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BLIND GUARDIAN - Imaginations Through The Looking Glass (2004)
Par MR. AMEFORGEE le 11 Avril 2005          Consultée 10574 fois

C’est l’effervescence dans les Terres du Milieu : les bardes du Gardien Aveugle sont là pour une gigantesque représentation, à la gloire d’Ilùvatar ou de Melkor, mais surtout du dieu Metal. Nul humanoïde, quel qu’il soit, ne manquerait le concert. Pour rien au monde. Même pas contre une babiole en forme d’anneau.
Les orcs, les elfes, les humains des forêts, tous ont cessé de s’étriper le temps d’une soirée et se sont regroupés devant la scène plantée en pleine Lorien. Les arbres aux feuilles d’or, d’argent et de pourpre frémissantes tiennent lieu de temple à ciel ouvert. La foule est immense et impatiente, on peut entendre les clameurs à des lieues à la ronde.
Dans cette masse compacte, on peut deviner parfois la présence de quelque célébrité : Legolas se disputant avec Gimli sur l’origine des casques à visière ; un peu plus loin, Arwen qui plisse son mignon petit nez rose comme une fleur, incommodée par l’odeur de poisson pourri de Gollum qui se trouve devant elle ; Gandalf donnant quelques conseils de vieux routard à Sam sur la manière de headbanguer ; Frodon qui pleure dans un coin, car un rôdeur vient de lui voler ses santiags toutes neuves ; Elrond qui se masse l’épaule d’un air courroucé : il vient à peine de sortir d’un pogo sauvage qui mettait en scène un troll de bataille et un puissant guerrier avec une épée d’émeraude (mais que fait-il ici celui-là ?). Bref, c’est l’agitation typique d’un avant-concert et un parfum d’excitation flotte dans l’air. Un peu en marge du spectacle, Galadriel grille une dernière cigarette avant de se frayer un passage vers la fosse à grand renfort de clins d’œil et de coups d’anneau elfique dans la figure. Le show va bientôt commencer. Le silence se fait peu à peu.
Puis la nuit tombe sur les Terres du Milieu… La foule retient son souffle et alors la voix de Sauron retentit dans les ténèbres : « The field is lost. Everything is lost… »

On peut dire que Blind Guardian n’a pas lésiné sur les moyens pour constituer ce premier dvd, longtemps espéré, en offrande aux fans, qui contient une prestation live de plus de deux heures enregistrée à Coburg en 2003, lors du Blind Guardian Festival, organisé dans cet unique but, et quelques bonus en guise de digestif, comme une interview, un making-of et quelques titres live supplémentaires.
Comme le suggère le titre, Imaginations Through the Looking Glass (on passera sur le clin d’œil à Lewis Carroll et surtout la métaphore de l’écran télé, qui est, à sa manière un « looking glass »…), c’est l’album Imagination From the Other Side qui est particulièrement mis à l’honneur, avec pas moins de huit titres (sur neuf : il ne manque que Born In a Mourning Hall, mais que l’on peut entendre sur Live) ! A cela s’ajoutent les standards des autres albums, les inévitables Time Stands Still, Nightfall, Valhalla, Lord of the Rings, The Bard’s Song, et Mirror Mirror, ainsi que trois titres inédits en live, sur lesquels reposaient de nombreux espoirs : The Last Candle, And Then There Was Silence et Somewhere Far Beyond.
On peut toujours regretter l’absence de tel ou tel titre, mais la set-list demeure hautement satisfaisante (seuls Another Holy War et And the Story Ends m’ennuient un petit peu).

