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PRETTY MAIDS - Red Hot And Heavy (1984)
Par DARK BEAGLE le 16 Juin 2017          Consultée 994 fois

Sérieusement, on vous le dit souvent, mais là, il convient de le répéter, de le marteler même tant il y a du lourd en face : il ne faut pas juger un disque sur sa pochette, parce que sinon, ce "Red, Hot And Heavy" passerait à la trappe. Sérieux. La toute puissance des années 80 et un certain mauvais goût indéniablement rattaché à l’époque pique salement les yeux aujourd’hui. Et non, voir un bout de sein n’a jamais sauvé une jaquette du naufrage. Bref, cette pochette est aussi engageante qu’une visite d’un abattoir clandestin avec démonstration de découpage sur veau vivant. Un truc à devenir vegan en quelque sorte. Non, il faut passer cette première impression pour se lancer dans l’aventure de ce disque, qui est mine de rien, un putain d’album (ouais, par moments, ça ne sert à rien d’essayer de faire de jolies images, de chercher la phrase tournée comme une patate fondante : certaines choses doivent êtres dites de la façon la plus simple qui soit).

Et dire que d’un point de vue vestimentaire, c’est guère plus fringant… Bref ! Revenons à des choses plus sérieuses. On va causer d’un classique du Heavy Metal, là. Ni plus, ni moins. Le genre de disque qui a pris un coup de vieux (la rythmique aussi est très, trop ’80 pour être entièrement plaisante tout du long), mais que l’on aime toujours ressortir, des décennies plus tard, pour se le remettre, le déguster avec une once de nostalgie dans le regard (voire même dans les oreilles) et sourire béatement en se disant « ça, c’est du Heavy Metal ! » ; on ne va peut-être pas parler de génie, ni même d’un talent excessif, quoique ! Non, l’atout premier de ce disque, c’est sa fougue, lié à la jeunesse des musiciens l’ayant enregistré, encouragés par un certain succès d’estime avec leur premier mini-LP. Elle déborde de partout, dans l’énergie qui se dégage des compos, à travers ce chant maîtrisé et volontaire et surtout, elle est communicative. Les refrains se prennent à bras le corps et on les scande, on les hurle avec Ronnie Atkins, véritablement maître de cérémonie. Écoutez simplement la chanson-titre pour vous faire une idée du truc.

Une autre raison de s’enthousiasmer à l’écoute de ce "Red, Hot And Heavy" réside dans les morceaux les plus vifs, les plus frondeurs. C’est simple, si l’album commence sur un extrait de "Carmina Burana" du père ORFF et sonne quand même pas mal cliché, le riff de "Back To Back" mettra tout le monde d’accord. C’est vif, tranchant, ça a tout du classique immédiat et c’en est un d’ailleurs. Pourtant, rien de bien compliqué là-dedans, juste un groupe qui envoie la sauce comme un collégien devant YouPorn. Le refrain est d’une simplicité déroutante, mais il fait mouche. Du bulldozer pour concert en somme. Vous en voulez d’autres ? "Cold Killer", tient. Plus Heavy dans l’esprit, mais là encore, un refrain dans son plus simple appareil, de quoi bien scander en chœur. Basique dans la forme, un peu moins dans le fond, le travail des guitares est prenant, les soli aiguisés comme des rasoirs. Si vous n’êtes toujours pas satisfaits avec ça, "Night Danger" (peut-être l'un des morceaux les plus quelconques de l'album finalement), rapide et furieux, saura attirer votre attention. Sinon, ce disque n’est tout simplement pas fait pour vous (et c’est bien dommage).

Mais cet opus n’est pas fait que de rouleaux compresseurs Speed et Heavy, que nenni ! Nos Danois savent varier les plaisirs avec des mid tempo soignés, aux contours plus FM, pour être grossiers dans la description. Les guitares gardent toujours une certaine rudesse dans leur sonorité. Atkins, lui, en revanche, module beaucoup plus sa voix, pour lui donner plus de mélodicité. On en recausera plus tard. Le point d’orgue se situe d’ailleurs dans un de ces moments plus calmes, plus subtils, avec l’éblouissant (n’ayons pas peur des mots, ils ne mordent pas) "Queen Of Dreams" qui va apporter un souffle épique à l’ensemble sans que le groupe ne s’essaye à la composition à tiroirs qui aurait pu être difficile à négocier. Ces morceaux sont autant d’îlots qui permettent à l’auditeur de marquer une pause légère avant de se prendre une nouvelle dérouillée de derrière les fagots.

Mais "Red, Hot And Heavy", c’est avant tout une alchimie stable entre six musiciens. Le clavier se mêle habilement aux guitares, sans jamais péter plus haut que son cul (ce qui ne sera pas tout à fait le cas sur l’album suivant où l’instrument prendra un peu plus de place). Ken Hammer (on reparle du pseudo stupide de Joey Tempest ? Y a de la concurrence ici !) est un compositeur habile, qui sait se montrer explosif quand la situation l’exige tout en sachant être plus nuancé. ♪ ce petit jeu, Ronnie Atkins cristallise toute l’attention tant son chant est l’élément moteur de PRETTY MAIDS. Alternant des tonalités rauques à la James Hetfield et parties plus mélodieuses, il est le fer de lance de la formation. Sa marque de fabrique. Et nul doute que sa voix a grandement contribué à placer ce disque dans les grands espoirs du Heavy Metal aux côtés d’un certain METALLICA à cette époque. L’un aura eu une carrière mémorable, l’autre moins.

Parce qu’il semble y avoir quelque chose d’idoine avec les espoirs, c’est d’être irrémédiablement déçus. PRETTY MAIDS était censé représenter le renouveau d’un Heavy Metal européen, une nouvelle vague qui aurait dû dévaster le Vieux Continent. Le succès, ils l’auront eu le temps de deux albums avant d’accumuler mauvais choix et erreurs de jugements parfois ahurissantes. Et si aujourd’hui le groupe semble renouer avec un certain succès bon gré mal gré, il aura connu une sérieuse traversée du désert avant d’en arriver là. "Red, Hot And Heavy" reste cependant une pépite, un classique du genre aujourd’hui un peu oublié, mais qu’il est toujours agréable de ressortir. Et là, la magie opère toujours, le groupe nous semble toujours aussi brillant, aussi sûr de lui. Et malgré les rides qui s’accumulent, la musique n’a pas perdu de son charme et plaira toujours autant à celui qui l’a découvert en 1984, quand PRETTY MAIDS représentait l’avenir…

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- Ronnie Atkins (chant)
- Ken Hammer (guitare)
- Pete Collins (guitare)
- John Darrow (basse)
- Phil Moorheed (batterie)
- Alan Owen (claviers)


1. Fortuna Imperatrix Mundi
2. Back To Back
3. Red Hot And Heavy
4. Waitin' For The Time
5. Cold Killer
6. Battle Of Pride
7. Night Danger
8. A Place In The Night
9. Queen Of Dreams
10. Little Darling



             



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