Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  DVD

Questions / Réponses (1 / 3)
L' auteur
Acheter Ce DVD
 


 

- Style : Meat Loaf, The Throbs , Crash Kelly, Traumatisme
- Membre : Savatage, Rainbow, Dennis Dunaway , Black Country Communion, Electric Angels, Ace Frehley , Kiss, F5, Winger
- Style + Membre : Dokken, Hollywood Vampires, Blue Coupe

ALICE COOPER - The Nightmare Returns (1987)
Par ALANKAZAME le 18 Janvier 2010          Consultée 3354 fois

Le DVD dont je vais vous parler ici a quelque chose d’historique dans la longue carrière artistique d’ALICE COOPER. En ce mois d’octobre 1986, Vincent Furnier revient de loin, et c’est rien de le dire. Il y a quatre ans de cela, il frôlait plusieurs fois la mort, littéralement anéanti par l’alcoolisme. Un an plus tard, sommé de choisir entre son mariage et le whisky, il était enfin sobre, après une ultime et particulièrement laborieuse cure de désintoxication. Ces événements tragiques ont eu un impact sur son activité musicale. Avant que ne débute la tournée promotionnelle de l’album "Constrictor", fin octobre 1986, le dernier concert interprété par le Coop’ remontait à… février 1982. Le retour théâtral et tonitruant voulu avec le particulièrement heavy "Constrictor", se matérialise tout naturellement sur scène. COOPER renoue avec les costumes, le maquillage et le macabre du début de sa carrière solo. Exit les approximations douteuses du début des années 80, finies les conneries, maintenant on renoue avec ce qu’ALICE sait faire de mieux : du COOPER !

Le concert présenté par "The Nightmare Returns" a été interprété le 31 octobre 1986 à Detroit, la ville natale de Furnier. Il était sensé ouvrir la grande tournée internationale du même nom. Mais c’était sous-estimer la fidélité du public à l’égard d’une des plus grandes bêtes de scène de l’histoire du Rock : en quelques heures à peine, toutes les places sont vendues, et une seconde date a finalement due être programmée… La veille ! Les programmations se multiplient à un rythme déconcertant et, finalement, ALICE COOPER et ses nouveaux comparses auront donné cinq représentations avant de s’attaquer à ce concert d’ouverture. La décision de filmer celui-là plutôt qu’un autre a bien entendu une dimension symbolique : il fallait immortaliser cet événement historique et inespéré de voir le Coop’, qui avait il y a quelques mois encore renoncé à la musique, remonter sur scène au sommet de sa forme. D’ailleurs, à la base, le concert avait été enregistré pour la télévision. Il ne sera distribué en VHS, et, finalement, en DVD que bien plus tard.

Ça a l’air alléchant comme ça, hein ? C’est bien dommage parce que pour ce qui est du contenu du concert en lui-même, on ne peut qu’être un peu déçu. Pour dire franchement les choses, gageons qu’après un aussi long break, tout le monde avait bien besoin de se roder et qu’il aurait été préférable, de mon point de vue, d’enregistrer une date plus tardive dans le cadre de cette tournée. Concernant COOPER, tout d’abord, cette longue pose semble avoir laissé des traces. Elle s’ajoute aux séquelles de l’alcool et l’addition des deux n’est en rien réjouissante. Bien sûr, on sent un Furnier enthousiaste qui a sincèrement envie d’en découdre. Mais on sent aussi qu’il a encore du mal à gérer son souffle et qu’il lui faudra encore beaucoup de temps pour trouver la fantastique énergie qu’il parviendra à déployer sur scène quelques mois plus tard. La picole a aussi fait d’autres dégâts qui, eux, seront irréversibles : ALICE ne chantera plus jamais comme avant. Les années 1980 on marqué un tournant de ce point de vue, l’alcool détériorant pour de bon ses cordes vocales. COOPER s’y résout, s’adapte et change de registre. Cet état de fait peut expliquer à lui seul le gouffre qui sépare les performances vocales d’un album comme "Killer" d’un autre comme "Trash". Rien de bien grave cependant, puisque cela restera sans conséquences sur l’avenir.

