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HARD ROCK  |  STUDIO

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STATUS QUO - Whatever You Want (1979)
Par DARK BEAGLE le 4 Juin 2022          Consultée 598 fois

Régulier comme un coucou suisse, STATUS QUO pond un disque par an, bon gré mal gré, année bissextile ou non. "Whatever You Want" est le troisième album de suite à être produit par Pip Williams et l’alchimie commence à prendre complètement entre lui et le reste des musiciens. Il était temps ! Après deux essais accueillis un brin plus fraîchement par les fans (rien de catastrophique non plus, si ce n’est que STATUS QUO n’atteignait plus le sommet des charts et le podium était également susceptible de lui échapper), il devenait urgent de revenir à des fondamentaux ! Et c'est ce que va faire la bande à Rossi, tambour battant.

La pochette est assez étrange avec cette foule qui s’amasse et qui semble assez ébahie (et je pense qu’il y a des visages à reconnaître dans le tas) sans que l’on sache trop pourquoi, à moins que nos tronches de cake produise cet effet sur les personnages de papier. Il faut jeter un œil au verso pour comprendre que c’est un pingouin, ou un manchot, qui s’avance sur un tapis rouge façon Festival de Cannes qui provoque cet émoi. Encore une jaquette assez originale pour un groupe qui a réussi par le passé à se montrer particulièrement iconique dans le domaine.

Et à propos d’iconique, l’introduction de la chanson-titre ne l’est-elle pas ? Pip Williams a concocté un son à la fois clair et moderne pour le QUO, qui lui renoue avec une agressivité plus commune et que l’on n’attendait plus vraiment. "Whatever You Want", à l’instar de "Again And Again" de l’opus précédent, est un classique instantané tant le titre se veut efficace. Jouant habilement sur la redondance avec une ligne rythmique très entêtante, la formation nous balance là un nouveau classique immédiat quand on pouvait la croire rincée après toutes ses années à enchaîner sans relâche tournées et prises studio.

Et contrairement à "Again And Again", ce morceau ne vient pas jouer les cache-misère car cet album de 1979 se veut bien plus équilibré et percutant que ses deux prédécesseurs. Parfitt le disait à l’époque de sa sortie, le groupe s’est montré très réceptif aux critiques des fans, qui leur reprochait leur côté surproduit. Mais plutôt que de se débarrasser de Pip Williams qui était l’artisan de ce son plus léché, les musiciens ont travaillé en intelligence avec lui pour revenir à leurs acquis, mais en conservant une production moderne et percutante. À l’ancienne, l’introduction de "Whatever You Want" n’aurait peut-être pas eu le même impact et cela prouve bien que le choix de ne pas se séparer de Williams était au final le plus intelligent, voire le plus nécessaire.

"Shady Lady" permet d’embrayer sur un autre titre assez rapide et efficace. Pas de baisse de régime, le QUO se montre souverain et conquérant. Puis le bulldozer va se faire plus délicat et il va même épargner les pâquerettes. Je veux prendre pour exemple "Living On An Island" qui clôture avec finesse la face A. "Living On An Island", c’est le genre de morceau qui se révèle à mesure qu’on l’écoute, passant d’une horrible ritournelle Pop à quelque chose de bien plus exigeant pour l’auditeur, au point où cela devient un drôle de choix pour un single (il sera le second de ce disque et ne connaîtra pas le succès de "Whatever You Want", logique hit single de cet album).

En revanche, "Living On An Island" est le parfait témoin de l’évolution d’écriture des musiciens de STATUS QUO, enfin, surtout de Parfitt qui amène des idées assez novatrices, dont on pouvait déjà avoir un avant-goût avec "Rain" sur "Blue For You" (1976). Il est également à l’origine de "Breaking Away", un morceau très réussi qui renoue avec les finish ambitieux du QUO sur disque, un titre qui épouse la sophistication des derniers essais et le côté Boogie rugueux des débuts et difficile de vouloir prononcer le divorce face au résultat final. On distingue souvent Francis Rossi dans l’écriture propre à STATUS QUO, mais il ne faut pas oublier l’apport non négligeable de Parfitt qui était souvent celui qui savait s’extraire du carcan d’un style omnipotent pour tirer l’ensemble vers le haut.

Même si l’album ne retrouve pas l’aspect Heavy des deux morceaux d’ouverture, il regorge de bonnes chansons qui fonctionnent très bien. Le tout sonne très Rock, il n’y a pas d’escapades vers le Disco cette fois-ci, les cuivres et les chœurs féminins ont été mis de côté et nous sommes face à un disque bien plus brut de décoffrage que ses deux grands frères. C’est tout juste si on peut reprocher à "Your Smiling Face" d’être un peu trop quelconque et "High Flyer" de ne pas apporter grand-chose à l’ensemble. "Who Asked You" possède lui-aussi une introduction à se damner même si la suite se veut plus conventionnelle, le reste n’est vraiment pas dispensable, il y a de l’accroche et beaucoup d’envie de la part de musiciens qui semblent avoir les crocs.

"Whatever You Want" est un album solide donc, qui permet d’appréhender les années 80 avec beaucoup d’optimisme. Difficile de croire que l’entente au sein du groupe n’était pas au beau fixe ; Lancaster vivait en Australie et ne se montrait plus aussi impliqué que par le passé, lui qui n’appréciait pas plus que cela le travail de Pip Williams, le duo Rossi/Parfitt prenait de plus en plus de poids et cela allait entraîner à court terme l’implosion d’un groupe que l’on sentait pourtant durer avec le même line-up à l’instar de QUEEN, les musiciens se fréquentant pour la plupart depuis le début des années 60. Mais pour le moment, il s’agit de profiter, même si la fin est proche, comme disent les prophètes modernes.

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   DARK BEAGLE

 
   DAVID

 
   (2 chroniques)



- Francis Rossi (guitare, chant)
- Rick Parfitt (guitare, chant)
- Alan Lancaster (basse, chant)
- John Coghlan (batterie)
- Bob Young (harmonica)
- Andy Bown (claviers)


1. Whatever You Want
2. Shady Lady
3. Who Asked You
4. Your Smiling Face
5. Living On An Island
6. Come Rock With Me
7. Rockin' On
8. Runaway
9. High Flyer
10. Breaking Away



             



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