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JUDAS PRIEST - British Steel (1980)
Par CANARD WC le 22 Avril 2009          Consultée 15839 fois

On décrit souvent le (vieux) fan de Metal comme un être blasé, perdu dans ses reliques et incapable de bousculer ses repères. Je dirais que c’est plutôt l’inverse. Suffit qu’un groupe culte sorte un album correct pour le voir s’enthousiasmer comme un adolescent, suffit d’un album traditionnel à peu près bien branlé pour voir cette flamme se raviver aussi vite qu’un chalumeau. Tous ceux qui ont connu les âges d’or des grands groupes sont prêts à s’exciter plus que de raison à la moindre sensation Old School et au premier bout d’émotion qui perlerait (les années 2000 nous auront au moins appris le contentement à ce niveau là). Du coup, je ne sais pas ce qu’il y a de plus déprimant : constater que le Metal est si peu à même de maintenir un niveau minimum ou observer cet incroyable positivisme désespérant chez les vieux de la vieille. Alors les observateurs plus distanciés se posent cette question : pourquoi un tel dévouement ? Une telle naïveté ?

Parce qu’il y a eu à une époque reculée, dans une galaxie très lointaine, des albums de Heavy Metal quasi-parfaits qui ont laissé croire à toute une peuplade que le mythe ne s’éteindrait jamais. Des albums qui - 30 ans après - continuent de laisser croire que tout est possible et donne l’illusion que le flambeau brûle de plus belle. Ces quelques albums sont la preuve matérielle qu’il est possible en matière de Metal que le talent le plus pur, l’excellence du riff en acier trempé et l’inspiration sans faille puissent se croiser pendant quelques minutes au même endroit. De quoi faire taire même ces pédés de journalistes Rock qui considèrent de haut notre musique de nuls. Oui, les albums comme "British Steel" laissent indéniablement des séquelles.

Dans les années 70, le PRIEST avait sorti une poignée d’albums aussi passionnants que désuets. Ce Heavy Metal suranné n’aurait jamais permis à JUDAS PRIEST de devenir le plus grand groupe de Metal. Sans doute la différence entre gloire et notoriété, entre IRON MAIDEN et MERCYFUL FATE. Comme pour marquer ce passage d’un statut à un autre, comme pour marquer ce passage symbolique des années 70 à celui du règne des années 80 ; le PRIEST a frappé un grand coup avec "British Steel" et s’est hissé très haut dans le ciel, se rendant d’un coup inatteignable, délicieusement intouchable. Époque chérie des albums de 35 minutes et 8 titres dans lequel tout est dit sans qu’il soit question d’ergoter. "British Steel" est le genre d’album qui met le fan à genou et fait changer de bord les détracteurs. Au dessus de tous, cet album a donné le « la » pour le Heavy Metal des années 80 au moment le plus opportun. Il y a donc ce « son », cette production fort à propos pour un rendu précis, froid, clinique sur lequel aucun riff ne saurait être plus tranchant et donne l’impression que chaque titre tombe telle une lame de rasoir.

Débarrassé de tout élément psyché et fantaisiste, JUDAS a virilisé son Heavy Metal pour en faire une machine de guerre inexorable. Riff tout en avant, refrains fédérateurs sur solos furieux ; chaque intervention est pensé, calculé froidement – chirurgicalement ai-je envie de dire. Le PRIEST a dégraissé sa musique pour ne conserver que l’âpre dureté des choses pour rendre son Heavy rigide comme un roc. Même l’entrain d’un tube de la trempe de « Living after Midnight » s’estompe au bout du premier refrain pour que le riff menace et gronde comme un orage. Quand on pense percevoir une accalmie sur « The Rage » (et son intro « reggaeisante »), toute la dureté du PRIEST vous saute à la gueule la seconde d’après. Tel un tank qui avance sans trembler, dans toute la démesure qu’un groupe de Metal puisse drainer (Metal Gods), JUDAS déroule une vision nouvelle et se redéfinit pour les générations suivantes.

"British Steel"" ne serait pas aussi fort si une pièce du mécanisme s’était avérée défectueuse. Mais tout tient debout. Majestueusement et démesurément comme il se doit quand on évoque un album sans faille d’un groupe au sommet de son talent. Sans doute ce qui rend le constat si facile : aucun titre mauvais, des riffs à pleurer, pas de faute de goût, solos incroyables et un Rob HALFORD simplement renversant. C’est lui, le Metal God du Heavy Metal. Pour l’occasion, il double son interprétation d’une conviction qui permet à toutes les émotions de remonter à la surface (colère sur « The Rage », mégalomanie sur « Metal God », révolte sur « You don’t have to be Old to be wise »). Suffit d’écouter attentivement les variations qu’il injecte sur "Breaking the Law" pour mesurer son incroyable faculté à faire passer le chaud et le bouillant dans la simple répétition d’un bête refrain (*).


Quelques années plus tard, JUDAS PRIEST allait donner des envies de meurtre à tout le monde avec "Jawbreaker", ferait chialer tous les hardos de la terre avec "Blood Red Skies" et ferait taire tous les jeunes loups arrivistes avec "Painkiller". Mais avant d’en arriver là, avant de s’imposer comme le plus grand groupe de Heavy de tous les temps, il a fallu un « déclencheur » pour que tout explose. Les conventions comme les limites. "British Steel" est cette incroyable bombe qui a tout déblayé et rendu tout possible, élargissant d’un coup les horizons du Metal.


Note : 5/5.


Morceau préféré du Canard : Breaking the Law
Tueries : The Rage, Rapid Fire, Grinder
Le tube : Living after midnight.


(*) : 2’10 : breaking the law, breaking the lawww, breaking the lawwww, breaking the law.

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- Rob Halford (chant)
- K.k Downing (guitare)
- Glenn Tipton (guitare)
- Ian Hill (basse)
- Dave Holland (batterie)


1. Breaking The Law
2. Rapid Fire
3. Metal Gods
4. Grinder
5. United
6. Living After Midnight
7. You Don't Have To Be Old To Be Wise
8. The Rage
9. Steeler



             



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