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HARD ROCK  |  COFFRET

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- Style : Traumatisme, The Throbs , Crash Kelly
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- Style + Membre : Blue Coupe, Dokken, Hollywood Vampires

ALICE COOPER - The Life And Crimes Of Alice Cooper (1999)
Par ALANKAZAME le 30 Mars 2009          Consultée 3487 fois

Trente ans. En 1999, cela faisait trente ans que Vincent Furnier sévissait sous le pseudonyme d'ALICE COOPER. Et il s'en est passé des choses, depuis tout ce temps. Vingt albums, des centaines de concerts, autant d'interviews, autant de scandales, de succès et d'emmerdes. C'est le lot quotidien de cette icône du rock qu'est devenu au fil des ans ALICE COOPER. Groupe jusqu'en 1973, artiste solo depuis lors, le Coop' n'est autre que l'inventeur du shock rock et l'un des fers de lance du hard rock classique. Sa force : une voix hors du commun, des spectacle sanglants, dramatiques et grandiloquents maintes fois copiés mais dont il est le seul inventeur, et un éclectisme musical à toute épreuve. ALICE COOPER, ça n'est pas un style, ça n'est pas un genre, non, ALICE COOPER, c'est ALICE COOPER, un point c'est tout. Et comme ça fait trente ans que ça dure, il était plus que temps de fêter cela dignement.

Replaçons tout d'abord les choses dans leur contexte. Ce coffret paraît en 1999, quelques mois avant la sortie de « Brutal Planet », un des albums les plus controversés de COOPER, qui sera l'occasion d'un énième virage artistique spectaculaire. Ça fait aussi un certain temps qu'aucun album studio n'est paru : il faut en effet remonter jusqu'en 1994 pour trouver « The Last temptation », dernière vague du raz-de-marée commercial engendré par « Trash », l'autre album très controversé de la carrière du Coop'. Après un quasi-break entre 1995 et 1999, au mieux marqué par quelques concerts et une petite tournée avec SCORPIONS, Furnier reprend du service en entamant une nouvelle grande tournée internationale et en s'attelant enfin à la composition d'un nouvel album, avec un line-up totalement renouvelé et une nouvelle équipe de production. Une page se tourne. C'est l'occasion d'une bonne rétrospective, et c'est bien ce qu'a dû penser Brian Nelson, le producteur de « The Life and Crimes of Alice Cooper », qui n'est autre que l'assistant personnel de l'artiste, ce dernier considérant que Nelson en sait plus sur son parcours que lui-même. On pouvait dès lors raisonnablement s'attendre à tout, sauf à un vulgaire produit commercial. A ce titre, bien que pouvant faire office de best-of très, très exhaustif, ce coffret est avant tout un cadeau fait aux fans, avec un paquet de titres rares ou inédits et un livret bien fourni, riche en photos et témoignages croustillants. Mais fort heureusement, il ne s'agit pas non plus d'une bête pièce de collection vouée à orner la cheminée. Je vais donc traiter les quatre disques composant ce coffret au cas par cas... Attachez vos ceintures !

Disc 1 : années 60-70
Sur ce disque la rétrospective va très loin, jusque dans les années 1960, bien avant que Vincent Furnier ne devienne ALICE COOPER. On retrouve donc logiquement trois titres de son premier groupe, THE SPIDERS, et un titre du groupe qui deviendra plus tard le ALICE COOPER GROUP, THE NAZZ. Ça reste dans l'ensemble assez proche des compos des deux premiers albums du AC GROUP, on a donc affaire à un rock un peu psychédélique, pas vraiment pop mais pas vraiment hard non plus. Une sorte de LED ZEP' soft, en gros. Le passage aux quatre titres issus de « Easy action » et « Pretties for you » se fait d'ailleurs tout naturellement, les neuf premiers titres formant du coup un ensemble homogène marqué par une forte continuité. C'est plutôt sympa, mais niveau intérêt ça reste quand même un cran nettement en dessous de ce que fera le groupe par la suite, on sent qu'il n'exploite pas encore tout son immense potentiel. La voix de Furnier est tout de suite reconnaissable, bien qu'il ne soit pas encore dans le registre qui le rendra célèbre. On s'intéressera donc à cette première partie plus par curiosité qu'autre chose, la plupart des pistes ne présentant qu'un intérêt limité. De quoi parfaire sa culture de l'artiste, en somme.

