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POWER METAL  |  STUDIO

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HELLOWEEN - Helloween (2021)
Par JEFF KANJI le 18 Juin 2021          Consultée 7520 fois

Le temps est une vertu. Notre manière de le mesurer est scientifiquement relative. Voir sur une même photo, une même scène, et désormais un même album, les visages de Michael Weikath, Kai Hansen, Markus Großkopf et Michael Kiske c'est faire un bond plus de trente ans en arrière, et les nombreux témoins de la tournée homérique Pumpkins United gardent comme moi un souvenir étincelant du Power Metal des Keepers qui a envahi les salles et festivals au gré des morceaux.
Cette formation, elle a vécu, et même péri, le jeune Ingo Schwichtenberg le payant de sa vie. Et pourtant…

Le batteur, membre fondateur d'HELLOWEEN était présent tous les soirs de cette tournée sur les écrans et dans les enceintes, et si le désormais septette a racheté à l'ancien coloc' du défunt son kit de batterie, celui-là même que l'on entend immortalisé sur "Keeper Of The Seven Keys Part II", "Pink Bubbles Go Ape" et "Chameleon", qu'il a été positionné à l'endroit exact où Ingo avait fait ses dernières pistes au Château du Pape à Hambourg (devenu le H.O.M.E.), et qu'il a été enregistré avec les baguettes de Dani Löble sur la même console analogique d'époque, ce n'est pas pour rien.

Donner le temps à Andi Deris et Michael Kiske de se connaître avant de mettre en branle la machine à euros, éprouver la compatibilité des caractères de chacun, faire collaborer deux producteurs chevronnés sans révolution de palais, avec l'expertise de Charlie Bauerfeind et Dennis Ward, l'un ayant produit tous les albums d'HELLOWEEN depuis vingt ans, et l'autre ayant supervisé la carrière d'UNISONIC avec nos deux revenants, choisir de faire enregistrer tout l'album à chaque guitariste pour en tirer une mixture organique et qui implique autant chacun des trois bretteurs (même si Sascha a eu la primeur des prises), prendre le temps que nécessite une discussion à sept voire neuf personnes pour décider des meilleurs choix pour un album alors encore nommé "Skyfall" en écho à la perle-fleuve composée par Kai Hansen (quitte à voir deux de ses titres écartés pour la cohérence de l'ensemble), voilà une partie des raisons pour lesquelles ce nouveau départ pour HELLOWEEN est très puissant, dans ses symboles, dans sa dimension spirituelle qui unit sept fortes personnalités qui toutes, à un moment ou à un autre, ont contribué à faire briller ce Heavy Metal from Hamburg.

Il paraîtrait presque trop évident de parler de l'énorme succès populaire que va remporter cet éponyme dont même la sublime pochette est appelée à devenir aussi iconique que le Gardien des Sept Clés qu'Elira Kantor a peint avec talent. Michael Kiske aura même choisi de ne rien écrire sur ce disque pour laisser la place à chacun des cinq autres compositeurs. Le point de mire restera "Skyfall" avec ce génie et cette verve typique du leader de GAMMA RAY qui perpétuent l'héritage de ce Power Metal ambitieux mais toujours foncièrement caractérisé par une certaine attitude (ce qui met HELLOWEEN très largement au-dessus de la mêlée à quelques prétendants près). Weiki ouvrira l'album avec un titre composé pour "My God-Given Right" mais qui semblait attendre la voix de Michi pour enfin prendre vie. On appréciera particulièrement les interventions agressives de Kai Hansen, vite reconnaissable avec ce timbre tranchant et toujours un peu nasal.

Seulement, s'extasier béatement devant "Out For The Glory" ne saurait dissimuler ces gimmicks citant quasi ouvertement "Eagle Fly Free" qui reviendront, particulièrement dans les compositions du lunaire Weiki (pour l'intro de "Down In The Dumps" ça semble carrément assumé, le titre est agressif et débridé, dans l'esprit de "My Life For One More Day"). Comme souvent depuis plus de vingt ans, c'est un Andi Deris à l'inspiration inépuisable qui se fait remarquer, avec "Fear Of The Fallen" (malgré ce pont un peu trop cheesy à base de "listen to your heart!") qui est une démonstration éclatante des possibilités offertes par la présence de deux chanteurs aussi différents que complémentaires. Que ce soit Michi ou Andi, le chant sur "Helloween" est brillant.

Mais derrière ce désir de proposer une musique qui compile le meilleur d'HELLOWEEN depuis ses débuts, on observe de grandes réussites dans l'épique ("Skyfall"), dans le Happy Metal ("Best Time" signée Deris/Gerstner, dans une veine proche du "Exceptional" d'UNISONIC, avec ces réponses vocales de Kai Hansen irrésistibles sur le refrain, ou encore le "Indestructible" de Markus Großkopf), le Power citrouille typique ("Rise Without Chains") mais aussi des textes plus revendicatifs qui, pour le coup, sont historiquement liés à l'univers Keeper, qui permet dans un monde fantasy, de traiter de réelles problématiques de société ou politiques (de "How Many Tears" à "King For A Thousand Years", de "I Want Out" à "Mass Pollution").

Pris dans son ensemble, cet album trouve une logique qui lui est propre pour paraphraser un de mes plus proches confrères. Il traverse toute les tendances stylistiques qui ont fait l'Histoire de HELLOWEEN et assume une variété débridée qui me rappelle assez singulièrement "Better Than Raw" mais surtout "Keeper Of The Seven Keys - The Legacy", et je serais presque tenté de lui mettre la même note si le niveau ne restait pas aussi constant sur ce dix-septième recueil, qui n'est absolument pas parfait, mais qui avec sa vivacité, son envie et ses qualités humaines et musicales, évite soigneusement l'écueil qui le guettait, à savoir le seulement "bon album de reformation".

À l'image du titre "Pumpkins United", "Helloween" montre une équipe soudée, capable de laisser à ses sept membres l'espace nécessaire pour laisser le talent s'exprimer. Tout comme Michael Kiske, j'aurais aimé écouter davantage de compositions signées Kai Hansen car je suis fan de son écriture, bien plus que celle de Weiki (même s'il arrive à nous sortir le grand jeu sur "Robot King" qui n'aurait pas juré sur "The Time Of The Oath"). Le plus important c'est qu'HELLOWEEN a transformé l'essai et sacrément relevé le niveau de son album précédent. Chaque note chasse la précédente pour citer Markus Großkopf et "Helloween" est une oeuvre qui prend le temps de révéler ses saveurs et qui laisse de nombreuses écoutes à l'auditeur pour s'attacher à chacun de ses titres.

Ce HELLOWEEN-là est-il indestructible ? Comme la fin ouverte de "Skyfall" nous le laisse entendre, les étoiles pour horizon… L'armure des Allemands est bosselée, imparfaite, mais elle a une histoire, et elle ne semble pas décidée à céder, d'autant que Kai et Michi sont désormais là pour en maintenir l'intégrité. Elle traversera le temps.

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   (4 chroniques)



- Dani Löble (batterie)
- Markus Grosskopf (basse)
- Sascha Gerstner (guitare)
- Michael Weikath (guitare)
- Kai Hansen (guitare, chant)
- Andi Deris (chant)
- Michael Kiske (chant)


1. Out For The Glory
2. Fear Of The Fallen
3. Best Time
4. Mass Pollution
5. Angels
6. Rise Without Chains
7. Indestructible
8. Robot King
9. Cyanide
10. Down In The Dumps
11. Orbit (instrumental)
12. Skyfall



             



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