Et le concert sera à la hauteur car c’est une pure tuerie !
Musicalement, le groupe déploie tout son talent, Thomen effectue son implacable office de batteur, sans coup férir, Marcus et André assurent et jouent de la guitare comme deux elfes berserks, avec ferveur et souvent avec respect pour la partition originale lors des solos, l’un avec ses fameux riffs abrasifs et l’autre avec ses arpèges incisifs, et Hansi, en maître de cérémonie, impose sa loi de sa voix inimitable, tranchante et rauque à la fois. N’oublions pas la présence, un peu en retrait certes, de Oliver Holzwarth à la basse et de Michael Schüren aux claviers, impeccables. Ni enfin celle du public, véritable septième membre du groupe, qui compose un choeur formidable et éminemment réactif.
Et c’est un plaisir de les voir tous, car la qualité d’image est grande, le nombre de caméras postées sur la scène permet de varier les prises de vue et le montage est plutôt dynamique, sans être balourd. En tous cas, c’est plutôt satisfaisant pour un groupe de métal (qui a forcément moins de moyens financiers qu’une grosse légume de la variétoche).
Parmi les temps forts du concert, on pourra évoquer Valhalla et sa fameuse conclusion sans fin (le public qui ne veut pas cesser de chanter le refrain, à la surprise du groupe), A Past & Future Secret que Hansi interprète avec une juste douceur au milieu de flambeaux, le sauvagement abrasif I’m Alive, Lord of the Rings bien appuyé par le public au même titre que le Bard’s Song, et évidemment Mirror Mirror qui clôt le show en beauté (et en pyrotechnie). Mais le clou du spectacle se situe à mon sens au niveau des trois titres suivants : The Last Candle, véritable hymne speed tiré du trop méconnu Tales From The Twilight World, qui prend toute sa mesure en concert, absolument génial ; Somewhere Far Beyond, qui s’ouvre au son des cornemuses du Piper’s Calling, gros morceau de l’album éponyme et qui en impose avec son rythme épique entrecoupé de solos accrocheurs (celui à la cornemuse, où le public se met à danser…) ; et le meilleur pour la fin, l’homérique And Then There Was Silence, du long de son quart d’heure de gloire, où l’on sent les frissons de la foule lorsqu’elle reconnaît les premières mesures et qu’elle sait que le moment tant annoncé arrive, ses nombreux moments marquants, montées en puissance épiques, breaks subits, le passage martial du second couplet, les refrains, etc. Les arrangements sont forcément plus dépouillés que sur la version studio de A Night At the Opera, mais la magie est intacte, voire différente, plus organique, plus humaine puisqu’elle se frotte à la réaction de la foule : voir quand celle-ci se soulève, houleuse, lors du fameux lalalala du troisième couplet… Un pur moment de bonheur !
Et bien entendu, les titres que je n’ai pas cités restent de très bonne qualité (même si Nightfall est un peu mou et Punishment Divine impossible à interpréter correctement en live malgré l’expertise du groupe, car trop pachydermique en studio).
On peut évoquer aussi le travail des lumières, particulièrement réussi, notamment avec cet immense anneau, aux couleurs versatiles, qui surplombent la scène et qui fait comme une auréole divine (ou démoniaque ?) sur la tête des musiciens.
On ressort donc de ce premier dvd un peu fatigué, pour avoir participé à sa manière, pogotant seul dans son salon comme un idiot deux heures vingt durant. Fatigué mais heureux (ce qui n’est pas le cas des voisins, soit dit en passant).

Cela dit, l’enthousiasme dont je fais preuve ne m’empêche pas de noter quelques critiques :
Si le groupe a l’air d’être content de jouer, il manque cependant un peu d’allant. Il est clair, dans cet ordre d’idées, que Hansi n’est pas un showman de la trempe de Freddie Mercury, de Bruce Dickinson ou de *** (mettez votre showman préféré), ne bougeant que très peu sur scène. Mais sa voix surpuissante et sa bonhomie compensent largement.
Bien sûr, certains diront qu’il ne chante pas comme en studio, mais heureusement en fait, car sinon, on appelle ça du play-back. D’accord, il s’économise un peu au début du concert (surtout sur Banish From Sanctuary et Nightfall), mais la puissance est bien au rendez-vous et il parvient quand même à négocier les pointes aiguës avec un certain brio (pensez à ATTWS par exemple, ou l’attaque crescendo decrescendo sur le mot « Christ » dans The Script For my Requiem).
Certains regretteront peut-être aussi l’absence de sous-titrages pour le concert, qui se déroule au pays de Goethe, avec la langue idoine donc, mais bon, les dialogues sont réduits au strict minimum et cela reste des banalités du genre « guten tag », « auf wiedersehen », « ich liebe dich », alors...
Erreur autrement plus grave : sur le titre Bright Eyes, Hansi intervertit les vers « and dark dragons rise » et « betrayed by sunrise » dans leurs refrains respectifs (hérésie ! ^__^) !

