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BLACK SABBATH - Born Again (1983)
Par DARK SCHNEIDER le 24 Décembre 2014          Consultée 3608 fois

La grande famille du Metal pratiquant l'inceste sans tabou, il n'est pas surprenant que Ian Gillan se soit égaré dans le trou noir Sabbathien. Il est plus facile d'aller piocher chez le voisin que de rechercher un parfait inconnu quand l'on est en quête d'un nouveau frontman. Et oui, après que Ronnie Dio fut parti bouder dans son coin pour une histoire puéril de mixage (il devait surtout crever d'envie de fonder son propre groupe et de ne plus subir la dictature des six-cordistes), Gillan arriva sans prévenir derrière le micro, après une soi-disante beuverie, sorte d'excuse dont la crédibilité peut être mise en doute pour nous expliquer l'intronisation du facétieux chanteur, qui, au passage, laissa tomber comme des malpropres les musiciens de son excellent groupe solo.

On a tant jasé sur la venue de Gillan, mais au fond, pourquoi pas ? Après tout, Dio n'avait vocalement rien en commun avec Ozzy, donc que le SAB' prenne de nouveau une voix différente, peu importe, au moins on a l'assurance d'avoir un grand chanteur charismatique derrière le micro. Son style ne correspondrait pas au groupe ? C'est vrai que Gillan dispose d'une couleur vocale très reconnaissable, que l'on associera systématiquement à DEEP PURPLE. Il ne faudrait cependant pas négliger le fait que, malgré ce qu'il peut en dire, il n'a jamais été très éloigné d'un registre purement Heavy Metal, et notamment avec son groupe GILLAN. Donc le voir placer sa voix sur les gros riffs de Tony Iommi n'a rien de déplacé. Gillan a même ce soupçon de folie qui manquait totalement à Dio, ce qui le rapproche en quelque sorte un peu plus d'Ozzy. Le problème étant qu'il en fera parfois des tonnes sur ce "Born Again". "Disturbing The Priest" est à ce titre le morceau le plus symptomatique avec son intro pendant laquelle Gillan pousse des cris sardoniques tel un forcené que l'on enfermerait dans un asile. Le résultat est... étrange. Totalement too much, et pourtant on se surprend à apprécier ce morceau, tant bien même nous ne parvenons pas à déterminer si Gillan fait volontairement de l'autoparodie ou pas. Mais voilà, il y'a une qualité d'écriture derrière tout ça, car oui, Iommi et Butler (et le revenant Ward) font le job. Après deux opus excellents, leur talent n'est pas tout à fait émoussé, loin de là, même si les exploits précédents ne seront pas réitérés.

Des bons titres, "Born Again" n'en manque pas. A commencer par "Trashed", dans la même veine que leurs précédents morceaux d'ouvertures depuis "Never Say Die", doté d'un refrain démoniaque qui manquait vraiment durant l'ère Dio. "Zero The Hero" est également fameux, incontestablement le titre le plus mémorable de cet opus. Sa rythmique rouleau-compresseur rappelle une fois de plus toute l'importance de SABBATH dans l'élaboration du Doom et même du Sludge. Ses paroles au vitriol (nombreux seront les auditeurs qui pourront se sentir visés!) et les interventions au clavier de l'excellent Geoff Nicholls apportent une âme à ce morceau. Un Nicholls qui se voit offrir un nouvel instru avec l'ambiant et mystique "Stonehenge", qui remplit parfaitement son office bien que placé un peu trop haut dans la tracklist. Son apport musical est trop souvent passé sous silence alors qu'il marqua de son empreinte tous les albums du SAB sur lesquels il a participé. Enfin, le morceau titre tape dans le registre de la ballade, domaine dans lequel la bande à Iommi a souvent fait preuve de particularisme mais qu'il avait délaissé à l'époque Dio. On prend un véritable plaisir à l'écoute de cette mélopée aussi lourde que planante, qui porte toujours cette originalité propre au SAB'. Ian Gillan étant d'ailleurs un des artisans de cette réussite, grâce à son timbre bluesy très prononcé, chargé en émotion.

On ne pourra cependant pas passer sous silence des aspects négatifs évidents, voire franchement intolérables. Le premier venant à l'esprit étant cette production, tout simplement inacceptable. Nos enceintes saignent en crachant ce son dégueulasse à la tonalité beaucoup trop aigue, un mix totalement foireux rend les guitares d'Iommi incroyablement brouillonne. Il n'y a rien à sauver dans cette prod, un ratage total qui rabaisse ce disque. Pfff...un tel manque de professionnalisme mérite le limogeage pur et simple du responsable de cette soupe infect... Ah mince c'est le groupe lui même qui a produit le disque, et selon Iommi il semblerait que ce fut Gillan qui toucha par mégarde à certains boutons durant l'enregistrement. Décidément, après l'épisode du "Live Evil", il y avait vraiment un problème de post-prod chez BLACK SABBATH à cette époque...
La prod n'est pas le seul problème de cet album. On a évoqué plus haut les bons titres, mais il y'a aussi du très moyen sur "Born Again", et notamment cette face B clairement en dessous. Elle commence plutôt mal avec cette "salope digitale" dont le riff semble être un pastiche des groupes de la NWOBHM et dont le refrain très Gillanien parait hors de propos. Et si le title track déjà évoqué relève largement le niveau, les deux titres finaux se révèlent complètement passe-partout, de pur fillers, mixture entre PURPLE et SABBATH.

Finalement, ce "Born Again" peu touffu est un album difficile à juger. Certains pourront lui coller un impitoyable 1/5, ne serait-ce qu'en raison de cette production foireuse qui peut rebuter totalement. D'autres évoqueront les quelques morceaux faiblards qui rabaissent considérablement la moyenne de l'ensemble.
Et pourtant...cet album est à l'image de son astucieuse pochette. On peut la trouver horrible, mais également plutôt réussie, cyniquement démoniaque, annonçant un album dont l'on se demande s'il faut le prendre au sérieux ou pas. Et en faisant un peu abstraction du son (oui, ça demande beaucoup d'efforts!) on finit par s'y attacher à ce disque, qu'on peut même considérer comme étant un bon cru sabbathien en fait.
Car "Born Again" a une histoire, une aura, qui le rend unique et attachant. Ian Gillan quittera aussitôt BLACK SABBATH après la tournée de l'album. Tournée durant laquelle il saura parfaitement s'accaparer certains vieux classiques mais se plantera sur d'autres ("Paranoid"...) et imposera un "Smoke On The Water" qui n'avait rien à faire là, cela ne pouvait durer. On s'est alors moqué de "Born Again", il a été ridiculisé, Ian Gillan lui-même estimant que ce disque fut une erreur artistique... Et pourtant des titres comme "Zero The Hero", "Trashed" et même le schizophrénique "Disturbing The Priest" on en redemande, mais BLACK SABBATH ne sera pas prêt de nous en pondre de sitôt. Il serait donc bien idiot de négliger ce "Born Again", une renaissance éphémère mais marquante.

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   (2 chroniques)



- Ian Gillan (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Bill Ward (batterie)


1. Trashed
2. Stonehenge
3. Disturbing The Priest
4. The Dark
5. Zero The Hero
6. Digital Bitch
7. Born Again
8. Hot Line
9. Keep It Warm



             



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