On entre ensuite réellement dans le vif du sujet avec les titres issus des deux albums qui marqueront la conversion d'ALICE COOPER au hard rock, « Love it to death » et « Killer ». Quatre titres pour le premier, cinq pour le second, tous très intelligemment sélectionnés : si on m'avait demandé de le faire moi-même, mes choix n'auraient pas été différents. Je suis par contre assez mécontent du traitement qui a été réservé au premier grand succès commercial de l'artiste, « School's out », qui n'est ici représenté que par deux titres. Outre l'incontournable titre éponyme, véritable tube interplanétaire qu'on ne présente plus, j'aurais préféré que la production opte un second titre plus transcendant que le tout juste sympathique « Gutter Cat Vs. The Jets ». Les jazzy « Luney Tune » et « Blue Turk », ou encore l'ovni « My stars » auraient été, je pense, de bien meilleurs choix. Le premier disque prend fin sur une note optimiste. Le ALICE underground cède la place au ALICE commercial, celui qui fera la une des journaux et caracolera en tête des charts.

Disc 2 : années 70
Ce disque est qualitativement le meilleur, pour la simple et bonne raison qu'y figurent les plus grands succès d'ALICE COOPER, alors au sommet de son art dans tous les domaines. Les albums sortaient à l'époque à un rythme effréné, ce qui contribue, cela va de soi, à raréfier les titres inédits qu'on pourrait tirer de cette période.

Il a donc sans doutes fallu creuser pour dénicher « Slick black limousine », distribué au Royaume-Uni uniquement, sur un flexi-disc vendu avec le magazine « New musical express » du 17 février 1973. Produit par Bob Erzin, il ne nous dépayse pas vraiment d'avec les classiques d'alors, s'inscrivant dans la droite lignée des compo de « Muscle of love », avec un piano omniprésent. Outre un chant particulièrement agressif de la part de Furnier et un rythme allant crescendo qui aboutit vers le milieu du titre à gros bordel musical généralisé, on relève une courte imitation d'Elvis par Cooper (qui récidivera 28 ans plus tard sur « Dragontown ») et des chants tribaux. Un titre expérimental assez déconcertant, qui ne manquera pas de plaire aux fans. On retrouve un peu plus loin « I'm Flash », un titre plutôt heavy composé pour une adaptation opéra-rock de Flash Gordon et sur lequel on a demandé à Furnier d'assurer le chant. C'est plutôt pas mal, assez proche de l'esprit de « Welcome to my nightmare », même si niveau compo c'est un cran nettement en dessous d'un « Cold Ethyl », par exemple. Le truc hallucinant, tout de même, c'est que même sur un titre qu'il n'a pas composé, ALICE COOPER parvient à se l'approprier tout entier. Ce titre figure sur l'album « Flash Fearless Vs. The Zorg Women, Parts 5 & 6 », tout comme le gentillet « Space Pirates », proche dans l'esprit d'un « School's out » aseptisé. Ça passe comme une lettre à la poste mais ça ne reste malheureusement pas dans les mémoires.

Reste le seul titre vraiment inédit de ce disc 2, « Respect for the sleepers », qui est en réalité une demo du titre « Muscle of love ». D'apparence bâclée, elle ne diffère en rien, musicalement parlant, de la version finalisée, et n'a donc absolument aucun intérêt, d'autant plus que Cooper y chante abominablement faux. Il l'admet d'ailleurs lui-même dans le livret, où il ne parle de cette chanson que des lyrics, constituant à un hommage à ses icônes cultes, Janis Joplin et Jimi Hendrix, terrassés par l'alcool. Là aussi ça n'a pas grand intérêt, ce titre clairement dispensable a en plus le tort d'être placé juste avant ce qui deviendra par la suite sa version finale, qui lui est supérieure à tous points de vue.

Ce disque est donc plus intéressant pour sa dimension best of, avec 16 titres issus de quatre albums studio. Sans surprises, les deux plus grands succès de la carrière d'ALICE COOPER, « Billion dollar babies » et « Welcome to my nightmare » occupent à eux seuls la moitié de la galette, avec cinq titres chacun. Le choix des titres a là encore été globalement judicieux, mais j'ai vraiment été abasourdi de constater que « Steven », titre emblématique des délires théâtraux du Coop' s'il en est un, n'ait pas fait partie de la sélection. C'est d'autant plus impardonnable que « Escape », le titre le plus faible de WTMN, a lui eu sa part du gâteau. Si ça ne tenait qu'à moi j'aurais aussi remplacé le très expérimental « I love the dead » de BDB par un bon vieux « Rapped and Freezin' », mais passons. Aussi surprenant que cela puisse paraître, on retrouve aussi quatre titres de « Muscle of love », album injustement passé sous silence malgré son succès commercial et l'excellence de ses compositions. C'est le dernier disque du ALICE COOPER GROUP, le plus jazzy de tous. Les pistes ont là aussi été plutôt bien choisies, mais j'aurai sans doute préféré le délirant « Crazy little child » au trop convenu « Teenage Lament '74 ». Reste enfin deux titres de « Alice Cooper goes to hell ». Là je ne vais certainement pas me plaindre, puisque la ballade « I Never cry » et le cultissime « Go to hell » sont sans aucun doute les deux seuls titres véritablement intéressants qu'on puisse extraire de cet album.