En ce qui concerne les bonus, sur le deuxième disque, l’interview est plutôt intéressante (elle dure une vingtaine de minutes), portant surtout sur des questions techniques, sur le concert, le fait de tourner. Où le groupe précise aussi qu’ils avaient prévu de jouer Battlefield et The Curse of Fëanor à Coburg mais qu’à cause de Thomen, blessé, ils n’ont pas pu les répéter suffisamment pour être prêts.
Ah oui, et les sous-titrages sont en anglais uniquement.
Le making-of du concert est assez divertissant (une quarantaine de minutes), commenté en voix-off par le groupe, même si il y a parfois des silences un peu longuets. Cela permet au moins de se plonger un peu dans le contexte qui entourait le festival Blind Guardian et de prendre la mesure de l’évènement. Une petite récrimination cependant : seules les voix-off sont sous-titrées, c’est mineure, mais dommage, on aurait aimé pouvoir comprendre les dialogues sans doute anodins, banals mais amusants, qui se déroulent devant la caméra.
Les morceaux bonus, quant à eux, enregistrés à Wacken et à Stuttgart sont également intéressants (une bonne prestation de Hansi sur Majesty), même si le montage vidéo est forcément plus pauvre qu’à Coburg. Ce qui porte à vingt-quatre le nombre de titres, soit deux de plus que sur l’album Live.

Bref, Imaginations Trough the Looking Glass est un produit hautement conseillé, qui porte la griffe de qualité made by Blind Guardian. Complémentaire du Live en cd, il marque en beauté la fin d’une période (a fortiori si Thomen quitte le groupe) et constitue un cadeau parfait pour les fans et plus généralement pour les amateurs de gros speed épique. Indispensable donc.
Et maintenant les gars, au boulot pour un nouvel album !

« You’re a damned kind, can’t you see, that the winds will change… »
La clameur de la foule conquise retentit, alors que les dernières notes s’évaporent dans l’atmosphère. Il fait nuit et seule la lune éclaire encore la terre de sa clarté laiteuse. Tout le monde est content, les bardes ont été exceptionnels encore une fois. Chacun commence à prendre la direction de la sortie sous le regard attentif des Nazguls, engagés comme vigiles pour l’occasion. Eowyn adresse un clin d’œil à Faramir lorsque Pippin leur raconte avec entrain le pied (poilu, ça va de soi) qu’il a eu à slamer pendant de longues minutes jusque devant la scène. Les éclats de voix sont joyeux. Pour un soir, les nains et les orcs, les elfes et les gobelins, les humains du nord et les humains du sud ont oubliés leurs inimitiés. Tom Bombadil a retrouvé les santiags qu’Aragorn avait subtilisées et les a rendu à Frodon, qui a fini de geindre. Elrond esquisse même un sourire lorsque le guerrier de glace lui balance une bourrade en le traitant de « vieille canaille ! ». La musique adoucit les meurtres comme on dit.
« Ah décidément, c’était un concert génial ! » dit Galadriel d’une voix cassée à un Gandalf tout ébouriffé et qui allume une pipe, l’air béat. « Assurément ! », répond-il, « on remet ça avec Summoning le mois prochain ? »
La jeune eldar (enfin, la vieille eldar, mais qui paraît jeune) opine du chef en souriant, enthousiaste. Parfois, c’est si bien de laisser de côté ces histoires d’anneau et de batailles pour se retrouver tous ensemble pour écouter de la bonne musique.
Bientôt, il n’y eut presque plus personne dans la clairière, seul Gollum qui cherchait encore les médiators ou les baguettes lancés par le groupe, récupérés depuis longtemps. Les lumières furent éteintes, les amplis débranchés.
Et puis ce fut le silence.

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   (2 chroniques)



- Hansi Kürsch (chant)
- André Olbrich (guitare lead)
- Marcus Siepen (guitare rythmique)
- Thomen Stauch (batterie)
- Oliver Holzwarth (basse)
- Michael Schüren (claviers)


- dvd 1 - The Coburg Show
1. War Of Wrath
2. Time Stands Still
3. Banish From Sanctuary
4. Nightfall
5. The Script For My Requiem
6. Valhalla
7. A Past & Future Secret
8. Punishment Divine
9. Mordred's Song
10. The Last Candle
11. Bright Eyes
12. Lord Of The Rings
13. I'm Alive
14. Another Holy War
15. And Then There Was Silence
16. Somewhere Far Beyond
17. The Bard's Song (in The Forest)
18. Imaginations From The Other Side
19. And The Story Ends
20. Mirror Mirror

- Dvd2 - Bonus Disc
1. Interview With B.g.
2. Slideshow
3. The Making Of The Bg Festival
- bonus Songs:
4. Majesty
5. Into The Storm
6. Welcome To Dying
7. Lost In The Twilight Hall



             



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