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ALICE COOPER - The Last Temptation (1994)
Par DARK BEAGLE le 24 Août 2018          Consultée 765 fois

"The Last Temptation" est l’un des albums parmi les plus ambitieux de ALICE COOPER. Au sortir d’une période plus Hard Rock Mélodique, voire AOR pour "Trash", Vincent Furnier voulait revenir vers quelque chose de plus sombre, de moins formaté, quelque chose qui se rapprocherait des concepts morbides qui ont fait son succès. Et pour cela, il va demander à se faire aider par un jeune auteur anglais qui connaissait un début de carrière foudroyant dans le domaine des comics, et qui s’était fait remarquer en collaborant avec le génial Terry Pratchett sur "De Bons Présages" ; Neil Gaiman.

Neil Gaiman, c’est une espèce de surdoué de l’écriture, un auteur complet à l’imagination débordante. Après s’être fait les dents sur une biographie de DURAN DURAN (signe de bon goût) et diverses collaborations chez 2000 AD, éditeur anglais de BD ("Judge Dredd", mais également des histoires d’horreur ou fantastiques scénarisées par Alan Moore ou encore Pat Mills) avant de collaborer avec DC où il va montrer un certain don pour reprendre des personnages peu ou plus usités pour leur redonner une seconde vie, comme "Black Orchid", en compagnie de Dave McKean, mais surtout de "Sandman", une création du King Kirby, tombée dans les oubliettes.

Là, Gaiman a sorti le personnage de son rôle de super-héros pour en faire le Rêve, un être mystique capturé par un mage de seconde zone pendant presque quatre-vingt ans, qui va vivre une série d’aventures étranges, merveilleuses, souvent troublantes, marquées d’une certaine obscurité et d’une richesse infinie (1). Et cette imagination débordante ne pouvait que séduire quelqu’un comme Alice Cooper. Et le hasard faisant bien les choses, Gaiman apprécie énormément la musique que propose le Coop’, surtout ce qui a été fait dans les années 70 même si l’écrivain avoue un faible pour l’album "Trash" de 1989.

L’histoire de "The Last Temptation", elle est du Coop’ et de Gaiman. Ce dernier aurait suggéré des titres de chanson, des paroles. Mais à la fin, il restait du matériel non-utilisé. Des parties de l’histoire qui n’ont pu terminer sur l’album. Il faut savoir que le monde du Hard Rock a souvent eu les faveurs des comics. Alice Cooper était déjà un personnage des revues Marvel au début des années 70 avant que KISS devienne une véritable licence. Et il faut bien l’avouer, ce n’est pas souvent bon. C’est même souvent assez mauvais, bien que bon enfant. Un jour, je vous parlerai de "Kiss et Vampirella". Promis.

L’histoire de "The Last Temptation" n’est pas une grande histoire. Elle est assez classique, simple dans sa construction et sa narration ; et c’est ce qui en fait au final un bon récit. Nous avons un adolescent, Steven, un peu impressionnable, timide et pas forcément très bien dans sa peau, qui subit quelque peu les moqueries de ses camarades. Quand ils se retrouvent tous devant un théâtre qui n’aurait pas dû être à cette place, pas loin de la mairie, et qu’ils font la connaissance du Forain (qui ressemble très étrangement à Alice Cooper !), c’est lui qui est désigné pour assister à la représentation jouée dans ce lieu.

Et là, le jeune Steven va avoir droit à ce que Alice Cooper sait faire de mieux : du Grand-Guignol, bien malaisant, qui met en perspective l’absence d’un futur pour le garçon. Ce dernier commence à s’énerver et le Forain va le troubler en utilisant Mercy, la jolie ouvreuse. La représentation s’achève de façon brusque et le Forain, énervé, annonce qu’il reste encore un acte, le Grand Final et insinue que Steven en sera partie prenante. Vous voyez le deal à la Faust qui se profile ? Comme dit, l’histoire n’est pas originale, mais elle se tient.

