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BLACK SABBATH - Master Of Reality (1971)
Par DARK BEAGLE le 22 Août 2017          Consultée 1641 fois

Il n’aura fallu que treize mois à BLACK SABBATH pour mettre en boîte trois albums qui auront changé la face du Rock. Le premier apportait une lourdeur et un sens de l’occulte, le second allait provoquer bien des vocations tandis que le troisième, ce "Master Of Reality" allait enfoncer le clou en beauté dans le cercueil en sonnant Heavy de chez Heavy. La formation de Birmingham a un rythme d’enfer et pourtant la qualité ne faiblit pas, bien au contraire. Pourtant déjà à cette époque, le groupe ne touchait plus vraiment terre, entre ce succès aussi subit qu’inattendu, les groupes et les psychotropes en quantité industrielle. Souvenez-vous de l’autocollant « Cocaïne » façon Coca Cola flanquant la basse de Geezer Butler…

Pourtant, ce n’est pas la drogue dure qui sera évoquée sur cet album à la pochette mélangeant la sobriété au psychédélisme, mais bien la marijuana, dont le groupe était un gros consommateur. C’est d’ailleurs la toux de Tony Iommi, samplée, qui nous accueille avant que ne déboule le riff qui allait s’avérer révolutionnaire, celui de "Sweat Leaf". Iommi, amputé du bout de deux doigts suite à un accident d’usine, s’était fabriqué des sortes de prothèses lui permettant de jouant normalement, mais forcément, il n’avait plus le même ressenti. Aussi baissa-t-il la tonalité de sa guitare d’un demi-ton pour gagner plus de souplesse de jeu et le son de BLACK SABBATH s’en retrouva irrémédiablement changé. Aucun groupe ne lui ressemblait alors, personne n’arrivait à sonner aussi grave, ni même à approcher ce son gras, convenant particulièrement bien aux ambiances distillées par la formation.

Sur "Paranoid" déjà le groupe s’était écarté de l’imagerie sataniste que la maison de disques continuait en avant pour faire de la pub à peu de frais, ce qui attirait parfois de sacrés barjos lors de certaines dates de concerts. Les musiciens s’étaient un peu écartés de ce cirque médiatique et se montraient bien plus variés dans leur approche, n’hésitant pas à faire des pieds de nez à l’image de "After Forever". Ce titre, soigneusement plombé est presque entraînant, comme un Rock’N’Roll endiablé qui serait passé à la moulinette SABBATH. Il faut dire que musicalement, le groupe a encore évolué. Les riffs sont ici plus fluides, les changements de rythme se font sans le moindre accroc et on sent que les musiciens sont bien plus à l’aise lors des enchaînements.

"Master Of Reality" est un disque très court – 34 petites minutes qui passent à la vitesse de l’éclair, sans que l’on s’ennuie une seule fois. Le groupe a l’intelligence de varier le propos et d’inclure deux courts instrumentaux qui montrent le talent de Iommi pour proposer de petits interludes qui font songer à la musique d’un ménestrel ("Embryo") ou qui nous rappelle qu’il sait également livrer quelques douces mélodies ("Orchid"). À propos de mélodie, "Solitude" vient apporter un moment d’accalmie à ce déluge de riffs comme avait pu le faire "Planet Caravan" sur l’album précédent. Cependant, le discours n’est pas tout à fait le même. On retrouve toujours les influences plus psychédéliques du groupe, c’est toujours planant, mais ici la voix de Ozzy va être exploitée sous sa forme la plus claire qui soit et le résultat est loin d’être anecdotique. Pourtant, la mélodie est toute simple, la batterie est remplacée par de la flûte et le rythme ne bouge pour ainsi dire pas, c’est lent, doux et mesuré.

BLACK SABBATH sait donc se diversifier sans pour autant casser l’ambiance de l’album, sans jamais donner l’impression de faire du remplissage. Au contraire ! C’est même de ce côté que "Master Of Reality" s’avère frustrant parce qu’au final, nous n’avons que six véritables morceaux, dont une ballade à se mettre sous la dent, une demi-heure de Heavy Metal de qualité alors que justement, on en aimerait plus. Parce qu’ici, le SAB’ est juste génial. Même les morceaux les moins emblématiques restent des valeurs sûres du Heavy Metal, à l’image de l’effrayant "Into The Void" et ses accélérations jouissives, ou du pesant et inquiétant "Lord Of This World". La Bible Noire s'orne de nouveaux versets, nous conduisant à une transe épileptique.

Mais c’est réellement "Children Of The Grave" le phare de ce disque. Le morceau à côté duquel on ne peut passer, avec son riff monstrueux et le chant possédé de Ozzy. Chaque fin de phrase devient une explosion tellurique et, précédé par le délicat "Embryo", son effet n’en est que plus dévastateur. Quel morceau ! Au moins aussi fort que "War Pigs", aussi inoubliable que "Iron Man" et aussi fédérateur qu’a pu l’être "Black Sabbath" sur le premier opus ! Rien que ça, oui. Les musiciens nous parlent de la jeunesse qui, comme eux, n’avait quasiment que l’usine comme perspective, avec une vision un brin pessimiste de l’avenir. Là encore, il y a tout ce qu’il faut pour éveiller de nombreuses vocations.

Sur "Master Of Reality", BLACK SABBATH expérimente doucement, il élargit ses frontières musicales doucement, sans forcer, sans se révolutionner non plus. Surtout, il ne va pas souffrir de moments de faiblesse, il est constant tout du long, avec de vrais moments de bravoure que restent les trois classiques que l’on retient volontiers de cet album : "Sweat Leaf", "After Forever" et "Children Of The Grave". Pourtant, ces « classiques » semblent bien moins immédiats, moins accrocheurs que ceux que l’on pouvait trouver sur "Paranoid". Pourtant, ils se dévoilent petit à petit et se montrent irrésistibles après quelques écoutes attentives de ce disque.

Moins direct que son grand frère, moins légendaire également, "Master Of Reality" a pour lui cette discrétion justement, le fait qu’il ne soit pas cité systématiquement pour dire ce qu’est "BLACK SABBATH", il laisse ce privilège à "Paranoid", voire à "Heaven And Hell" pour les indéfectibles de la période Dio (qui a elle aussi bien des qualités). Il est, contre-toute attente, peut-être bien celui qui détient l’essence du groupe sous sa forme la plus pure, la plus révélatrice de ce qu’il était à ce moment et celle qui aura façonné le Heavy Metal tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Troisième album de BLACK SABBATH, troisième disque à chambouler complètement le paysage musical des années 70, "Master Of Reality" se doit de figurer dans la collection de tout metalleux qui se respecte.

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- Ozzy Osbourne (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Bill Ward (batterie)


1. Sweet Leaf
2. After Forever
3. Embryo
4. Children Of The Grave
5. Orchid
6. Lord Of This World
7. Solitude
8. Into The Void



             



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