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HARD ROCK  |  STUDIO

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1976 The Runaways
1977 Queens Of Noise
  Live In Japan
  Waitin For The Night
1978 And Now...the Runaway...
 

- Style : The Amorettes , Girlschool, Mc5, Rock Goddess
- Style + Membre : Lita Ford , Joan Jett

The RUNAWAYS - The Runaways (1976)
Par DARK BEAGLE le 7 Août 2018          Consultée 696 fois

Faut pas se leurrer, le Rock, c’est quand même un milieu très machiste. Depuis les années 50, c’est principalement une affaire de mecs et la place des femmes, sur scène, c’est celle de choriste, parfois de chanteuse principale. Bien sûr, certaines ont su s’imposer, avec une véritable force de détermination, à l’image de Janis JOPLIN, bien sûr, mais également de Suzi QUATRO, qui haussait le ton en faisant hurler sa basse et en chantant comme si le lendemain ne devait pas exister. Et la Suzi justement provoquait l’admiration de la jeune Joan Larkin.

Cette dernière va former un groupe de façon un peu particulière. Déjà, elle va se trouver un pseudo qui en jette (je n’ose pas imaginer la mine terrifiée de T-Ray après un jeu de mots aussi foireux) et elle va prendre contact avec une personne trouble. Kim Fowley est un type un peu bizarre, il est dans la musique depuis le début des années 60, à la fois musicien, attaché de presse, producteur ou découvreur de talents, écumant les clubs de Los Angeles à la recherche de talents. Il va mettre Joan Jett en contact avec la batteuse Sandy West. Entre les deux jeunes adolescentes, cela va fonctionner tout de suite et le groupe va s’étoffer avec les arrivées de Micki Steele à la basse et au chant, puis de l’Anglaise Lita Ford à la guitare solo.

Seulement, Steele se fera évincer. Il se chuchoterait qu’elle aurait refusé les avances de Fowley (Micki était la plus âgée de toutes, mais elle n’était pas encore majeure en 1975). Quoiqu’il en soit, il s’agissait de retrouver une bassiste et une chanteuse, Fowley considérant que Joan Jett manquait de chien pour s’occuper pleinement de ce poste. Peggy Foster fera un passage-éclair à la quatre-cordes, mais le groupe aura moins de mal à trouver une chanteuse bien mignonnette, Cherie Currie, suivie de la bassiste Jackie Fox. The RUNAWAYS était né et la formation allait pouvoir s’exprimer pleinement au travers d’un premier album fort attachant.

La rumeur voudrait que la chanson "Cherry Bomb" ait été écrite dans la foulée du recrutement de Currie, inspirée par la beauté de l’adolescente. Mais elle a le mérite d’ouvrir de façon explosive ce premier skeud éponyme. En un peu plus de deux minutes, les jeunes filles vont donner une petite leçon de Rock’N’Roll. Pourtant, le style est simple, les soli de Lita Ford sont courts, minimalistes, elle ne tricote pas, comme si elle avait peur de se perdre en chemin, on est sur du basique. Mais ce n’est pas que du Hard Rock primaire, il y a également quelque chose que l’on trouvait chez les STOOGES, le MC5 ou encore les RAMONES, un côté très urbain et tapageur, qu’on assimilerait presque à des tentatives Punk.

Volontiers rentre-dedans, la musique des RUNAWAYS est une collection de petits brûlots de Rock primaire. Les morceaux dépassent rarement les trois minutes et on appréciera les petits refrains efficaces, souvent teigneux, à l’image des riffs délivrés par Joan Jett. Cherie Currie est tout aussi explosive derrière le micro, même si elle lâche le micro à la brune guitariste sur près de la moitié des morceaux. Cette dernière possède déjà une certaine assurance, avec cette voix dure, implacable, un brin vicieuse, qui fait un joli contraste avec le timbre plus rauque de Currie. Ainsi Joan va apporter des couleurs différentes à des morceaux comme le très sexuel "You Drive Me Wild", le classique "Blackmail" ou encore le "Rock & Roll" de Lou REED qu’elle s’approprie sans problème.

Puis il y a ce "Dead End Justice", idéalement placé en fin d’album, qui tranche complètement avec le reste de l’album. Ici, nous nous retrouvons face à un morceau de sept minutes, très contrasté, entre moments de colère et d’autres plus calmes quoique toujours tendus. Joan Jett et Cherie Currie se partagent le chant, secondées par Lita Ford qui va ici prendre de l’assurance. Joué comme une espèce de dialogue, ce titre offre un final magistral à un album pourtant contestable.

Contestable parce que parfois un peu trop homogène, presque prévisible dans son déroulement. Mais également parce qu’aujourd’hui, on considérerait certainement The RUNAWAYS comme un girls band dans ce que cela a de plus péjoratif. C’est un produit monté quasiment de toute pièces, même s’il résulte de la volonté de Joan Jett de montrer que Suzi QUATRO n’est pas une simple exception dans le milieu macho du Rock. Et cela semblera être son credo tout le long de sa carrière, même après The RUNAWAYS.

Quoiqu’il en soit, ce premier opus est un très bon disque, qui pourrait prétendre au rang de classique du genre. Il est le premier disque de Hard Rock 100% féminin et rien que pour cela, il jouira toujours d’un statut particulier. Ensuite, que l’on aime ou que l’on n’aime pas la musique des RUNAWAYS, difficile donc de nier son importance historique et la profession de foi qu’il a dû être pour des formations comme ROCK GODDESS ou GIRLSCHOOL. Et si vous ne devez en avoir qu’un de nos Californiennes, c’est bel et bien celui-ci.

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   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Cherie Currie (chant, piano)
- Joan Jett (chant, guitare)
- Lita Ford (guitare, chant)
- Jackie Fox (basse, chant)
- Sandy West (batterie, chant)


1. Cherry Bomb
2. You Drive Me Wild
3. Is It Day Or Night ?
4. Thunder
5. Rock & Roll
6. Lovers
7. American Nights
8. Blackmail
9. Secrets
10. Dead End Justice



             



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