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STATUS QUO - Ma Kelly's Greasy Spoon (1970)
Par DARK BEAGLE le 11 Février 2021          Consultée 473 fois

C’est avec "Ma Kelly’s Greasy Spoon" que STATUS QUO va entamer sa mue. Entamer juste, parce qu’elle ne s’est pas faite du jour au lendemain et il reste encore quelques coudées à franchir avant que le sympathique groupe britannique ne trouve le son qui le caractérisera dans les années 70, ce Boogie teigneux, simple mais diablement efficace. Si la dame sur la pochette, qui ressemble vaguement à la grand-mère de Malcolm (c’est la cigarette) n’est pas forcément des plus accueillantes, l’album se veut bien plus chaleureux.

Dès les premières notes, on remarque un changement notable. Rossi et Parfitt commencent à proposer des riffs de bûcheron, la batterie devient plus lourde. Un harmonica vient s’inviter, des chœurs sont toujours bien présents, mais difficile de ne pas voir dès "Spinning Wheel Blues" les prémices de ce que sera rapidement STATUS QUO, la rage, l’envie d’en découdre en moins. Un pas en avant assez terrible finalement, vu que ce pas va définir ce qui va devenir une véritable institution musicale en Grande Bretagne, au même titre que SLADE – deux groupes qui ne seront finalement que connus pour leurs grands hits hors des frontières de la Perfide Albion.

Très vite, on comprend que les musiciens se laissent séduire par la direction que prenait le Rock à l’orée des années 70. L’appel d’une saturation jugée alors excessive par les plus conservateurs, une décharge de puissance et d’énergie pour les autres. L’influence des BEATLES reste toujours très présente, aussi bien dans certaines mélodies que dans la façon d’aborder les chœurs, mais cette fois-ci, STATUS QUO se détache du modèle – et quel modèle – pour essayer de se trouver un style qui lui soit propre ou, au moins, pour coller à des standards actuels à défaut de créer.

À ce moment, ils ne sont pas encore nombreux à emprunter cette voie parmi les groupes déjà en place et STATUS QUO ressemble encore un peu à un melting pot de références saupoudrées toutefois d’une certaine personnalité ("Junior’s Wailing", excellente, n’aurait pas dépareillé sur "Piledriver" par exemple et figurera longtemps sur les setlists de la formation). En revanche, un morceau comme "(April) Spring, Summer & Wednesdays", également très bon dans le fond comme dans la forme, n’est pas sans évoquer de façon plus légère le DEEP PURPLE Mark I, avec son clavier pertinent et ses chœurs bien amenés.

Cependant le disque souffre quand même de déséquilibres assez flagrants. Les passages acoustiques peinent à pleinement convaincre entre les déchargent électrique, l’aspect d’innocence s’accordant finalement assez mal avec ce que le groupe propose par ailleurs. Aussi, "Everything", petite ballade mignonette, tombe comme un cheveu sur la soupe après un tonitruant "Daughter" et un plus expérimental "Shy Fly". Pareil pour le plus "Folk Lakky Lady" qui peine à pleinement décoller entre "Junior’s Wailing" (qui lui se pare vraiment des atours du classique en puissance) et du plus sombre "Need Your Love".

Mais le début des années 70, c’est également l’avènement du Prog et KING CRIMSON avait frappé un grand coup l’année précédente avec son fabuleux "In The Court Of The Crimson King". Sans chercher à copier, STATUS QUO va également s’essayer quelque peu au genre avec le très ambitieux "Is It Really Me/Gotta Go Home", longue pièce avoisinant les dix minutes, qui vient mettre un terme au débat… et laisser assez pantois. En lui-même, le titre en lui-même n’est pas mauvais, il propose même de très belles choses (ce riff mammouth et ces chœurs que ne renieraient pas les membres de QUEEN qui n’en étaient d’ailleurs pas encore là !). Mais Rossi et sa bande finissent un peu par se perdre sur la longueur – nous aussi par la même occasion.

Alors que beaucoup s’attachent alors à triturer le Blues des origines, à l’instar de LED ZEPPELIN, STATUS QUO va plutôt se pencher sur une première adaptation de ce style et lui donner du mordant, de l’agressivité. En reprenant les recettes du Swinging London, du Blues Blanc, il va trouver une signature sonore qui va l’accompagner un bon moment, qui deviendra une marque de fabrique également, autant que ce Boogie teigneux qui sera tout aussi représentatif d’une institution qui ne brillera pas toujours par son renouvellement, mais qui se montrera souvent excellente dans son domaine.

Donc oui, "Ma Kelly’s Greasy Spoon" est un album qui manque un peu d’unité, qui bouffe à plusieurs râteliers et qui se perd parfois dans différentes formules qui sonnent comme autant de tests. Le clavier commence à se faire moins régulier, laissant plus de place aux guitares (d’ailleurs Roy Lynes, qui devait sentir le vent tourner, quittera la formation à la fin de l’année 1970), une mue s’opère clairement ici. Est-ce un mauvais disque pour autant ? Non, loin de là ! Un chef d’œuvre méconnu ? Laissons un essai un peu oublié tel "Dog Of Two Head" tendre vers ce rôle. Voyons plutôt "Ma Kelly’s Greasy Spoon" comme un album de transition et les véritables premiers pas de STATUS QUO dans le domaine du Hard Rock.

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- Francis Rossi (chant, guitare)
- Rick Parfitt (guitare, chant)
- Alan Lancaster (basse, chant)
- John Coghlan (batterie)
- Roy Lynes (claviers)


1. Spinning Wheel Blues
2. Daughter
3. Everything
4. Shy Fly
5. (april), Spring, Summer & Wednesdays
6. Junior's Wailing
7. Lakky Lady
8. Need Your Love
9. Lazy Poker Blues
10. Is It Really Me/gotta Go Home



             



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