Disc 3 : années 70-80
Ce disque est probablement le plus intéressant des trois puisqu'en plus de couvrir une la période la plus riche d'ALICE COOPER (fin des années 1970 et début des années 1980), celle durant laquelle l'artiste aura été le plus prolifique, il propose pas moins de dix titres qui ne proviennent d'aucun album du Coop', dont cinq sont totalement inédits. Et là, la production a vraiment fait un excellent boulot, car ces titres rares sont sans conteste le clou du spectacle. Pour commencer, « I miss you », titre des BILLION DOLLAR BABIES, le groupe formé par les musiciens démissionnaires du Alice group, constitue un petit encart vraiment très intéressant. Malgré l'absence de Furnier au micro, ce titre énergique démontre que les gaillards n'ont perdu ni leur pêche, ni leur inventivité, ni leur talent de composition avec ce brulot à mi-chemin entre le son de « Billion dollar babies » (l'album) et celui du « Constrictor » de Furnier. Ça donne envie de se pencher sur le reste de leur œuvre en tout cas.

Changement de décor avec la ballade « No time for tears », titre jusque là inédit. Franchement orientée jazz, avec un excellent piano, elle met en scène un Alice très sentimental, plus mélancolique encore que sur « Only woomen bleed ». On passe encore à autre chose avec la déconcertante « Because », reprise des BEATLES en collaboration avec... Les BEE GEES (si si) ! Musicalement parlant, c'est sensiblement la même chose que la version d'origine : une ballade plutôt sombre à l'ambiance pessimiste. Mais le ton bizarre de la voix d'Alice lui donne en plus une dimension un peu malsaine, qui fait que cette expérience vaut clairement le détour.

Quelques titres plus loin, on tombe nez-à-nez avec l'excellent « No Tricks », en collaboration avec BETTY WRIGHT : un titre très intéressant qui applique à la lettre la recette du calme avant la tempête : on commence calmement avant de partir dans de franches envolées rock'n'roll. Les deux voix se complètent parfaitement, Furnier est au sommet de son art, et les compo ne sont pas en reste. Très en phase avec l'ambiance de la période 80's du Coop', ce titre est, à mon avis, à inclure dans n'importe quel bon best-of qui se veut un tant soit peu exhaustif. On est en terrain plus connu avec le délirant « Road Rats », très proche des compo de de l'album « Zipper catches skin », mais incluant des éléments qui font plutôt penser à « Flush the fashion ». Un bon titre, pas forcément inoubliable mais qui reste un bon cran au dessus de pas mal de morceaux figurant sur les albums cooperiens de l'époque. La démo « Look at You over There, Ripping the Sawdust from My Teddybear », qui s'inscrit dans l'ambiance de « Special forces », énergique sans être agressive, est un autre excellent choix. Le chant de Furnier, clair et très travaillé et la musique, pas soupeuse pour un sou, y sont tellement excellents que j'en viens à me demander pour quelles raisons ce titre n'a pas eu sa place sur un album. Dans le livret, Brian Nelson nous révèle qu'il s'agit effectivement bien d'une chute de « Special forces », que Frunier a décidé au tout dernier moment de retirer de la tracklist parce qu'elle ne collait pas à l'esprit des autres titres de l'album. Effectivement, et c'est bien ça le problème. Si tous les titres de « Special forces » avaient été de cette trempe, ce disque n'aurait certainement pas été aussi mauvais...

