Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

Commentaires (14)
Questions / Réponses (1 / 2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Traumatisme, The Throbs , Crash Kelly
- Membre : Rainbow, Dennis Dunaway , Black Country Communion, Electric Angels, Ace Frehley , Kiss, F5, Winger, Savatage
- Style + Membre : Blue Coupe, Dokken, Hollywood Vampires

ALICE COOPER - Hey Stoopid (1991)
Par BAAZBAAZ le 20 Mai 2006          Consultée 8244 fois

On peut le dire, Trash était un album fascinant mais un peu… vide. Imparable, par certains aspects : puissant, entraînant, une vaste collection de refrains chantés en cœur jusqu'à l'écoeurement. Des refrains, et rien d'autre, ou presque. Des bouts de chanson écrits et rassemblés dans le seul but de vendre, de vendre, et de vendre encore. De ce point de vue, ce fut réussi. Ceux qui n'ont pas une vieille cassette de Trash en train de prendre la poussière quelque part sont ceux qui n'étaient pas nés à l'époque. Les autres l'ont tous acheté. Mais malgré son succès il se dégageait de l'album un certain sentiment de vacuité et d'inutilité : un pur plaisir consumériste difficile à assumer totalement. Brillant, rutilant, mais aussi très lisse et très futile. Quelques années plus tard, au moment où sort Hey Stoopid, le soufflet est d'ailleurs un peu retombé : les refrains ont fini par lasser, et l'absence totale de profondeur des morceaux n'a rien fait pour prolonger la durée de vie du disque. Il reste le souvenir d'un coup de tonnerre, d'un incroyable festin de tubes à la limite de la nausée.

Alice Cooper lui-même semble s'en être rendu compte. Et d'ailleurs il a sans doute été victime de ce terrible syndrome qui a frappé bon nombre de groupes : le syndrome « Desmond Child ». Car bien sûr, c'est à lui, à son écriture à la fois géniale et insupportable, que l'on devait Trash. Et comme d'autres à l'époque, Alice Cooper a tenté dans Hey Stoopid de changer de cap, de proposer des morceaux moins déséquilibrés, qui ne soient pas cannibalisés par des refrains passés en boucle : il a tenté de se refaire une crédibilité artistique, ou du moins de sortir un disque plus consistant, plus solide. Un disque bien rempli, plus long, plus varié. Et surtout qui ne soit pas entièrement dépendant des tubes clonés en quantité industrielle par Desmond Child. Bien sûr, Alice Cooper n'a pas changé fondamentalement son style. Il reste toujours influencé par le hard rock tel qu'on le pratiquait à cette époque. Avec une petite touche sleaze opportuniste, un côté moins propre et lustré, plus agressif par moments. Le succès de GUNS'N ROSES est sans doute passé par là.

Les chansons sont bien carrées, plus complexes que celles de Trash : cette fois, on a vraiment l'impression qu'il y a un contenu, du concret ; on en a pour son argent. Avec Hey Stoopid, on tient un bon gros disque bien chargé, sans temps mort, sans véritable bouche-trou – à la différence de Trash. La production est toujours clinquante, mais moins superficielle, moins synthétique. Le disque sonne plus authentique malgré la grosse artillerie FM et les enfilades de chœurs chantés à tue-tête. Bien sûr, tout est relatif. On reste dans le domaine de l'hyper-commercial : des couplets directs et dramatiques, des refrains pompiers, des guitares dans tous les coins, et un chanteur roublard qui joue à fond les crooners d'outre-tombe. Mais par rapport à Trash, c'est presque une œuvre d'art élitiste, pleine de surprises et de subtilités mélodiques. Un disque plus replet, plus complet, moins vide. Et moins bon, aussi. Car Hey Stoopid ne joue pas dans la même division que son prédécesseur : il est moins déglingué, plus cohérent mais aussi beaucoup moins fou.

Bien sûr il y a des tubes, forcément : « Hey Stoopid » et « Love's a Loaded Gun » ouvrent le bal, et l'on se dit qu'Alice Cooper va réussir l'un de ses meilleurs coups. Pourtant une certaine pesanteur finit par s'abattre. Des morceaux comme « Snakebite » ou « Dangerous Tonight » démarrent en trombe et puis s'enlisent un peu. Trop longs, un peu patauds. Idem pour « Hurricane Year ». On tape du pied, on chantonne, et finalement, on zappe et on passe à la suite. Aucune chanson n'est vraiment mauvaise, mais tout l'album est un peu victime de ce trop-plein de consistance : un peu de concision, une minute ou quelques secondes en moins par endroit, aurait pu le rendre plus direct, moins lourd. Ce disque a beaucoup plus d'identité que Trash, il est moins bâclé et il propose une palette d'ambiances sans doute plus subtile et plus intéressante. Mais il ne peut dépasser son prédécesseur. Trop grassouillet, trop vorace, il cale en cours de route. Par contraste, Trash en deviendrait presque reposant, et surtout moins prétentieux, plus attachant.

Et voilà sans doute le vrai échec de Hey Stoopid : demeurer tout entier dans l'ombre d'un Trash qui lui, est entré au panthéon. Sans être déplaisant, au contraire : l'ensemble de l'album est homogène, sauf peut-être l'insipide « Die For You » refourgué par MOTLEY CRUE. Nikki Sixx ne devait pas être en forme. Sinon, on a le machin estampillé Desmond Child, « Might as Well Be On Mars », une ballade qui est aussi l'une des meilleures chansons du disques. Ou du moins l'un des meilleurs refrains – le reste du morceau ne sert que de faire-valoir ; on a le truc qui fait un peu peur, pour faire plaisir aux vieux fans qui ont tout dégueulé après avoir entendu Trash. C'est « Wind-Up Toy » ; et puis on a plein de petits tubes mineurs mais pas désagréables, qui s'alignent gentiment, le doigt sur la couture du pantalon. Du bon hard rock d'époque, bien millésimé, mais qui n'a pas la saveur bancale et racoleuse de Trash. D'autant plus que l'histoire du metal a déjà repris sa marche, loin de Desmond Child & Cie. En 1991, très vite, on est passé à autre chose.

Hey Stoopid est sorti en juillet.
Un mois plus tard, on a eu Ten. Deux mois plus tard, Nevermind. Dur dur, Alice.

A lire aussi en HARD ROCK par BAAZBAAZ :


DANKO JONES
Sleep Is The Ennemy (2006)
Tu embrasses le premier soir ?

(+ 1 kro-express)



STEPPENWOLF
Hour Of The Wolf (1975)
Hurlement


Marquez et partagez




 
   BAAZBAAZ

 
   ALANKAZAME
   DARK BEAGLE

 
   (3 chroniques)



- Alice Cooper (chant)
- Steph Burns (guitare)
- Hugh Mcdonald (basse)
- Mickey Curry (batterie)


1. Hey Stoopid
2. Love's A Loaded Gun
3. Snakebite
4. Burning Our Bed
5. Dangerous Tonight
6. Might As Well Be On Mars
7. Feed My Frankenstein
8. Hurricane Years
9. Little By Little
10. Die For You
11. Dirty Dreams
12. Wind-up Toy



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod