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BLACK SABBATH - Black Sabbath (1970)
Par DARK BEAGLE le 14 Juillet 2017          Consultée 1531 fois

L’introduction est glaçante à souhait, même si aujourd’hui elle ressemble énormément à un cliché éculé tant le procédé a été répété au fil des années, des décennies après ce vendredi 13 février 1970 où la musique avait pris un virage important, presque improbable. Cette cloche résonne toujours dans son beffroi, encore, sur fond d’orage, annonciatrice d’horreurs indicibles à venir et le poids du riff, cette main d’acier dans un gant de plomb, n’a rien de sécurisant. La menace d’un mal invisible qui rode est là, palpable, froid et proche. BLACK SABBATH venait de faire son entrée dans l’Histoire, sans imaginer un seul instant les conséquences qui en découleraient immanquablement. L’acte de naissance du Heavy Metal est aujourd’hui encore auréolé d’une aura noire, capable d’exercer une fascination forte.

Pourtant, BLACK SABBATH n’est pas le seul pionnier dans le genre. Il serait en effet réducteur de les laisser seuls fous à s’être lancés dans cette aventure. IRON BUTTERFLY possédait déjà un jeu lourd, guidé par une basse écrasante, BLUE CHEER dégageait également une ambiance bien Heavy sur son Rock Californien complètement azimuté et l’occultisme était la marque de fabrique de COVEN, qui poussait l’imagerie loin dans le satanisme. Mais on ne peut pas dire que BLACK SABBATH ait réellement pris ces éléments à son compte. Il y a plutôt eu une évolution fulgurante et des hasards aussi heureux qu’étranges. Comme si une main invisible avait manipulé des fils et provoqué certains événements.

En effet, difficile de penser que le sextet de The POLKA TULK BLUES BAND allait un jour donner naissance à un des styles les plus sulfureux de la musique en générale, une entité aux rejetons difformes, immondes et violents. Puis de six, les musiciens sont passés à quatre, en profitant pour changer de nom pour EARTH. Tony Iommi, Geezer Butler, Bill Ward et Ozzy Osbourne squattent les pubs et clubs de Birmingham, cité ouvrière pauvre, jusqu’au départ abrupt de Iommi pour une pige chez JETHRO TULL dont il reviendra moins d’un an plus tard. EARTH reprend du service, mais une autre tuile arrive : une formation anglaise a déjà le même nom et il va falloir se trouver un nouveau patronyme.

Un cinéma de quartier jouait un film de Mario Bava de 1963, les Trois Visages de la Peur, un film à sketches avec Boris Karloff. Un peu désœuvrés, les musiciens vont le voir, histoire de se mettre du macabre plein les yeux, mais l’attrait du morbide pour le public ne passe pas inaperçu aux yeux de Butler qui se met à imaginer une histoire digne de la Hammer. Le titre du film en anglais ? Black Sabbath.

Et il y a donc cette fameuse introduction presque aussi pesante que le riff de Iommi, qui lui est soutenu par la voix traînante de Ozzy. Derrière, la section rythmique est lourde, lente. Une véritable chape de plomb. Mais surtout, il y a une ambiance qui se dégage de cette chanson, intitulée "Black Sabbath" également et qui poussera les musiciens à choisir ce patronyme comme nom de groupe, comme une évidence. Une ambiance donc, occulte à souhait, qui s’apparente quelque part à une nouvelle d’épouvante avec son final glaçant, ces cris de Ozzy qui se perdent alors que la musique continue pour s’achever brutalement.

Ce morceau est un monument, qui accouche à la fois du Heavy Metal et de son double maléfique, le Doom. Un chef d’œuvre donc qui n’est jamais inquiété par le reste de l’album, qui ne profite pas du même talent d’écriture. En effet, "Evil Woman", le single, est une reprise un peu poussive qui annonce la couleur d’une face B qui sombre totalement, avec en point d’orgue un interminable "The Warning" qui ressemble à une vaste jam où Iommi balance du solo à tout va, démontrant quelques limites dans l’exercice. La musique découle du Blues, avec un fond de psychédélisme qui vient apporter un petit côté halluciné à l’ensemble sans pour autant être des plus convaincant.

Il reste donc une face pour faire de cet opus un disque charnière dans l’histoire de la musique. Si LED ZEPPELIN ou DEEP PURPLE avaient déjà rendu le Rock tonitruant, BLACK SABBATH allait le rendre occulte en l’espace de deux titres. Outre le morceau éponyme, cette merveille d’entre les merveilles, "N.I.B." dégage un fumet sulfureux même si les finitions ne sont pas toujours adéquates, que le chant d’Ozzy paraît un peu brouillon. L’intro à l’harmonica de "The Wizard" est sombre à souhait, dommage que le riff derrière ne suive pas de la même façon et "Behind The Wall Of Sleep" fait correctement le travail.

Puis il y a cette pochette. Une des plus flippantes du genre, avec une légende noire qui l’entoure. Car il paraîtrait que la jeune femme ne soit apparue sur la photo que lors du développement de celle-ci. D’ailleurs, quand on regarde bien, il est vrai qu’elle se découpe étrangement sur le fond et que sa texture présente moins de grain que le reste de la photo. Collage habile ? Juxtaposition ? Accident de pellicule ? Présence réelle d’un fantôme ? Peu importe, le résultat est frappant, limite glaçant et se marie à merveille à l’ambiance distillée par la chanson "Black Sabbath".

L’album a fait une belle percée dans les charts anglais, donnant raison à Geezer Butler quant à la fascination qu’exerce le morbide sur les gens. Imaginons un instant que ce disque ait été un four total et que, dépités, les musiciens aient décidé de splitter. Où en serait le Metal de nos jours ? Le Hard Rock aurait-il survécu comme il l’a fait durant toutes ces années, quelle forme aurait-il aujourd’hui ? L’album est bel et bien un acte de naissance et pas celui d’un enfant mort-né, ce qui est au final le plus important.

Parce que ce disque n’est en rien un chef d’œuvre. Si aujourd’hui les versions proposées dans le commerce incluent également "Wicked World" (à l’origine, la face B du single "Evil Woman"), le déséquilibre entre ses deux moitiés reste important et même la meilleure d’entre elles n’est pas exempte de défauts. Cependant, il dégage un fumet particulier. Une ambiance qui va se montrer bien plus fédératrice que ce qu’aura tenté COVEN sur "Witchcraft Destroys Minds & Reaps Souls" sorti l’année précédente (qui, coïncidence, contient également une piste intitulée "Black Sabbath") et c’est là le grand point fort de cet album indéniablement culte, qui marquera l’histoire au fer rouge.

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   (2 chroniques)



- Ozzy Osbourne (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Bill Ward (batterie)


1. Black Sabbath
2. The Wizard
3. Behind The Wall Of Sleep
4. N.i.b.
5. Evil Woman
6. Sleeping Village
7. Warning



             



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