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STATUS QUO - If You Can't Stand The Heat (1978)
Par DARK BEAGLE le 28 Mai 2022          Consultée 849 fois

Quand on parle du domaine du comparable, STATUS QUO et QUEEN, ça ne semble pas matcher. Effectivement, on ne peut pas dire que les styles des deux institutions britanniques soient identiques. On imagine mal Rossi se lancer vocalement dans un "Bohemian Rhapsody" et Freddie se serait certainement assez vite ennuyé s’il avait dû chanter sur un album entier à la façon du QUO. Cependant, on peut remarquer que quelques directions artistiques proviennent d’une même idée, que sa finalité n’est peut-être pas identique pour les deux combos mais qu’elles proviennent d’une réflexion similaire. Si "News Of The World" et "Rockin’ All Over The World" marquaient une rupture avec le style conventionnel de nos deux formations, "Jazz" et "If You Can’t Stand The Heat" vont revenir sur certains acquis du passé tout en conservant des éléments de l’essai précédent. Et là encore, l’un des deux va mieux négocier son virage (et spoiler : c’est toujours le même).

La pochette est un peu drôle, il faut bien l’avouer. La plaque de cuisson sur laquelle on pose la pointe du diamant d’un tourne-disque, c’est en totale adéquation avec le titre de l’album. Alors oui, le modèle n’est pas de la première jeunesse (et franchement, une plaque électrique… c’est le meilleur moyen de foirer sa Béchamel), elle n’est pas destinée à bien vieillir, mais on fait avec. 1978 est une année rétro ou elle ne l’est pas. Je sais, ça ne veut rien dire, mais je trouve que ça a tout son intérêt ici. Pip Williams, malgré le fait que Lancaster ne soit vraiment pas fan de son travail sur l’album précédent, est toujours aux manettes et il ne va corriger le tir en rendant l’aspect plus frontal qui faisait le charme du QUO, il va au contraire jouer avec le son à l’aide de nouvelles technologies.

Aussi, "Again And Again" en ouverture, c’est du caviar. Littéralement. Un titre percutant, qui renvoie littéralement à l’âge d’or d’un groupe qui ne semble pas encore en perdition, mais qui donne l’impression d’avoir laissé ses meilleures années derrière lui. C’est solide, malgré une introduction qui laissait entrevoir le pire, le refrain est bien hargneux, la guitare agresse. C’est du tout bon et c’en est presque inespéré. Cependant, il faut tout de même bien en profiter parce que la suite n’est pas du même tonneau. "Again And Again", c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Des branches magnifiques, une cime qui semble épouser le ciel, des fruits gorgés d’un jus onctueux et délicieux, qui veille sur du bois en train de se flétrir sous la chaleur. Ils ne s’embraseront pas, ils ont encore de la sève, mais ils ne fleuriront pas non plus.

Amené comme ça, cela donne l’impression que le disque est mauvais, ce qui n’est pas tout à fait le cas, il n’est pas vraiment bon non plus, ceci dit. "If You Can’t Stand The Heat" ressemble à une tentative avortée de faire aussi bien que "Again And Again" qui lui se place sans aucun problème sur la longue liste des classiques du QUO. Après, c’est un peu creux, même s’il y a des idées qui surgissent çà et là et qui s’avèrent plutôt bonnes même si complètement loufoques sur le papier. Il va manquer de l’inspiration aux musiciens, qui semblent en pilotage automatique. Si parfois ils flirtent la Pop, ils évitent cependant de trop s’y attarder pour se consacrer à leur versant Rock. Les guitares sont donc plus présentes, même si le clavier n’a pas abdiqué pour autant. Des chœurs féminins s’insèrent dans l’ensemble mais là encore, pas de quoi crier au scandale, cela vient apporter de la couleur à l’ensemble.

Ce qui chagrine le plus, ce sont ses tentatives qui ne débouchent sur rien. Cette sensations que parfois le pilotage automatique est enclenché et que les musiciens espèrent maintenir un cap. Cela se gâte dès "I’m Giving Up My Worryin’" qui vient apporter un coup de mou immédiat et malgré des intentions louables, le tout peine à redécoller. Globalement, la face A se veut tout de même assez Rock dans l’idée, avec des passages interchangeables avec bon nombre d’opus précédents ("Long Legged Linda", classique de chez classique mais qui ne manque pourtant pas de tonus, signé Andy Bown qui ne faisait pas encore officiellement partie de la formation !). La seconde moitié de l’album va quant à elle traîner la jambe tout en proposant l’un des titres les plus « what the fuck » de la carrière de STATUS QUO.

Sur "Accident Prone", l’utilisation de l’Aphex Aural Exciter (la nouvelle technologie évoquée plus haut) prend tout son sens. Le chant est plus clean, on capte mieux les petites subtilités comme le charleston incessant de John Coghlan mais… Pardon, c’est un peu rapide, on ne peut pas aller plus loin avant d’apporter quelques précisions. "Accident Prone", c’est un morceau du QUO écrit par Pip Williams, qui va amener une approche Disco au niveau de la rythmique (alors que les guitares restent elles très Rock) et on obtient un résultat loin d’être hasardeux. Si les compositions de Roger Taylor dans le trip Disco sur Jazz filaient volontiers mal au crâne, le groupe sauve en grande partie son album ici, avec cet ovni que personne n’avait vu venir. Il en devient rapidement assez addictif et ressemble de loin à la réponse la plus convaincante que le groupe fera ici à "Again And Again".

Le reste, sans être entièrement mauvais, n’est guère passionnant. Il manque à l’ensemble un côté plus rugueux qui changerait peut-être la donne, ou plus de conviction dans les morceaux proposés, dont certains donnent tout de même l’impression de servir de cache-misère. Ce n’est pas avec ce disque que les vieux fans se montreront rassurés quant à la santé de leurs protégés mais, propulsé par ses deux singles (et comme par hasard, ce sont les deux morceaux sur lesquels je me suis le plus épanché) "If You Can’t Stand The Heat" fera une belle carrière dans les charts, tutoyant les sommets en Angleterre et aux Pays-Bas comme à la bonne vieille époque. Mais globalement, il lui manque du jus, du caractère, pour espérer se hisser au niveau des albums de référence.

Quoiqu’il en soit, STATUS QUO continue à vivre une espèce de love story avec l’Europe, même si les USA semblent toujours se montrer assez distante avec eux. Les amateurs auront toutefois notés que le logo « classique » du groupe est revenu sur la pochette, signe peut-être que les musiciens souhaitaient revenir à des fondamentaux. Si ce n’est pas tout à fait le cas ici, ce sera chose faîte sur le suivant, le plus tonitruant "Whatever You Want" et son title-track qui sera resté dans toutes les mémoires (vous savez, c’est le genre de chanson, on sait que l’on connaît le groupe qui la joue sans réussir forcément à remettre le nom dessus). "If You Can’t Stand The Heat" porte finalement assez bien son nom. Si vous ne pouvez pas attendre un disque plus chaud du QUO, celui-ci fera bien l’affaire.

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   DARK BEAGLE

 
   DAVID

 
   (2 chroniques)



- Francis Rossi (guitare, chant)
- Rick Parfitt (guitare, chant)
- Alan Lancaster (basse, chant)
- John Coghlan (batterie)
- Andy Bown (claviers)
- Frank Ricotti (percussions)


1. Again And Again
2. I'm Giving Up My Worryin'
3. Gonna Teach You To Love Me
4. Someone Show Me Home
5. Long Legged Linda
6. Oh ! What A Night
7. Accident Prone
8. Stones
9. Let Me Fly
10. Like A Good Girl



             



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