On enchaîne avec le délirant « For Britain Only », un single distribué uniquement, comme son nom l'indique évidemment, au Royaume-Uni. C'est plutôt pas mal, bien dans l'esprit des titres les plus rocks de « Welcome to my nightmare », bien qu'on soit plus proche du son de « Goes to hell ». On retrouve d'ailleurs un petit bout du titre « Guilty » vers le milieu de la chanson. Le disque 3 se termine avec trois titres jusque là totalement inédits. « Identity crisises », issu de la BO du film « Monster dog » est une réussite totale, ça ne ressemble à aucun titre d'ALICE COOPER. Particulièrement froid, ce titre évoque l'acier, avec un son glacial et un Furnier optant pour une voix grave particulièrement grisante. Ambiance glaciale en perspective. « See Me in the Mirror », issue de la même BO, est une ballade très proche de l'esprit de « Dada », mais malheureusement gâchée par un son pop fadasse alors dans l'air du temps et un Furnier qui chante de manière bien superficielle. Dommage. Rien à redire en revanche au sujet du très rock'n'roll « Hard rock summer », issu de la BO de « Friday the 13th, Part VI : Jason Lives », qui aurait pu prétendre faire partie de la trackliste de « Constrictor », et qui vient mettre un terme à ce troisième disque de la manière la plus efficace qui soit.

Niveau albums du Coop' il y en a ici pour tous les goûts. Il faut dire que cette période est artistique parlant - et c'est là tout le paradoxe - probablement la plus pauvre de toute la carrière de Furnier, alors miné par l'alcoolisme. De 1977 à 1982, il n'a sorti que des albums très moyens, voir carrément mauvais, jusqu'à ce qu'il soit frappé d'un éclair de génie en 1983 avec « Dada », avant de partir en cure de désintox', ce après quoi il passera de manière assez radicale à autre chose. Sur les douze titres dont il est ici question, deux sont issus de « Lace and whiskey », trois de « From the inside », deux de « Flush the fashion », un de « Special forces », deux de « Zipper catches skin » et enfin deux de « Dada ». Vu le contexte de l'époque, il y a à boire et à manger. On retrouve ainsi d'excellents titres, comme le tube « It's hot tonight », seul rescapé du naufrage « Lace and whiskey ». Excellent choix également au niveau des trois titres issus de « From the inside », le survolté « Serious » et la ballade « How You Gonna See Me Now » venant intelligemment compléter le bizarroïde titre éponyme. Il aurait en revanche été de bonne augure de nous épargner la sirupeuse ballade « You and me », bien représentative des grosses bouses de « Lace and whiskey ». Même chose pour l'ennuyeuse « I Am the Future », qui représente bien mal de délirant « Zipper catches skin » ce que fait heureusement plus honorablement « Tag, You're It ». Je suis assez sceptique également quant à la sélection qui a été opérée parmi les titres de « Dada ». Si la ballade « Former Lee Warmer » et le grand n'importe quoi généralisé « I Love America » ne sont pas inintéressantes, elles n'ont à mon avis pas leur place sur une compilation de ce type. Quant au fadasse « Who Do You Think We Are », il est hélas tout ce qu'on peut tirer du médiocre « Special forces ». Je ne cracherais toutefois pas sur les deux titres issus de « Flush the fashion », à peine meilleur que son successeur soit, mais dont le style irrésistiblement heighteens ne peut vraiment pas laisser indifférents ceux qui ont bien connu cette période de l'histoire du rock.

Disc 4 : années 80-90
Arrive enfin le dernier disque, couvrant essentiellement la période nineteens de la carrière de l'artiste. C'est sans conteste le moins intéressant des quatre pour diverses raisons, « évidemment » dirons certains, cette période étant la plus commerciale de toute l'histoire d'ALICE COOPER. Niveau titres inédits, c'est pas franchement folichon. Le disque débute ainsi avec la démo de « He's Back », qui reprend les même lyrics que la version finale, mais avec la musique de ce qui deviendra « Trick Bag », un titre de l'album « Constrictor ». On a l'impression d'avoir affaire à « Trick Bag » mais avec un autre refrain. Mouais, c'est rigolo, mais à part ça... Autre titre issu d'une énième bande originale de film, une version remise au goût du jour de « Under my wheels », avec en guest Axl Rose, Slash et Izzy de GUNS N' ROSES. Là encore c'est sympa, mais ça n'apporte pas grand chose par rapport à la version d'origine : pas de prouesses techniques à signaler du côté de Rose comme de Slash, par exemple. On passe aux choses sérieuses avec « I got A Line On You », issu de la bande originale du film « Iron Eagle 2 », que je situerai à mi chemin entre les compo de « Constrictor » et celles de « Trash ». Un titre hard fm pas désagréable, qui ne casse pas trois pattes à un canard mais se laisse gentiment écouter. Reste enfin l'inédit « Hands of death », titre indus-rock composé avec ROB ZOMBIE, pas franchement folichon et bien plus zombiesque qu'il n'est cooperien. Faut aimer quoi... Bref vous l'aurez sans doute compris, niveau titres rares ou inédits, ce quatrième disque m'a plutôt laissé sur ma faim.