Pourquoi ? Parce qu’elle respecte l’univers de ALICE COOPER et que ce dernier a beaucoup aiguillé Neil Gaiman sur ce que son personnage sur la scène ferait ou ne ferait pas (selon l’écrivain, Vincent Furnier est l’archétype de la gentillesse). Le trait de Michael Zulli est très marqué, il rend admirablement hommage au chanteur, mais il est daté. L’ouvrage sent à plein nez les années 90 et le dessin a vieilli, il est le témoignage d’une époque. Pourtant, il correspond très bien au récit, sa raideur sert le récit. Mais étrangement, cela nous ramène à l’univers onirique et parfois cauchemardesque de "Sandman".

Plus qu’une simple histoire d’horreur, on y retrouve les facettes de tous les artistes mis en cause. Le dessin de Zulli témoigne de son intérêt pour le projet, et qui retranscrit graphiquement sa vision de l’univers du chanteur. Alice Cooper laisse libre court à son goût du bizarre et le Grand-Guignol prend ici une dimension fantastique brûlante tandis que Neil Gaiman s’autorise des touches d’humour (toute la partie concernant le pop-corn et les sodas au théâtre est par exemple très réussie) et surtout, il va suivre avec merveille l’album (bien que le disque soit incomplet), aussi bien que l’on va vivre les paroles de "Bad Place Alone" quand Steven va vivre le premier acte d’une pièce qui pourrait bien être dangereuse pour lui.

Mais l’intérêt du comic-book, outre le fait de donner une vision de ce que nous ne connaissons principalement que par la musique, est de nous faire poursuivre l’aventure à travers un second acte qui nous narre ce que fait Steven durant la journée de répit que le Forain lui laisse, une journée fantasmagorique à souhait, où nous trouvons toujours ces traces d’humour chères à Gaiman. Et l’on se rend compte que c’est ce qui manquait à l’album, qui aurait mérité d’être double pour le coup. L’univers du Coop’ est toujours admirablement respecté mais… N’est-ce pas le même au final de celui de Neil Gaiman, qui créera l’excellent "Coraline" quelques années plus tard et qui narrera les aventures extraordinaires d’un orphelin dans "L'Étrange Vie de Nobody Owens" ?

Les éditions Wetta ont publié à nouveau cet ouvrage qui se faisait rare. Paru en trois parties distinctes par Marvel dans les années 90, il connaît donc une nouvelle édition intégrale, respectueuse, mettant quelques bonus qui parleront aux amateurs de comic-books, avec le synopsis original de Gaiman, une lettre de l’auteur à Vincent Furnier, les couvertures originales signées Dave McKean dont la première aura également servi de jaquette pour l’album, tandis que la variant cover (2) servait pour le verso. Titré sous son nom français, "La Dernière Tentation", le livre est à nouveau disponible.

"The Last Temptation" n’est pas qu’un livre, il est également le compagnon presque indissociable d’une œuvre fixée sur un autre support. Il accompagne avec merveille cet album souvent incompris. Il le met dans une perspective différente et il permet de l’apprécier pleinement, comme il le mérite. "The Last Temptation" restera malgré tout controversé, avec ou sans le livre, certain jugeant le packaging too much et hors-sujet, d’autres grogneront parce que c’est Neil Gaiman, qui connaissait déjà une cote intéressante en 1994. Mais ce n’est rien en comparaison de son aura d’aujourd’hui, cet homme resté simple et qui ne sait pas refréner ses sentiments (3). Un chouette comic-book pour un chouette album.

(1) Oui, vous devez courir acheter les sept tomes à présent pour en savoir plus.
(2) Couverture alternative, souvent plus chère, mais limitée en nombre.
(3) Sa douleur, à la mort de Terry Pratchett, transpirait à travers un texte très touchant.

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- Alice Cooper (texte)
- Neil Gaiman (texte)
- Michael Zulli (dessin)


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