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HARD ROCK  |  STUDIO

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1971 Dog Of Two Head
1974 Quo
2011 Quid Pro Quo
2013 Bula Quo !
 

 Quo France (2180)

STATUS QUO - Quo (1974)
Par DARK BEAGLE le 26 Mars 2022          Consultée 807 fois

Dernièrement, je vous suggérais que "Quo" était possiblement meilleur que "Hello!". Oh, je ne le disais pas de façon péremptoire, hein, inutile de commencer à faire craquer les os des doigts comme si vous vouliez me boxer. C’est juste un avis que je partage avec vous, parce que je vous aime bien, bande de fumiers (1). Aussi, je vais tenter ici de vous expliquer pourquoi je pense que "Quo" est meilleur, de façon simple et (plus ou moins) concise. "Quo", c’est la vision la plus Hard Rock de STATUS QUO, un disque d’une intensité que l’on ne retrouvera plus jamais réellement après, un instantané d’un groupe alors au sommet de sa forme.

Encore une fois, la formation attire d’abord le regard. La pochette est à nouveau très iconique, même si elle est moins parlante que les deux précédentes, qui présentaient deux visions du QUO en live : en pleine action et à la fin, quand il s’agit de saluer tout le monde et merci ! Le Rock en transpire littéralement. Celle de Quo est imaginée autrement. Elle est plus psychédélique, pourrait-on dire, mais non moins forte : on y voit un arbre qui prend racine dans le sol et qui se développe jusqu’à son feuillage, qui est remplacé par les têtes des musiciens. L’arbre a l’air solide, mais surtout, il traduit une espèce de connexion entre les musiciens.

Si STATUS QUO est souvent résumé par le duo Parfitt/Rossi (qui aura perduré jusqu’au décès du premier cité), il ne faut pas oublier que dans les années 70, Alan Lancaster avait un poids réel dans l’écriture et que son approche était souvent la plus Heavy. Ici, il cosigne six titres sur les huit présents et sa marque se fait très rapidement sentir. L’approche se veut plus vindicative, plus rentre-dedans. Oh, "Backwater" va brouiller les pistes sur une minute, le temps d’une introduction plus mélodieuse et voilà-t’y pas que le groupe va balancer la sauce comme ils l’ont rarement fait. C’est puissant, racé, Lancaster s’adjuge le micro et livre une excellente prestation vocale.

La précision de ce morceau est terrible. Les musiciens tiennent la cadence (et ce sera la grande constante de cet opus) et pourtant, ça ne pue pas le calcul. On sent encore que le groupe donne tout ce qu'il a, faisant fi comme d'hab de la production, qui est toujours bien rugueuse, apte à laisser des échardes dans les conduits auditifs et qui sert plus qu'elle ne dessert le style du QUO. "Piledriver" et "Hello!" avaient montré la voie et nos quatre lascars continuent avec vaillance leur périple, en se voulant ici plus jusqu'au-boutiste que par le passé.

Et pour le coup, la formation couple ce "Backwater" frondeur avec "Just Take Me". Là, pas le temps de souffler, le rythme va être très soutenu et agressif à souhait. Allez, je ne vais pas vous faire le coup du « STATUS QUO invente le Punk ici », ce serait un brin présomptueux et complètement faux, mais il y a un esprit revanchard qui se dégage de ce titre, une urgence de tous les instants qui ne se calme jamais. Deux morceaux, deux grosses beignes dans la tronche. Et c’est comme ça sur toute la première face de ce disque : une tuerie, point barre. Bien entendu, ne vous attendez pas à du Thrash, hein, nous sommes en 1974 et nous parlons du QUO, un groupe qui a bâti son succès sur le Boogie.

Cependant, ici l’aspect Hard Rock est présent tout du long, dans la distorsion, dans l’urgence – nous y revenons – dans l’approche de l’écriture très directe, avec toutefois quelques fioritures apportées principalement par Francis Rossi qui, sans être la conscience « Pop » du groupe avait souvent le don de trouver la mélodie qui serait légèrement plus radiophonique que les autres. Le soupçon de légèreté qui deviendra fort encombrant quelques années plus tard, pour ne pas dire gênant. Là, son apport est juste parfait vu qu’il amène des pauses salvatrices en proposant des morceaux moins rentre-dedans (comprenez : où Lancaster n’a pas fourré son nez).

Aussi, "Lonely Man" est une jolie petite chanson qui navigue dans les contrées de la Folk et qui est un véritable îlot de fraicheur avant un "Slow Train" qui écrase tout sur son passage. Une petite mélodie toute simple mais entêtante juste ce qu’il faut pour ne pas énerver, une ambiance un peu plus mélancolique au niveau du chant alors que la musique se veut plutôt enjouée finalement. Il convient de noter la justesse du ton, dans son évolution, elle ne viendra jamais à franchir une barre fatidique qui l’obligera à changer de style, elle est parfaite comme elle est, comme elle se présente, douce et raffinée à la fin de ce disque bien plus brut de décoffrage.

Puis évidemment, il y a "Slow Train", un véritable monstre qui s’étend en livrant des parties instrumentales jouissives, entre joutes de guitares et bûcheronnage en règle. Une façon plus qu’idéale de clore les débats et de laisser une bonne fois pour toute les fans sur le cul. "Quo" est un bulldozer. Le disque que personne n’attendait vraiment de la formation anglaise, érigée au rang d’institution et qui était dépositaire d’un style simple, basique diront certains, mais qui était parfaitement maîtrisé. Le temps où STATUS QUO se contentait d’être un ersatz des BEATLES est à présent complètement révolu et bien que leur style ne soit pas des plus originales, ils se le sont parfaitement appropriés et il est alors bien difficile pour quiconque, à cette époque, de rivaliser avec eux sur ce terrain-là.

Si "Hello!" avait, quelque part, fait l’éloge de la redondance, "Quo" va dévoiler une formation qui a plus d’un tour dans son sac et qui ne se contente pas de hits radio que certains pourraient juger « faciles » (2). Elle se fait teigneuse, mais jamais arrogante. Vindicative, mais sans pour autant trahir ses principes. Dans sa forme, extrême tout en restant abordable. Quo est un nouvel album de référence dans une discographie qui commence sérieusement à s’étoffer qualitativement. Et le plus beau, c’est que Rossi, Parfitt et co ne vont pas relâcher la pression pour autant et qu’ils vont continuer dans leur lancée et continuer à proposer de la musique de qualité tout en modifiant la donne sur "On The Level". Tout simplement monstrueux.


(1) Avec toute mon affection.
(2) Que ces derniers se dénoncent. Mais les accords de Genève ne pourront rien pour eux.

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   DARK BEAGLE

 
   DAVID

 
   (2 chroniques)



- Francis Rossi (chant+guitare)
- Rick Parfitt (guitare+chant)
- Alan Lancaster (basse+chant)
- John Coghlan (batterie)
- Robert Young (harmonica)
- Tom Parker (piano)


1. Backwater
2. Just Take Me
3. Break The Rules
4. Drifting Away
5. Don't Think It Matters
6. Fine Fine Fine
7. Lonely Man
8. Slow Train



             



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