longs développements alambiqués. De lui-même Tony Kakko, reconnaît aujourd’hui, sans pour autant renier "The Days Of Grays", qu’il ne pouvait pas aller plus loin dans cette veine. SONATA ARCTICA a donc retrouvé les véritables bases de son écriture où efficacité et mélodie ont la primauté.
Mettant le talent d’Elias Viljanen à profit, la guitare est beaucoup plus mordante sur "Stones Grow Her Name" et les Finlandais retrouvent ainsi une caution Metal qui s’était un peu estompée sous les couches d’arrangements orchestraux. SONATA ARCTICA vient de sortir l’album le plus brillant de sa carrière (le mieux produit aussi). Il met à profit tous les acquis des Finlandais en proposant des titres plus alambiqués dans le fond que dans la forme (comme je le disais plus haut) et en privilégiant l’efficacité des mélodies. La répétition des écoutes vous permettra de découvrir la subtilité et l’extrême richesse du travail d’Henrik Klingenberg qui avait pris les devants depuis deux albums. Les fans de Speed, purs et durs, préféreront sans doute "Ecliptica" ou encore "Silence", mais ceux qui avaient aimé la couleur et l’audace de "Reckoning Night" seront comblés. SONATA ARCTICA a de belles années devant lui, sa mue est maintenant achevée et le résultat c’est LA baffe de 2012 arrivée à la mi-année, un de ces albums dont il n'en sort qu'une petite dizaine par an.

Titres préférés : "Somewhere Close To You", "Alone In Heaven"

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   (2 chroniques)



- Tony Kakko (chant, claviers additionnels)
- Elias Viljanen (guitare)
- Henrik Klingenberg (claviers)
- Marko Paasikoski (basse)
- Tommy Portimo (batterie)
- Pekka Kuusisto (violon)
- Peter Enberg (guitare acoustique, caipira, alto, banjo)
- Lauri Valkonen (contrebasse)
- Mika Mylläri (trompette)
- Mikko P. Mustonen (orchestrations)
- Anna Lavender (voix parlée sur 5)
- Timo Kotipelto (chœurs sur 1,2,5,6)


1. Only The Broken Hearts (make You Beautiful)
2. Shitload Of Money
3. Losing My Insanity
4. Somewhere Close To You
5. I Have A Right
6. Alone In Heaven
7. The Day
8. Cinderblox
9. Don’t Be Mean
10. Wildfire, Part Ii – One With The Mountain
11. Wildfire, Part Iii – Wildfire Town, Population: 0
12. Tonight I Dance Alone (bonus Track)



             



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