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STATUS QUO - Picturesque Matchstickable Messages From The Status Quo (1968)
Par DARK BEAGLE le 11 Février 2020          Consultée 485 fois

Faire un blind-test avec cet album peut donner des résultats étonnants. Il est vrai qu’il est difficile d’établir de quel groupe il s’agit. Les BEATLES ? Il manque un sens du refrain et de la mélodie facile – ceci dit sans que ce soit péjoratif – pour que ce soit les p'tits gars de Liverpool. PROCOL HARUM ? Il n'y a pas ce charme suranné, on note l'absence d'une certaine poésie dans le Rock Psychédélique proposé ici. À moins d’être un fan hardcore de la formation, du genre à connaître par cœur chaque sillon gravé par cette folle équipée, difficile de reconnaître STATUS QUO.

Le groupe préféré du Prince Charles – dit Charly les Grandes Oreilles – officiait dans un registre très éloigné du Boogie Rock survitaminé qui a fait sa célébrité, à tel point que des albums comme "Quo", "Piledriver" ou "Hello" sonnent franchement bourrin à côté. Sur "Picturesque Matchstickable Messages From The Status Quo" (quel nom à la con !), il faut chercher les références du côté du Swinging London et du Blues Blanc Britannique, avec une bonne dose de Psychédélisme. Nous sommes en 1968 et cela fait déjà six ans que Francis Rossi tente de percer avec le QUO dans les charts anglais, sans réussite jusque là.

Le single "Pictures Of Matchstick Men" avait réussi une belle percée en ce sens, mettant enfin le groupe en lumière, que ce soit du côté de l’Atlantique ou aux USA. Cela permit à Rick Parfitt d’être intégré en tant que membre permanent et la formation est ainsi devenue un quintette. Nous retrouvons ainsi le line-up mythique des années 70 avec Alan Lancaster à la basse, et John Coghlan à la batterie en plus de Rossi et Parfitt qui se partagent les guitares ; le claviériste Roy Lines, au rôle plus restreint, vient compléter la formation.

En trente-quatre minutes, STATUS QUO va livrer sa première profession de foi, très inspirée du "Sergent Pepper" des BEATLES, qui avait cartonné l’année précédente. Le groupe propose un Rock très radiophonique teinté de Psychédélisme, donc, composé de morceaux très courts. Plusieurs reprises viennent émailler l’album, plus ou moins réussies, au milieu de compositions originales qui lorgnent toutes dans la même direction. Vous l’aurez compris, "Pictures Of Matchstick Men" est le carton de l’album. Il est également l’un des seuls morceaux, voire le seul, que l’histoire retient de ce disque.

Ce premier opus n’est pas foncièrement mauvais, mais il manque cruellement d’originalité. Difficile de sortir STATUS QUO du lot à cette époque tant il se fond dans le paysage musical Anglais de l’époque. C’est très mélodique, il n’y a aucune trace de Boogie ici, ni le moindre petit riff de bûcheron. Certains morceaux attirent toutefois l’oreille, comme l’inquiétant "Paradise Flat" ou l’excellent "Sunny Cellophane Skies", mais cela n’empêche pas l’ensemble de sonner de façon très monocorde ou de ne pas s’extirper des standards de l’époque. On notera également que la voix de Rossi est plus posée, il pousse bien moins que par la suite de sa carrière.

Par exemple, chaque fois que STATUS QUO entame "Spicks And Specks", interprétée par les BEE GEES à l’origine, j’ai l’impression que la chanson va dériver vers le "Yellow Submarine" des BEATLES, avec cette mélodie particulière et entêtante. Ici, STATUS QUO n’invente rien – ce ne sera jamais sa motivation ni son rôle dans la belle histoire du Rock, mais il ne fait rien pour sortir du lot. Pire, il se recycle lui-même par moments de façon assez peu discrète ("Black Veils Of Melancholy", qui reprend grosso modo la mélodie du single "Pictures Of Matchstick Men"). Cela peut paraître grossier de parler de ceci vu que le groupe ne sera jamais connu pour varier son propos, mais sur ce disque, où STATUS QUO se montre particulièrement varié, c’est d’autant plus flagrant.

Cet album manque un peu cruellement de jus. Il ne décolle jamais vraiment et, face à la concurrence de l’époque, fera illusion sur quelques titres, mais par sur son ensemble. Si certains opus des années 70 gardent un certain charme et une intemporalité du fait de la direction musicale, celui-ci souffre d’un réel vieillissement. Il s’écoute, sans déplaisir pour peu que l’on apprécie le style de l’époque, mais si l’on apprécie STATUS QUO pour son côté Boogie Rock sans concession, "Picturesque Matchstickable Messages From The Status Quo" peut paraître incompréhensible. Il est en fait le portrait d’une époque et offre de ce fait une vision fidèle de ce qui se faisait alors en Angleterre, avant que petit à petit le groupe ne trouve son style, sa niche même tellement il va s’avérer emblématique du genre. Une curiosité, mais pas un indispensable.

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   DARK BEAGLE

 
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- Francis Rossi (chant, guitare)
- Rick Parfitt (guitare, chant)
- Alan Lancaster (basse)
- John Coghlan (batterie)
- Roy Lines (claviers, chant)


1. Black Veils Of Melancholy
2. When My Mind Is Not Live
3. Ice In The Sun
4. Elizabeth Dreams
5. Gentleman Joe's Sidewalk Café
6. Paradise Flat
7. Technicolour Dreams
8. Spicks And Specks
9. Sheila
10. Sunny Cellophane Skies
11. Green Tambourine
12. Pictures Of Matchstick Men



             



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