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ROCK PSYCHé  |  STUDIO

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1971 Dog Of Two Head
1974 Quo
2011 Quid Pro Quo
2013 Bula Quo !
 

- Style : Dead Air Radio, Reo Speedwagon
 

 Quo France (2348)

STATUS QUO - Spare Parts (1969)
Par DARK BEAGLE le 10 Mai 2020          Consultée 1489 fois

"Spare Parts" est un disque aujourd’hui plutôt oublié, comme les premiers efforts de STATUS QUO en général, éclipsés par les albums sortis à partir de 1972, qui constituent pour beaucoup l’âge d’or de nos Boogiemen. À l’instar du premier opus, "Picturesque Matchstickable Messages From The Status Quo", "Spare Parts" ne tape pas dans le registre connu, celui des "On The Level", "Just Supposin’" ou "Whatever You Want", mais plutôt dans le style déployé par les BEATLES, à savoir une espèce de Rock Psyché aux mélodies pour le moins mémorables. Et forcément, quand une carrière est connue pour un style en particulier, un pan entier d’une discographie peut être oublié. D’ailleurs, combien de fans du QUO sortent encore les deux premiers essais de nos Anglais ?

Derrière sa pochette plutôt passe-partout se cachent douze titres plutôt calibrés, tous tournent autour des trois/quatre minutes, sans pièce qui sortirait du lot par une longueur invraisemblable. Et c’est peut-être ce qui manque à cet album, disons-le tout de suite. STATUS QUO ne présente pour le moment pas franchement de personnalité. Les morceaux proposés ici sont sympathiques si l’on apprécie le style des Quatre de Liverpool, mais ils n’ont rien d’étonnant et surtout, ils n’ont pas ce petit plus qui faisait que les BEATLES ont marqué leur époque dans le style. Et justement, à ne pas essayer de sortir du moule ou mieux, d’en forger un nouveau, difficile de prétendre à mieux qu’une place de suiveur.

En effet, Francis Rossi et sa bande jouent bien, des titres gentillets, avec des tentatives de refrains mémorables, mais qui n’ont pas le petit truc nécessaire pour passer à la postérité. Pas dans cette formule en tout cas. Ce n’est même pas que ça semble un peu facile, les guitaristes s’amusent même avec la distorsion ("Face Without A Soul") mais ils jouent des compositions qui semblent taillées pour faire des passages radio, en remplissant un cahier des charges bien précis (durée des titres, mélodies simples, chant soigné et posé). Ils n’approfondissent peut-être pas assez leur répertoire ou alors est-ce le fait que cet album de 1969 apparaît vraiment comme confit dans son époque de nos jours ? Toujours est-il que "Spare Parts" donne l’impression d’un manque.

Et forcément, il ne faut pas s’attendre à de grosses évolutions par rapport au premier album. Comme dit plus haut, Rossi et Parfitt s’essayent à la distorsion, mais sans exploiter le filon, ils y vont de façon timide, pour donner un effet, marquer le coup pour une intro. Le style est toujours très propre sur lui, avec ces inspirations un peu mal digérées, qui s’entendent beaucoup ("When I Awake" et ses guitares à la George Harrison ne trompe personne, mais il s’agit tout de même de l’un des morceaux parmi les plus intéressants de la galette). On en revient à cette question de personnalité mal affirmée, qui donne l’impression que les QUO jouent franchement la carte de la facilité en cette période d’explosion musicale où beaucoup de choses semblent permises.

En revanche, ce qui est plutôt amusant, c’est qu’il y a un reproche qui leur sera souvent fait durant les années 70 d’inspiration Boogie et que nous retrouvons déjà ici : la tendance à toujours sonner de la même façon. Il y a bien sûr quelques variations de morceau en morceau, mais globalement une grande uniformité, une homogénéité se dégage de l’ensemble, ce qui peut donner l’impression que le tout sonne de façon un peu terne dans ce cas présent. C’est mignon, pas franchement transcendant, pas dégueulasse non plus. En fait, ça s’écoute plutôt bien quand on cherche un disque calme, un peu sucré, pour faire une pause dans nos écoutes plus telluriques.

Cependant, tout n’est pas à jeter pour autant. Comme dit, ça joue plutôt bien, en dépit du manque d’originalité. On retrouve déjà ces chœurs travaillés à plusieurs voix, ces harmonies qui prendront un tour différent durant les ’70 mais que l’on reconnaît déjà quand on tend un peu l’oreille (ou que l’on connaît le groupe sur le bout des doigts). Il y a des traceurs, des moments qui font penser que nous ne sommes pas loin de la révolution pour les membres de STATUS QUO, qu’ils n’attendent qu’un déclic pour s’émanciper de ces sonorités trop « faciles » et assez peu personnelles pour voir plus loin que le bout de leurs riffs.

Et j’ai presque envie de dire que malheureusement, ce déclic est survenu suite aux mauvaises ventes de "Spare Parts", parce que ce n’est pas forcément pour de « bonnes raisons », même si cela induit une remise en question. Et les Rossi, Parfitt, Coghlan et Lancaster vont refermer le chapitre Rock Psychédélique de leur carrière pour embrasser la voie du Hard Rock teinté de Blues dès leur disque suivant, "Ma Kelly’s Greasy Spoon" (et les titres à la con, ça, en revanche…). Beaucoup de fans du QUO tournent le dos aux deux premiers essais, mais ils méritent toutefois que l’on pose une oreille curieuse dessus, histoire de voir quel fut le cheminement du groupe et comprendre certains choix de carrière…

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   DARK BEAGLE

 
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- Francis Rossi (chant, guitare)
- Rick Parfitt (guitare, chant)
- Alan Lancaster (basse, chant)
- John Coghlan (batterie)
- Roy Lynes (claviers, chant)


1. Face Without A Soul
2. You're Just What I Was Looking For Today
3. Are You Growing Tired Of My Love
4. Antique Angelique
5. So Ends Another Life
6. Poor Old Man
7. Mr. Mind Detector
8. The Clown
9. Velvet Curtains
10. Little Miss Nothing
11. When I Awake
12. Nothing At All



             



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