Mais retournons sur scène. Premier bon point, c’est le retour du grand foutoir théâtral sur les planches, avec une masse impressionnante de décors en carton-pâte et autant d’accessoires en tous genres. Quand on vous dit que c’est le retour du cauchemar c’est pas des blagues : les acteurs-danseurs, la guillotine, le serpent, les sabres, les épées, le faux sang… Tout y est ! COOPER s’en donne à cœur joie, affrontant pêle-mêle monstres, infirmière tyrannique, geôlière sexy et cameramen (je vous passe les détails). Encore soumis à une certaine forme de tradition, les musiciens sont en retrait, reclus sur une espèce de perchoir dont ils ne descendent que très rarement et au sommet duquel ALICE daignera les rejoindre lors de l’interprétation du titre "Go To Hell". Signe que les temps changent quand même, l’excellent guitariste Kane Roberts, qui a participé à l’écriture de tous les titres de "Constrictor", a son propre perchoir, moins haut et donc plus visible. On le sent encore peu à l’aise et il lui faudra un peu de temps pour développer avec COOPER cette complicité unique qui enflammera les concerts de la tournée promotionnelle du futur "Raise Your Fist And Yell". D’un point de vue musical la présence de ce sosie de Rambo, aussi balèze à la gratte qu’à la gonflette, offre d’ailleurs une bouffée d’oxygène bienvenue. Ses influences Heavy ragaillardissent les titres cultes du Coop’ et notamment le fadasse "Eighteen", qui se voit injecté d'une bonne dose de lourdeur.

Heureusement que Roberts est là d’ailleurs, parce que si on se penche sur la tracklist dans les détails, on s’aperçoit que la prise de risque est restée particulièrement limitée. La faute là aussi à un trop long break qui a sans doute donné envie à COOPER de reprendre en masse ses tubes fétiches. Tournée promotionnelle oblige, on trouve trois titres de "Constrictor", ce qui constitue d’ailleurs la principale originalité de ce concert puisqu’après la sortie de "Trash", ils passeront quasiment tous aux oubliettes de l’histoire. Niveau surprise, on peut éventuellement citer "Sick Things", plus joué depuis très longtemps, et à la rigueur, vu le contexte, "Cold Ethyl" (par ailleurs brillamment interprété). Le reste, c’est vraiment que du très grand classique, en version un poil plus Heavy (ça se sent beaucoup à l’écoute de "Be My Lover"). Au niveau des mauvais points, on citera surtout le choix de "Welcome To My Nightmare" comme titre d’ouverture, un rôle qui lui sied bien mal, d’autant plus que COOPER le chante ici comme un pied (ça s’arrange dès la piste suivante). Dommage aussi que le son soit aussi moyen, la faute à une prod' pas faite pour ça à la base. Le fait que COOPER se munisse d’un vieux micro blanc tout défoncé vers la fin du milieu du concert n’est bien entendu pas pour arranger les choses…

Finalement, j’en viens à me demander si celui qui n’a pas le plus assuré dans cette histoire ne serait pas le public. La salle immense est en effet blindée d’une foule de jeunes déchainés à l’esprit très rock’n’roll, particulièrement marquée par son contexte : les filles montrent leurs seins, balancent leurs sous-vêtements sur scène et tout ce monde-là est énergiquement enthousiaste. Ah, l’esprit des 80’s… C’est finalement une bonne occasion de relever le niveau d’un concert au contenu plutôt banal, avec un COOPER encore en phase d’acclimatation et des zikos qui peinent à trouver leurs repères. Le set est interprété sans accroc avec une mise en scène très classique. Un bon concert du Coop’ en somme, sans plus, rien d’exceptionnel. Si ce n’est le contexte dans lequel il a été donné. ALICE COOPER fera beaucoup mieux par la suite et il ne faudra pas attendre bien longtemps pour le revoir foutre le feu à la salle. Une légende comme celle-là reste immortelle quoiqu’il arrive.

A lire aussi en HARD ROCK par ALANKAZAME :


ALICE COOPER
Trashes The World (1990)
Le mythe dans toute sa splendeur




AEROSMITH
Live Bootleg (1978)
Atypique, authentique, culte


Marquez et partagez




 
   ALANKAZAME

 
  N/A



- Alice Cooper (chant)
- Kane Roberts (guitare)
- Kip Winger (basse)
- Devlin 7 (guitare)
- Ken Mary (batterie)
- Paul Horowitz (synthé)


1. Welcome To My Nightmare
2. Billion Dollar Babies
3. No More Mr. Nice Guy
4. Be My Lover
5. I'm Eighteen
6. The World Needs Guts
7. Give It Up
8. Cold Ethyl
9. Only Women Bleed
10. Go To Hell
11. Ballad Of Dwight Fry
12. Teenage Frankenstein
13. Sick Things
14. I Love The Dead
15. School's Out
16. Elected
17. Under My Wheels



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod