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1978 Photo Finish
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Rory GALLAGHER - Calling Card (1976)
Par DARK BEAGLE le 20 Avril 2022          Consultée 420 fois

Rory Gallagher est l’un des rares artistes pour lequel il est difficile, sinon impossible, de pointer un mauvais album. Sa discographie, que ce soit au sein de TASTE ou en solo, est très qualitative. Après, il est légitime de trouver l’un ou l’autre de ses disques plus faible, mais bon nombre de groupes seraient prêts à signer tous les pactes possibles et imaginables avec le Diable pour que leurs mauvais essais soient de cette trempe. "Calling Card" figure, quant à lui, dans le haut du panier, autant faut-il encore pouvoir définir ce qu’est ce fameux haut du panier avec Rory. En gros, on peut citer "Tattoo", "Jinx", "Top Priority" et bien évidemment, l’incontournable "Irish Tour ’74".

"Calling Card" est le deuxième album à sortir sur le label Chrysalis, mais il sera le premier pour lequel Rory conçoit de faire appel à un producteur extérieur. Il s’agira de Roger Glover, alors ex-DEEP PURPLE et pas encore RAINBOW, qui va littéralement doper le son de Gallagher en studio. C’est simple, il n’avait jamais sonné ainsi jusque là et sa musique va prendre des proportions dantesques, de l’ampleur, littéralement boostée par un son énorme. Cela va se traduire par des allures plus foncièrement Hard Rock qu’à l’accoutumée, mais sans qu’il abandonne ses passions pour le Blues pour autant.

Sur la pochette, l’Irlandais a l’air surpris. Il tire la même tronche que l’auditeur quand ce dernier découvre les premières mesures de "Do You Read Me", avec sa guitare enflammée qui délivre un riff dur, mais néanmoins dansant. Comme d’habitude, la section rythmique est bien en place, elle dope la musique de Rory, lui apportant le groove qu’il faut pour que l’ensemble devienne conquérant. Lou Martin apporte un contrepoint non négligeable à la guitare de GALLAGHER. Vous connaissez le principe de l’osmose ? Nous y sommes, totalement. Dans la même veine, "Secret Agent" fait également le boulot et figure parmi les classiques de l’artiste.

Le titre qui est incontournable, en revanche, c’est indéniablement "Moonchild". Là, ça ne fait plus semblant, c’est une décharge d’adrénaline pure. Le riff est agressif, le clavier ne sert qu’à arrondir les angles. Et pourtant, tout est fluide, le solo est encore une fois gorgé de feeling, parfaitement dans la continuité de la logique de la composition. Chez Gallagher, tout s’inscrit toujours pour que ses titres vivent, pour qu’ils se développent de la bonne façon, sans se mettre plus en avant que les autres, mais jouant également pour les autres. C’est souvent ce qui fait sa force : cette capacité à penser chanson plus que projet solo. Sa générosité, il ne la réserve pas que pour le live, il la livre constamment, elle transpire dans son écriture.

Aussi, "Moonchild" est un petit joyau, un chef d’œuvre d’écriture et d’interprétation, où malgré le côté plus rude de l’instrumental, la sensibilité de Gallagher se dégage, encore, toujours. Cela a souvent été mentionné, mais il n’est pas un grand chanteur dans la technique, il ne parviendrait certainement pas à produire des lignes à la Dickinson ou à la Freddie Mercury, mais il est très roots, très « vrai » dans le sens qu’il y met beaucoup d’émotion, ce qui contribue au charme de ses disques et du bonhomme également. "Moonchild", c’est un classique instantané, le genre de titre qui manquait cruellement sur "Against The Grain" et qui illumine l’ensemble comme un phare dans la nuit.

Si le reste n’est pas aussi célèbre que les trois morceaux cités plus haut, l’ensemble est loin d’être anecdotique. Souvent, on sent que le groupe s’amuse, qu’il prend plaisir à jouer et cela donne des résultats plutôt savoureux, à l’image de "Country Mile", un Rock’N’Roll trépidant sur lequel Lou Martin s’éclate comme un petit fou. On retrouve Martin également sur le superbe title-track, qui semble hésiter constamment entre le Jazz et le Blues et cela prend des tournures intéressantes, où la mélancolie n’est jamais trop loin sans pour autant s’inviter et devenir encombrante. Avec Gallagher, nous sommes souvent face à la justesse des sentiments, il n’exacerbe pas forcément le tout comme pourrait le pousser son sang d’Irlandais. Il a le feeling pour cela et sa carrière pourrait être résumée par ce mot.

La face B peut sembler plus faible, mais ce serait une erreur de jugement car Rory maintient le niveau avec une certaine insolence. Si "Edged In Blue" se veut soigneusement électrique et remuante, c’est surtout "Jack-Knife Beat" qui mérite que l’on s’attarde dessus. Long de sept minutes, ce titre est un autre bijou, un peu mésestimé. Gallagher y lâche un riff assez sournois, qui voyage loin, qui se drape d’influences plus exotiques. La rythmique se veut plus tribale, le clavier s’insinue avec beaucoup de classe. Sept minutes ? Il ne donne absolument pas l’impression de durer aussi longtemps. Un classique qui n’en a pas la tête, ni l’arrogance.

Au final, seul "Barley And Grape Rag" est quelque peu hors jeu. Quand on prend ce morceau tel quel, il passe tout seul, un Folk dont Rory avait le secret, légèrement mâtiné de Blues. Mais au sein de l’album, à la place finale, elle est comme déplacée, elle ne rentre pas dans le moule. C’est comme avoir un puzzle, non pas avec une pièce en moins, mais une qui ne correspond pas au modèle. On ne peut pas parler d’une faute de goût, Rory ayant toujours été très attaché à ce genre, mais ici cela fonctionne un peu moins bien, après toute cette intensité déployée.

Ce sixième album solo va marquer un tournant dans la carrière de l’Irlandais, qui va faire montre de plus de mordant et d’agressivité dans son jeu. "Calling Card" est un disque très réussi, qui brille par les élans créatifs de son géniteur. Ce dernier ne se sent pas obligé de faire des plans de fous, ou alors pas consciemment ; il joue avec son cœur et ses tripes, que ce soit en studio ou sur scène. Sincère, comme toujours. "Calling Card" est une réussite sur quasiment tous les points. Si vous souhaitez avoir un bon témoignage live de cette époque, je ne peux que vous conseiller "Check Shirt Wizard", paru en 2020 de façon posthume et qui a été capté lors de la tournée de support à cet opus : magique.

Note réelle : 4,5/5.

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   DARK BEAGLE

 
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- Rory Gallagher (chant, guitare)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Rod De'ath (batterie)
- Lou Martin (claviers)


1. Do You Read Me
2. Country Mile
3. Moonchild
4. Calling Card
5. I'll Admit You're Gone
6. Secret Agent
7. Jack-knife Beat
8. Edged In Blue
9. Barley And Grape Rag



             



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