Niveau albums, il est ici question de la période post-alcoolique, celle durant laquelle un Furnier ragaillardi et enfin sobre fera preuve d'un éclectisme à la limite du compulsif. On retrouve donc deux titres issus de « Constrictor », « Teenage Frankenstein », qui représente bien le nouveau style du chanteur désacoolisé, et le tube pop « He's back (The man behind the mask) », thème du ridicule film d'horreur américain « Friday the 13th Part VI: Jason Lives ». Rien à redire sur le second, qui était de toutes manière indispensable. Quant au premier, comme tous les autres titres de « Constrictor » se valent, après tout, pourquoi pas lui... L'excellent « Raise your fist and yell » est certainement l'album le plus mal traité sur cette compilation. Deux titres, c'est bien peu pour le disque le plus technique et le plus agressif de toute la carrière du Coop'. On doit donc se contenter des indispensables singles « Freedom » et « Prince fo darkness » (qui apparaît, est il besoin de le rappeler, dans le film du même nom de John Carpenter), et des titres aussi géniaux que « Lock me up » et « Step on you » restent, o combien hélas, sur la touche. La machine à fric « Trash » est elle aussi bien maltraitée, mais vu la qualité plus qu'inégale du truc c'est plutôt une bonne nouvelle. Outre le tube interplanétaire « Poison » et l'excellente titre éponyme, on doit quand même se taper la soupeuse ballade « Only My Heart Talkin' », sur laquelle chantent en cœur Cooper et un Steven Tyler (AEROSMITH) vraiment pas inspiré dans la mièvrerie la plus totale. Nul doute qu'un autre titre que « Trash », comme l'explosif « Why trust » ou le délicieusement disco « This maniac's in love with you » aurait put bien mieux faire l'affaire. Mais voulez-vous, Furnier semble tellement heureux d'avoir poussé la chansonnette avec son copain Tyler...

« Hey Stoopid », le digne successeur de « Trash », a droit au strict minimum avec son titre éponyme et le tube « Feed my Frankenstein ». J'aurai peut-être également ajouté le délirant « Hurricane Years » à cette maigre sélection, mais ça aurait peut être été sur-représenter un album qui reste plutôt mineur dans la discographie d'ALICE COOPER. Reste enfin trois titres pour le dernier né en date, le très bon « The last temptation », et là je suis de l'avis que la sélection a été franchement mauvaise. Si l'indispensable hit « Lost in America » a fort heureusement obtenu une place, on se demande quelle mouche à bien pu piquer le producteur pour qu'il opte en plus pour les très commerciales ballades « It's me » et « Stolen prayer », auxquelles j'aurais sans hésitation préféré les brûlots « Sideshow » et « You're my temptation », bien meilleurs à tous points de vue. Cette erreur impardonnable, additionnée aux quelques oublis et autres choix discutables évoqués précédemment, plombe un bon coup la crédibilité de ce quatrième disque et c'est bien dommage. Restent pour finir la toujours aussi efficace reprise de « Fire » de JIMI HENDRIX, ressucé à la sauce « Constrictor » et déjà éditée en 1995 sur le best-of « Classicks », ainsi que le sympathique mais dispensable « Is anyone home? », titre pop déjà offert en guise de bonus sur le live « A fistful of Alice », au travers duquel Furnier revient sur l'addiction que peut engendrer Internet. Ainsi se referme cette rétrospective, avec un dernier volet plutôt correct dans l'ensemble mais qu'on aurait aimé plus conséquent et mieux ficelé. Impossible, en revanche, de nier que toute la carrière de Vincent Furnier jusqu'en 1999 à été couverte de bout en bout. Pour ça, c'est une réussite totale.

