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HARD ROCK  |  STUDIO

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1984 We Want Moore
2001 Back To The Blues
 

- Style : Inglorious, Rory Gallagher
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Gary MOORE - Victims Of The Future (1984)
Par CANARD WC le 26 Juillet 2012          Consultée 3795 fois

Qu’est ce qui différencie le Hard Rock des autres musiques ? Le son ? L’agressivité ? L’intensité ? Oui, mais pas seulement. Il y a aussi l’explosion. Comme dans "Final Countdown" par exemple, le morceau commence « normalement », puis – boom – coups de synthés sur déhanchés de guitares. Le titre vous explose à la figure comme un ballon en plastique. Le Rock est calqué sur un modèle « Pop » avec une structure de chanson type « couplet – refrain – solo » etc. Je ne vous parle pas des autres musiques qui s’articulent bien souvent sur un « air » ou une mélodie qu’on articule et décline de A à Z en la faisant passer par tous ses états. Le Hard Rock n’est pas comme ça. Il cherche à vous surprendre, vous impose ses reliefs dans la gueule, vous donne envie de tout casser, de serrer subitement le poing (1).

Gamin, c’est sa faculté « explosive » qui m’a attiré dans le Hard. Car tout est possible du coup quand vous écoutez un morceau. Au bout de l’arpège, quand la mélodie au clavier s’éternise, le riff nerveux vous guette à chaque coin de seconde, prêt à vous saisir à la gorge, à vous sauter dessus, à vous emporter dans sa spirale électrisante.

Je crois que j’ai décidé que j’étais un Hardos – à tout jamais – en découvrant le clip d’EUROPE. Pour cette raison précise. Une raison comme une autre qui m’a poussé vers ce monde de guitares chevelues et de riffs en cuir déchiré. J’ai aimé la solennité de SCORPIONS, le sens de l’accroche d’un BON JOVI mais c’est – in fine – par cette « explosion » que j'ai raccroché les wagons.

Et ce "Victims Of The Future" a été plus qu’une confirmation, une révélation. La matérialisation faite riff de mon fantasme. Je revois encore mon oncle mettre l’album dans sa chaîne (« J’avais entendu ce morceau y a longtemps sur une compile. J’ai tout de suite adoré, rien que le son de guitare. Ça m’a tout de suite botté»). Je regarde la pochette : sobre, un triangle renversé, de l’ésotérisme façon LED ZEP. Ça démarre, le son de la guitare de Gary MOORE est exceptionnel. Chaud, solennel, déclamatoire. Il emplit la chambre en un instant. Une ode au bon gout dangereux, on sent instinctivement que l’explosion n’est pas loin. quelque chose gronde derrière cette mélodicité inquiétante.

EXPLOSION !!!
TIN NIN NIN NIN NA NA NA WA WA
Génial !
Ô grand Gary, libère-nous, explose nous à la tentation, fais le vide salutaire autour de toi et casse nos repères

Le riff Heavy qui ouvre l’album donne juste envie de faire pipi dans sa culotte. "Victims Of The Future" est juste ce que j’ai toujours recherché dans notre musique. J’ai retrouve ce côté « explosif et dangereux » chez MANOWAR ou chez DIO, mais l’articulation si pure, cette beauté violente ne sera jamais aussi bien exprimée qu’entre les pognes de l’irlandais. Un diamant de riff serti de colère.

Le reste de l’album ne peut pas atteindre le sommet de cette ouverture dantesque. Mission impossible. Gary MOORE est « too much » dès la première minute. Avec ce riff introductif il se condamne à décevoir, à tout faire paraitre terne à côté, à laisser cet arrière gout magique et amer sur le reste de son album. Arrivé à la fin de "Law Of The Jungle" (tout en mid tempo et solo solennel), une seule envie fébrile : réécouter le liminaire de l’album et se pincer très fort pour s’assurer qu’on n’a pas rêvé.

Évidemment, réduire l’album à ce seul riff est si réducteur que beaucoup de fans réagiraient. Et ils auront raison. "Empty Rooms" est une très belle balade. Il y a de la bravoure sur "Murder In The skies" et ses parties de grattes si Heavy. Gary MOORE était aussi un bon chanteur, un grand compositeur. C’est vrai. Mais c’était avant tout un immense guitariste, doté d’un « son » à lui – reconnaissable entre mille – et d’un feeling qui frôle la destruction massive. Il était aussi l’un des rares à pouvoir faire passer une « émotion » avec juste quelques notes (2), à rendre palpable la tristesse, la colère, le désarroi quand beaucoup de guitaristes ne se contentent que de mimer la chose.

Autant de feeling qu’un Slash, historiquement aussi important que PAGE et techniquement du niveau d’un SATRIANI. Gary MOORE avait ce « truc » indéfinissable en plus, entre l’imprévisible et le magique. Et il s’en est allé, laissant dans la mémoire de tous son jeu appuyé sur "Parisienne Walkways" ; mais pour les « autres » une poignée de très bons albums de Hard Rock. Pour ma part, Gary MOORE pourrait se réduire à ce riff de "Victims Of The Future".

« Les meilleurs partent les premiers » : pour une fois la sagesse populaire aura raison.


Note : 4/5.


Morceau préféré : "Victims Of The Future" (sans blague).



(1) Un bon contre exemple de ce que je vous raconte : "Money for Nothing" de DIRE STRAITS. Du Rock bluesy nerveux qui explose en un riff cristallin.
(2) A l’instar justement d’un certain Mark KNOPFLER qui sait ne pas se précipiter pour faire durer le plaisir.

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   CANARD WC

 
   JEFF KANJI

 
   (2 chroniques)



- Gary Moore (guitare, chant)
- Ian Paice (batterie)
- Neil Carter (claviers)
- Neil Murray, Mo Foster, Bob Daisley (basse)


1. Victims Of The Future
2. Teenage Idol
3. Shapes Of Things
4. Empty Rooms
5. Murder In The Skies
6. All I Want
7. Hold On To Love
8. Law Of The Jungle



             



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