Un petit mot sur le livret, enfin, qui est en ce qui me concerne le clou du spectacle. On y retrouve de nombreuses photos, pour la plupart peu ou pas popularisées, et surtout une foule de témoignages provenant de grands noms de la musique et de l'art en général. On tombe ainsi nez-à-nez avec un hommage de deux pages de la part de John Lydon lui-même (chanteur des SEX PISTOLS pour les incultes), mais aussi avec quelques petits mots de David Cassidy, John Carpenter, Bono (de U2), Joe Perry (d'AEROSMITH), Nikki Sixx, Vince Neil (tous deux de MÖTLEY CRÜE), Elton John, Dave Mustaine (de MEGADETH), Lemmy (de MOTÖRHEAD), Slash, Brian Johson (AC/DC), Bob Erzin... Tous d'accord pour affirmer que ALICE COOPER fait définitivement partie des légendes vivantes du rock. Même la Pravda, journla officiel du gouvernement russe, a apporté sa petite contribution ! Ces photos et témoignages ponctuent une biographie particulièrement fournie de Jeffrey Morgan. Le livret se conclut par une discographie exhaustive et des commentaires de Furnier, de membres du Alice Group ou des divers producteurs qu'a connu l'artiste sur les 81 titres composant cette énorme compilation. Petit délire additionnel, une page est réservée à un pot pourri de clichés d'ALICE avec ses amis du monde de l'art, entre autres Salvador Dali, Groucho Marx ou Andy Warhol. A noter également que ce coffret est dédié à Glen Buxton, lead-guitariste du Alice Group, terrassé par une pneumonie, en 1997, à l'âge de 49 ans.

Il est maintenant temps de conclure. Gros cadeau pour les inconditionnels du Coop' ou best-of au sens large couvrant idéalement la carrière de l'artiste depuis ses balbutiements ? Libre à vous d'en juger, mais quoiqu'il arrive on à ici à faire à du globalement très bon. S'il y a bien quelques moments de faiblesse, ça reste du COOPER, et ceux qui souhaitent découvrir l'artiste en faisant connaissance avec ses multiples facettes jusqu'en 1999 y trouveront tout autant leur compte que les fans. Un bien bel hommage, comme on aimerait en trouver plus souvent pour nos artistes cultes. Un exemple à suivre, comme d'habitude...

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   ALANKAZAME

 
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- Alice Cooper (chant)
- Plein D'autres Gens (tout le reste)


- disc 1
1. Don't Blow Your Mind (the Spiders)
2. Hitch Hike (the Spiders)
3. Why Don't You Love Me (the Spiders)
4. Lay Down And Die, Goodbye (the Nazz)
5. Nobody Likes Me (version Demo)
6. Levity Ball (version Studio)
7. Reflected
8. Mr. And Misdemeanor
9. Refrigerator Heaven
10. Caught In A Dream (version Single)
11. I'm Eighteen
12. Is It My Body?
13. Ballad Of Dwight Fry
14. Under My Wheels
15. Be My Lover
16. Desperado
17. Dead Babies
18. Killer
19. Call It Evil (demo)
20. Gutter Cats Vs. The Jets
21. School's Out (version Single)

- disc 2
1. Hello Hooray
2. Elected (version Single)
3. Billion Dollar Babies
4. No More Mr. Nice Guy
5. I Love The Dead
6. Slick Black Limousine
7. Respect For The Sleepers (demo)
8. Muscle Of Love
9. Teenage Lament '74
10. Working Up A Sweat
11. The Man With The Golden Gun
12. I'm Flash
13. Space Pirates
14. Welcome To My Nightmare (version Single)
15. Only Women Bleed (version Single)
16. Cold Ethyl
17. Department Of Youth
18. Escape
19. I Never Cry
20. Go To Hell

- disc 3
1. It's Hot Tonight
2. You And Me (version Single)
3. I Miss You (billion Dollar Babies)
4. No Time For Tears
5. Because (avec Les Bee Gees)
6. From The Inside (version Single)
7. How You Gonna See Me Now
8. Serious
9. No Tricks (avec Betty Wright)
10. Road Rats
11. Clones (we're All)
12. Pain (version Flush The Fashion)
13. Who Do You Think We Are (version Single)
14. Look At You Over There, Ripping The Sawdust From M
15. For Britain Only
16. I Am The Future (version Single)
17. Tag, You're It
18. Former Lee Warmer
19. I Love America
20. Identity Crisises
21. See Me In The Mirror
22. Hard Rock Summer

- disc 4
1. He's Back (demo)
2. He's Back (the Man Behind The Mask) (movie Mix)
3. Teenage Frankenstein
4. Freedom
5. Prince Of Darkness
6. Under My Wheels (avec Guns N' Roses)
7. I Got A Line On You
8. Poison
9. Trash
10. Only My Heart Talkin'
11. Hey Stoopid (version Single)
12. Feed My Frankenstein
13. Fire
14. Lost In America
15. It's Me
16. Hands Of Death (spookshow 2000 Mix) (avec Rob Zomb
17. Is Anyone Home?
18. Stolen Prayer



             



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